lundi 20 janvier 2014

Critique : Jack et la Mécanique du Cœur

« Andalucia ! Anda, Anda ! Andalucia ! Anda , Anda ! Andalucia , Anda ! » « Tais-toi mon cœur ! Je ne te reconnais pas. Tais-toi mon cœur ! Je ne te reconnais pas » « Don't you wanna sleep ? Don't you wanna sleep ? My motherfucking clock does tick-tock ding dong ! My motherfucking clock does tick-tock ding dong ! »

Si vous avez reconnu ces extraits, c'est que vous connaissez les paroles, et logiquement, que vous connaissez l'album La Mécanique du Cœur de Dionysos. Et peut-être même avez-vous lu le livre de Mathias Malzieu. Et peut-être même êtes-vous au courant qu'un film d'animation tiré du CD/Livre va (enfin) sortir sur nos écrans le 5 février prochain. Si c'est le cas, et que vous l'attendez, tant mieux, voici une critique du film. Et si vous ne l'attendez pas, voici bien ce qui pourrait vous donner envie de l'attendre !

Avant toutes choses, cette critique ne contiendra aucun spoiler, sauf vers la fin, dans un paragraphe spécifique, et uniquement pour ceux qui n'ont pas lu le livre, mais ce sera précisé. Bref, Jack et la Mécanique du Cœur, c'est quoi ? C'est un film d'animation réalisé par Mathias Malzieu et Stéphane Berla, qui reprend la trame scénaristique du livre (et du CD aussi, mais je vais éviter de le rappeler à chaque fois, cela semble évident). Ça raconte l'histoire de Jack, qui naît à Edimbourg le jour le plus froid du monde, et dont on doit remplacer le cœur gelé par une horloge pour sa survie. Le problème, quand on a une horloge à la place du cœur, c'est qu'il y a des règles à respecter. Ne jamais toucher ses aiguilles, contrôle sa colère, et surtout, ne jamais tomber amoureux. Des règles bien difficile à suivre pour Jack, surtout dès lors qu'il va rencontrer la jeune Miss Acacia. Il va alors entreprendre un voyage fantastique jusqu'en Espagne, accompagné de Georges Meliès, afin de retrouver celle qui lui a fait découvrir l'amour.

Ce projet de film trotte dans la tête de Mathias Malzieu depuis longtemps. Et très rapidement, il a été mis en chantier. Sauf que la production n'a pas été de tout repos. Epargnons les détails, mais il faut savoir que le film a été envisagé entièrement en stop motion avec des marionnettes par exemple. Au final, Jack et la Mécanique du Cœur est un film d'animation en 3D (attention, on ne parle pas de relief avec des lunettes immondes, heureusement). Alors oui, on pourrait regretter le stop motion et sa poésie, mais il faut reconnaître que le travail accompli est ici assez phénoménal. Pas forcément dans la technique, bien que cela soit maîtrisé, mais essentiellement dans la direction artistique. À l'exception d'un personnage, trop burtonien pour que l'on s'y attache, l'ensemble est de toute beauté, fourmille d'idées graphiques et visuelles, et offre un spectacle assez admirable, et souvent trop rare, pour les yeux. Bref, du très très bon de ce point de vue.


Cependant, une direction artistique magnifique, avec une âme, ce n'est rien sans une réalisation pour lui donner toute sa splendeur. Et qu'on se rassure immédiatement, il n'y a pas à s'inquiéter. Le film possède une réalisation pertinente, qui sert sans cesse les propos, et servie par un montage dynamique. C'est donc un réel plaisir que de voir ce film, rythmé par les musiques entraînantes de Dionysos. On n'est pas loin d'un véritable petit bijou d'animation. Pas loin ? Oui, pas loin. Parce que malgré toutes ces critiques élogieuses, méritées, le film a de quoi être une grosse déception, mais uniquement pour ceux qui ont lu le livre, rassurez-vous.

!!!SPOILER ALERT !!!
Expliquons ce qui ne va pas dans ce film, qui était pourtant bien parti pour faire un sans faute. Ce qui ont lu le livre en connaissent la fin. Pas de spoilers si c'est le cas, sinon, vous êtes prévenus. En gros, Jack fini seul, rejeté par Miss Acacia, et comme si ce n'était pas suffisant, il apprend que son horloge l'a certes sauvé, mais que rapidement elle n'était plus nécessaire à sa survie. La défunte Madeleine ne lui a jamais dit, afin de le garder près d'elle le plus longtemps possible. Fin assez rude, pas très joyeuse, mais finalement assez proche d'une réalité qui ne fait pas de cadeaux. Une fin logique, bien qu'assez troublante. Eh bien dans le film, la fin a entièrement été modifiée ! Volonté de Mathias Malzieu (espérons que non) ou choix imposé par Luc Besson, producteur du film, aucune idée, mais cela ne joue pas en la faveur du film. Quand on ne connaît pas le livre, il n'y a pas de problème. Mais quand on a apprécié cette fin assez crue et réaliste, on a de quoi être dérangé et déçu par la fin du film. Parce que la fin du bouquin est quand même bien meilleure. Bref, c'était le petit coup de gueule.
!!!FIN DU SPOILER !!!

Qu'on se le dise, Jack et la Mécanique du Cœur est un très bon film d'animation, doté d'une direction artistique fantastique, et d'une réalisation dynamique. Un conte sombre et poétique pour toute la famille. Malheureusement, ceux qui ont lu le livre pourront éventuellement être déçus. Quant aux autres, on ne peut que leur conseiller d'aller voir cette merveille du film d'animation, qui leur plaira, pour peu qu'ils ne soient pas allergiques à la musique de Dionysos. En revanche, on leur déconseille de lire le bouquin, avant ou après. Vous voici prévenus !

Jack et la Mécanique du Cœur
Mathias Malzieu et Stéphane Berla
Sortie le 05 février

mardi 24 décembre 2013

Mon top des jeux 2013. Partie 3 : Les indispensables

Ah, voilà, après avoir fait une liste des jeux que je considère comme les meilleurs de cette année, il est temps de passer à ceux que je considère comme les meilleurs des meilleurs de cette année, ceux qui sont absolument indispensables à faire et à posséder. Si vous ne savez toujours pas quoi acheter à Noël, voici une petite idée. Et je vous rassure, même en 2014 et au-delà, vous prendrez du plaisir à y jouer.

Ni no Kuni : La Veangeance de la Sorcière Céleste
Ah ! Ni no Kuni ! Que dire, si ce n'est que ce titre est un bijou absolu ! On pensait bien qu'on n'y aurait jamais droit, qu'il ne sortirait jamais en France, et pourtant, il est bien arrivé chez nous. Ambiance magistrale pour ce jeu de rôle typiquement nippon dont la patte graphique est signée Ghibli, et les musiques composées par Joe Hisaichi. C'est finalement un sans faute artistique, pour ce titre à l'histoire émouvante, qui émerveillera aussi bien les petits que les grands. Alors oui, certains pourront ne pas apprécier le système de combat, puisque les alliés ne sont pas dirigeables constamment, mais au final, Ni no Kuni est un très grand jeu. Un jeu de rôle comme on aimerait en voir plus souvent, comme il devrait en avoir plus souvent.


Fire Emblem : Awakening
Que dire, si ce n'est que Fire Emblem : Awakening est le meilleur jeu de la 3DS, n'en déplaise aux suivants sur la liste. On peut ne pas être fan de ce genre, le tactical RPG, et tomber amoureux de ce Fire Emblem. Au-delà de son aspect stratégie, qui est bien entendu le principe même du titre, le jeu nous offre un scénario prenant, qui tient surtout à ses personnages, tous uniques, mais surtout, qui communiquent souvent, et qui peuvent créer des liens. Cela donne des dialogues savoureux, des histoires et missions annexes débouchant sur de nouveaux personnages, et surtout des situations de combats épiques. Oui, vous avez bien lu. Parce-que si l'on place des personnages aux liens forts à côté sur une carte, ils peuvent interagir en combat. Voir un de ses coéquipiers sauter devant son personnage quasi mourant pour le protéger du coup de grâce est probablement la situation la plus incroyable de cette année. Si si, je vous assure.


Bravely Default
Oui, vous avez bien lu, j'ai beau adoré ce jeu, je le place derrière Fire Emblem : Awakening dans la liste des meilleurs jeux de la 3DS. Pourtant, ne nous voilons pas la face, Bravely Default est un chef-d'oeuvre, une sorte de relique du temps passé qui a surgie de nos jours pour nous rappeler que les J-RPG d'antan existent encore bel et bien. Oui, c'est sûr, ça peut ne pas plaire à tout le monde, mais les joueurs élevés aux premiers FF ou encore à Chrono Trigger apprécieront forcément. Durée de vie phénoménale, décors magnifiques dessinés à la main, et histoire certes simpliste mais assez prenante pour être suivie sans ennui. A cela s'ajoute des quètes annexes bien écrites et ancrés dans l'histoire, au point qu'on se demande presque pourquoi elles ne sont qu'annexes. Mais c'est surtout son gameplay, mélange de valeurs sures et de neuf qui assure à Bravely Default sa position de jeu à posséder absolument. Surtout son système de jobs, tellement addictif que vous n'en lâcherez plus la console.


Mario and Luigi : Dream Team Bros.
Ce n'est un secret pour personne, je suis fan absolu de la licence Mario and Luigi. Alors quand j'ai eu entre les mains ce quatrième opus, mon bonheur était bien là. Mais la crainte de trop de recyclage aussi. C'est donc avec une joie et un émerveillement total que j'ai parcouru cet épisode, que je considère comme le deuxième meilleur, juste après Superstar Saga. La réalisation est tout bonnement splendide pour les yeux, mais aussi pour les oreilles. La maniabilité, toujours aussi efficace, a su apporté des nouveautés tellement bien pensées et jouissives, via le monde onirique, que le plaisir est immédiat. Et même si le jeu est un poil moins drôle que ses prédécesseurs, les clins d’œil à la série sont tellement bien trouvés que l'on pardonne ce léger détail. S'il y a bien un autre jeu à posséder sur 3DS, c'est celui-ci. Une merveille, tout simplement.


Voilà, vous connaissez dorénavant mes jeux préférés de cette année 2013, qui a été bien remplie. Comme on peut le constater dans ce dernier classement, les jeux de rôle japonais ont fait une bonne partie de mon bonheur. En même temps, ces quatre jeux, ce sont ceux sur lesquels j'ai passé le plus de temps cette année, avec « seulement » 45h 27min pour celui que j'ai fini le plus rapidement, et qui est Mario and Luigi : Dream Team Bros. Je ne peux que vous conseiller de jouer absolument à ces quatre titres, qui sont tous des chefs-d’œuvre, n'ayons pas peur des mots. Je suis dans l'incapacité d'en choisir un seul pour cette année. En gros, si je ne devais garder qu'un seul jeu en 2013, ça serait Fire Default : La Vengeance de la Dream Team Bros.

dimanche 22 décembre 2013

Mon top des jeux 2013. Partie 2 : Les inoubliables

On continue avec les meilleurs jeux de cette année 2013. Un top subjectif forcément, mais qui nous rappelle que cette année à été remplie en très bon jeux vidéo. Allez, on commence.

Rayman Legends
Ah, ben oui, forcément ! L'équipe d'Ubisoft Montpellier, sous la direction de Michel Ancel, a encore fait des merveilles. Rayman Origins était un retour aux sources assez phénoménal, et cet épisode qui en reprend en grande partie les codes l'est tout autant. Encore plus beau, toujours plus inventif, Rayman Legends est une perle en solo comme en multi. Le kung foot risque de vous faire passer des nuits blanches avec vos potes. Et un gros gros plus pour la version Wii U, de très loin supérieure aux autres.


Beyond : Two Souls
On critique souvent David Cage et ses jeux. Ca peut se comprendre. Mais malgré tout ce qu'on peut reprocher à ses productions, souvent le fait qu'il s'agisse simplement de « film intéractif » et non de jeu, on se retrouve la plupart du temps face à des œuvres assez bouleversantes. Beyond : Two Souls en est une nouvelle fois la preuve. Et c'est en grande partie grâce aux performances des acteurs Willem Dafoe et Ellen Page (mon amour!). Un jeu, mais aussi une expérience à vivre.


Super Mario 3D World
Je n'attendais pas grand chose de ce Super Mario 3D World. Surtout après avoir essayé le jeu en juin. Un simple New Super Mario Bros. en 3D, voilà ce que le titre inspirait. Et puis, Gamepad en main, on se trouve face à quelque chose d'incroyablement surprenant : un excellent Mario en 3D ! Le jeu fourmille d'idées, il est beau, la bande-son est géniale, et on peut jouer à quatre ! Certes, il ne vaut pas un bon Galaxy ou Sunshine, mais il est bien l'un des meilleurs jeux de cette année.


Pokémon X/Y
Quasiment comme à chaque fois, dès qu'un nouveau jeu Pokémon sort, surtout lorsqu'il s'agit d'une nouvelle génération, il est forcément dans les meilleurs jeux de l'année. Peut-être pas aussi incroyables que Noir et Blanc, ces versions sont tout de même exceptionnelles. Enormément de nouveautés, parfois subtiles, un gameplay toujours aussi accrocheur, et une durée de vie colossale. Bref, à posséder absolument pour tous les fans de RPG.


The Legend of Zelda : A Link Between Worlds
Un nouveau The Legend of Zelda, c'est toujours un événement. Si je ne cite pas The Wind Waker HD, c'est parce qu'il s'agit d'un remake, bien que le jeu soit bien entendu toujours aussi excellent. Pour cet opus 3DS, on replonge dans l'univers de A Link to the Past. Le résultat est un jeu en monde ouvert qui regorge de secrets et de trouvailles de gameplay, avec des nouveautés qui tiennent à casser un peu la routine de la série. Seul bémol, le jeu est bien trop facile. Il vaut quand même largement le coup.

 

Far Cry 3 : Blood Dragon
Un DLC/Add-On peut-il être supérieur au jeu original dont il est tiré ? Eh bien Ubisoft nous a fait comprendre que oui. Far Cry 3 : Blood Dragon, c'est certes un très bon FPS en monde ouvert, mais c'est avant tout un hommage ultime à touts les productions d'actions des années 80. Véritable bijou d'un genre désuet dans son approche et son style, Far Cry 3 : Blood Dragon tient de l’œuvre d'art dans sa confection et son principe même. Un titre à posséder absolument.


C'est la fin de cette deuxième partie consacrée aux jeux marquants de cette année. On attaque et on finit bientôt avec les jeux indispensables de cette année. Les titres préférés de mes jeux préférés de cette année en quelque sorte. Il y a du très très lourd.

samedi 21 décembre 2013

Mon top des jeux 2013. Partie 1 : Les incontournables

La fin de l'année arrive, et il est temps de faire un petit bilan des meilleurs jeux de cette année, selon moi. Sauf que cette fois-ci, pas de top 5, ni de top 6, mais juste une liste en trois parties de mes jeux favoris. Il faut dire que l'on a été très gâtés cette année dans le milieu du jeu vidéo (mais aussi ailleurs, comme au cinéma, ou même, dans de moindres mesures, en musique), et réduire une liste de jeux à seulement cinq titres, c'est tout à fait impossible. Surtout quand on a fait une bonne quarantaine de jeux comme moi depuis janvier. Pas de listage par préférence, juste une liste des meilleurs jeux de cette année, et les raisons qui vont avec. Et on commence par les incontournables de cette année 2013.

GTA V
Forcément, on ne peut pas faire une liste des meilleurs jeux de cette année sans citer le mastodonte GTA V, qui a remporté le cœur des joueurs comme celui des critiques. Nouveau standard du monde ouvert, GTA V est un cri d'amour à la liberté, tant il y a d'activités à faire. Alors certes, la liberté n'est pas totale, mais on ne peut que remercier Rockstar pour ce jeu. Le studio est habitué au genre, et si l'on peut regretter que GTA V n'égale pas son plus gros concurrent dans un certain sens, Red Dead Redemption, on applaudit le travail, et on respecte l’œuvre.


The Last of Us
Certains diront encore que ce n'est qu'un Uncharted avec des zombies. Eh bien tant pis pour eux ! The Last of Us est évidemment l'un des meilleurs jeux de cette année, bien que je ne le considère pas personnellement comme un chef-d'oeuvre. L'histoire narrée, cette rencontre, ce voyage, ce lien qui se crée entre Joel et Ellie, et cette fin ! Sans oublier son gameplay, lourd, stressant, angoissant, qui ne pardonne pas la moindre erreur. Dérangeant, troublant, et beau à la fois, espérons que The Last of Us ne soit pas réellement le dernier. 


Bioshock Infinite
Vous avez aimé Bioshock ? Vous avez moins aimé le deux ? Vous aimerez sûrement ce troisième épisode. Au-delà même de son gameplay nerveux, mélange de bourrinage et de techniques d'approches, au-delà même de son histoire et de sa fin assez renversante, c'est surtout la direction artistique du titre qui impressionne. Absolument magistrale, cette dernière relègue quasiment tous les autres jeux de l'année à de vulgaires clones visuels. Et surtout, Bioshock Infinite nous rappelle que les FPS ne sont pas uniquement des jeux pan pan boum boum sans âme, et ça, c'est inestimable.


Tomb Raider
Forcément, on ne peut pas oublier Lara dans ce reboot/préquel. On aime ou on déteste, mais malgré quelques trahisons du personnages, et un côté survie finalement peu exploité, on se retrouve face à un excellent jeu d'aventure action, qui mélange correctement les phases d'explorations/plate-formes à celles de tir. Oui, on lorgne un peu trop du côté de Nathan Drake et d'Uncharted, mais il serait bien dommage de bouder son plaisir pour si peu.


Voilà ce qu'il en est pour la première partie de ces jeux de l'année, avec comme thème, les incontournables. La suite arrive bientôt, avec peut-être quelques surprises. Et vous, comme incontournables, vous auriez mis quoi d'autres ?

vendredi 29 novembre 2013

Test Ryse : Son of Rome

Nouvelle console dit forcément nouvelles licences. Même si Forza 5 et Dead Rising 3 ne le montrent pas forcément. Ryse : Son of Rome est en tous cas un jeu qui n'est ni une suite, ni une préquelle, et dans le paysage actuel, c'est déjà bien. Reste à savoir ce que le jeu vaut vraiment. Après une présentation à l'E3 qui en mettait certes plein la vue, c'est surtout les QTE à répétitions qui étaient restés en tête. Un choix vite retiré par les développeurs. Reste donc à voir ce que ce Ryse à dans le ventre, et s'il vaut vraiment le coup d'être joué sur une console nouvelle génération.

Oui, ok, disons-le tout de suite, le jeu est beau. P*tain de beau même. Venant de Crytek, à qui l'on doit Crysis, cela n'étonne guère, mais pour un jeu de lancement, il montre clairement ce que le console a dans le bide. Et cela laisse présager du meilleur pour la suite, dans quelques années, quand les jeux seront encore plus beaux. On peut toutefois noter un léger manque de finition sur certains points ou détails, mais en soit, dans l'animation des visages, des textures, ou dans la distance d'affichage, on ne peut que constater un travail assez monumental pour un rendu plus qu'appréciable. Et a cela s'ajoute une direction artistique très réussie. L'antiquité romaine est rarement exploitée, et avec Ryse, elle prend tout son sens et toute sa démesure. Totalement cinématographique et dynamique dans sa mise en scène, le jeu s'inspire de Gladiator ou encore de 300 pour nous offrir une antiquité violente et fantasmée. On pourrait même y associer des idées de L'Iliade et L'Odyssée lors de certaines séquences, bien que moins ancrées dans les légendes. On pense notamment à cette scène du débarquement, déjà mythique, qui ferait presque penser à l'intro d'Il Faut Sauver le Soldat Ryan version romaine. Et puis, dans une partie plus surprenante, le titre prend un aspect soudain plus proche de la fantasy. Oui oui ! On n'en dira pas plus, pour ne pas gâcher la surprise (et parce que c'est demandé dans les notes éditeurs pour les tests), mais de la Rome antique, on passe presque dans un univers barbare que n'aurait pas renié Conan. Et ce n'est pas plus mal, et c'est surtout très cohérent avec cet univers violent et bourrin qui est proposé.

Certifié 3+

Déferlement de violence, voici ce qui est proposé, et si le gameplay ne suit pas, quel en est l'utilité ? Et malheureusement, dans Ryse, on avance de manière linéaire, avec une combinaison de coup réduite à son strict minimum. Un bouton pour donner un coup, un pour déstabiliser ses adversaires, un pour parer, et un quatrième et dernier pour esquiver. Cela suffit pour permettre d'installer un élément de stratégie dans les combats, puisqu'il faut parer ou esquiver a bon moment afin de contrattaquer, mais bon, cela reste tout de même assez faiblard. Il n'y a pas de combos, et l'ensemble devient vitre très répétitif. Il ne faut tout de même pas oublier les finish moves. Ces exécutions sont possibles lorsqu'une tête de mort apparaît au dessus de la tête des ennemis. En appuyant sur une gâchette on déclenche alors un ralenti. Selon la couleur que prend l'adversaire, il faut appuyer sur le bouton correspondant, et hop, on obtient une mise à mort un peu gore. La subtilité de cette action tient du résultat que l'on peu obtenir. On choisit avec la croix directionnelle une récompense, comme un regain de santé, plus d'expérience, ou encore plus de dégâts, et après avoir tué son adversaire de cette manière, on l'obtient. Ce qui est quand même plutôt cool et bienvenu. De même, on remplit au fur et à mesure une jauge de rage, que l'on déclenche alors pour accentuer sa rapidité et sa force. Sympathique, à défaut d'être original. Sinon, on peut aussi embrocher ses ennemis avec des lances, histoire que ce soit un peu drôle. Pour varier, des phases viennent de temps à autres diversifier le tout. Comme des phases de « tir à la première personne » avec des flèches, on bien, plus rigolo sans être folichon, des phases en formation tortue, avec ses troupes. Pour le reste, on est face à un jeu d'action bourrin et redondant, qui se paye le luxe de nous offrir des environnements très beau, mais bourrés de murs invisibles grossiers afin de ne pas perturber la progression linéaire de l'histoire.

Que penser de Ryse : Son of Rome finalement ? Jeu d'action décomplexé, bourrin, mais pas sans âme, sa linéarité et ses actions basiques pourront plaire aux amateurs de beat'em all d'antan, dans lesquelles seule l'action plus ou moins décervelée servait un propos à peu près inexistant. Et c'est pareil pour son mode en ligne qui se réduit à des affrontements contre des hordes d'ennemis en arènes, seul ou à deux. Oui, c'est con, sans prise de tête, mais c'est dans un certain sens assez jouissif dans sa barbarie primaire. Ryse est finalement un magnifique vitrine technologique, mais qui est tout de même assez vide quand on la regarde de près. C'est très beau, mais le gameplay ne suit pas. Dommage. Le jeu pourra tout de même satisfaire les gros bourrins, et c'est déjà bien. Parce qu'au fond de nous, même bien caché, il y a un cœur de bourrin qui bat, et qui n'attend que ce genre de jeu pour se lâcher un coup.

12/20

mercredi 23 octobre 2013

Test Batman : Arkham Origins

Batman : Arkham Asylum en 2009. Batman : Arkham City en 2011. Il était temps de conclure la trilogie. Trilogie qui commence avec ce dernier épisode, qui renoue avec les origines. Et justement, Batman : Arkham Origins, c'est le nom de ce nouvel opus. Un retour aux sources aussi bien dans le scénario, que dans le concept même du héros et des comics d'origine justement. Alors, convaincant ou non ?

Arkham City était en soit assez magnifique, pour peu que les décors fixes et les textures parfois un poil crades ne dérangent pas. Arkham Origins n'arrive pas à le dépasser, et se paye même le luxe de rares ralentissements et de textures parfois vraiment pas terribles si on s'y approche trop. Pourtant, le jeu est beau, et encore une fois, profite d'une direction artistique admirable, quoique parfois moins inspirée que celle de ses prédécesseurs. Pas de quoi faire la fine bouche pour autant, tant on prend du plaisir à parcourir les recoins de Gotham City, sous la neige, la nuit de Noël. Cette obscurité omniprésente qui nous rappelle bien que l'on est chez Batman, et qui accouplée à la blancheur de la neige donne un aspect étrange, inquiétant, mais bizarrement confortable. Dans la lignée des deux jeux précédents, on oscille entre le rendu assez réel de la trilogie de Nolan, et le visuel plus gothique de Burton, pour un cachet finalement unique. Tant mieux, on en attendait pas moins. Pourtant, avec le changement de développeur, Rocksteady ayant transmis la tâche à Warner Montréal, on avait toutes les craintes du monde. Il n'en est rien, esthétiquement le jeu est une réussite. Tant mieux.

I'm Batman!

Ce Batman : Arkham Origins, en tant que préquelle, est une bonne raison pour découvrir l'homme chauve-souris sous un nouveau jour. Plus jeune, le héros n'est pas encore connu, et son nom sonne comme une légende urbaine. Il faut dire que si l'on ne nous refait pas vivre une énième fois le trauma de la perte de ses parents, on nous laisse comprendre que Bruce Wayne a commencé à enfiler son costume il y a peu. La police le traque d'ailleurs comme un criminel, et ce n'est pas le récemment promu commissaire Gordon qui contredira cette information. Pour l'une de ses premières enquêtes, Batman va se mettre à la recherche de Black Mask, et cela ne sera pas sans encombres. Sur son chemin, il croisera entre autres, Killer Croc, Deathstroke, ou encore Bane. Une petite promenade de santé en quelques sortes. L'aspect scénaristique est d'ailleurs à nouveau assez bien travaillé, au point de réserver quelques surprises, et de s'avérer assez prenant dès qu'il s'agit d'enquête pur et dur.

 Deathstroke!

Du côté de sa maniabilité, il y a finalement peu à dire, puisque tout est finalement très similaire à Arkham City. On avance dans la ville, on effectue des missions, on progresse grâce à différents gadgets, et on tabasse du méchant dans des combats toujours aussi fluides et maîtrisés dans leur gameplay. Certes, tout est toujours aussi bien, mais au final, peu original quand on a fait le précédent. Pourtant, il y a bien une nouveauté dans la jouabilité qui a de quoi réjouir les fans purs et durs du comics de base. En effet, Batman peut dorénavant enquêter. Sur des scènes de crime, il faut désormais prendre part à de réelles investigations. En activant la vue détective, on doit tout d'abord repérer des indices, qui vont nous mener à d'autres, par le biais de la reconstitution d'évènements. En gros, certains indices vont nous permettre de récréer la scène de crime. Il est alors possible de revoir la scène, et de retracer son parcours temporel, afin d'examiner chaque instant, et de trouver le détail qui va nous donner un indice. Batman redevient de ce fait détective, ce qu'il a toujours été. Rappelons que DC signifie Detective Comics. Ces phases de jeu, aussi plaisantes que prenantes, rafraîchissent un gameplay certes toujours aussi maîtrisé, mais qui n'auraient rien proposer de nouveau sans elles. On est donc doublement satisfait de leur présence, et ce n'est pas plus mal.

Dans Arkham Asylum, Batman était un super-héros. Dans Arkham City il était un justicier. Dans Arkham Origins, il est redevenu détective, ce qu'il a toujours été, depuis sa création. Ce premier épisode chronologique qui conclut pourtant la trilogie aurait pu décevoir s'il s'était contenté d'être à nouveau un simple jeu d'infiltration/action. Certes, l'ensemble est une nouvelle fois parfaitement bien pensé, mais la redondance du principe aurait pu gêner. C'est finalement dans son scénario, mais surtout dans ces phases d'enquêtes, trop rares, que le titre se démarque de ses prédécesseurs, pour un résultat plus que convaincant. Oui, il y a des défauts, et la direction artistique, bien que toujours aussi réussie, commence à s'épuiser, mais dans l'ensemble, il y a de quoi être satisfait par ce nouvelle opus. Il n'est pas le meilleur, mais il n'en est pas moins indispensable à tous les fans du Chevalier Noir, et très conseillé à tous les fans du genre. Encore une fois, Batman frappe fort, et le contraire nous aurait étonné.

17/20

vendredi 18 octobre 2013

PS4, Impressions manette en mains

L'appartement 4, situé en plein Paris, est l'occasion de s'essayer à une nouvelle console next-gen (qui perd de plus en plus de jeux de lancement...) proposée par Sony. Il s'agit bien entendu de la Playstation 4, qui arrivera dans notre contrée le 29 novembre. Enfin, pour ceux qui l'ont déjà pré-commandé. Sinon, il faudra attendre courant février 2014 au mieux. La console s'est donc dévoilée, et s'est laissée essayer. Avec une petite poignée de jeux jouables, il est temps de faire tomber un verdict sur la machine, non catégorique bien sûr, mais qui sera sûrement valable lors de sa sortie.

La première rencontre avec la bête se fait via des écrans. Mais le premier contact a réellement lieu lorsque la manette DualShock 4 arrive entre nos mains. Un peu dubitatif malgré des avis très positifs, il n'aura fallu que quatre secondes d'adaptation pour adopter cette nouvelle manette. Si on est habitué à la DualShock 3, les différences peuvent déranger au début, mais la prise en main est tellement agréable et bien pensée, que l'on s'y fait très rapidement. Les amateurs de Microsoft auront peut-être un peu plus de mal, et encore, son ergonomie est tellement bien foutue, qu'adepte de Sony ou non, on trouvera son bonheur dans la DualShock 4. Sa mini surface tactile cliquable prend de la place, mais n'est pas dérangeante. Les gâchettes R2 et L2 ont été modifiées, et sont désormais incurvées vers le haut, afin que les doigts ne glissent plus. Pratique ! On pourrait regretter l'absence des boutons Start et Select, qui chambouleront malgré tout les habitudes des plus gros joueurs, mais bon, on fera avec. Le prix à payer pour une manette si bien optimisée il faut croire.

Voilà, ça, c'était le point positif. Maintenant, il est temps de passer aux jeux, et à ce qu'ils nous proposent. Commeneçons par DriveClub, cette simulation de course automobile qui se voudrait un mélange de Forza et Gran Turismo. Les amateurs de Need for Speed peuvent déjà passer leur chemin, ici, c'est de la conduite « sérieuse », presque trop. Pour le jeu en soit, c'est un jeu de course, sans hors piste, bien cadré, et peut-être un peu trop. Le problème, c'est qu'on ne voit pas tant que ça de différence entre la génération actuelle, et celle qu'on nous présente ici. Oui, ok, c'est peut-être un poil plus beau, et surtout ça semble plus fluide, mais en soit, il n'y a pas de révolution, ni même de réelle évolution visible. Il y a même encore trop d'alliasing ! Et c'est bien ça qui est gênant. On attend une nouvelle génération, et même si on savait à l'avance que la différence serait moins flagrante qu'entre la PS2 et la PS3, eh bien, il y a de quoi être en partie déçu par DriveClub...

 La bête!

Et malheureusement, ce n'est pas Knack (M-, m-, m-, my Sharona !) qui va relever le niveau. Attention, le jeu semble tout à fait sympathique, là n'est pas le problème. Mais bon sang de bois, on est sur PS4 ?! Non pas que le jeu soit moche, mais on a l'impression d'être face à un jeu de plate-forme digne d'il y a plusieurs générations. Explications. Le jeu est tout simplement très, TRÈS, linéaire et dirigiste (dans la démo en tout cas), et n'offre quasiment aucun sentiment de liberté. Ratchet et Clank semble presque le jeu le plus vaste et libre en comparaison. Sans parler des décors, incassables, sauf ceux qui sont prévus pour... Un sentiment de contradictions et d'incohérences qu'on espérait ne plus voir sur les nouvelles générations de consoles, ou du moins, pas aussi violemment. Pour le reste, le jeu est sympatoche, mais il ne paraît pas très marquant. A voir à sa sortie.

Avant de passer aux portages, parlons un peu de The Playroom. Cette application a pour but de nous montrer les capacités de la console, principalement en ce qui concerne la réalité augmentée. Il faut l'avouer, si ce n'est pas transcendant, cela peut laisser présager du bon dans l'avenir, pour peu que des développeurs exploitent bien le concept. La caméra, sans valoir Kinect, reconnaît bien les personnes présentes et les capteurs des manettes, et les diverses utilisations de la DualShock 4 sont sympathiques. On remarque surtout que l'interactivité est bien mise en place, surtout pour ce qui est de la réalité augmentée, avec une réelle prise en compte des reliefs et des différents plans. Honnêtement, ce type de contrôle, même bien foutu, risque de rester un gadget non exploité dans de vrais jeux... Dommage. On espère tout de même être surpris dans les années à venir.

On conclut avec Assassin's Creed IV : Black Flag. Prévu sur les consoles actuelles, et sur les nouvelles générations, le jeu doit pouvoir séduire dans ses versions améliorées. Ayant joué aux deux versions, la comparaison est faisable. Là où le jeu trouve ses limites sur PS3, logiquement, comme c'était le cas pour le troisième épisode, il n'y a quasiment plus de problème sur PS4. La distance d'affichage est assez impressionnante, certains effets, comme l'eau, sont très réussis, mais malgré tout, il ne faut pas s'attendre à une claque graphique incroyable, le jeu étant juste un poil plus beau que sa version PS3. C'est surtout dans les finitions qu'on remarque les améliorations.

Pas de vraie déception, mais rien de très emballant pour le moment. Evidemment, une console à sa sortie, c'est rarement la grande joie, mais tant que la bête ne sera pas domptée, il faut croire que les jeux seront juste « bien », au mieux. Bien sûr, avec le temps, l'ensemble s'améliorera, mais pour le moment, rien de très convaincant, si ce n'est la manette DualShock 4. On en reparlera plus tard, lorsque les gros titres sortiront.