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samedi 17 mai 2014

Critique X-Men : Days of Future Past

Tandis que The Amazing Spider-Man 2 continue de pourrir nos écrans de cinéma, d'autres films de super-héros sont prévus pour bientôt. Et toujours de la part de Marvel. Le prochain en date, c'est X-Men : Days of Future Past, à la fois suite et préquelle. Une suite à la préquelle qui est aussi une suite à la trilogie, mais qui se passe en partie avant. Bref, rien de bien compliqué, on va vous expliquer un peu plus tard. Alors que X-Men : Le Commencement avait été une bonne surprise, surtout après la déception de X-Men : L'affrontement Final, on attendait impatiemment une suite. Et finalement, c'est un des épisodes les plus connus de la saga X-Men qui a été adapté au cinéma. Un épisode qui mêle futur et passé. Et c'est en ça que le film est une suite à la trilogie et à la préquelle. On avait de quoi attendre cet opus, tant avec crainte qu'avec enthousiasme. Reste à voir qui de l'enthousiasme ou de la crainte avait raison.

Le film commence de manière assez déroutante. Un univers que l'on ne connaît pas, très sombre, avec des centaines de cadavres que des camions vident dans des décharges. Le ton est donné. On apprend que l'action se situe dans le futur et que les mutants et les humains qui les aident sont traqués par les Sentinelles, des espèces de robots géants surpuissants capables de s'adapter aux pouvoirs de leurs adversaires. Et rapidement on enchaîne avec une séquence d'action assez impressionnante dans laquelle de nombreux X-Men se battent contre des Sentinelles, et... meurent. Oui, vous avez bien lu. On est face à une guerre sans merci, et attendez-vous à voir certains de vos mutants préférés se faire tuer de manière parfois assez violentes (au moins trois démembrements dans le lot!). Eh oui, le ton était donné dès la scène d'introduction avec les cadavres rappelez-vous. Et comme cette situation craint un peu du boudin, la solution pour s'en sortir c'est d'envoyer Wolverine dans le passé afin de convaincre les jeunes Charles et Erik de l'aider à empêcher un événement plutôt marquant d'avoir lieu. C'est le point de départ du film. On laisse Logan enfiler son pantalon à pattes d'éléphants, et hop, petit retour en 1973.


A partir de ce moment, il faut se rendre à l'évidence sur deux points. Déjà, il y aura bien moins d'action que dans le futur, forcément. Ensuite, les X-Men qui se battent ensemble, eh bien c'est rapé, puisque le film va principalement se concentrer sur quatre personnages : Charles Xavier, Erik, Raven, et Logan. Eh oui, X-Men : Days of Future Past lorgne plus du côté de X-Men : Le Commencement. Et si ça ne plaira pas à tout le monde, cela a pourtant plusieurs aspects plus que positifs. Le scénario est bien écrit, tient la route, et offre une nouvelle fois un travail sur les personnages très réussi. Ce qui amène aux acteurs, qui sont quasiment tous parfaits dans leurs rôles, James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence en tête. Le premier campe un Charles Xavier en pleine dépression, le deuxième un Magneto toujours aussi ambigüe, et la dernière confirme qu'on aurait pas pu prendre meilleure actrice pour le rôle de la très bleue Mystique. Bon scénario et excellents acteurs, le film part plutôt bien!


Sans une réalisation à la hauteur, tous ces efforts ont rapidement de quoi être vains. Et quand on sait que ce n'est plus Matthew Vaughn, réalisateur du très bon X-Men : Le Commencement, qui est derrière la caméra, il y a de quoi avoir quelques craintes. Alors oui, c'est Bryan Singer qui réalise le film, le même qui a réalisé les deux premiers X-Men, mais bon, on ne peut pas dire qu'il possède le talent d'un Matthew Vaughn malheureusement... Alors attention, la mise en scène tient la route, elle est honnête, et lors des phases d'action, c'est même plutôt sacrément bien foutu, donc il ne faut pas s'imaginer que c'est mauvais, bien au contraire, mais ça aurait pu être très probablement encore mieux avec Vaughn derrière la caméra. On ne reste pas sur sa faim malgré tout. En revanche, ce qui est potentiellement dommage, c'est que comme quasiment l'intégralité du film se déroule dans le passé, eh bien les mutants de la trilogie, du futur donc, ce sont limite des caméos. Donc quand on en voit certains sur des affiches promotionnelles, il y a presque de quoi rire. Et puis quitte à souligner les défauts du film, les fins sont outrageusement scandaleuses, à l'instar des autres film de super-héros qui ont déjà prévu quarante-trois suites. Donc la fin de X-Men : Days of Future Past et sa scène post-générique annoncent Wolverine 3 et X-Men 6... Dommage, le film aurait été une conclusion parfaite à la franchise sur grand écran.

Malgré certains défauts, vous l'aurez compris, X-Men : Days of Future Past est un bon film. Et de nos jours, c'est presque trop rare quand on voit ce que l'on nous sert régulièrement. Certes, l'action est peut-être moins présente que prévu, mais le film réserve son lot de séquences mémorables, de l'introduction à la scène d'évasion du Pentagone (scène qui semble clairement avoir été conçue pour être LA scène du film, faite pour plaire aux spectateurs, mais bon, on ne va pas la critiquer) pour ne citer que ces deux-là. Le résultat est un bon divertissement, un bon film de super-héros, et à l'heure actuelle, c'est trop rare pour qu'on passe à côté. Alors n'hésitez pas, si vous en avez l'occasion, allez voir X-Men : Days of Future Past.

jeudi 1 mai 2014

Critique The Amazing Spider-Man 2 : Le Destin d'un Héros

En 2012, alors que sortait The Amazing Spider-Man, un article avait été écrit afin de dire que c'était une bonne surprise. Aujourd'hui, alors que sa suite vient d'arriver sur nos écrans, on va vous expliquer pourquoi il s'agit de l'un des pires films de super-héros existants. Oui, rien que ça.

The Amazing Spider-Man 2 prend forcément part après le premier volet. On retrouve donc un Peter Parker tout juste diplômé, en couple avec Gwen Stacy (Emma Stone, radieuse), et qui porte toujours le costume de l'homme araignée. Et comme l'affiche et les bande-annonces nous l'ont montré, ou plutôt essayé de faire croire, il devra affronter trois méchants, et pas des moindres. Electro, le Bouffon Vert, et le Rhino. Bref, un beau programme en perspective, qui commence très très mal. Dès le début le film nous rappelle le seul intérêt de ce reboot, la vérité sur les parents de Peter Parker (mais on verra rapidement que le seul intérêt de ce reboot c'est Emma Stone en fait). On commence donc avec une scène qui nous apprend la cause de leur mort. Et c'est via une scène d'action qui brûle les yeux qui se déroule dans un avion, incohérente et montée avec les pieds par un monteur cul-de-jatte, que ça se passe. Déjà, on sent qu'il y a un problème, et que si le reste du film est constamment de cet acabit, c'est mal barré. Heureusement, on enchaîne directement avec la première scène d'action du film, et on est rassuré. Non, c'est une blague, c'est aussi mal réalisé et aussi mal monté. C'est limite incompréhensible. Ajoutons à cela Paul Giamatti qui a dû oublier comment jouer, pour incarner de manière aussi outrancière et ridicule un méchant très méchant hahaha je vous déteste tous parce que je suis russe, et on de demande ce que l'on fout dans la salle face à une parodie de film d'action.

Et on se le demande aussi durant tout le reste du film malheureusement... La faute à une réalisation sans âme, mais surtout à un scénario (si on peut appeler ça comme ça) qui semble avoir été pensé pour en mettre le plus possible, tant pis pour la cohérence, et qui est moins bien écrit qu'un scénario de dessin animé diffusé sur France 4. On suit une trame scénaristique dont on a rien a foutre réellement, parce que jamais on se sent concerné. Mais le pire. Le pire du pire du pire. Ce sont les méchants. Si Paul Giamatti est nullissime (mon Dieu, que t'ont-ils fait?) en Rhino aussi pathétique qu'inexistant, la palme du méchant le plus ridicule de l'histoire des super-héros de film revient à Electro. Ou comment Jamie Foxx a perdu l'intégralité de son charisme en un seul film. Introduit comme un scientifique sans ami, il ferait passer les pires caricatures de nerds et de geeks des années 80 pour des personnes crédibles. Là, Jamie Foxx/Max Dillon est un scientifique fanatique de Spider-Man qui s'imagine être son ami, et qui doit probablement aussi se toucher la nuit dans son lit en pensant à lui. Avec les bonnes lunettes ringardes, les cheveux gras immondes et mal coiffés, et les gens qui le considèrent comme du caca. Bref, le cliché absolu de la caricature du cliché. Puis dans une scène totalement ridicule il se transforme en na'vi, et ses intentions ne changent pas : «Spider-Man, tu veux être mon meilleur ami du monde? Je peux renifler ton costume après que tu l'aies porté?». Mais bon, comme tout ne se passe pas comme prévu, hop, il va vouloir s'en prendre à la Terre entière, c'est à dire New-York. Ah, ces méchants vachement crédibles. Ils sont trop sensibles.


Mais on n'a pas parlé du Bouffon Vert! En effet, Harry Osborn, qui se transforme 25 minutes avant la fin, dans le seul but de (Spoiler, donc on ne dira pas quoi) puis ensuite d'introduire de manière faussement masquée les Sinistre Six. En gros, il n'est pas vraiment hyper utile, à part pour créer une scène d'émotion intense plutôt ratée, et on le voit huit minutes à tout casser dans le film, le temps d'un combat aussi épique qu'une partie de Monopoly avec un aveugle. A noter que durant cet affrontement, il y a une scène de lancement de toile très éjaculatoire, et dans le contexte, on hésite entre risible ou plutôt audacieux mais risible malgré tout. Bref, les méchants, vous l'aurez compris, sont tous ratés. Mais le pire, c'est qu'on a osé nous vendre le film comme une succession de scènes magistrales relatant les affrontement terribles entre Spider-Man et ses ennemis. Sauf qu'au final, il n'y a réellement qu'un méchant dans l'histoire : Electro. Le Bouffon vert apparaît moins d'une dizaine de minutes, comme dit plus haut, et le Rhino, n'en parlons pas. Paul Giamatti doit apparaître environ six minutes à tout casser, et tout juste trois dans le «costume» du Rhino. En gros, on nous vend un film avec trois méchants, et on se retrouve avec... ben pas grand-chose. Surtout que le seul réel combat du film, c'est contre Electro. Un combat totalement incohérent avec le personnage d'ailleurs. Mais bon, le pire dans tout ça, c'est que jamais les trois méchants n'interviennent ensemble! A l'exception d'une rare fois où Electro vient aider Harry qui n'est pas encore un bouffon, pardon, le Bouffon. Mais sinon, rien. Aucun affrontement épique avec tous les méchants. Juste un combat nul avec un pauvre méchant sorti tout droit d'un livre de Oui-Oui. Lorsqu'on se rappelle le final dantesque du Spider-Man 3 de Sam Raimi, qui opposait l'Homme-Sable, Venom, le Bouffon Vert et Spider-Man, on se dit que bordel, The Amazing Spider-Man 2 passe entièrement à côté de ce qui aurait pu, aurait dû, faire sa force.

Alors oui, il ne faut pas comparer. Mais merde quoi, il y a un moment, il faut se rendre à l'évidence, The Amazing Spider-Man 2 est juste tout pourri. La seule chose qui a de l'intérêt dans le film, c'est la relation entre Peter et Gwen. Et venant d'un réalisateur qui a commencé par une comédie romantique on en attendait pas moins. Le pire, c'est quand on connaît les raisons du pourquoi les scénaristes (berk, comment on peut les appeler ainsi?!) ont privilégié cet aspect. Alors oui, ça fonctionne plutôt bien en partie, mais on ne va pas voir The Amazing Spider-Man 2 dans l'optique de voir The Spectacular Now (meilleure et plus belle comédie romantique de ces dix dernières années à voir absolument). Et la comparaison n'est pas faite au hasard, puisque lors de la scène la plus intéressante d'un point de vue sentimentale entre Peter et Gwen, la musique est celle du générique de fin de The Spectacular Now. Donc on est bien dans une comédie romantique, mais avec des vrais faux méchants, un vrai faux super-héros, et deux heures inutiles pour vingt minutes de romance plutôt bien fichues en partie. C'est plutôt longuet pour pas grand-chose.

Vous l'aurez compris, The Amazing Spider-Man 2 est absolument raté, jusque dans ses thèmes musicaux absolument infâmes, composés par un Hans Zimmer qui n'en a décidément plus rien à foutre depuis longtemps, et dont les partitions immondes de Man of Steel deviendraient presque les meilleures de sa carrière face à ce qu'il nous pond ici. Ce n'est pas bien de comparer, oui, et forcément The Amazing Spider-Man 2 sera mauvais face à la trilogie de Sam Raimi. Et puisqu'on parle de comparaison, Spider-Man 3 a été perçu comme décevant à sa sortie, parce qu'il est moins bon que les deux premiers, mais au final, c'est un très bon film de super-héros. Sauf que là, même sans comparer, c'est très mauvais. Entre un scénario écrit avec le cul, une réalisation fade, et un manque absolu de combat un tant soit peu épique, le film est un ratage absolu. Pire, ça va même au-delà. Il prend le spectateur pour des cons. Il n'y a qu'à voir son final putassier qui va à l'encontre de l'attente des spectateurs en ne montrant pas ce que l'on nous avait promis en désamorçant toute intensité dramatique. Et soyons honnêtes, quand on voit ça, on se dit que le film est clairement en train d'enc*ler le monde est ce qu'on appelle un foutage de gueule assez monumental. Donc non, on ne dira pas que c'était mieux avant, on vous laissera juger par vous-même. Mais ne revenez pas pleurer plus tard, on vous aura prévenus.

mardi 18 mars 2014

Critique : Captain America Le Soldat de l'Hiver

Ceux qui viennent régulièrement ici le savent, je n'apprécie pas réellement les films de super-héros de ces dernières années. Pourtant, il y a quelques exceptions, et parmi elles se trouve Captain America : Fisrt Avenger. D'une, parce que Joe Johnston, sans être un très grand réalisateur, demeure un metteur en scène qui a su se distinguer, ne serait-ce que par son image et ses effets visuels, et surtout parce que l'on sent qu'il a envie de travailler sur ses films, ce n'est pas juste un yes man qui bosse pour un studio. De deux, parce que le film retrace réellement la parcours d'un super-héros, de sa «naissance» à son ascension, et c'est de plus en plus rare que ce soit bien traité de nos jours. Et pour finir, parce que le film à une réelle identité, notamment grâce à son aspect serial des années 40, son esthétique comics de l'époque, et son inspiration évidente des films de Spielberg des années 80, Les Aventuriers de l'Arche Perdue en tête (chef-d’œuvre sur lequel Joe Johnston a travaillé, cela explique bien des choses). A l'heure des films de super-héros nullissimes et totalement ennuyeux, majoritairement ceux de chez Marvel, ce vent de fraîcheur étrangement boudé par le public a forcément donné naissance à une suite, puisque de toute manière, tout est une histoire de trilogie. Reste à savoir si passer de la seconde guerre mondiale à l'Amérique post 11 septembre (et post Avengers...) était une bonne idée pour ce capitaine américain. Réponse dans cette critique.

La plus grosse appréhension de cette suite était de savoir si le changement d'époque allait tenir la route. Cela ne devait pas se faire de manière trop naturelle, et il fallait bien que Steve Rogers se sente un peu mal à l'aise. Certes, la question avait déjà était traitée en partie par The Avengers, mais là, forcément, il fallait plus se focaliser dessus. Eh bien, il y a de quoi être mitigé, mais cependant, on est plutôt satisfait. Il faut entendre par là que si cet aspect est plutôt bien travaillé, il aurait pu être approfondi. Malgré tout, il y a ce qu'il faut d'émotions, et jamais cela ne tombe dans l'excès, et ça, c'est plutôt appréciable.


Passons dorénavant au scénario. Après plusieurs films Marvel au scénario inexistant, totalement kikoulol, voire les deux (oui, je parle de toi The Avengers, qui a réussi l'exploit de ne pas avoir de scénario, tout en nous pondant une histoire remplie de scènes et de dialogues kioulol bien pourris), on était en droit de craindre le pire avec cette suite. Et là, c'est la bonne surprise ! Plutôt que d'essayer ne nous balancer une histoire tirée par les cheveux, incompréhensible, barbante, ou les trois à la fois, Captain America Le Soldat de l'Hiver nous livre un scénario digne des films d'espionnage et des thrillers des années 70, avec un soupçon de parano post 11 septembre. Ce n'est pas forcément très novateur, pas non plus exceptionnel, mais ça a le mérite de tenir la route, de tenir le spectateur en haleine, et de proposer une réflexion sur les systèmes d'écoute et d'espionnage, sujet toujours d'actualité, ce n'est pas la NSA qui nous contredira. Bref, c'est plutôt sympathique, bien foutu, et ça change par rapport à ce que Marvel a l'habitude de nous proposer.

Ça change tellement, que l'on pourrait presque être surpris par la violence du film. Non, le film n'est pas hyper violent, rassurez-vous, mais les scènes de combat surprennent par leur côté parfois assez cru dans la violence, quasiment sans sang évidemment, mais tout de même très brutale. Parce que si le scénario n'est pas sujet à une succession de scènes d'action à outrance, il y en a pourtant durant ces 2h17 de film. Et ce serait presque un problème. Sans tomber dans la facilité du filmage dégueulasse et du montage épileptique, ces scènes ne sont pas réellement géniales par leur réalisation. C'est correct, et encore, mais bon, voilà, sans plus. Ajoutons à cela des effets numériques parfois un peu baveux, et on est finalement content qu'il n'y ait pas tant que ça de scènes d'action. Surtout, et c'est bien le plus dommage, qu'il n'y a aucun passage vraiment épique qui va faire vibrer le spectateur, ou qui va tout simplement rester en mémoire. Pour le reste, la réalisation est honnête. C'est déjà bien de nos jours, particulièrement pour ce genre de blockbuster.

 La bande annonce

Passons dorénavant aux choses qui fâchent réellement. Inutile d'y aller par quatre chemins, disons-le clairement, le méchant est raté. Oui, ce fameux soldat de l'hiver, eh bien, il est tout pourri tout nul. On n'arrive jamais à s'y attacher, malgré les efforts des scénaristes. Il n'est jamais terrifiant, jamais émouvant, et quand on le voit à l'écran, on n'y croit pas vraiment. On dirait un mauvais méchant dans Fullmetal Alchemist avec son automail/mecha-greffe à la place du bras. Bref, une déception. A noter aussi que le personnage de Sam Wilson, le Faucon, est plutôt sympathique et bien amené, sauf... quand il est en Faucon justement. Un type avec des ailes métalliques, filmé comme tel, on a malheureusement plus envie de rire que de le prendre au sérieux. Parmi les autres protagonistes, on peut citer La Veuve Noire, qui, Scarlett Joahnsson oblige, a des plans sur son cul réguliers, afin de satisfaire les coquinous qui aimeraient se rincer l’œil. On note aussi la présence plutôt importante de Coby Smulders (<3 cœur avec les doigts) et une apparition furtive de Danny Pudi, qui ravira les fans de Community.

Qu'on se le dise, Captain America Le Soldat de l'Hiver, malgré ses défauts, reste un très bon divertissement, et de très loin l'un des meilleurs films Marvel tournant autour de The Avengers. Le meilleur après le premier Captain America en fait. Le scénario est solide sans être transcendant, la réalisation tient la route, à défaut de tenir la durée de tout le film, et Chris Evans interprète toujours aussi bien le Capitaine. En gros, on est loin des films Marvel récents, qui n'ont quasiment aucun intérêt, si ce n'est celui de relancer l'industrie du popcorn en masse et de filer plein de thunes à Mickey. A défaut d'être un grand film, Captain America Le Soldat de l'Hiver est un divertissement honnête, que l'on peut sincèrement apprécier. Si seulement Marvel faisait des films comme celui-ci plus souvent, on pourrait être plutôt satisfait.

mercredi 23 octobre 2013

Test Batman : Arkham Origins

Batman : Arkham Asylum en 2009. Batman : Arkham City en 2011. Il était temps de conclure la trilogie. Trilogie qui commence avec ce dernier épisode, qui renoue avec les origines. Et justement, Batman : Arkham Origins, c'est le nom de ce nouvel opus. Un retour aux sources aussi bien dans le scénario, que dans le concept même du héros et des comics d'origine justement. Alors, convaincant ou non ?

Arkham City était en soit assez magnifique, pour peu que les décors fixes et les textures parfois un poil crades ne dérangent pas. Arkham Origins n'arrive pas à le dépasser, et se paye même le luxe de rares ralentissements et de textures parfois vraiment pas terribles si on s'y approche trop. Pourtant, le jeu est beau, et encore une fois, profite d'une direction artistique admirable, quoique parfois moins inspirée que celle de ses prédécesseurs. Pas de quoi faire la fine bouche pour autant, tant on prend du plaisir à parcourir les recoins de Gotham City, sous la neige, la nuit de Noël. Cette obscurité omniprésente qui nous rappelle bien que l'on est chez Batman, et qui accouplée à la blancheur de la neige donne un aspect étrange, inquiétant, mais bizarrement confortable. Dans la lignée des deux jeux précédents, on oscille entre le rendu assez réel de la trilogie de Nolan, et le visuel plus gothique de Burton, pour un cachet finalement unique. Tant mieux, on en attendait pas moins. Pourtant, avec le changement de développeur, Rocksteady ayant transmis la tâche à Warner Montréal, on avait toutes les craintes du monde. Il n'en est rien, esthétiquement le jeu est une réussite. Tant mieux.

I'm Batman!

Ce Batman : Arkham Origins, en tant que préquelle, est une bonne raison pour découvrir l'homme chauve-souris sous un nouveau jour. Plus jeune, le héros n'est pas encore connu, et son nom sonne comme une légende urbaine. Il faut dire que si l'on ne nous refait pas vivre une énième fois le trauma de la perte de ses parents, on nous laisse comprendre que Bruce Wayne a commencé à enfiler son costume il y a peu. La police le traque d'ailleurs comme un criminel, et ce n'est pas le récemment promu commissaire Gordon qui contredira cette information. Pour l'une de ses premières enquêtes, Batman va se mettre à la recherche de Black Mask, et cela ne sera pas sans encombres. Sur son chemin, il croisera entre autres, Killer Croc, Deathstroke, ou encore Bane. Une petite promenade de santé en quelques sortes. L'aspect scénaristique est d'ailleurs à nouveau assez bien travaillé, au point de réserver quelques surprises, et de s'avérer assez prenant dès qu'il s'agit d'enquête pur et dur.

 Deathstroke!

Du côté de sa maniabilité, il y a finalement peu à dire, puisque tout est finalement très similaire à Arkham City. On avance dans la ville, on effectue des missions, on progresse grâce à différents gadgets, et on tabasse du méchant dans des combats toujours aussi fluides et maîtrisés dans leur gameplay. Certes, tout est toujours aussi bien, mais au final, peu original quand on a fait le précédent. Pourtant, il y a bien une nouveauté dans la jouabilité qui a de quoi réjouir les fans purs et durs du comics de base. En effet, Batman peut dorénavant enquêter. Sur des scènes de crime, il faut désormais prendre part à de réelles investigations. En activant la vue détective, on doit tout d'abord repérer des indices, qui vont nous mener à d'autres, par le biais de la reconstitution d'évènements. En gros, certains indices vont nous permettre de récréer la scène de crime. Il est alors possible de revoir la scène, et de retracer son parcours temporel, afin d'examiner chaque instant, et de trouver le détail qui va nous donner un indice. Batman redevient de ce fait détective, ce qu'il a toujours été. Rappelons que DC signifie Detective Comics. Ces phases de jeu, aussi plaisantes que prenantes, rafraîchissent un gameplay certes toujours aussi maîtrisé, mais qui n'auraient rien proposer de nouveau sans elles. On est donc doublement satisfait de leur présence, et ce n'est pas plus mal.

Dans Arkham Asylum, Batman était un super-héros. Dans Arkham City il était un justicier. Dans Arkham Origins, il est redevenu détective, ce qu'il a toujours été, depuis sa création. Ce premier épisode chronologique qui conclut pourtant la trilogie aurait pu décevoir s'il s'était contenté d'être à nouveau un simple jeu d'infiltration/action. Certes, l'ensemble est une nouvelle fois parfaitement bien pensé, mais la redondance du principe aurait pu gêner. C'est finalement dans son scénario, mais surtout dans ces phases d'enquêtes, trop rares, que le titre se démarque de ses prédécesseurs, pour un résultat plus que convaincant. Oui, il y a des défauts, et la direction artistique, bien que toujours aussi réussie, commence à s'épuiser, mais dans l'ensemble, il y a de quoi être satisfait par ce nouvelle opus. Il n'est pas le meilleur, mais il n'en est pas moins indispensable à tous les fans du Chevalier Noir, et très conseillé à tous les fans du genre. Encore une fois, Batman frappe fort, et le contraire nous aurait étonné.

17/20

mercredi 14 août 2013

Critique : Kick-Ass 2

Attention, cette critique contient des spoilers sur le premier film. Donc si vous ne l'avez pas vu, évitez de lire ce qui suit (en même temps, si vous lisez une critique de Kick-Ass 2, ça laisse supposer que vous avez vu le premier...).

En avril 2010, Kick-Ass est venu botter le cul du genre film de super-héros. Pas de pouvoir, pas de responsabilité, mais une petite claque quand même, malgré quelques défauts. On se souvient de cet adolescent dans son costume qui essaie de faire disparaître le crime. On se souvient aussi de cette gamine et de son père, aussi dérangé que touchant, interprété par un Nicolas cage en forme. Ils étaient trois « super-héros » à l'époque, avant la fameuse scène tragique de ce premier film. Dans Kick-Ass 2, ils se sont multipliés. Dorénavant, ils ont été pris sous l'aile de Jim Carrey. Plus de super-héros pour plus de fun ?

Kick-Ass a réussi le mélange entre comédie, film pour adolescents, action, et violence. On oscillait entre scènes graves et scènes plus légères à l'humour appuyé, la thématique du héros et du super-héros était bien traitée, et les scènes d'action étaient assez présentes et bien réalisées pour satisfaire le public. Le film était réussi, et bien meilleur que beaucoup de films de super-héros actuels. On pouvait donc avoir peur de cette suite. D'une, parce qu'une suite aussi bonne voire meilleure qu'un premier volet, c'est dur, et de deux, parce que Matthew Vaughn a quitté l'écriture et la réalisation. On retrouve donc Jeff Wadlow au poste de scénariste et de réalisateur. Un nom peu connu, il faut le dire, mais qui prouve que le changement peut avoir du bon. Beaucoup de bon.


Dans Kick-Ass 2, le héros au costume vert et jaune va s'allier avec une sorte de ligue de super-héros du quotidien, menée par Le Colonel, interprété par Jim Carrey. De simples malfrats, ils vont bientôt devoir affronter le vrai méchant du film, l'ancien Red Mist, devenu depuis The Motherfucker (qu'on ne traduira pas, parce que franchement, un méchant qui s'appelle l'Enculé, tout de même, c'est un peu grossier). Et la tâche va être rude ! Parce que sous ses airs d'adolescent ridicule, il cache bien son jeu le petiot ! Voilà, la base du film est posée. Ce qu'il faut savoir avec Kick-Ass 2, c'est qu'il reprend le concept du premier, mais avec comme mot d'ordre « Toujours plus loin ». Dès le début, le constat est là, on va avoir affaire à du lourd, du très lourd. Plus drôle, plus violent, plus sale, plus spectaculaire, mais aussi plus dramatique, Kick-Ass 2 est plus tout, et donc au final plus incroyable encore. Plus drôle, en effet. On oscille pourtant entre différents niveau de gags. Ceux plutôt subtils et parfois hyper pointus dans les références (LE T-Shirt!), et les autres, pas subtils pour un sou, mais qui avouons-le, font rire quand même. Parce que parfois, plus c'est con, plus c'est drôle, surtout quand c'est assumé. Alors oui, on se marre, et pas qu'un peu. Mais derrière cette façade, il y a avant tout une réalité dure et sordide.

Kick-Ass 2, comme son prédécesseur, n'oublie pas d'être sérieux. Bien plus sombre que le premier opus, cette suite est grave, presque trop parfois. On peut sans problème multiplier par deux ou trois la puissance émotionnelle de la mort de Big Daddy dans certaines scènes de cette suite. Et c'est dans cette gravité que l'on remarque un thème abordé par de nombreux films, effleuré souvent, mais absolument bien traité ici : la question de la place du super-héros dans la société. Sans jamais nous bassinner, toujours légitime, et constamment en accord avec les propos du film, ce questionnement permanent arrive à balayer d'un revers de la main tout ce qu'on a essayé de nous inculquer comme valeur dans les films de ce genre depuis bien longtemps. Pour tout dire, depuis Spider-Man 2, on n'a jamais mieux traité le sujet. Et ça fait plaisir de voir ça ! Pour une fois qu'un film ne prend pas les spectateurs pour des abrutis avec des pseudos réflexions prétentieuses (oui, je parle de toi Nolan, entre autres), on aime ça. Alors bien sûr, puisque le film est sombre, il est aussi plus violent. L'interdiction au moins de douze ans, qui aurait dû s'imposer dès le premier film, est ici légitime. Ça castagne, ça tue, ça saigne, et ça explose. Oui, ça explose. Parce que Kick-Ass 2 est aussi plus spectaculaire que son prédécesseur. Pas d'effets pyrotechniques inutiles pour autant, juste du spectacle utile quand il le faut. C'est devenu bien trop rare de nos jours.


Malgré tout, Kick-Ass 2 a des défauts. Les scènes d'action par exemple. Il faut avouer qu'elles sont un poil moins lisibles que dans le premier film. Elle ne sont pas mal réalisées, mais moins lisibles. Pas de montage sous ecstasy à base du cuts à tout bout de champ, ni même de mouvements de caméra donnant la nausée, mais dans l'ensemble, ça reste moins lisible, voire légèrement moins compréhensible que dans Kick-Ass premier du nom. Pas de quoi gâcher son plaisir, mais c'est dommage. De même, on pourra regretter l'absence de certaines scènes mémorables instantanément, comme le premier combat de Kick-Ass ou l'arrivée de Hit-Girl dans le premier film. Ces scènes ont su rester dans les mémoires grâce à leur impact iconographique, mais aussi grâce à leurs musiques. On se souvient en effet des musiques de The Prodigy, ou de cette chanson de The Dickies, en parfait désaccord volontaire avec l'action. Attention toutefois, il ne faut pas croire que le film s'oublie vite, au contraire, il risque de vous marquer. D'ailleurs, ce final, totalement épique et touchant, a de quoi en impressionner plus d'un, et restera sûrement gravé dans les mémoires pendant longtemps !

Kick-Ass s'amusait à prendre les codes d'un genre pour les détourner et se les approprier. Le résultat était un vrai/faux film de super-héros réussi, et meilleur que beaucoup de grosses productions du genre. Avec Kick-Ass 2, on garde un registre similaire, mais on monte en grade. Cette fois-ci, on est réellement face à un film de super-héros, avec ses thématiques, ses scènes d'action, et une réelle réflexion sur le genre. Kick-Ass 2 est un mélange réussi de genres et d'influences, bourré de références, qui sait rester léger tout en étant sérieux, et qui surtout ne prend jamais le spectateur pour un abruti. Si les films de Marvel et de DC s'inspiraient de ce film, alors nous n'aurions plus de gros navets ridicules comme on nous en sert régulièrement. Kick-Ass 2 donne une bonne leçon au genre, et botte clairement le cul à la concurrence. Devant un tel film, il n'y a qu'une chose à faire, courir aller le voir, et savourer son plaisir. C'est assez rare qu'on nous serve une aussi belle production de nos jours. Ah, et oui, n'oubliez pas de rester après le générique de fin.

jeudi 11 juillet 2013

Test Deadpool

Deadpool n'est pas le héros de l'écurie Marvel le plus connu. Il a même commencé en tant qu'antagoniste de Wolverine avant de devenir un héros à part entière. Arrogant, schizophrène, totalement fucked up, et quasi invincible, le héros est bien décidé à se faire connaître. En plus de son apparition dans le film Wolverine, et sa probable adaptation en film, toujours avec Ryan Reynolds dans le rôle, c'est désormais en jeu vidéo qu'on retrouve le bougre. Un jeu vidéo Deadpool, chouette ! Un jeu vidéo Deadpool confié à Activision, chouette ? On vous dit ça.

Les adaptations de comics, ou de licences en général, offrent rarement de bonnes surprises aux joueurs, se contentant de transposer bêtement un univers dans un genre de jeu. La plate-forme ou l'action sont les plus grands représentants du genre, mais certaines licences moins chanceuses ont eu les « joies » d'une adaptation en party-game. Heureusement, ce n'est pas le cas de Deadpool, qui préfère le genre beat'em all. Un genre maintes fois vu et revu, et que l'antihéros n'a pas envie de sortir de son moule bien façonné. On avance, on tabasse des méchants, et on recommence. Heureusement, on a le choix des armes. Celles de combats rapprochées, types sabres ou marteau, ou celles à distance, tel que les flingues, les fusils à pompe, ou encore une sorte de pistolet laser du futur. Il est évidemment possible d'améliorer ses armes, ou les capacités du personnages, via des pièces que l'on amasse durant le jeu. Rien de révolutionnaire, mais rien de déplaisant. Oui, sauf que finalement, quand on y joue, on se trouve face à un beat'em all lambda, qui s'avère très répétitif, et parfois vite lassant, surtout vers la fin. On ne se plaindra pas des ennemis, assez coriaces dans le dernier tiers, qui donne un bon défi, mais l'ensemble perd de son intérêt, et comme beaucoup de jeu de ce genre, on s'en détache rapidement.

 Piou piou!

Pourtant, le studio High Moon a fait des efforts pour varier les situations et les manières de jouer. Entre les traditionnelles phases de shoot avec gros engin qui tâche, on trouve des éléments presque déroutant, dignes représentants de l'humour du jeu. Une phase en vue du dessus aux graphismes 8-bits type The Legend of Zelda par exemple, ou bien un passage de plate-forme en 2D viennent s'introduire dans un gameplay qui n'a rien d'extraordinaire en soi. On incarne même un des X-Men lors de l'aventure, mais on ne dévoilera rien histoire de ne pas gâcher la surprise, ce qui est un bon moyen de varier les phases de combats. Malgré tout, on ne peut s'empêcher de trouver une telle adaptation dommage, mais qui n'étonne personne. Heureusement, elle est en grande partie sauver par un aspect cruciale du titre.

 Vers l'infini, et au-delà!

Deadpool est un personnage totalement déjanté, schizo, arrogant, qui casse sans cesse le quatrième mur, et il fallait réussir à conserver cet esprit dans le jeu. Rien à redire, le titre assume ses origines et offre un spectacle d'humour totalement barré. Déjà, dans les phases de gameplay, puisque le héros n'hésite pas à insulter ses ennemis ou le joueur, à balancer des vannes pourries, ou même à citer Le Marchand de Venise de Shakespeare tandis qu'ils découpe du méchant. On est bien dans un titre qui ne se prend pas au sérieux. Mais c'est avant tout dans son univers et sa mise en scène que le tout devient jouissif, même si cet humour gras et parfois bas de caleçon ne plaira pas à tous. Deadpool commande lui-même son jeu vidéo, s'étonne de ce qui s'y déroule alors qu'il n'a pas lu le script, félicite ou crache sur le studio High Moon, et casse les codes de pas mal de genres. Sans oublier pas mal de scènettes à très fortes tendances what the fuuuuuuuuuuuuuuuuuuck ! Comme ce splendide plan où Deadpool chevauche un tigre volant. Oui, oui. Un tigre volant. Sans oublier le tacos qui parle ! Et puis, un jeu dans lequel le héros mate la taille de la zigounette de ses ennemis aux pissotières pour s'en moquer, certes, ce n'est pas fin du tout, mais c'est toujours drôle. Il faut parfois assumer ses mauvais goûts.

On pourrait résumer rapidement et simplement Deadpool : jeu moyen, excellente adaptation. Le titre est un beat'em all classique et peu enthousiaste, qui aurait été vite oublié si son background n'avait pas été là. Finalement, Deadpool est un jeu que l'on oubliera, mais juste moins vite. Réalisation moyenne, malgré des doublages excellents et gameplay sans âme en font un titre vite redondant, sans plaisir réel. C'est bien son univers et son personnage, à l'humour totalement barré, qui sauvent ce jeu du désintérêt total. On aimera y jouer ou non, on appréciera ou pas l'univers, mais on évitera de se procurer le jeu au prix fort. Dommage, le potentiel était là, et à quelques changements près, on pouvait avoir un titre fortement potable. De Deadpool à Deadcool, il n'y a qu'une seule lettre, ici à moitié transformée.

12/20

dimanche 20 janvier 2013

Films de Super-Héros : L'Overdose ?

C'est un fait. Les films de super-héros ont envahi les salles de cinéma. Ce n'est pas nouveau bien sûr, il y a des films de ce genre depuis longtemps, mais force est de constater que depuis quelques années, le phénomène s'amplifie. Alors qu'on avait le droit à une adaptation de comics super-héroïque de temps à autre, c'est aujourd'hui devenu une banalité. La faute à Marvel ? En partie. La faute à Disney (qui a racheté Marvel) ? Peut-être aussi. Bref, on approche peu à peu du trop plein, de l'indigestion totale, et de la régurgitation évidente. On nous a déjà assez gavé en 2012 non ? Et 2013 ne s'annonce pas forcément mieux...

Il est vrai que les films de super-héros ont toujours fait leur petit effet. On se rappelle du fabuleux Batman Returns de Burton, ou encore de la monumentale trilogie Spider-Man réalisée par Sam Raimi (malgré un troisième épisode un peu en deçà). Dans un autre registre, il y a aussi eu le monstrueux (dans tous les sens du terme) Hellboy II de Guillermo del Toro, qui faisaient un doigt d'honneur à toutes les autres productions du genre de par sa qualité absolument indéniable. Malheureusement, depuis un certains temps, les adaptations, ou les films de super-héros en général, sont revenus sur le devant de la scène, plus pour leur qualité assez faiblarde que pour leur réussite artistique ou scénaristique. Je parle bien de films de super-héros finalement, puisque certaines adaptations de comics ou de romans graphiques sont des chefs-d’œuvre absolus sans être des films de super-héros, comme en témoigne le puissant et monumental Scott Pilgrim Vs The World. Malheureusement, pour le reste, nous ne sommes pas gâtés. Depuis que Marvel à entrepris de réaliser The Avengers, moult films se sont enchaînés sans aucun but réel autre que celui de présenter des personnages qui seront présents dans un même film. On a alors eu le droit à un Iron man 2 dégueulasse, ou encore à un Thor risible et absolument ridicule. Seul Captain America s'en est sorti. Tout ça pour quoi ? Pour aboutir au fameux Avengers, qui n'est qu'en fait qu'une sorte de bouse infâme que seul quelques acteurs de second rôle et la musique d'Alan Silvestri arrivent à sauver du naufrage absolu, dont il n'est pas loin. Un produit formaté pour les adolescents nourris aux pop corns qui n'y connaissent rien aux comics, hormis les piètres et fades adaptations précédemment citées. Voilà ce que l'on nous offre de nos jours. Si c'est ça l'avenir du cinéma de super-héros, il y a réellement de quoi s'inquiéter... On nous bourre déjà jusqu'à plus soif de super-productions, mais derrière il n'y a aucun effort pour que l'ensemble tiennent la route, exceptés dans la rentabilité financière. Il n'y a pas de mal à faire de l'argent, mais autant que ce soit avec quelque chose de réussi, ou qui a au moins une volonté de faire les choses bien.

 Une vraie grande bonne adaptation de Comics

Un autre syndrome touche les films de super-héros. En parallèle du côté kikoulol on doit être aimé de tous qu'a choisi la voie Marvel, il y a la syndrome Nolan. Vous savez, celui de faire un film dans lequel la figure du super-héros est brisée, au point de ne plus être un film de super-héros, mais un faux film d'action à la réflexion faussement moderne et sombre. Après les deux volets de The Dark Knight, c'est désormais au tour de Superman de prendre la relève. On repère souvent ces films du fait de leur titres, qui ne nomment pas le héros, mais use d'une périphrase hautement difficile à capter. The Dark Knight pour Batman, ou encore Man of Steel pour Superman, pour ne citer que les plus évidents. Ces films souffrent réellement de cette volonté de rendre sombre et sérieux l'univers du héros, à coups de cassures et de doutes. Il n'y a plus de surhomme, mais un homme perdu, paumé, empli de doutes et de questionnement douloureux, souvent dû à un trauma d'enfance. Si Spider-Man 3 abordait déjà ce thème, et de façon peu subtil avouons-le, il avait au moins le mérite de ne pas en faire des tonnes et de ne pas tout prendre avec un sérieux pompeux. Alors que Nolan a fait de Batman un Bruce Wayne en costume, qui doute, qui ne sait plus s'il est réellement un héros ou non, qui se questionne sans cesse, qui se remet en question, qui finalement se prend au sérieux, se veut plus sombre, mais accessoirement, retire toute la violence du film. On est donc dans un film sombre et mature, dans lequel quand on se prend un coup ou que l'on meurt, on ne souffre pas, on ne saigne pas, et on ressemble plus à un protagoniste de Smallville qu'à un personnage de ce type de production. C'est casse-pied, pompeux, et ce type de production, qui tend à se démocratiser, puisque c'est la tendance actuelle, n'apporte finalement pas grand-chose hormis des succès incompréhensibles au box office. Et Marvel commence même à s'y mettre si l'on en croit la bande-annonce de Iron Man 3. Venant de Shane Black, il y a quoi être déçu, mais potentiellement surpris. On verra bien, mais cette mode du « je suis un héros sombre et brisé en proie aux doutes », ça commence sincèrement à devenir lassant.

 Cool, un Superman produit et co-écrit par Nolan...

Alors, sur quoi se rabattre, puisque tout semble presque perdu d'avance dans le domaine ? Il y a de l'espoir, que l'on se rassure. D'une, si Marvel a fait beaucoup d'erreur, certains projets semblent s'annoncer sous de meilleures augures. On pense notamment au projet d'adaptation cinématographique de l'Homme-Fourmi par Edgar Wright, à qui l'on doit justement Scott Pilgrim Vs The World, ou encore Shaun of the Dead. Dans un registre plus ou moins similaire, Marvel a demandé que l'adaptation des Gardiens de la Galaxie soit confiée à James Gunn, à qui l'on doit Horribilis ou bien Super. Et justement, Super est un film de super-héros, dans un certains sens. Et s'il ne l'est pas réellement, il reste une excellente alternative. Et c'est bien là l'un des espoirs du genre. Les alternatives. Afin d'éviter les naufrages ou semi-ratages de DC Comices et Marvel, il reste les productions autres. Super en est un exemple. Un film de faux super-héros violent, dérangé et dérangeant, qui n'exclut pas une réelle réflexion, mais installe le tout dans une ambiance à la fois malsaine et familière, qui rend le film accessible autant que difficile d'approche. Evidemment, ce film n'a pas eu le droit de sortir au cinéma en France, devant se contenter d'un simple et honteux Direct-to-DVD, mais il a au moins le mérite de remettre en question les bases du genre, tout en étant très personnel, et rien que pour ça, il mérite d'être vu. En plus, il est très bon, et il y a Ellen Page dedans, de quoi avoir vraiment envie de le voir. Dans un registre plus ou moins similaire mais plus spectaculaire, il y a Kick-Ass. Violent, cru, drôle d'une certaine manière, et adapté d'un comics cette fois-ci, le film a réussi a dépoussiéré un genre qui de plus en plus s'enfouit dans ses propres codes sans jamais vouloir les renouveler. Et on peu être rassuré, le deuxième volet de la série sort cette été. Même casting, sauf à l'écriture et à la réa, pour un opus qui s'annonce plus proche de la bande dessinée, au moins dans son esthétique, et qui s'annonce toujours aussi réussit et jouissif. Comme quoi, il y a toujours de bonnes alternatives. Et avec de la chance, les réalisateurs précédemment cités arriveront à rendre justice au comics Marvel via leurs films, s'ils sont réussis, ce qui ne m'étonnerait pas d'eux. Reste à voir ce qu'il en sera réellement.

Il n'y a pas que la dark attitude de DC Comics, la branchouille-cool-tropbien humeur ringarde de Marvel, il y a aussi les mauvais films comme Green Lantern (de DC aussi). Mais parmi cette suite de blockbusters sans saveur qui ont tous plus ou moins dénaturé le genre super-héros, il y a aussi les films autres, ce que l'on oublie ou que l'on ne connaît pas. Ces adaptations réussies d'éditeur indépendants, ou bien ces films de super-héros qui n'en sont pas réellement, mais qui apportent cependant un nouveau souffle au genre. Alors bon, on sera toujours enseveli sous les aberrants films Marvel et les déprimants films DC Comics. Il y bien sûr un espoir du fait de certains réalisateurs annoncés, mais quand on sait que c'est Kenneth Branagh qui a réalisé Thor, on se dit que l'emprise d'un studio est parfois bien plus forte que les idées et les volontés d'un réa de talent. Reste à voir ce qu'il en sera. Pour l'instant, plutôt que d'attendre Iron Man 3, ou bien Man of Steel, il serait sûrement plus judicieux de patienter et de voir Kick-Ass 2. Et qui sait, peut-être même qu'une surprise arrivera de nulle part, donnant une nouvelle fois un coup de pied au séant bien nécessaire à un genre qui se regarde le nombril, mais qui a oublié de regarder autour. On verra bien, pour le moment, on va se contenter de pop corns devant les spectacles potentiellement affligeant que l'on nous prépare. Après tout, comme adaptation de Comics, ce sera toujours mieux que la bouse infâme Sin City de Robert « je suis un fumiste qui n'aime pas mon métier ni le cinéma » Rodriguez et de la suite qu'il prépare, c'est déjà ça qu'il faut se dire.

dimanche 28 octobre 2012

Hero Corp

Le Paris Games Week arrive, ça va parler sans cesse de jeu vidéo, alors avant tout ça, je propose un article qui porte sur un autre domaine, mais qui va tout de même vous plaire je pense.

On a de la chance en France, on possède de très bonnes séries. Non, je ne parle pas des Joséphine Ange gardien, Plus belle la Vie, et autres Scènes de Ménage. Mais il faut reconnaître que l’arrivée de Kaamelott a bousculé nos habitudes. Un savant mélange de comédie, de légende, et même de science-fiction parfois. Une réussite totale menée de main de maître par le brillant Alexandre Astier. Et dans la famille Astier, je demande le frère. Enfin, le demi-frère plutôt. Vous savez, Simon Astier. Celui qui interprète Yvain le chevalier au Lion dans Kaamelott. Eh bien c’est le demi-frère d’Alexandre Astier. Ça se voit en même temps. Et si je le demande, c’est pour une bonne raison. Il n’a pas que Kaamelott à son actif, non, et bien heureusement. Parce que le petit frère du Roi Arthur n’est pas qu’un simple acteur de talent. Il est aussi scénariste et réalisateur.

C’est ainsi qu’avec son ami, acteur et scénariste lui aussi, Alban Lenoir, il va créer la série Hero Corp. Une série de super-héros. En France. Eh bien oui, c’est possible ! Il suffit d’avoir le talent d’écriture qui va avec, une bonne réalisation, de bons acteurs, et hop, le tour est joué ! Et autant ne pas faire durer le suspense plus longtemps, autant le dire tout de suite, tout est réuni ici pour faire de cette série une véritable réussite. On voit que chez les Astier, le talent, c’est contagieux. Et c’est tant mieux.

Au début des années 80, une guerre entre les super-héros et les grands vilains méchants fit rage. Une fois terminée, une agence fut créée afin de répertorier tous les super-héros, et différents sites furent aménagés un peu partout à travers le monde. Cette agence, c’est Hero Corp. Elle a pour but de gérer ses super-héros et de faire régner la paix. Sauf que la vie de super-héros n’est pas aussi super qu’on pourrait le croire… Et puis, en vingt-cinq ans, les anciennes gloires ont vieillies, et leurs pouvoirs avec. Quant aux plus jeunes, ils ne sont pas forcément bien formés, ou leurs pouvoirs ne sont pas forcément si extraordinaires que ça. Cependant, lorsque le plus grand  super vilain de tous les temps, The Lord, réapparaît, il faut agir.


John, environ vingt-cinq ans, est orphelin. Il a été élevé par sa tante, Mary. Cela fait toutefois dix ans qu’il n’a plus aucun contact avec elle, ayant quitté son seul cocon familial dans son adolescence. Lorsqu’on lui apprend le décès de sa tante, il part pour les funérailles, dans un village paumé de Lozère, dans l’intention d’y rester juste quelques jours avant de repartir. Ce qu’il ne sait pas, c’est que c’est tout autre chose qui l’attend. John est un super-héros, et selon une prophétie, c’est lui qui est censé sauver le monde. Oui, rien que ça. Il ne reste plus qu’à lui apprendre la nouvelle, à accepter sa nouvelle condition, à connaître et maîtriser son pouvoir, et à réussir sa mission. Sauf que dans ce petit village de Lozère, ce sont les retraités et les petits nouveaux qui font office de super-héros. Pratique non ?

Hero Corp aurait pu être une simple série humoristique sur des super-héros moisis et vieillissant. Sauf que la volonté de Simon Astier va bien plus loin. Bien sûr, à la base c’est une série comique, mais c’est avant tout une série de super-héros. Il y a donc de l’aventure, de l’action, des pouvoirs, et des rebondissements à n’en plus finir. La grande force de Hero Corp, c’est de s’incruster dans une réalité pleinement existante, et non pas dans un Metropolis ou Gotham City fictif. Et si la Lozère ne semble pas réellement l’endroit le plus propice à ce genre d’histoire, force est de constater que l’ensemble passe très bien. A savoir que les lieux de déroulement de l’histoire vont évoluer peu à peu, ce qui empêche un désintéressement au fil du temps.

Mais si on reste accroché à Hero Corp, c’est par son univers et tout ce background qui a été créé. On n’est pas juste dans un village pourri avec des vieux aux pouvoirs foireux. Un peu, au début, mais très vite on se sent pris dans l’histoire, qui évolue de façon constante. Et puis, Hero Corp, c’est un véritable hommage aux héros de notre enfance et aux comics. Il y a une véritable volonté de faire une série de super-héros sérieuse, sur fond humoristique. Dès les génériques, façon bande dessinée américaine, qui mettent dans l’ambiance. Ou encore grâce à divers éléments, comme les journaux de news sur les super-héros, qui sont en réalité des comics. On ne se sent finalement pas tant que ça dépaysé. Et puis, c’est aussi tout le décalage autour des super-héros et de leurs pouvoirs qui donne le ton et permet de bien entrer dans la série et son univers qui n’est en rien laissé au hasard. Captain Shampooing, Chauve-Souris Man, Captain Sports Extrêmes, et j’en passe des meilleurs comme des pires. Tous ont des pouvoirs, tous sont des super-héros, et tous ont leur passé et leur histoire à eux, bien barré le plus souvent, mais aussi plus sérieux. Après tout, les super-héros ont eux aussi leurs problèmes.


Mais la véritable puissance de Hero Corp, c’est de proposer une histoire solide, qui remplit son contrat de série de super-héros, avec ses scènes d’action, ses pouvoirs, ses rebondissements, ses méchants vraiment méchants, et j’en passe. Il ne faut pas voir en la série une simple parodie d’histoire de super-héros. Derrière cette façade de série humoristique se cache un véritable potentiel de série dramatique et plus sérieuse. On y retrouve d’ailleurs énormément de thématiques propres au genre, comme l’acceptation de soi, la découverte de son potentiel, les rites d’initiations, la mort, la peur, la faiblesse, etc… Oui, dit comme ça, ça peut paraître ennuyeux, mais ça ne l’est pas du tout. S’il faut avouer que la première saison prend son temps, et ne décolle que vers la fin, la suite envoie du très très lourd. On passe de la série rigolote sur les super-héros désuets à la série fantastique d’aventure avec suspense, action, émotion, et tout ce que l’on attend de ce genre de série. Tout s’emballe, il n’y a plus de temps mort, et l’on est constamment scotché devant son écran pour savoir ce qui va arriver. Les épisodes sont riches en rebondissements, et nous offrent des révélations à n’en plus finir qui feraient passer le « Je suis ton père » de Darth Vader pour un classique éculé. Sans oublier les fins d’épisodes qui se concluent sur des cliffhangers de ouf. Il y a vraiment de quoi se faire plaisir, sans voir le temps passer. Parce que chaque saison est constituée de quinze épisodes de vingt-cinq minutes. C’est peu, mais mieux vaut privilégier la qualité à la quantité.

Evidemment, qui dit Astier dit forcément invités de prestige. Dans Kaamelott on a eu le droit à un beau gratin d’acteurs. Il y en a évidemment moins dans Hero Corp, mais c’est déjà assez pour être plaisant. On retrouve bien évidemment la famille. Lionel Astier (Léodagan, son père en vrai), Alexandre Astier (Arthur, mais son demi-frère dans la vie), ou encore Josée Drevon (la mère d’Arthur, mais la mère de Simon Astier dans la réalité), mais aussi d’autres acteurs connus de la série, tel que Christian Bujeau, le fameux maître d’armes. Tous les invités ne sont pas nécessairement passés dans Kaamelott au préalable évidemment, mais il est toujours intéressant de voir ces têtes, souvent connues, faire une simple apparition, ou tenir un plus grand rôle. On n’est loin d’Amel Bent et de son « rôle » dans Scènes de Ménage, et ça fait plaisir de voir des acteurs qui s’amusent, tout en prenant leur interprétation au sérieux. C’est bien là la preuve d’une grande série, non ?

 L'aspect Comics est bien présent, dès le générique

Vous l’aurez compris, Hero Corp est une série à voir absolument. Hommage aux comics, aux séries et aux films de genre, sous la façade de comédie pouet pouet se cache une réelle aventure de super-héros. C’est un peu comme si ce côté humoristique était Clark Kent, et l’aspect fantastique Superman. On dissimule son identité pour mieux dévoiler ensuite la vérité, plus puissante. Bien sûr, tout n’est pas exempt de défauts, comme de rares jeux d’acteurs un poil en dessous des autres, ou quelques scènes un brin moins bien réalisées, mais devant l’ampleur d’une telle série, on ne peut que s’agenouiller et remercier ses créateurs. Entre son humour absurde qui colle parfaitement à l’ambiance, son ton décalé, et son ambiance héroïque bien présente, ce serait dommage de passer à côté.

La deuxième saison s’est terminée en 2010, et puis plus rien. Heureusement, après des années de doutes et d’absence, on a appris récemment qu’une troisième saison verra le jour, probablement grâce au soutien et aux actions des fans. Pas de dates, mais pourquoi pas été ou automne 2013. L’important, c’est que cette saison existe, surtout quand on voit la fin de la saison 2 et son fameux « à suivre… » totalement fou et surprenant. Qui sont les gentils, qui sont les méchants, que se passe-t-il ? On en aura je l’espère des réponses dans cette nouvelle saison. A savoir aussi qu’une bande dessinée adaptée de la série sortira bientôt. On ne peut pas mieux faire comme produit dérivé du fait des inspirations. Enfin bon, voilà, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Un coffret regroupant les deux premières saisons est sorti, au prix de 29,99 euros. Ça fait moins d’un euro l’épisode, le tout avec presque dix heures de bonus, et dans un beau packaging. Un beau cadeau pour Noël. Qu'on se le dise, il y a bien trois séries françaises à ne pas louper. Kaamelott, Le Visiteur du Futur, et Hero Corp. Et le point commun entre les trois c’est… Simon Astier. Coïncidence ? Je ne crois pas.

jeudi 26 juillet 2012

The Dark Knight Rises

C’est un fait, depuis peu, je parle aussi de film de super-héros sur ce blog. C’est une sorte d’élargissement à propos de la culture dite « geek », à laquelle j’adhère, et c’est aussi parce qu’il faut bien se rendre compte que les studios nous abreuvent de films de super-héros, de plus en plus, profitant d’un filon juteux, quitte à nous en gaver et quitte à nous refourguer de belles grosses merdes dans le lot (hein Marvel ! T’emmerdes le monde avec cette bouse qu’est The Avengers). Evidemment, tous ne sont pas à balancer à la poubelle, heureusement. Ce n’est pas parce que l’on nous ensevelit sous des tonnes de films de ce genre, qu’on ne peut pas en trouver qui sortent du lot. Pour résumer bêtement et simplement, on pourrait presque dire que d’un côté il y a Marvel et ses horreurs, et de l’autre DC Comics qui s’en sort mieux. Mais bon, si c’est presque en partie vrai depuis quelques temps, ce serait résumer assez sommairement la situation. Bien sûr, tous les films touchant aux Avengers (à l’exception de Captain America) sont dénués d’intérêt, de bons goûts, de scénario, et de réalisation, mais les autres Marvel peuvent s’en sortir. Je ne louerais jamais assez la grandeur de la saga Spider-Man réalisée par Sam Raimi (même si le troisième est en dessous des deux autres). Les deux premiers films X-Men et le dernier en date, Origins, ne sont pas mauvais. Donc Marvel se fout bien de la gueule du monde pour la plupart de ses productions et quasiment toutes celles touchant aux Vengeurs, mais on peut encore s’attendre à de bons films à venir (même si vu le calendrier des dates de sorties annoncées…). Une chose est sure, j’attends avec impatience Ant-Man (l’Homme-Fourmi), parce que c’est Edgar Wright (Scott Pilgrim Vs The World) qui est à la réalisation. Mais bon, pour ce qui est de Marvel, c’est tout. Alors bon, je ne vais pas non plus vanter les mérites de DC Comics, je ne suis pas là pour ça, mais force est de constater que Nolan n’a pas fait un travail de porcs avec la saga Batman. On aime ou non, je n’en suis pas fan, mais je reconnais la volonté de faire quelque chose de propre et d’ « orignal ». Il y a d’autres réa qui ont essayé, comme Zack Snyder avec Watchmen, qui apporte une vision différente du mythe du super-héros. Finalement, on ne peut que les remercier, même si le résultat n’est pas forcément satisfaisant. Ça change de Thor et d’Iron-Man qui ne sont finalement presque que des sortes de héros kikou lol pour amuser les gamins. Oui, je suis méchant, mais il n’y a que la vérité qui blesse. Et les films futurs risquent de ne pas remonter le niveau… Il y a toujours cependant une lueur d’espoir, avec Man of Steel, la nouvelle adaptation de Superman, écrite et produite par Christopher Nolan (on reconnaît bien là sa façon de ne pas nommer le film par le nom du héros, mais plutôt d’utiliser une sorte de périphrase métaphorique) et réalisée par Zack Snyder. Pour ça il faudra réchapper à la fin du monde en décembre et attendre juin 2013.

Mais je parle, je parle, et finalement je ne dis quasiment rien sur le chevalier noir de Gotham. Et le sujet de l’article, c’est un peu ça. Donc je m’y mets. Beaucoup d’entre vous le savent, ou pas tant que ça finalement, mais je n’ai pas tant apprécié que ça The Dark Knight (oui, allez-y, jetez moi des pierres, j’ai l’habitude). Batman Begins s’en sort plutôt bien je trouve, malgré un méchant (Scarecrow) qui aurait pu être mieux, mais au final on retrouve dans le film l'atmosphère qu’on attend d’un Batman, avec des scènes de nuit, et une ambiance sombre. The Dark Knight, c’est un film d’action, avec beaucoup de bla bla, qui se passe en plein jour, et qui aurait très bien pu être n’importe quel autre film, sauf qu’on a dit que le « gentil » s’appelait Batman, et le méchant « Le Joker ». Hormis les noms, rien ne se rattache vraiment je trouve à l’univers Batman, et il ne s’agit pas à mon goût d’un film de super-héros, mais bien d’un thriller politique mêlé d’action. Je vais très probablement être détesté par tout le monde dorénavant, mais tant pis, c’est mon avis.

Maintenant, parlons un peu de The Dark Knight Rises, troisième et ultime volet de la saga Batman par Nolan et dernier épisode de sa trilogie. Le film cumule les défauts de The Dark Knight, mais par chance s’approprie les qualités de Batman Begins. Avant tout, ce qu’il faut savoir sur le film, on ne peut pas ne pas en parler, c’est qu’il est bourré d’incohérences. Il y en a tellement, que pour toutes les citer, il me faudrait douze articles. Au final, si on joue le jeu, on est pris dans le film, et on passe outre, mais tout de même. Il y aurait pu avoir un effort là-dessus. Après, encore une fois, comme pour son prédécesseur, l’impression d’être devant un film d’action, mais pas de super-héros est trop présente. Moins certes, il y a quand même un ton assez héroïque, mais bon. Et encore une fois, l’ensemble se déroule un peu trop en plein jour… Batman, c’est la nuit !!! Enfin bon, il en est ainsi, il est trop tard pour refaire le film. Par chance, ce dernier opus est quand même bien au-dessus de The Dark Knight, heureusement.

Avant de revenir sur le film en lui-même, je vais parler un peu des personnages. Alfred, comme à son habitude, est le meilleur. Il est quasiment le seul personnage vraiment humain du film, et son attachement envers la maison Wayne est encore plus touchant dans cet opus. Clairement mon personnage préféré du film. Le petit nouveau, John Blake, campé par Joseph Gordon-Levitt, est un gentil flic trop optimiste et qui va vite être rattrapé par la réalité. Trop gentil peut-être, trop idéaliste surtout, il peut agacer, mais son rôle, important, nous le rend finalement sympathique, même si tous ne succomberont pas à son personnage. Le grand méchant du film, Bane, parlons-en. Avec son masque et sa voix auto-tunée dotée d’un accent fort précieux, il n’est finalement qu’un grand mec baraqué communiste. Bon, ok, j’exagère volontairement. Il arrive à quand même bien détruire le justicier de Gotham. Il s’en sort assez bien, même s’il n’a pas le charisme du Joker. Pour le personnage suivant, ce que je vais écrire pourra être perçu par certains comme un spolier (bien qu’il n’en soit pas un), alors dans le doute, je préviens. Ça y est, vous êtes prévenu ? Ok, je me lance alors. Anne Hathaway, nouvelle venue, n’interprète pas le rôle de Catwoman, comme tout le monde s’y attendait. Elle joue Selina Kyle. C’est tout. Jamais pendant le film le nom de Catwoman n’est prononcé, et tout le temps son personnage est celui de Selina Kyle, ou de Selina Kyle masqué. Un masque peu efficace, puisqu’il sert uniquement à la protéger de ceux qui ne la connaissent pas. En rien elle n’essaye de réellement dissimuler son identité. Et en rien elle n’apparaît avec des chats. Et honnêtement, soyons francs, porter un simple loup comme masque, ça ne doit pas être pratique, vu que ses cheveux longs dépassent de partout. En combat… Enfin bon, c’est un film. Qu’on se le dise, sa tenue n’est pas réellement à la hauteur, et l’abandon du masque/cagoule ne fait plus ressortir le côté SM excitant du personnage. Enfin, personnage qui n’existe pas vraiment dans ce film… Et pour conclure, venons-en à Marion Cotillard. Je n’ai rien contre elle, surtout quand elle joue dans des films comme De Rouille et d’Os, mais alors là… Elle n’en a rien à foutre, elle joue pour être payée, et elle se permet même d’offrir la pire scène du film aux spectateurs. Ouais…

Je n’ai pas parlais de Batman, parce qu’au final, on ne le voit que trois fois dans le film. C’est presque un caméo en fait. Bon, je vais arrêter d’être méchant, surtout que j’en viens à ce qui fait la force du film. Après une loooooooongue introduction, qui prend son temps, mais qui n’est pas non plus ennuyeuse, le Batman revient. Et là, on se rend compte que du point de vue de l’action, ça va être lourd. Le souffle épique, qui n’était pas réellement présent dans The Dark Knight, est de la partie cette fois-ci. Fini les longues scènes de bla bla politique, ici, il y a plus d’actions, plus de tensions, et plus d’émotions. Et plus on avance dans le film, plus on se rend compte que l’ensemble devient de plus en plus monstrueux. Certes, il y a trop de plans de jour, mais certaines séquences sont tellement puissantes que ce défaut est vite oublié. Et tout est croissant. Ça commence calmement et plus ça avance, plus on est proche de l’apothéose. Une scène, mythique, avec Bruce Wayne, qui doit « accomplir une épreuve » je vais dire, est tout simplement la meilleure du film. Et peu après, on assiste aussi à une scène monumentale, dénouement quasi ultime de cette trilogie. Le final, quant à lui, peut décevoir un poil, selon que l’on y adhère ou pas. Une chose est sure, The Dark Knight Rises réussi là où The Dark Knight avait échoué, en instaurant une véritable atmosphère épique (et en partie héroïque), redonnant presque ses lettres de noblesse à l’Homme Chauve-souris, et en proposant un film peut-être plus conventionnel mais qui n’est en rien dénué de charisme et d’attraction. Et puis, enfin, le problème de musique de The Dark Knight est résolu. La musique de ce deuxième opus était réussie, mais quasi absente, enlevant toute sensation de grandeur au film. Dans cet ultime volet, la musique est presque trop présente, mais cela renforce le côté épique des situations. Au final, plus de points positifs que de défauts dans cette dernière production de Nolan.

Qu’on se le dise, malgré tout ce que je viens d’écrire, je ne suis pas fan absolu de ce film, ni même de la trilogie. Nolan sait gérer ses films, et il n’a pas raté sa saga Batman, mais ce nouvel aspect qu’il a voulu lui donner s’éloigne un peu trop à mon goût du personnage de comics (même s’il se base sur le personnage de The Dark Knight de Frank Miller). A mes yeux, Batman Begins reste le meilleur de la série, et The Dark Knight le moins bon, ce qui place The Dark Knight Rises en deuxième position. Le film n’est certes pas une œuvre magistrale, il n’en demeure pas moins un très bon divertissement et un excellent blockbuster. Dorénavant, c’est l’avenir de Christopher Nolan, en tant que réalisateur, qui nous préoccupe, ainsi que l’avenir de Batman au cinéma. On se demande déjà quand Hollywood va nous pondre un nouveau reboot. Le plus tard possible je l’espère.

 La bande annonce de The Dark Knight Rises