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lundi 28 avril 2014

Game of Thrones, une série surestimée ?

Voilà, je vous vois déjà venir, à me cracher dessus, uniquement après avoir lu le titre de cet article. Et je vous comprends. Il faut cependant bien concevoir comment ce texte a été pensé. Cracher sur Game of Thrones pour faire des vues, cela n'a aucun intérêt. Dire que c'est mauvais juste pour troller, c'est totalement inutile. Je tiens d'ailleurs à préciser qu'il va s'agir ici d'une analyse basée sur des faits que je trouve cohérents, certes, mais cela reste avant tout un avis subjectif. J'adore Game of Thrones, comme tout le monde, et justement, c'est bien là le point de départ de ce questionnement : pourquoi tout le monde apprécie cette série? Cela n'en fait pas une mauvaise série, ni même une œuvre de moindre qualité, mais finalement, et c'est la base de cette analyse, est-ce que Game of Thrones n'est pas un pur produit de son époque?

Oui, vous avez bien lu. Un pur produit de son époque. Aurait-on pu faire Game of Thrones il y a quinze ans? Sûrement, si l'on excepte bien entendu le matériau de base, pas encore assez développé à l'époque. Mais Game of Thrones aurait-il pu connaître autant de succès à la fin des années 90 ou au début des années 2000? Non, probablement pas. Il y a quinze ans, Game of Thrones aurait été une série plus confidentielle, que seuls les «geeks» et certains curieux auraient regardée. De nos jours, c'est quasiment «hype» de regarder la série, et ne pas connaître ce qui s'est passé dans le dernière épisode plus de 24 heures après sa diffusion américaine, c'est vraiment être un ignare sans culture. Une vérité à la fois surprenante et plutôt logique. En quinze ans, le monde et les mentalités ont évolué. Et cela s'explique grâce à diverses raisons. D'une la montée en puissance des séries. Explications. Des séries, il y en a toujours eu. Ça ne remonte même pas à la télévision, mais déjà à la radio, ou bien entendu dans la littérature, mais là, c'est bien la télé qui nous intéresse. Bref, il y en a depuis des décennies. Cependant, la multiplication des chaînes, et l'arrivée des chaînes câblées aux Etats-Unis ont précipité l'augmentation du nombre de productions. On pense bien entendu à HBO et à Showtime qui ont démocratisé les séries adultes et sans aucune censure, permettant de diffuser des séries traitant d'énormément de sujet variés. Voici déjà une explication sur le succès de Game of Thrones, mais ce n'est qu'un début. Il est évident que l'arrivée du net et du piratage a énormément servi à la renommée des séries. A partir du moment où l'on peut télécharger un épisode tout juste une heure après sa diffusion américaine au lieu d'attendre une diffusion tardive en France avec une VF dégueulasse ou un coffret DVD/Blu-Ray hors de prix, forcément, ça aide à voir plus de séries. Sans compter les nouvelles offres légales, types Orange OCS, pour voir des épisodes de séries le lendemain de leur diffusion, en VOST. Oui, Internet nous a bien aidé. La preuve, Game of Thrones est plus piraté que regardé à la télévision!

 Si Game of Thrones avait été diffusé dans les années 90!

Mais le net et la démocratisation des séries de qualité ne sont pas les seules raisons du succès de Game of Thrones. Prenons un autre exemple, et tant pis si je me fais lyncher. True Blood est un succès pour HBO, et cela même après six saisons et une septième, qui conclura la série, qui arrive prochainement. Pourtant, il ne s'agit pas du tout de la meilleure série de la chaîne. Mais ce qui a fait son succès – non, c'est n'est pas l'excès de sexe et de sang dans les premières saisons! – c'est que les vampires étaient à la mode lorsque la série a commencé. La logique d'une série serait donc commerciale? Même pour des chaînes comme HBO? Eh oui cher lecteur, tu as bien lu! Pour qu'une série soit un succès, il faut qu'elle attire le chaland. Et c'est là que j'en reviens à Game of Thrones. Comment une série politique teintée de fantasy dans laquelle tout le monde meurt peut-elle connaître un tel succès? Il y a quinze ans, qui aurait parié dessus? Pas grand-monde. Sauf que depuis, la fantasy est revenu à la mode, particulièrement grâce à Monsieur Peter Jackson qui l'a démocratisée via son adaptation du Seigneur des Anneaux au cinéma. Alors oui, il s'est passé pas loin de huit ans entre Le Retour du Roi et la diffusion de Game of Thrones, et on pourrait dire que mon argument ne tient pas. Mais entre temps, la fantasy s'est de plus en plus imposée comme un point clé de la culture de masse. Il n'y a qu'à voir les Eragon et autres Narnia pour s'en rendre compte. Et c'est finalement juste après cette période qu'est arrivé Game of Thrones, une série politique que l'on nous a vendue comme de la fantasy. Et bon sang de bois, ils ont réussi à nous faire gober ça les bougres!

 Chouette, Sean Bean sera le héros de toutes les saisons!

Donc oui, d'une certaine manière, Game of Thrones est arrivé pile poil au bon moment, et HBO en était bien entendu tout à fait conscient. De là à dire que la série n'est qu'une succession de logique marketing. Eh bien... Ben on serait tenté de dire que oui, un peu. Déjà, on nous a vendu la série comme étant de fantasy, et pour peu que l'on ne connaisse pas les bouquins, il y a de quoi tomber dans le panneau. Et ce n'est pas l'intro de l'épisode pilote qui va démentir mes faits. Ensuite, on nous a balancé plein de pubs avec comme héros Ned Stark/Sean Bean. Et tout le monde sait plus ou moins ce qui lui arrive. Donc oui, logique marketing. Quant à ceux qui pourraient sortir que la série repose aussi sur le principe sexe et violence, oui, mais non. Bien sûr, ces deux facteurs attirent le public, mais cette logique est présente dans beaucoup de séries HBO. Récemment, comme dans True Blood, cité plus haut, qui va presque dans l'excès assez souvent par exemple. Ou plus anciennement avec Oz, série absolument magistrale et très crue, où tout le monde peut mourir n'importe quand (ah ben tiens, ça me rappelle quelque chose), et dans laquelle on voit plus de zigounettes en un seul épisode que dans une saison de Game of Thrones. Donc oui, en partie, la violence et le sexe est un atout qui va pousser certaines personnes à jeter un œil à une série, mais ce n'est pas la principale raison d'un succès. Si Oz avait eu autant de succès que Game of Thrones à son époque, ça se saurait.

Que dire pour conclure? Que Game of Thrones est évidement une excellente série, qui possède absolument la patte HBO, et qui a donc pour elle une qualité d'écriture et de réalisation assez exceptionnelle. Mais soyons honnêtes, la série a profité de l'évolution des mentalités et d'une diversification de la culture populaire pour s'imposer comme une nouvelle référence. On n'aurait pas parié un kopeck dessus il y a quinze ans. Et finalement, en 2007, alors que la fantasy a su s'imposer, le projet a été validé. Cela ne veut pas forcément dire que la série a été créée par simple opportunisme, mais il faut admettre qu'elle a été conçue comme un produit de son époque. Alors, Game of Thrones est-elle une série surestimée? En tant qu’œuvre, non, probablement pas. En tant que produit culturel, sûrement. Il faut constater que beaucoup de séries sont bien meilleures que Game of Thrones (je vous ai parlé de Oz?), mais elles n'ont pas eu le même impact sur la société. Donc Game of Thrones n'est pas une série surestimée dans l'absolu, mais en comparaison à bien des séries qui n'ont pas forcément eu autant de succès, oh que oui, elle est surestimée.

lundi 3 mars 2014

Test South Park : Le Bâton de la Vérité

Test réalisé à partir d'une version PS3, donc censurée.

Je prends la route de South Park histoire de prendre un peu l'air. Que des visages amicaux, et un nouveau jeu vidéo. Je prends la route de South Park et j'oublie toutes mes galères. Le Bâton de la vérité, sur PS360 et sur PC. Je taille la route pour South Park histoire de me calmer les nerfs. MmMhh Mmh Mmmh Mffh MffmHhh Mmfhhmm Mmffmh. Alors jouez donc à South Park et vous verrez ça dépote !

Repoussé, racheté, repoussé encore, on en a eu des frayeurs à propos de ce fameux South Park : Le Bâton de la Vérité, qui s'annonçait déjà comme le messie des adaptations de licence en jeu vidéo. Il faut dire que les trailers en ont envoyé du lourd. Beaucoup de lourd ! Et qu'un épisode de la saison 17, parodiant Game of Thrones, reprenait le visuel du jeu. Alors oui, on a bavé sur les images du jeu. Mais le temps nous a appris à nous méfier de ce qui semblait génial sur un trailer, parce que ce n'était pas forcément représentatif d'un jeu. Alors, ce Bâton de la Vérité, réussite, ou déception ? Laissons Timmy nous en parler.

Timmy ! Timmy, Timmy, Timmy ! Timmy Timmy ! Timmy !

Ok... Commençons par ce qui saute aux yeux immédiatement. L'univers de la série est parfaitement retranscrit dans le jeu. Déjà, visuellement, c'est exactement comme le dessin animé. Alors ok, c'est pas forcément très dur, vu que ça reste simpliste, mais aucun élément ne fait tâche avec le reste, et les animations sont parfaites et totalement dans l'esprit South Park. Et puis, bien évidemment, le jeu est bourré de références à n'en plus finir, toutes saisons confondues, même les plus récentes. Que ce soit une image en arrière plan, une ligne de dialogue, une quête annexe, un objet qu'on récupère dans un tiroir, ou bien la trame principale, tout est rempli de références, qui raviront les fans. Les gnomes voleurs de slips, l'homoursporc, ou encore les Chinpokomons, on a le droit à tout, des détails les plus anodins, aux grosses références baveuses. Et ça, c'est un des plus gros points forts du jeu, comme on s'en doute. Alors oui, il n'y a pas de VF, mais la VO est très réussie. Tant mieux. Surtout que l'humour est bien entendu au rendez-vous. Un humour plutôt dévastateur, trash, délirant, et partiellement censuré.

 Une séquence qui restera dans les anales...

Le jeu commence à South Park, où vous, le nouveau, venez d'emménager. Votre première quête va être de sortir pour vous faire des amis. Et ça va être assez simple, puisque le gentil mais un peu simplet Butters va vous proposer de rejoindre le groupe du grand magicien Cartman. Peu importe le nom que vous choisirez, vous serez durant tout le jeu désigné par le terme de... connard. Douchebag en version originale. C'est absurde, et totalement représentatif de l'état d'esprit du titre. La scénario va vous emmener visiter South Park, ainsi que... On ne vous spoilera pas. Bref, visiter ces lieux dans la quête ultime de préserver un vieux bout de bois dégueulasse, que les enfants considèrent comme le bâton de la vérité. Un bâton qui rend son possesseur maître de l'univers. Oui, rien que ça. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu... C'est donc un gros bordel qui va être généré, à base d'aliens, de zombies nazis, et on en passe. Pourtant, rien ne vous éloignera de votre quête, préservez la paix en protégeant le bâton de la vérité.

 En'hulés de mongols!

Et pour cela, pour mener cette quête Ô combien épique, rien ne vaut une adaptation de la série en jeu de rôle aventure. Et il faut avouer que si cela peut paraître plutôt couillu de prime abord, c'est surtout une excellente idée ! Cela permet d'explorer librement la ville la plupart du temps, et cela implique aussi diverses quêtes annexes, toutes plus délirantes les unes que les autres le plus souvent. Et attention, il faut bien se rendre compte que le jeu est un RPG comme on l'entend, avec des aspects parfois plus orientés actions. En gros, les combats, non aléatoires, se déroulent au tour par tour (parce que c'est old school, dixit Cartman), mais les attaques nécessitent d'effectuer des commandes précises. De même, il est possible de bloquer les attaques adverses, et même de contre-attaquer si l'on se débrouille bien. Cela rend les affrontements dynamiques, partiellement techniques, mais surtout accessibles aux non initiés du genre, qui aimeraient juste jouer à un jeu South Park, sans pour autant être dénué d'intérêt aux amateurs de jeux de rôle. Parce qu'en effet, l'ensemble n'en reste pas pour autant assez complet, et même stratégique dans certaines situations. D'une part, il y a quand même un nombre conséquent d'équipement et d'armes disponibles, qu'il sera souvent nécessaire de trouver (dans des quêtes annexes, ou en lootant des ennemis. Oui, on ne récupère pas les objets directement à la fin d'un combat), et qui sont customisables pour apporter de nouveaux effets. Ensuite, certains ennemis ont évidemment des faiblesses, ou des protections, etc... Et c'est là qu'on se dit qu'il y a quand même pas mal à faire, entre ses armes, son équipement, ses améliorations, etc... A cela s'ajoute des points d'expérience, dont le nombre gagné varie selon le niveau, qui permettent d'améliorer ses aptitudes (des attaques spéciales qui nécessitent des points de puissance), et aussi des talents, qui offrent la possibilité de donner des caractéristiques de combat spécifiques à notre personnage. Et là, ça devient intéressant, et plutôt bien pensé. On obtient ces talents au fur et à mesure, selon le nombre d'amis Facebook que l'on s'est fait dans le jeu. Cela encourage à faire des quêtes annexes, et à parler au plus de personnes possibles. Et en plus, ces derniers laissent régulièrement des messages ridicules et souvent drôles !

On a donc un jeu où des gamins qui ne peuvent se déplacer que sur le trottoir (ben oui, traverser hors des passages piétons, c'est dangereux!) se prennent pour des personnages de fantasy, sauf la nuit, parce qu'il faut dormir, en combattant comme dans des RPG à l'ancienne. Oui. Et pour accentuer le tout, le titre se donne des proportions épiques, qui tranchent avec l'univers urbain, mais collent pourtant bien avec le jeu. Les musiques donnent dans le médiéval épique, et n'auraient pas été reniées par Le Seigneur des Anneaux ou The Elder Scrolls V : Skyrim par exemple. De même, certaines aptitudes offrent quelques imageries bien épiques aussi, comme cette attaques d'archers orchestrée par Kyle. On sent donc la volonté du titre d'être un vrai RPG épique, qui est sérieux dans son gameplay, mais pas dans son univers. Et son gameplay est bien rôdé. On a déjà parlé des combats, mais il est intéressant de préciser que les jauges de vie et de puissance se remplissent après chacun d'entre eux. Combats qui n'ont parfois pas lieu d'être, puisque l'on peut se servir d'éléments du décor pour assommer les ennemis sans combattre (et en gagnant quand même de l'expérience). Et cela va nous permettre de parler des compétence que le jeu propose. Au fur et à mesure du jeu, votre héros va apprendre de nouvelles capacités qui lui seront utiles hors combat. Tirer sur un objet à distance, du classique, mais aussi se téléporter via une sonde anale, ou réduire sa taille. Et dans cette même optique, toujours dans l'épique, ce qui sera très utile, c'est l'épée magique ! Euh non... Les pets magiques... Oui, c'est ça. Avec quatre types de prouts différents, on peut se battre, mais on peut surtout progresser, en faisant péter (euh...) des objets, ou en enflammant d'autres. Et oui, parfois le manque de subtilité a ses avantages.

 Les aliens sont nos amis! Ils nous pénètrent eux aussi!

C'est donc accompagné par l'un des ses six compagnons que l'on progresse et combat dans une ville en proie à un délire à l'envergure aussi grande que ridicule. Et si l'aventure est quand même plutôt géniale et très drôle, elle laisse aussi un goût un peu amère... Eh oui, tout semblait réuni pour faire de South Park : Bâton de la Vérité le jeu parfait, mais malheureusement, la vie est une grosse tepu ! Et ça, ça nous broie un peu les couilles. Le jeu n'a pas énormément de défauts, mais ils sont assez importants pour en parler. Déjà, la ville de South Park n'est pas extrêmement grande, et bien qu'il y ait de l'exploration, on est vite assez restreint dans les lieux à visiter. On pourrait aussi reprocher le trop peu d'invocations présentes dans le jeu. Ces dernières permettent d'invoquer Monsier Hankey, Jésus, ou d'autres, afin d'abattre les ennemis, à l'exception des boss. Bref, c'est plutôt utile, et souvent très drôle, mais il y en a pas assez malheureusement. Mais ce n'est rien face au véritable gros problème du jeu : sa durée de vie. Ok, on se doutait que ce ne serait pas forcément un jeu de rôle hyper long, mais terminer l'histoire principale et les quêtes annexes en à peine plus de quinze heures, c'est quand même peu. Le pire, ce n'est pas que ce soit trop court, c'est surtout que c'est lorsque le scénario prend son envol le plus épique, dans une démesure absurde comme South Park est capable de le faire, que soudainement, pouf, c'est la fin... Alors Ok, c'est South Park, on est habitué aux fins précipitées, aux résolutions de problèmes absurdes, mais là, dans un jeu, c'est assez frustrant. Ça ne gâche pas l'expérience, mais c'est un poil décevant...

Malgré ses défauts, il faut quand même l'avouer, South Park : Le Bâton de la Vérité est un bon jeu, que tous les fans doivent se procurer. En terme d'adaptation de série, on a là l'un des meilleurs exemples. Les références pleuvent, l'humour crade et irrévérencieux est au rendez-vous, et la réalisation est au top. Mélange absolu entre volonté épique, et décalage des situations, le titre réussit le pari d'être un RPG décalé. Un jeu de rôle dans lequel on doit éviter une paire de couilles géante en plein combat, ou dans lequel on peut voir un type sodomiser un cheval, ce n'est pas courant. Alors oui, on regrette une carte trop petite et une durée de vie bien trop courte, avec une histoire qui se termine là où elle aurait réellement dû commencer, mais on prend un plaisir véritable à jouer au jeu, particulièrement si on est fan. Alors faites donc honneur à la Princesse Kenny, et allez y jouer. Parce que franchement, ça troue le cul !

16/20

samedi 17 août 2013

Pokémon The Origin

Un jour je serai le meilleur dresseur, je me battrai sans répit ! (Tin tin tin!) Je ferais tout pour être vainqueur, et gagner les défis ! (Tin nin nin!) Je parcourrai la terre entière, me battant avec espoir ! (Tin tin tin) Les Pokémons, et leurs mystères, le secret de leurs pouvoirs ! Pokémon ! Attrapez-les c'est notre histoire. Ensemble pour la victoire ! …

Bon, ça peut continuer longtemps. Surtout que je connais les deux couplets par cœur. Inutile de vous dire de quoi on va parler, vous vous en doutez sûrement. Alors qu'en ce 1er janvier 2000 débarque le dessin animé Pokémon, le jeu est lui sorti chez nous depuis le 8 octobre 1999. Et ce que l'on constate, c'est que l'animé est au final assez différent du jeu, même s'il en reprend les bases évidemment. Pourtant, on a tous (enfin, ma génération, celle née entre la fin des années 80 et le début des années 90) grandi avec ce dessin animé. Le 17 octobre, c'est une dix-septième saison qui va arriver au Japon, pour correspondre avec la sixième génération de jeu, X et Y. Et s'il y a bien une chose que l'on peut constater, c'est qu'au fur et à mesure du temps, les animés se sont de plus en plus éloignés de l'esprit du jeu, bien que de plus en plus didactiques. Une nouvelle vient de tomber, et elle devrait ravir les fans de la première heure !

Pokémon The Origin. Non, ce n'est pas un nouveau jeu, mais bel et bien un nouvel animé, qui reprend exactement le premier jeu et la toute première génération. Un dresseur, Red, choisit un Salamèche chez le professeur Chen, et il devra acquérir les huit badges et devenir maître, en concurrence avec son rival, Green, qui a choisi un Carapuce. Et bien entendu, la Team Rocket et ses plans machiavéliques seront de la partie. Pas de Sacha qui ne grandit jamais, ni de Pikachu en vedette donc, mais bel et bien le héros de la première génération. Il n'y aura que des Pokémons de la première génération, et franchement, ça a de quoi ravir les fans !

Reste une question en suspens pour le moment : quel va être le format de cet animé ? Un film ? Tout résumer en 1h40 risquerait d'être un peu court, non ? Même si cela reste possible. Une nouvelle série parallèle à celle de Sacha ? Eventuellement, mais montrer des images de l'affrontement final entre Red et Green dans le trailer n'aurait guère d'intérêt alors. Une série de simplement quelques épisodes, plus long qu'un film, mais avec juste assez d'épisodes pour ne pas s'éterniser ? C'est probable. C'est même l'hypothèse la plus réaliste avec celle d'un film. En attendant d'en savoir plus sur cet animé qui arrivera au Japon le 2 octobre, on peut regarder le trailer encore et encore. On ne s'en lasse pas !

 

Mise à jour (26 septembre) : Pokémon The Origin est un téléfilm en quatre parties. La première partie sera diffusée le 15 novembre sur la TV Pokémon. Les trois autres devraient être diffusées peu après.

mercredi 27 mars 2013

Test The Walking Dead : Survival Instinct

Tandis que certains jouent à Bioshock Infinite, d'autres jouent à un autre FPS, adapté d'une série phare du petit écran. Pourquoi faire dans l'originalité quand on peut se reposer sur une licence qui fait ses preuves ? Et puis, The Walking Dead a déjà eu le droit à une première adaptation en jeu vidéo fort réussie, alors pourquoi ce deuxième essai serait-il mauvais ? Oui, pourquoi ? Eh bien on va vous le dire tout de suite.

Avant d'être une série culte de la chaîne américaine AMC, puis un excellent jeu vidéo, puis cette adaptation d'Activision, The Walking Dead est un roman graphique américain, une réflexion sur l'être humain en société avec pour fond une invasion de zombies. Comme les films de Romero finalement, qui sont des critiques de la société avant d'être des films de genre. La série The Walking Dead a du mal à retranscrire cette ambiance, et certaines phases « vie de famille en société » ne sont pas forcément folichonnes, mais peu importe, on n'est là pour parler du jeu. Du jeu inspiré de la série. Oui, The Walking Dead : Survival Instinct est tiré de la série, et non du comics. Le titre original, qui apparaît sur le menu d'accueil, est d'ailleurs « amc The Walking Dead », ce qui prouve bien que l'on est dans l'adaptation de la série. Quant aux personnages, ce sont les frères Dixon, Merle et Daryl, créés pour le show télé justement. On incarnera uniquement Daryl durant l'aventure, mais rapidement, on va n'en avoir pas grand chose à faire. L'histoire se déroule avant celle de la série, ce qui aurait pu être l'occasion d'en apprendre plus sur les deux personnages. Voilà, vous savez tout ce qu'il faut savoir, il est temps de débuter.

Wahou, que c'est beau ! Malgré quelques textures un peu dégueulasses, on ne s'attendait vraiment pas à trouver un jeu aussi beau sur Wii. Et... Ah... Le jeu tourne sur les consoles de génération actuelle... Ok... Inutile de se leurrer, d'essayer de feinter, ou de trouver des excuses, The Walking Dead : Survival Instinct est tout simplement laid à en pleurer. Moche comme rarement possible, le jeu est tout simplement indigne des consoles sur lequel il est proposé. Textures bâclées au point de ressembler parfois à de la Playstation, la première, graphismes moches, animations rigides et bugs à foison, voici le programme. Et certains bugs sont réellement inacceptables. Des portes de toilettes qui s'ouvrent en traversant les cuvettes, des zombies qui disparaissent ou traversent des éléments du décors, ou encore des pans entiers de décors qui s'envolent, on a l'impression que les développeurs ont réunis le pire de la Nintendo 64 et de la Playstation pour les mettre dans leur jeu. Et s'il n'y avait que ça, ça irait encore, malheureusement ce n'est pas tout. Certes, c'est moche, mais comme si ce n'était pas suffisant, il faut en rajouter. Les zombies, totalement ratés, sont environ au nombre de huit. Non pas qu'il y en ait jamais plus de huit à l'écran, mais ce sont tous des clones. Il n'est pas rare de tuer deux fois le « même » à la suite. Quelle joie ! Heureusement, les décors varient. Non, ce n'est pas vrai. Les environnements sont répétitifs à souhait et totalement génériques. On a la ferme isolée, et la ville abandonnée, et à l'exception de rares lieux différents, c'est toujours la même chose. Des voitures vides partout, des zombies, et des décors laids et sans âmes. Plutôt cool non ? Seul les présences de Norman Reedus et Michael Rooker viennent rattraper le tout. Les deux acteurs prêtent leurs voix au personnages, ceux qu'ils incarnent dans la série, et que l'on supporte dans le jeu. Les musiques ne sont pas déplaisantes non plus, surtout lorsqu'elles sont reprises de la série, mais pour le reste, il n'y a rien à rattraper. Les bruitages sont à la ramasse, qu'il s'agisse du bruit des armes, ou pire, des grognements des zombies qui ressemblent à des gremlins. Bref, rien de bien passionnant. Inutile de s'attarder sur la mise en scène du titre, les rares cinématiques présentes se contentant du strict minimum, et encore.

 Oh ben t'as l'air frais toi!

La réalisation ne fait pas tout dans un jeu, il y a aussi et surtout le gameplay qui joue un rôle important. Activision semble l'avoir compris, et propose des idées intéressantes qui collent bien avec l'univers du jeu. Il est par exemple nécessaire de récolter le plus possibles de ressources ; vivres, essence ou munitions ; afin de ne jamais se retrouver en rade. Le jeu consiste d'ailleurs à se déplacer d'un point à un autre sur une carte afin d'effectuer des missions. Une fois finie, on reprend sa voiture, et l'on va ailleurs. Sauf que si l'on a pas assez d'essence, c'est la panne sèche assurée, et il faut en trouver assez là où on se trouve afin de repartir. Il faut d'ailleurs choisir sa route, selon la consommation d'essence, le risque de panne de batterie, et la possibilité de trouver des ressources. Bonne idée, qui fera prendre des décisions selon sa manière de jouer. De même, au cours du jeu, il est possible de rencontrer d'autres survivants qui peuvent se joindre à nous. On ne peut toutefois en avoir avec soi que selon le nombre de places disponibles dans la voiture, et il faut parfois choisir ceux que l'on va garder, ou que l'on va abandonner. Tous ont des capacités différentes, et pendant que l'on part en missions, on peut les envoyer chercher des ressources, dans l'espoir de les retrouver vivant au retour, ce qui n'est pas sûr. En voilà de bonnes idées ! Sur le papier sûrement, mais dans le jeu, bien moins. Elles sont bonnes, mais elles ne sont en rien exploitées, au point de devenir des idées, et c'est tout, sans réel impact sur le gameplay. Le principe d'essence est très vite casse-pied, puisque l'on en a rarement assez, et l'on s'arrête constamment sur la route pour en trouver. Le choix des routes est tellement peu intéressant, que l'on prendra sans cesse la route au possibilité moyenne, histoire de ne pas se prendre la tête. Quant aux survivants, le principe est bon, mais on en a finalement rien à faire. Comme des ustensiles dans un inventaire, on s'en sert sans s'en soucier, s'ils crèvent, tant pis, rien ne sera là pour nous en rappeler la tristesse, et si l'on doit en abandonner un, c'est la même chose. Ou comment avoir des idées, mais n'en avoir rien à foutre et les intégrer au développement juste parce que c'est prévu.

 Ces QTEs sont pires que Satan!

Qu'on se le dise, le reste du gameplay ne sauve pas cette sous-exploitation d'idées brillantes. The Walking Dead : Survival Instinct est un FPS qui semble dater du début des années 2000 avec pour rares nouveautés des phases de jeu façon Call of Duty moderne. Enfin, moderne, dans la version 2007. Une fois arrivé dans un lieu, on avance là ou la flèche de la boussole nous indique d'aller, on trouve l'objet ou la personne voulue, puis on avance à nouveau afin de trouver un objet ou un survivant, puis soit on continue, soit c'est fini. Voilà, c'est aussi simple que ça. Bienvenue en 1999 ! Une mission consiste même à aller retrouver le chat d'une vieille dame, afin de le lui rendre, et c'est tout. Génial ! Parce qu'il faut savoir que, par souci de trop de cohérence sûrement, on rencontre souvent des survivants, seuls et sans armes, au milieu de zombies, mais qui résistent, tranquillement. Quant à notre héros, il peut trimbaler trente-huit objets sur lui sans que cela le dérange. À tel point que pour pousser certains objets, ou simplement interagir avec, il n'y a aucune animation du personnage. Evidemment, le level design est horriblement daté, donnant de fausses perceptions de liberté aux joueurs, alors qu'il n'en est rien. On découvre rapidement qu'il n'y a pas trente-six solutions, et que les murs invisibles sont légions. Il n'y a parfois même pas d'effort pour créer une barrière honteuses avec des objets du décor, parfois on ne peut juste pas avancer... Dans du vide. Heureusement, il y a les zombies. Enfin... Là où dans un jeu normal, les zombies sont censés faire peur, ils sont ici tous plus laids et idiots les uns les autres. Cela est dû à une intelligence artificielle totalement bâclée et le plus souvent aléatoire. On peut passer tranquillou devant ou à côté sans problème, et parfois se faire repérer alors qu'on est hyper discret. Le bruit, la lumière, ou l'odeur sont des critères qui en théorie doivent les attirer, mais plus on avance dans le jeu, plus on se rend compte que tout ça n'est pas forcément à prendre en compte tant les réactions sont aléatoires. Les zombies sont tout simplement cons ! Voilà, c'est dit. Il suffit de courir un peu pour leur échapper. Et quand on doit les affronter, c'est à coup de batte/couteau/marteau qui nécessitent plusieurs coups pour achever les morts-vivants, qui attendent patiemment qu'on les frappe, ou avec un fusil/revolver/arbalète qui n'ont besoin que d'un seul headshot (oui, tirer ailleurs de leur fait rien). Bon, et puis pendant qu'on y est, il y a bien entendu des QTEs. Enfin, un seul type, dans une seule circonstance, et qui deviendra votre pire ennemi. Dès qu'un zombie vous attaque au corps à corps, il n'y a plus qu'un moyen de s'en sortir, agiter la joystick dans le bon sens pour viser la tête du mort-vivant, et appuyer sur une des gâchettes au bon moment, afin de le tuer en un coup. D'une, c'est infaisable, c'est juste chiant, mais ce qu'il y a de pire, c'est qu'une fois que l'on passe en ce mode, tous les zombies présents devront être exécutés de cette même manière ! Il n'y a aucun moyen de s'en sortir autrement. Tous les zombies attendent donc patiemment leur tour avant de se faire tuer. Et encore, quand on se débat on perd toujours un peu de vie, donc quand le nombre de zombie devient totalement exagéré, dépassant parfois les dix (tout le monde sait que les zombies attendent à la queue leu leu plutôt que d'attaquer en groupe), on ne peut plus s'en sortir vivant. Chouette ! Et sinon, comme les zombies sont cons, on peut bien entendu « s'infiltrer » derrière eux pour les tuer d'un coup de couteau, façon Call of Style. Qu'il est bon ce réalisme et qu'elle est géniale cette cohérence dans le jeu.

Inutile d'en dire plus, vous l'aurez compris, The Walking Dead : Survival Insticnt est un jeu exécrable, développé à la va-vite dans l'espoir de faire du fric sur le dos des joueurs naïfs. Véritable purge, le jeu est moche et propose une expérience de jeu qu'il serait simple de résumer par le mot supplice. Il y a bien de bonnes idées, mais elles sont là pour faire jolies et n'ont pas de réel impact sur un gameplay qui en aurait bien eu besoin tant il est mauvais. En plus d'être un FPS raté, le titre est une adaptation honteuse de la série, que seul certains points sonores rattrapent un peu. Les développeurs mériteraient d'être fouettés nus sur une place publique pour cet outrage à la série. Les zombies n'ont jamais été aussi ridicules, ressemblant à des morts-vivants pédophiles (il leur manque juste le « viens dans mes bras » pour le faire) sortis d'un mauvais train fantôme. Pour le coup, le jeu est bien plus mort que vivant. The Walking Dead : Survival Instinct porte finalement bien son nom. L'instinct de survie est présent. Pas celui de fuir les zombies, non, celui de fuir ce jeu.

5/20

mardi 22 janvier 2013

Freaks and Geeks

Régulièrement, on parle de série télévisée. La plupart du temps, ce sont des séries qui ont plus ou moins un lien avec l'univers dit « geek », super-héros, science-fiction, jeu-vidéo, etc..., afin de respecter une sorte de charte éditoriale respectant l'univers du site, mais aujourd'hui est présenté quelque chose de quelque peu différent. Pas de super-héros ou de vaisseaux spatiaux, mais une série sur le monde de l'adolescence qui n'a de « geek » qu'une partie du titre. Sauf que voilà, cette série est totalement monstrueuse et s'impose comme un passage obligé à tous les fans de films d'ados, ou même de séries, tout simplement. Et ce n'est pas parce que la série est quasiment inconnue chez nous qu'il ne faut pas s'y intéresser, bien au contraire.

Créée et diffusée à la fin des années 90, Freaks and Geeks n'a pas eu le succès escompté. Si plus tard, la série a été à juste titre reconnue comme l'une des meilleures, citées régulièrement, et passant de presque inconnue à succès critique unanime, il n'en a pas été de même lors de la diffusion. Arrêtée après une saison, et seulement dix-huit épisodes, il est évident qu'elle n'a pas fait long feu et n'a pas eu la réelle occasion de marquer les esprits. Pourtant, Freaks and Geeks est une série intelligente, drôle, mais surtout sincère, et c'est bien ça qui fait toute la différence.

Cette première et unique saison se déroule lors de l'année scolaire 1980/1981 d'un lycée du Michigan. Lindsay, jeune fille bien sous tout rapport, ancienne participante aux concours de math les plus prestigieux, élève modèle, a changé depuis le décès de sa grand-mère. Elle décide de se faire de nouveaux amis, et elle approche donc les « freaks », ces jeunes gens toujours entre eux, qui ont des préoccupations autres que les cours et le lycée, et qui sont réputés pour être considérés comme des « voyous », fumeurs de joints et buveurs d'alcool. Sam, le petit frère de Lindsay, entre au lycée pour sa première année. Avec ses amis de toujours, Neal et Bill, il espère bien vivre ses quatre années de lycée paisiblement. Malheureusement, il se rend compte que tout ne risque pas de se dérouler comme prévu, vu que lui et ses amis sont considérés comme des « geeks ». Au travers des différents personnages et de leur point de vue, c'est à la fois un regard sur le début des années 80 et sa société qui est porté, mais c'est surtout une vision juste et non caricaturale de l'adolescence qui est abordée. Où comment se reconnaître dans des personnages forcément marginaux, mais qui au fond ne sont pas différents des autres contrairement à ce qu'eux ou les autres aimeraient faire croire.


Créée par Paul Feig (à qui l'on doit entre autres le récent Bridesmaids) et produite par Judd Apatow et Dreamworks, la série se veut la plus proche possible de la réalité. Feig avait 18 ans en 1980, il a donc eu quasiment le même âge que la plupart des protagonistes de la série à l'époque. Le représentation de la période est donc totalement crédible. On y retrouve de multiples références cinématographiques, passant par L'Empire contre-attaque ou bien des comédies typiquement ricaines avec les Stars de l'époque, comme The Jerk avec Steve Martin, mais aussi des références au jeu vidéo, comme la présence de la célèbre Atari VCS (devenu 2600 par la suite). Cependant, bien qu'ancrée dans une époque définie, la série porte en elle une dimension universelle, qui arrive à s'extirper de son cadre pour devenir tout à fait intemporelle et identifiable par tous. D'une part, puisque l'on suit le parcours d'adolescents en marge, dans le sens où ils ne sont ni des sportifs, ni des gens cools, mais juste des adolescents qui s'assument tel qu'ils sont. On s'identifie alors très rapidement à eux. D'autre part, c'est l'écriture, phénoménale et pleine de justesse, qui permet à la série de sortir du lot. On est bien loin des clichés du genre comme le sont la plupart des séries d'ados à l'instar des Frères Scott pour ne citer que celle-ci. Rien n'est outrageusement dramatisé, aucune séquence n'a pour but d'absolument nous émouvoir juste pour le principe, ou de nous faire rire parce que c'est la norme, dans Freaks and Geeks, tout respire le naturel, au point d'en devenir évident. Il y a bien sûr des situations presque rituelles pour ce genre de séries et certains passages obligés, mais tous ses aspects sont traités de manière assez différente du reste. Et au final, face à cela, en plus du prendre du plaisir à regarder un épisode, c'est une réelle réflexion qui s'empare de nous, sans que cela nous soit pour autant imposé. Une réflexion qui vient naturellement vers nous, c'est aussi à ça que l'on reconnaît une bonne série.

Qu'on se le dise, c'est aussi grâce au talent de Judd Apatow que la série assure. Bien sûr, c'est Paul Feig qui est derrière la création et qui a le mérite d'avoir fait exister cette série et ses personnages, mais on retrouve réellement la marque de fabrique Apatow dans la série, et pour le meilleur. Le producteur, réalisateur, scénariste endosse tous ses rôles dans la série. Il réalise trois épisodes et participe à l'écriture de plusieurs d'entre eux. Cela se ressent vraiment dans la façon d'appréhender les personnages et les situations. On peut se trouver face à des situations comiques parfois tout à fait saugrenues, et aussi se retrouver confronter à des situations humaines et réalistes d'une sincérité totale, comme on peut le voir dans d'autres films ou productions Apatow, qui sont souvent très mal estimés en France. Le casting aussi reflète bien le producteur. Si l'un des rôles principaux revient à la ravissante Linda Cardellini, qui n'a plus fait d'apparition dans les films du producteur, on retrouve des figures plus emblêmatiques. Seth Rogen, alors âgé de dix-sept ans, et qui tient ici son premier rôle, avant de devenir l'un des comédiens fétiches d'Apatow. On y trouve aussi Jason Segel, ou bien encore James Franco, qui pour la plupart ont eu la chance de devenir réellement célèbre dans le milieu grâce à la série. Il y a bien sûr des guests, parfois surprenant. Pour n'en citer que quelques-uns, on peut voir par exemple Jason Schwartzman, David Krumholtz, Shia LaBeouf, ou encore Ben Stiller. Un bon casting, représentatif du contenu, qui sait être drôle quand nécessaire, mais aussi plus dramatique, et surtout constamment juste.

 Un générique à l'image de la série, rock'n'roll!

La plus grande force de Freaks and Geeks, vient de son positionnement envers les groupes. Tout le monde le sait, aux Etats-Unis, il y a réellement des groupes qui se forment au lycée, ce n'est pas une invention d'Hollywood. Ici, comme le nom de la série l'indique, il y a les « freaks » et les « geeks ». Cependant, au lieu de tout tourner en dérision et d'amener une caricature infâme digne des pires films de genre, la série pose des bases solides et ne fait pas d'un groupe un regroupement de gens tous identiques sans lien avec le monde extérieur. Linda, la nouvelle freak, est une ancienne élève modèle, et elle continue d'ailleurs à fréquenter encore une de ses anciennes amies dont les convictions sont en oppositions avec ces freaks. Mais qui sont-ils réellement ? On les montre comme des voyous dans le lycée, mais ils ne sont pas dépeint comme tel dans la série. Ce sont simplement des gamins paumés, passionnés de rock'n'roll, marginaux, et qui n'entrent pas dans les normes qu'essaie d'imposer une société à la fois trop prude et trop réglementaire. Ils ne sont pas des voyous, bien que cela leur arrive d'enfreindre la loi, ce sont simplement des lycéens qui n'ont de réel repères que ceux qu'ils s'imposent. Quant au geeks, ce ne sont pas de simples ados boutonneux fans de comics ou de science-fiction. Bien sûr ils ont des passions, mais avant tout ce sont des adolescents qui manquent de confiance en eux et qui restent entre eux en partie à cause de ça, parce que la plupart des élèves cools ne les accepteraient jamais. Ça, c'est ce que l'on nous montre au départ, toutefois, durant ces dix-huit épisodes, l'évolution des personnages et des situations vont nous montrer qu'au final, ces groupes n'existent pas, ou du moins uniquement dans l'esprit de ceux qui le souhaitent. Freaks, geeks, sportifs, gens cools, etc... Tous sont finalement les mêmes et partagent les mêmes sentiments, les mêmes envies, et parfois les mêmes passions. C'est bien là la grande force de Freaks and Geeks, créer pour mieux casser, idéaliser pour mieux représenter.

Vous l'aurez compris, Freaks and Geeks est la meilleure série consacré à l'adolescence et à ses protagonistes. D'une justesse et d'une sincérité absolue, on décrit, on montre, on réfléchit sur les conditions de l'adolescence sans jamais s'en moquer. Dotée d'une réelle réflexion implicite, qui n'a pas pour but de nous imposer une morale ou une manière de penser, chacun réagira de façon différente, mais tout le monde s'y retrouvera. Malheureusement inédite en DVD chez nous, il faudra passer par l'export pour se procurer les dix-huit épisodes de cette unique saison (zone 1 obligatoire, attention), ou bien passer par le streaming. On aurait aimé rester plus de temps dans cet univers, parmi ces protagonistes, mais force est de constater que cette seule saison se suffit à elle-même. Condensé de toute une génération et de toute une époque, pourtant intemporel et universel, transcendant un genre pour en devenir le nouveau maître, représentant de toute une communauté, Freaks and Geeks dépasse finalement le stade de simple série télévisée pour atteindre le rang de chronique culte d'une période de la vie. Le genre de série réaliste et juste dans laquelle une simple histoire d'amour peut être aussi décevante que le rêve illusoire était beau, ou bien aussi surprenante qu'un simple baiser sur Freebird.

Pour voir la série en streaming, il y a ce lien
ou bien celui-ci, plus pratique, mais ne présentant que les cinq premiers épisodes

jeudi 27 décembre 2012

Bilan de l’année 2012

La fin du monde n’a pas eu lieu, mais la fin de l’année, elle, va arriver. Grosse année vidéoludique, mais pas uniquement. L’hiver arrive, il est temps de faire un petit bilan, avant que 2013 ne vienne pointer le bout de son nez. Jeux vidéo, films, ou bien séries, voici un bilan tout à fait subjectif de ce qu’il faut retenir de cette année, en bon comme en mauvais.

2012 a été l’année des consoles, puisque deux sont sorties cette année. La PS Vita tout d’abord, qui est sortie au japon en décembre 2011, mais n’est parvenue chez nous que plus tard. Le constat est malheureusement peu réjouissant pour la portable de Sony, qui se fait sans cesse dépasser par son ancêtre la PSP. A peine un million de vente en un an au Japon, et peu de résultats grandement concluants dans le reste du monde. C’est aussi probablement dû à son manque flagrant de jeux véritablement vendeurs. La puissance, c’est bien, réellement, mais si les jeux ne suivent pas… L’autre console, toute récente, c’est la Wii U. Une nouvelle console de salon, c’est toujours un événement, et encore plus lorsqu’il s’agit de Nintendo. Si certains avaient été déçus par les choix de public de la Wii, qui possède tout de même de grands jeux non casuals, il semblerait que la Wii U se positionne différemment. Ciblant les joueurs plus occasionnels comme les plus hardcore, la véritable révolution de la Wii U c’est sa manette qui inclut un écran tactile, ce qui donne une manière de jouer nouvelle et innovante, seul comme à plusieurs. Encore toute récente, il est difficile de juger ce qu’elle deviendra. On verra ça lors du bilan de l’année 2013.

Parmi les jeux de ce cru 2012, certains ont marqué plus que d’autres les joueurs du monde entier. The Walking Dead, l’adaptation du comics en jeu vidéo, a notamment été élu jeu vidéo de l’année lors de la cérémonie des Video Game Awards. Je n’y ai toujours pas touché, je ne suis donc pas apte à juger, mais je vais m’y mettre bientôt, c’est prévu. Telltale Games a aussi sorti en boîte cette année le jeu Retour vers le Futur, qui réunit les cinq épisodes. Moins marquant surement, mais appréciable sans être transcendant, c’est mon point de vue. Pour les jeux qui m’ont le plus marqué, vous pouvez aller (re)lire mon top 5 de mes jeux 2012, qui explique clairement les jeux et les raisons. Cependant, bien d’autres jeux m’ont touché et mon laissé de bons souvenirs de cette année 2012, comme de moins bons parfois.

Parmi les jeux que l’on ne peut que rarement oublier, il y a Spec Ops : The Line. Certes, il s'agit d'un TPS assez classique qui ne révolutionne rien, mais il se laisse jouer aisément, et particulièrement grâce à sa trame scénaristique aussi prenante que troublante et traumatisante.  Librement adapté de Heart of Darkness, la nouvelle de Joseph Conrad, et donc forcément d’Apocalypse Now de Coppola, le titre nous plonge dans un Dubaï recouvert par une tempête de sable, lors d’une simple mission de reconnaissance. Sauf que rapidement, ce qui devait être une petite mission tranquille va tourner au cauchemar, impliquant des choix moraux douloureux, son lot de cadavres et de conséquences morbides. Et puis, un jeu dans lequel on ne sait plus qui sont les méchants ou les gentils, dans lequel on incarne des soldats américains qui tirent sur des soldats américains, et qui arrive à nous faire douter au point que chaque décision nous marque autant que le personnage principal, c’est quand même assez énorme. Le jeu ne plaira pas à tous, mais qu’on aime ou que l’on déteste, on ne peut ressortir indemne de cette expérience.


2012, c’est aussi de plus en plus l’avènement des jeux sur plates-formes mobiles, smartphones et tablettes donc. Et forcément, avec mon téléphone sous Android, je n’ai pas pu y échapper. Parmi les multiples jeux, un a bien entendu retenu mon attention, à juste titre, il s’agit de Rayman Jungle Run. Tout simplement sidérant, pour 2,39 euros, le jeu offre une multitude de niveaux au level design soigné excellent, qui raviront les amateurs de scoring et de 100%. Récemment, une mise à jour gratuite est venue ajouter dix nouveaux niveaux, atteignant au total le nombre de cinquante. Attention toutefois, si vous jouez sur Android, la mise à jour efface toutes vos sauvegardes… Eh oui, je me suis fait avoir… Il n’empêche que ce jeu est tout simplement addictif et diablement bien réalisé.

Cette année, on a aussi eu le droit à des jeux qui ont marqué les joueurs, mais pas forcément pour les bonnes raisons. Mass Effect 3, bien qu’excellent, a énormément déçu à cause de sa fin par exemple. Au point que les développeurs ont fourni gratuitement une fin alternative jugée plus appréciable par les joueurs. Certaines déceptions vinrent aussi des reports de jeux, tel que le prochain Tomb Raider initialement prévu pour cet automne, reporté au 5 mars. Pas de quoi crier au scandale, mais c’est vrai que l’on aurait aimé l’avoir sous le sapin. Et puis, niveau jeu vidéo, c’est surtout le salon de l’E3 qui n’a pas été transcendant cette année. Seul Ubisoft s’en est réellement bien sorti, le reste oscillait entre le potable et le totalement ennuyeux, malgré de grosses annonces. Des jeux ont aussi partagé les avis cette année. Assassin’s Creed 3 par exemple, qui s’il s’en sort très bien, démontre que les consoles arrivent à un stade où elle ne peuvent plus forcément afficher autant de détails qu’elles le voudraient. C’est bien ce que l’on peut reprocher au jeu, malgré toutes ses qualités. S’il a quasiment fait l’unanimité, Dishonored n’en reste pas moins une petite déception. Pas aussi original qu’on a voulu nous le vendre, le titre profite tout de même d’une direction artistique assez formidable. Malheureusement, le gameplay n’est pas aussi novateur et libre qu’annoncé, et reprend beaucoup de ce qui a déjà été fait dans le genre, sans pour autant copier bêtement. Au final, le jeu est bon, mais il ne faut pas oublier que Deus Ex : Human Revolution est passé par là l’année dernière, et que dans un système de jeu similaire, il est bien meilleur.

Mais il n’y a pas que le jeu vidéo dans la vie. Il y a aussi la musique. La musique de jeu vidéo. Cette année, en France, c’était le tout premier concert de Nobuo Uematsu, probablement le plus grand compositeur de musique de jeu vidéo au monde. Souvent associé à la saga Final Fantasy, pour laquelle il a composé tous les thèmes du premier au neuvième, avant de progressivement quitter cet univers, il est aussi le compositeur de bon nombre d’autres musiques toutes aussi extraordinaires. Le voir et l’écouter en concert est tout bonnement magnifique et monumental, et assister à son premier concert en France a été l’un des plus grands événements de cette année 2012. S’il y avait bien un concert à ne pas louper, c’était celui-ci.

Jeu vidéo, musique, mais aussi cinéma. Grand amateur, je ne vais pas vous dresser la liste de mes films de cette année, on n’en finirait pas. Je vais juste me concentrer sur deux œuvres de fantasy qui font partie des meilleures productions de cette année. Tout d’abord, John Carter. Vendu par Disney, qui voulait s’en débarrasser, comme un énième sous-film d’aventure à la Prince of Persia ou Narnia, John Carter n’est en rien ce qu’on a voulu nous présenter. Rarement des affiches ou des trailers n’avaient été aussi mensongers sur le contenu d’un film. Adapté du premier tome du Cycle de Mars d’Edgar Rice Burroughs, premier livre qui mélange science-fiction et fantasy moderne, le film, réalisé par Andrew Stanton (Wall-E, Le Monde de Nemo, …) est tout simplement un des plus grands space opera jamais produit, et réalisé de mains de maître. Un film qui prend son temps, explique, se base sur des faits scientifiques, mais n’oublie pas pour autant l’aventure, l’action, et nous propose son lot de scènes épiques. A noter un passage qui mélange habilement combat monumental et flashback sur l’enterrement de la femme du héros. Du grand cinéma comme on aimerait en voir plus souvent. Malheureusement, l’échec du film, causé en partie par Disney qui n’en avait rien à faire, ne permettra pas une suite. Au lieu de ça, on risque encore de se taper plein de film moyen ou tout juste bon, alors que l’on aurait pu avoir une ou plusieurs suites, qui auraient aisément pu faire passer la première seconde trilogie Star Wars pour des sous-productions de genre. Dommage, on tenait là l’un des meilleurs films de scinece-fiction fantasy depuis très longtemps.


Heureusement, pour ce qui est de la fantasy, on a été gâté cette année. Peter Jackson, qui a déjà réalisé la trilogie Le Seigneur des Anneaux s’est attelé à la réalisation de The Hobbit, adaptation de Bilbo. Retranscrire un livre d’à peine quatre cents pages en trois films de trois heures, c’est son défi. Inutile de faire durer le suspense plus longtemps, le film est une réussite totale. Maîtrisé de bout en bout, les effets de style et de mise en scène déjà utilisés dans Le Seigneur des Anneaux ne sont en rien éculés, et au contraire, ils trouvent un aboutissement, une consécration ultime dans ce film, qui relègue la trilogie précédente à un simple échauffement avant la véritable trilogie. Tout à fait saisissant, The Hobbit est à ce jour le film de heroic fantasy ultime, qui mélange tous les fantasmes des fans du genre pour les concrétiser sur un écran. Ultra codifié et à la fois tout à fait novateur, le film est plus accessible par sa trame scénaristique que ne l’est Le Seigneur des Anneaux, mais il l’est aussi moins dans sa forme, qui pourra déstabiliser ceux qui n’apprécient que très peu le genre. Véritable conte de fées, comme se veut l’être le livre, le film n’en demeure pas moins tout à fait épique et totalement grandiose. Avec des scènes qui resteront dans l’histoire de la fantasy et du cinéma, The Hobbit a tout d’un grand, contrairement à la taille de son héros. Il aura fallu cent dix-sept ans de cinéma et cent ans de fantasy moderne pour enfin aboutir à un tel résultat, mais devant l’ampleur d’une telle œuvre, on se dit que l’attente n’as pas été vaine. Plus que le meilleur film de heroic fantasy réalisé à ce jour, The Hobbit demeure une œuvre fondamentale qui restera toujours derrière Le Seigneur des Anneaux pour la plupart des gens, mais qui le surclasse de manière assez phénoménale.

Un bon cru cette année 2012 il faut croire. Malheureusement, tout n’a pas été rose. Il y a bien une chose dont je n’ai pas parlé, ce sont les séries. Si Futurama, Breaking Bad, ou bien d’autres sont toujours au top, ce ne fut pas le cas pour toutes. La suite des Mystérieuses Cités d’Or, attendue depuis longtemps, ne s’est pas réellement montrée convaincante. Pas irregardable heureusement, mais simplement pas à la hauteur de son magistrale prédécesseur. Community, lors de sa saison 3, a montré une très grande forme. Malheureusement, la rentrée 2012 a été autre. Tellement autre qu’elle n’a pas eu lieu. Il faudra attendre février 2013 pour voir arriver cette quatrième saison, de treize épisodes uniquement, et marquée par le départ de son créateur Dan Harmon et de l’acteur Chevy Chase. Bref, un bon départ 2012 pour la série, mais un mauvais commencement pour cette fin d’année. Au final, il n’y a plus qu’à voir ce qui arrivera en 2013, pour les séries comme pour le reste. On en reparle dans un prochain article.

samedi 15 décembre 2012

Les Mystérieuses Cités d’Or, la suite

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, la diffusion de la suite des Mystérieuses Cités d’Or vient de commencer, trente ans après la série originale. Les deux premiers épisodes pour le moment, la suite devrait arriver courant 2013. Pourquoi se réjouir ? Les Mystérieuses Cités d’Or n’est qu’une simple série d’animation du début des années 80 finalement. Que nenni ! Les Mystérieuse Cités d’Or, c’est bien plus que ça. On dépasse le stade du simple dessin animé pour enfants afin d’atteindre un niveau qui va au-delà de tout ce qui a été fait, pour finalement devenir l’une des meilleures séries d’aventure/science-fiction jamais créées. Alors avant de parler de sa suite, petit retour sur la série originale.

Au début des années 80, il existait des séries d’animation fruits de la collaboration entre français et japonais. Parmi ces productions, il y a eu pas mal de petits bijoux, comme la très célèbre série Ulysse 31, qui a probablement marqué beaucoup d’entre nous, et forcément des plus vieux. Mais l’une des séries les plus appréciées, et les plus admirées, à juste valeur, demeure Les Mystérieuses Cités d’Or. Se basant très librement sur le livre de Scott O’Dell The King’s Fifth, dont elle reprend le thème principal et certains personnages, elle décrit le voyage d’Esteban, Zia et Tao, accompagnés de Mendoza, Pedro et Sancho à la recherche des Cités d’Or, en Amérique du Sud. Mélangeant récit historique et fiction, la série tourne peu à peu à la science-fiction, ne délaissant en rien son côté aventure et épopée avant tout, ce qui au final la rend plus qu’appréciable, sans qu’elle s’égare pour autant. La qualité de sa réalisation en fait aussi une série plus que remarquable. Les animations sont très bien traitées et superbement mises en images, tandis que les musiques sont assez magistrales. Il faut dire que dans les années 80, on n’hésitait pas à balancer des musiques à la fois réellement épiques, ou bien totalement expérimentales voire oppressantes lorsqu’il le fallait. Ce qui donne un aspect réellement unique à la série, puisque chaque composition est reconnaissable immédiatement. Sans oublier son générique, qui est devenu l'un des plus cultes de cette génération. A cela, on rajoute un petit documentaire à la fin de chaque épisode, en prise de vue réelle, permettant de découvrir la culture inca, ancienne ou actuelle, des lieux historiques, et diverses coutumes, et on obtient la série parfaite, mélange habile et subtil de réalité et fiction. Bourrée d’humour malgré des thématiques parfois très sombres, Les Mystérieuses Cités d’Or a de quoi plaire aux plus jeunes, comme aux plus vieux, et risque de séduire plus d’un néophyte. Et c’est bien sûr un passage obligé pour tous ceux qui aimeraient en regarder la suite.

 Le générique de fin de l'époque

Diffusée pour la première fois sur TF1 le 9 décembre, la saison 2 des Mystérieuses Cités d’Or, puisque c’est comme ça qu’il faut l’appeler, est la suite directe des trente-neuf épisodes datant du début des années 80. Trente ans, l’attente fut longue. Alors, le résultat est-il au rendez-vous ? C’est ce que l’on va voir. Et ce que l’on constate dès le début, c’est l’animation, qui est à la hauteur des espérances. Bien sûr, plus de graphismes, de décor ou personnages dessinés à la main, tout passe par l’ordinateur, mais malgré tout, on conserve à l’identique la chartre graphique de la série d’origine, reproduisant fidèlement ce qui existait déjà il y a trente ans. Evidemment, certains effets visuels 3D viennent un peu jouer les trouble-fêtes, et l’ensemble a un peu perdu de son charme d’antan, mais ne boudons pas notre plaisir, de ce côté-là, c’est du tout bon. Et malheureusement, c’est bien l’une des seules rares qualités de cette suite. Si en soit elle ne s’annonce pas mauvaise (seul les deux premiers épisodes ont été diffusés pour le moment), elle déçoit forcément par rapport à son aîné. D’une, et cela risque de paraître idiot pour certains, mais les comédiens de doublage de la première série n’ont pas été repris, alors que la plupart sont encore en activité. Etant donné que la version française des trente-neuf premiers épisodes diffère de la version japonaise, dans son montage, c’est naturellement que seuls les doublages français soient disponibles chez nous. Et quand on sait que cette deuxième saison est une production 100% française, on peut se demander pourquoi ne pas avoir repris les comédiens originaux. A part un refus de leur part, seul l’hypothèse qu’aucun d’entre eux n’ait été contacté est valable. C’est bête comme argument pour ne pas apprécier plus que ça une série, mais les souvenirs et la nostalgie sont quand même assez forts. Surtout que c’était du bon boulot. Enfin, si les nouveaux doublages étaient l’unique argument valable pour critiquer la série…

 Le trailer de la saison 2

Si l’histoire se veut une digne suite des aventures d’Esteban et ses amis, et de ce côté-là ça peut aller, malheureusement trop de mauvais points viennent noircir le tableau. Tout d’abord, le nouveau grand méchant, Zarès. Il est un peu la caricature du méchant de dessin animé de ce genre. Alors que dans la première série, les « méchants » sont finalement les espagnols, les conquistadors eux-mêmes, ici on ne sait pas trop quoi penser de ce mystérieux personnage, grand, le visage constamment caché, et aux intentions douteuses. On a vu bien mieux comme antagoniste. Ici, on a vraiment l’impression de tomber dans un cliché de dessin animé pour gosses. A cela s’ajoute des thèmes plus édulcorés qu’auparavant. Alors qu’on parlait de la mort, la cupidité, la violence dans les années 80, sans pour autant montrer d’images choquantes, ici tout semble aseptisé pour devoir plaire à un public jeune et enfantin. Il n’est bien sûr pas nécessaire de montrer des images ou abordés des thèmes trop crus, mais passer de la série originale et ses thématiques à sa suite, c’est assez particulier, et finalement peu engageant. Mais ce qui demeure le plus gros point faible de cette suite, c’est la réalisation. Tout à fait convenue, elle ne se démarque en aucun cas des séries concurrentes actuelles du même acabit, au point d’en devenir presque banale et quasiment sans saveur En soit, ce n’est pas si dérangeant, pour les plus jeunes, habitués à ce genres de nouvelles productions, mais pour les vieux et les nostalgiques, la comparaison est assez rude. Pas vraiment épique, pas réellement intéressante, on regarde sans garder aucun souvenir. Le pire réside dans le documentaire de fin, quasiment irregardable. D’une part, tout n’est pas très intéressant dans le contenu, mais surtout, les images d’illustrations ressemblent à des images d’illustrations de Fort Boyard ! Dit comme ça, ça peut sembler drôle mais quand on regarde la série, on n’a pas vraiment envie de rire. C’est dommage, il y avait du potentiel à faire une suite, même si l’on savait qu’elle ne vaudrait jamais la série animée originale. La palme revient au générique, qui garde celui de la première série, mais dans une version plus actuelle. Un carnage, pour rester poli.

La suite des Mystérieuses Cités d’Or déçoit, mais pour le moment, deux épisodes ont seulement été diffusés. Malheureusement, les vingt-quatre épisodes à suivre n’annoncent rien de plus fameux. Dommage, il y avait du potentiel. A croire que vouloir rendre d’actualité la suite d’une série vieille de trente ans n’est pas possible, problème de ciblage et de nouveaux goûts pour les plus jeunes. C’est peut-être ça aussi qui est en tort, vouloir en faire un dessin animé absolument pour les plus jeunes, au lieu de le rendre agréable à tous. Au final, on est un peu déçu, même si l’ensemble se laisse regarder. On préfèrera tout de même se replonger dans les trente-neuf épisodes des années 80, bien plus intéressants sur tous les points.

mardi 6 novembre 2012

Aperçu Alt Minds

Je vais vous parler de quelque chose qui n’est ni un jeu, ni une série, ni un film, mais un regroupement de tout ça à la fois. Une sorte d’expérience quasiment inédite, qui risque de bouleverser votre vie, dans le bon sens du terme, si vous y prenez part. Ce concept, puisque je ne sais pas véritablement comment le nommer, c’est Alt Minds. Une production de Lexis Numérique, le studio de développement fondé par Eric Viennot en 1990. Aux frontières du réel, cette escapade plus ou moins virtuelle risque de vous plonger dans une enquête dont vous ne sortirez pas indemnes.

Bon, je parle de concept, et c’est le cas, mais pour simplifier les choses, j’emploierai le terme jeu durant cet article, ce sera plus simple. Alt Minds est donc un jeu conçu par Eric Viennot, déjà créateur d’In Memoriam en 2003. Le parallèle est intéressant, puisque finalement logique. Dans In Memoriam, le joueur prenait part à une enquête concernant la mystérieuse disparition d’un journaliste. Il devait alors utilisait les moyens mis à disposition pour retrouver le plus d’éléments concernant l’enquête, comme de nombreux sites internet créés pour l’occasion, ou même des faux articles de sites existant, en partenariat (Libération par exemple). Dans sa suite, sortie en 2006, si je ne dis pas de bêtise, on pouvait aussi communiquer son numéro de portable pour vivre l’expérience plus intensément. Alt Minds, c’est finalement un peu le même principe, mais en encore plus poussé, et utilisant les moyens d’aujourd’hui.

Le jeu se joue principalement sur ordinateur (PC et Mac) et tablettes (Android et IOS), mais on peut évidemment y jouer sans problème sans ordinateur ou sans tablette, avec uniquement l'un ou l'autre. Sur smartphones, on ne peut pas traiter l’enquête, l’écran étant trop petit pour s’y adonner, mais une application, sorte de Twitter créé pour l’occasion, permet de se tenir au courant des avancés et des nouvelles informations. En gros, pour ceux qui sont bien équipés, il y a de quoi mener l’enquête en permanence, les autres ne sont cependant pas en reste, et peuvent aussi prendre part à cette aventure de l’ère numérique, à leur manière. Il n’y a pas de façon particulière de jouer, chacun peut prendre son temps et utiliser les moyens qui lui correspondent le mieux.

Mais alors, qu’est-ce donc qu’Alt Minds ? Une enquête, un peu comme In Memoriam. A la recherche d’un groupe de scientifiques, les autorités vont demander la participation des internautes afin de les aider à résoudre cette mystérieuse disparition, et enfin comprendre et découvrir la vérité. Et pour y faire, tous les moyens sont bons. Enormément de vidéos ont été tournées, afin de nous retranscrire des situations, tels que des éléments de l’enquête ou bien de vidéo surveillance, etc… Et ces vidéos sont parfois interactives. A la manière des experts on peut alors les analyser. Faire pause, zoomer, changer les contrastes… Tout est bon pour que l’on se sente réellement impliqué dans cette enquête dont nous devenons de réels participants actifs. De faux sites ont aussi été créés, afin de faire le plus possible de recherches qui aboutissent. Entrer un numéro de plaque d’immatriculation aperçu dans une vidéo, ou recensé dans un indice, dans Google, et il sera considéré comme existant, avec toutes les informations (fictives et créées pour le jeu) disponibles. De faux profils Facebook ont aussi été mis en ligne. Mais pas de simples profils pour faire genre, de vraies créations ici. Avec photos à l’appui, tel que le dernier week end en famille de monsieur Dupont, etc… Et bien sûr, on peut aussi appeler les numéros que l’on trouvera, et même pourquoi pas communiquer directement avec certaines personnes directement impliquées dans cette mystérieuse enquête. Si on ajoute que des lieux, partout dans le monde, sont susceptibles de donner des indices en s’y déplaçant, et que l’ultime niveau de jeu est de rencontrer, en chair et en os, un membre actif de cette enquête, on se dit qu’il n’y a alors plus de véritable frontière entre virtuel et réel. Je ne suis pas apte à juger de si cela est bien ou non, mais force est de constater que cela offre un intérêt nouveau et une façon de jouer innovante.

Ciselée en huit épisodes, un par semaine, Alt Minds peut se jouer en temps réel avec le déroulement de l’enquête, sur huit semaines consécutives, ou alors en temps différé. Le premier épisode, disponible le 12 novembre, est gratuit, afin de découvrir, le reste sera vendu au prix de 2,69 l’unité, ou alors une quinzaine d’euros l’ensemble. Pour un joueur moyen, deux heures par semaine sont prévues, soit seize heures pour environ quinze euros, c’est raisonnable. Mais on peut facilement consacrer plus de temps à Alt Minds. On peut sans problème atteindre les cinq heures par semaine, soit une bonne quarantaine d’heures. Plus on s’implique, plus c’est rentable, mais même sans y passer ses journées, il y a de quoi y passer pas mal de temps, pour peu que l’on soit curieux.

A la fois série à suivre dont on serait l’un des protagonistes, enquête policière, et jeu vidéo, Alt Minds a vraiment de quoi séduire. Original et sortant son épingle du jeu, le concept a le mérite d’innover et de proposer une expérience marquante. J’ai pu l’essayer rapidement, et c’est fort convaincant. Le premier épisode, qui sort le 12 novembre, est gratuit, alors autant essayer. On ne risque pas grand-chose, à part devenir trop actif dans cette mystérieuse enquête.


Alt Minds
Disponible dès le 12 novembre