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vendredi 29 août 2014

Les films en 3D ont-ils un intérêt en 2D ?

Si la 3D relief au cinéma est revenue à la mode à la fin des années 2000, c'est véritablement Avatar, sorti fin 2009, qui a lancé le phénomène tel qu'il est aujourd'hui. On peut s'en plaindre, vu que l'on paye souvent 2 à 3 euros de plus par séance pour voir les blockbusters du moment. Mais voilà, si la 3D est rarement utile, certains films ont été entièrement pensés pour être tournés puis diffusés (et donc vus) via ce procédé. Et une question légitime se pose alors : un film pensé en 3D vaut-il la peine d'être vu plus tard en 2D ?

Cet article n'a pas pour ambition de parler de la qualité des films, mais bien de soulever la question des films pensés en 3D et de leur visionnage en 2D. Aller voir un film en 3D au cinéma, c'est de plus en plus simple, mais chez soi, à moins d'avoir le matériel nécessaire, on doit se contenter d'un DVD ou d'un Blu-Ray sur son écran plat. Plat, car sans 3D... Alors, doit-on quand même regarder les films qu'on a aimé en 2D, ou tant pis, il faut les voir seulement au cinéma et s'en contenter ?

Avant de commencer, il faut préciser que l'on va parler des films pensés en 3D, et non convertis pour amasser plus de thunes apporter une nouvelle vision tardive en post-production. En gros, on ne parlera pas des productions Marvel, des deux volets du reboot de la Planète des Singes, des derniers Disney, des derniers Transformers, et donc de la plupart des blockbusters en 3D actuels. Parce que finalement, si ça peut être sympa en 3D, en 2D, le spectacle est souvent le même et il y a peu de différence. On va donc prendre quatre exemples de films dont la 3D sert la mise en scène, répartis sur ces cinq dernières années. Avatar de James Cameron, Hugo Cabret de Martin Scorsese, L'Odyssée de Pi d'Ang Lee, et Détective Dee 2 : La Légende du Dragon des Mers de Tsui Hark. Tous ont la particularité d'utiliser de manière très ingénieuse la 3D relief, de façon différentes, mais toujours intelligemment. Le problème, c'est qu'une fois qu'on les a vu au cinéma, avec les grosses lunettes moches fournies (ou celles en plastique qu'on doit penser à prendre à chaque fois, mais qu'on oublie tout le temps), eh bien même en ayant adoré le film, on se demande si on pourra le revoir en 2D.

 Détective Dee 2, le film qu'il fallait voir cet été!
Et en 3D s'il vous plaît!

Avatar est le film qui a démocratisé l'usage de la 3D au cinéma, alors que la mode venait de revenir. Certains diront que cet outil visuel n'apporte rien au film, sinon des sous en plus à chaque place achetée, mais ce n'est pourtant pas vrai. Certes, Avatar n'est pas (ou n'est plus on serait tenté de dire) le film qui utilise le mieux le procédé de la 3D relief, mais on sent qu'il a été pensé ainsi avant même le tournage (de même pour le format Imax). Le plan de la goutte d'eau au tout début, rien que ce plan, est représentatif de cette volonté d'apporter quelque chose de nouveau avec le média 3D, que l'on ressent durant tout le film. Et finalement, cette 3D nuit presque au film, puisqu'en 2D, il est évident que le film perd de son charme, malgré sa qualité évidente. Il faut bien se rendre compte qu'Avatar n'est pourtant pas le film qui souffre le plus de ce manque de relief. Prenons deux exemples de films dont la mise en scène est absolument pensée pour la 3D relief : Hugo Cabret et L'Odyssée de Pi. Au cinéma, l'expérience est totalement géniale, voire absolument fantastique. Certains plans de L'Odyssée de Pi font partie des plus beaux jamais réalisées depuis très longtemps, et surtout, ils sont ceux qui encore à ce jour usent le mieux de la 3D relief. Ce plan avec les poissons volants est incroyable par exemple, parce qu'il a été pensé en amont pour être en 3D, avec un format d'écran qui varie légèrement de ce qu' l'on voit au cinéma. Sauf que sur sa télé, avec le film en DVD, eh bien tout de suite, c'est moins impressionnant.

 Le film qui utilise le mieux la 3D ? Pour l'instant, oui.

La question est donc légitime, de savoir si un film pensé en 3D vaut le coup d'être vu en 2D. Détective Dee 2 par exemple, propose des scènes de combats et des effets visuels qui sont extraordinaires, mais qui ont tellement été prévus pour être diffusés en 3D relief, que l'on est en droit de se demander si le film aurait eu un tel impact en 2D. Il faudra attendre la sortie en DVD et Blu-Ray pour le savoir (mais bon, qui va l'acheter, personne n'est aller voir ce chef-d’œuvre au cinéma!). Mais a-t-on réellement envie de le savoir ? Pourquoi voir un film alors qu'il est en partie amputé de l'un de ses procédés de réalisation, et même de narration ? Parce que oui, un film pensé en 3D visionné en 2D, c'est un film qui n'est plus entier. Et finalement, on est en droit de préférer uniquement voir le film dans son intégralité, au cinéma donc.

Alors finalement, que penser de ces films prévus en amont pour la 3D relief une fois en 2D ? Méritent-ils d'être vus ? Tout film mérite d'être vu. Mais il faut bien reconnaître que pour ces quatre exemples (il y en a d'autres, mais heureusement (ou pas) la 3D n'est encore à ce jour qu'un gadget la plupart du temps, donc la vision en 2D n'entrave pas le plaisir), le visionnage en 2D est difficile, voire même impossible si on a vu le film en 3D auparavant, dans les bonnes conditions. C'est un peu comme voir The Hobbit chez soi, plutôt qu'en 3D HFR au cinéma. On perd réellement quelque chose dans la mise en scène, et cela se ressent. Donc les films pensés en 3D ne sont pas inutiles en 2D, et oui ils ont un intérêt (pour peu qu'ils soient bons, mais quand un film est pensé en 3D en amont par un réalisateur, il y a peu de chance qu'il soit mauvais), mais un intérêt moindre que dans des conditions de visionnage optimales. C'est triste à dire, mais il est compréhensible que l'on n'ait pas envie de revoir L'Odyssée de Pi chez soi en 2D. Les films sont pensés pour être vus au cinéma, et les meilleures réalisations en 3D sont là pour nous le rappeler.

vendredi 23 mai 2014

Critique : Dragons 2

Il y a quatre ans, Dragons avait réussi à surprendre les spectateurs en offrant un film d'animation spectaculaire, épique, et plutôt sombre. D'ailleurs, sa fin était plutôt traumatisante, et restera sûrement l'une des plus osées pour un film d'animation destiné à la jeunesse. Vu le succès du film, c'est sans surprise qu'une suite a été annoncée. Sa sortie est prévue pour le 2 juillet en France, et elle devra prendre la relève du meilleur film (ou l'un des meilleurs) du studio DreamWorks. Le point de départ du long-métrage, c'est Hiccup, le héros du premier volet, qui doit protéger les dragons et les vikings de Drago, un psychopathe qui veut conquérir le monde avec son armée de dragons. Alors qu'il fait une rencontre inattendue, la destinée des peuples est entre ses mains. Une intrigue qui compte envoyer du lourd. Alors, pari réussi, ou promesse trop alléchante ?

Rappelons-nous rapidement l'essence du premier Dragons. Si dans les grandes lignes le film était plutôt conventionnel, avec un message de tolérance évident, et un scénario qui était plutôt prévisible (sauf pour la fin!), le film avait tenté une imagerie qui tranchait avec ce à quoi on était habitué, et proposait surtout des moments réellement sombres et parfois surprenants. Fond classique, mais forme plutôt osée on dira. C'est donc naturellement qu'on attendait autant, si ce n'est plus, de la part de sa suite. Après tout, on lance une licence souvent sans prendre trop de risque (surtout chez DreamWorks) et après on ose, une fois qu'elle est sur les rails. Oui, sauf que là, il semblerait que ce soit l'inverse...

 La chanson du début est plutôt entraînante!

Avant d'imaginer que le film est mauvais, parce que ce n'est pas le cas, on va quand même dire pourquoi il n'est malheureusement pas à la hauteur du premier. Déjà, et c'est le vrai ratage du film, le méchant est complètement foiré. D'une part dans son design, mélange étrange entre Gru de Moi, Moche et Méchant, Gérard Darmon et un vieux hippie dégueulasse. Voilà, moins crédible, c'est dur à trouver. Le problème ne vient pas que de son look, ça aurait pu passer sinon, mais on le montre comme un grand méchant fou furieux qui tue sans raison (d'ailleurs ce flashback de présentation est très réussie), et finalement, quand la scène qui devrait dévoiler son ignominie arrive, il agit sans plus et se contente de trop parler. Surtout que son seul objectif pourrait se résumer à «Un dragon pour les gouverner tous !». Et un peu plus tard, alors qu'il pourrait réellement gagner, ou au moins mettre grandement en danger les gentils, ben non, il agit comme les méchants idiots du cinéma, qui parlent, parlent, et sont pas contents, donc expriment leur colère en parlant au lieu d'agir... Bref, c'est un peu la déception de ce côté.


Et malheureusement, ce n'est pas le seul défaut du film. Le vrai gros problème vient du rythme, totalement bancal. On oscille sans cesse entre les différents registres d'émotions, et finalement, l'ensemble n'est jamais cohérent dans ce qu'il veut être réellement. D'ailleurs, si on apprécie qu'il y ait de l'émotion, on peut clairement reprocher au film son manque d'action. Et puisqu'on parle de rythme bancal, autant parler de l'un des scènes clés du film (sans spoiler évidemment). Il y a une bataille de grande envergure dans le film. Forcément, on s'attend à des affrontements épiques. Sauf qu'au final, tout est expédié trop rapidement. La conclusion arrive trop rapidement, et finalement le méchant cherche à prouver qu'il est méchant, et on enchaîne directement avec une séquence chargée en émotion. Séquence un poil trop longue, et qui est ensuite trop courte plus tard dans le film, alors qu'on aurait préféré qu'elle soit découpée en deux parties. Ça ne veut pas dire qu'elle est ratée, au contraire, on retiendra même difficilement ses larmes, mais mince, c'est mal rythmé. Alors forcément, on a du mal à rentrer dans le film. Sans parler de la fin du film, assez ratée, digne des Disney les plus mièvres, qui est bien trop conventionnelle pour qu'on l'apprécie réellement.

Malgré tout, Dragons 2 n'est pas raté et n'est pas un mauvais film. C'est même plutôt plaisant. L'animation est très réussie, la réalisation est dynamique, et on se laisse prendre rapidement dans le film. L'humour est au rendez-vous, et grâce à un casting vocal toujours aussi fort (Jay Baruchel, Kristen Wiig, Jonah Hill, ou encore Christopher Mintz-Plasse en tête), les vannes font mouches, même si les gags visuels, parfois en arrière plan, nous font plus rire. Dragons 2 est un bon film d'animation, mais il est bien trop conventionnel pour réellement satisfaire, surtout si on le compare au premier. Pourtant, il ravira les enfants, mais aussi les moins jeunes. On regrette juste son manque d'audace, la noirceur de son prédécesseur, et un côté épique trop peu présent. Mais s'il y a bien un film à aller voir cet été, c'est celui-ci !

samedi 17 mai 2014

Critique X-Men : Days of Future Past

Tandis que The Amazing Spider-Man 2 continue de pourrir nos écrans de cinéma, d'autres films de super-héros sont prévus pour bientôt. Et toujours de la part de Marvel. Le prochain en date, c'est X-Men : Days of Future Past, à la fois suite et préquelle. Une suite à la préquelle qui est aussi une suite à la trilogie, mais qui se passe en partie avant. Bref, rien de bien compliqué, on va vous expliquer un peu plus tard. Alors que X-Men : Le Commencement avait été une bonne surprise, surtout après la déception de X-Men : L'affrontement Final, on attendait impatiemment une suite. Et finalement, c'est un des épisodes les plus connus de la saga X-Men qui a été adapté au cinéma. Un épisode qui mêle futur et passé. Et c'est en ça que le film est une suite à la trilogie et à la préquelle. On avait de quoi attendre cet opus, tant avec crainte qu'avec enthousiasme. Reste à voir qui de l'enthousiasme ou de la crainte avait raison.

Le film commence de manière assez déroutante. Un univers que l'on ne connaît pas, très sombre, avec des centaines de cadavres que des camions vident dans des décharges. Le ton est donné. On apprend que l'action se situe dans le futur et que les mutants et les humains qui les aident sont traqués par les Sentinelles, des espèces de robots géants surpuissants capables de s'adapter aux pouvoirs de leurs adversaires. Et rapidement on enchaîne avec une séquence d'action assez impressionnante dans laquelle de nombreux X-Men se battent contre des Sentinelles, et... meurent. Oui, vous avez bien lu. On est face à une guerre sans merci, et attendez-vous à voir certains de vos mutants préférés se faire tuer de manière parfois assez violentes (au moins trois démembrements dans le lot!). Eh oui, le ton était donné dès la scène d'introduction avec les cadavres rappelez-vous. Et comme cette situation craint un peu du boudin, la solution pour s'en sortir c'est d'envoyer Wolverine dans le passé afin de convaincre les jeunes Charles et Erik de l'aider à empêcher un événement plutôt marquant d'avoir lieu. C'est le point de départ du film. On laisse Logan enfiler son pantalon à pattes d'éléphants, et hop, petit retour en 1973.


A partir de ce moment, il faut se rendre à l'évidence sur deux points. Déjà, il y aura bien moins d'action que dans le futur, forcément. Ensuite, les X-Men qui se battent ensemble, eh bien c'est rapé, puisque le film va principalement se concentrer sur quatre personnages : Charles Xavier, Erik, Raven, et Logan. Eh oui, X-Men : Days of Future Past lorgne plus du côté de X-Men : Le Commencement. Et si ça ne plaira pas à tout le monde, cela a pourtant plusieurs aspects plus que positifs. Le scénario est bien écrit, tient la route, et offre une nouvelle fois un travail sur les personnages très réussi. Ce qui amène aux acteurs, qui sont quasiment tous parfaits dans leurs rôles, James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence en tête. Le premier campe un Charles Xavier en pleine dépression, le deuxième un Magneto toujours aussi ambigüe, et la dernière confirme qu'on aurait pas pu prendre meilleure actrice pour le rôle de la très bleue Mystique. Bon scénario et excellents acteurs, le film part plutôt bien!


Sans une réalisation à la hauteur, tous ces efforts ont rapidement de quoi être vains. Et quand on sait que ce n'est plus Matthew Vaughn, réalisateur du très bon X-Men : Le Commencement, qui est derrière la caméra, il y a de quoi avoir quelques craintes. Alors oui, c'est Bryan Singer qui réalise le film, le même qui a réalisé les deux premiers X-Men, mais bon, on ne peut pas dire qu'il possède le talent d'un Matthew Vaughn malheureusement... Alors attention, la mise en scène tient la route, elle est honnête, et lors des phases d'action, c'est même plutôt sacrément bien foutu, donc il ne faut pas s'imaginer que c'est mauvais, bien au contraire, mais ça aurait pu être très probablement encore mieux avec Vaughn derrière la caméra. On ne reste pas sur sa faim malgré tout. En revanche, ce qui est potentiellement dommage, c'est que comme quasiment l'intégralité du film se déroule dans le passé, eh bien les mutants de la trilogie, du futur donc, ce sont limite des caméos. Donc quand on en voit certains sur des affiches promotionnelles, il y a presque de quoi rire. Et puis quitte à souligner les défauts du film, les fins sont outrageusement scandaleuses, à l'instar des autres film de super-héros qui ont déjà prévu quarante-trois suites. Donc la fin de X-Men : Days of Future Past et sa scène post-générique annoncent Wolverine 3 et X-Men 6... Dommage, le film aurait été une conclusion parfaite à la franchise sur grand écran.

Malgré certains défauts, vous l'aurez compris, X-Men : Days of Future Past est un bon film. Et de nos jours, c'est presque trop rare quand on voit ce que l'on nous sert régulièrement. Certes, l'action est peut-être moins présente que prévu, mais le film réserve son lot de séquences mémorables, de l'introduction à la scène d'évasion du Pentagone (scène qui semble clairement avoir été conçue pour être LA scène du film, faite pour plaire aux spectateurs, mais bon, on ne va pas la critiquer) pour ne citer que ces deux-là. Le résultat est un bon divertissement, un bon film de super-héros, et à l'heure actuelle, c'est trop rare pour qu'on passe à côté. Alors n'hésitez pas, si vous en avez l'occasion, allez voir X-Men : Days of Future Past.

jeudi 1 mai 2014

Critique The Amazing Spider-Man 2 : Le Destin d'un Héros

En 2012, alors que sortait The Amazing Spider-Man, un article avait été écrit afin de dire que c'était une bonne surprise. Aujourd'hui, alors que sa suite vient d'arriver sur nos écrans, on va vous expliquer pourquoi il s'agit de l'un des pires films de super-héros existants. Oui, rien que ça.

The Amazing Spider-Man 2 prend forcément part après le premier volet. On retrouve donc un Peter Parker tout juste diplômé, en couple avec Gwen Stacy (Emma Stone, radieuse), et qui porte toujours le costume de l'homme araignée. Et comme l'affiche et les bande-annonces nous l'ont montré, ou plutôt essayé de faire croire, il devra affronter trois méchants, et pas des moindres. Electro, le Bouffon Vert, et le Rhino. Bref, un beau programme en perspective, qui commence très très mal. Dès le début le film nous rappelle le seul intérêt de ce reboot, la vérité sur les parents de Peter Parker (mais on verra rapidement que le seul intérêt de ce reboot c'est Emma Stone en fait). On commence donc avec une scène qui nous apprend la cause de leur mort. Et c'est via une scène d'action qui brûle les yeux qui se déroule dans un avion, incohérente et montée avec les pieds par un monteur cul-de-jatte, que ça se passe. Déjà, on sent qu'il y a un problème, et que si le reste du film est constamment de cet acabit, c'est mal barré. Heureusement, on enchaîne directement avec la première scène d'action du film, et on est rassuré. Non, c'est une blague, c'est aussi mal réalisé et aussi mal monté. C'est limite incompréhensible. Ajoutons à cela Paul Giamatti qui a dû oublier comment jouer, pour incarner de manière aussi outrancière et ridicule un méchant très méchant hahaha je vous déteste tous parce que je suis russe, et on de demande ce que l'on fout dans la salle face à une parodie de film d'action.

Et on se le demande aussi durant tout le reste du film malheureusement... La faute à une réalisation sans âme, mais surtout à un scénario (si on peut appeler ça comme ça) qui semble avoir été pensé pour en mettre le plus possible, tant pis pour la cohérence, et qui est moins bien écrit qu'un scénario de dessin animé diffusé sur France 4. On suit une trame scénaristique dont on a rien a foutre réellement, parce que jamais on se sent concerné. Mais le pire. Le pire du pire du pire. Ce sont les méchants. Si Paul Giamatti est nullissime (mon Dieu, que t'ont-ils fait?) en Rhino aussi pathétique qu'inexistant, la palme du méchant le plus ridicule de l'histoire des super-héros de film revient à Electro. Ou comment Jamie Foxx a perdu l'intégralité de son charisme en un seul film. Introduit comme un scientifique sans ami, il ferait passer les pires caricatures de nerds et de geeks des années 80 pour des personnes crédibles. Là, Jamie Foxx/Max Dillon est un scientifique fanatique de Spider-Man qui s'imagine être son ami, et qui doit probablement aussi se toucher la nuit dans son lit en pensant à lui. Avec les bonnes lunettes ringardes, les cheveux gras immondes et mal coiffés, et les gens qui le considèrent comme du caca. Bref, le cliché absolu de la caricature du cliché. Puis dans une scène totalement ridicule il se transforme en na'vi, et ses intentions ne changent pas : «Spider-Man, tu veux être mon meilleur ami du monde? Je peux renifler ton costume après que tu l'aies porté?». Mais bon, comme tout ne se passe pas comme prévu, hop, il va vouloir s'en prendre à la Terre entière, c'est à dire New-York. Ah, ces méchants vachement crédibles. Ils sont trop sensibles.


Mais on n'a pas parlé du Bouffon Vert! En effet, Harry Osborn, qui se transforme 25 minutes avant la fin, dans le seul but de (Spoiler, donc on ne dira pas quoi) puis ensuite d'introduire de manière faussement masquée les Sinistre Six. En gros, il n'est pas vraiment hyper utile, à part pour créer une scène d'émotion intense plutôt ratée, et on le voit huit minutes à tout casser dans le film, le temps d'un combat aussi épique qu'une partie de Monopoly avec un aveugle. A noter que durant cet affrontement, il y a une scène de lancement de toile très éjaculatoire, et dans le contexte, on hésite entre risible ou plutôt audacieux mais risible malgré tout. Bref, les méchants, vous l'aurez compris, sont tous ratés. Mais le pire, c'est qu'on a osé nous vendre le film comme une succession de scènes magistrales relatant les affrontement terribles entre Spider-Man et ses ennemis. Sauf qu'au final, il n'y a réellement qu'un méchant dans l'histoire : Electro. Le Bouffon vert apparaît moins d'une dizaine de minutes, comme dit plus haut, et le Rhino, n'en parlons pas. Paul Giamatti doit apparaître environ six minutes à tout casser, et tout juste trois dans le «costume» du Rhino. En gros, on nous vend un film avec trois méchants, et on se retrouve avec... ben pas grand-chose. Surtout que le seul réel combat du film, c'est contre Electro. Un combat totalement incohérent avec le personnage d'ailleurs. Mais bon, le pire dans tout ça, c'est que jamais les trois méchants n'interviennent ensemble! A l'exception d'une rare fois où Electro vient aider Harry qui n'est pas encore un bouffon, pardon, le Bouffon. Mais sinon, rien. Aucun affrontement épique avec tous les méchants. Juste un combat nul avec un pauvre méchant sorti tout droit d'un livre de Oui-Oui. Lorsqu'on se rappelle le final dantesque du Spider-Man 3 de Sam Raimi, qui opposait l'Homme-Sable, Venom, le Bouffon Vert et Spider-Man, on se dit que bordel, The Amazing Spider-Man 2 passe entièrement à côté de ce qui aurait pu, aurait dû, faire sa force.

Alors oui, il ne faut pas comparer. Mais merde quoi, il y a un moment, il faut se rendre à l'évidence, The Amazing Spider-Man 2 est juste tout pourri. La seule chose qui a de l'intérêt dans le film, c'est la relation entre Peter et Gwen. Et venant d'un réalisateur qui a commencé par une comédie romantique on en attendait pas moins. Le pire, c'est quand on connaît les raisons du pourquoi les scénaristes (berk, comment on peut les appeler ainsi?!) ont privilégié cet aspect. Alors oui, ça fonctionne plutôt bien en partie, mais on ne va pas voir The Amazing Spider-Man 2 dans l'optique de voir The Spectacular Now (meilleure et plus belle comédie romantique de ces dix dernières années à voir absolument). Et la comparaison n'est pas faite au hasard, puisque lors de la scène la plus intéressante d'un point de vue sentimentale entre Peter et Gwen, la musique est celle du générique de fin de The Spectacular Now. Donc on est bien dans une comédie romantique, mais avec des vrais faux méchants, un vrai faux super-héros, et deux heures inutiles pour vingt minutes de romance plutôt bien fichues en partie. C'est plutôt longuet pour pas grand-chose.

Vous l'aurez compris, The Amazing Spider-Man 2 est absolument raté, jusque dans ses thèmes musicaux absolument infâmes, composés par un Hans Zimmer qui n'en a décidément plus rien à foutre depuis longtemps, et dont les partitions immondes de Man of Steel deviendraient presque les meilleures de sa carrière face à ce qu'il nous pond ici. Ce n'est pas bien de comparer, oui, et forcément The Amazing Spider-Man 2 sera mauvais face à la trilogie de Sam Raimi. Et puisqu'on parle de comparaison, Spider-Man 3 a été perçu comme décevant à sa sortie, parce qu'il est moins bon que les deux premiers, mais au final, c'est un très bon film de super-héros. Sauf que là, même sans comparer, c'est très mauvais. Entre un scénario écrit avec le cul, une réalisation fade, et un manque absolu de combat un tant soit peu épique, le film est un ratage absolu. Pire, ça va même au-delà. Il prend le spectateur pour des cons. Il n'y a qu'à voir son final putassier qui va à l'encontre de l'attente des spectateurs en ne montrant pas ce que l'on nous avait promis en désamorçant toute intensité dramatique. Et soyons honnêtes, quand on voit ça, on se dit que le film est clairement en train d'enc*ler le monde est ce qu'on appelle un foutage de gueule assez monumental. Donc non, on ne dira pas que c'était mieux avant, on vous laissera juger par vous-même. Mais ne revenez pas pleurer plus tard, on vous aura prévenus.

mardi 18 mars 2014

Critique : Captain America Le Soldat de l'Hiver

Ceux qui viennent régulièrement ici le savent, je n'apprécie pas réellement les films de super-héros de ces dernières années. Pourtant, il y a quelques exceptions, et parmi elles se trouve Captain America : Fisrt Avenger. D'une, parce que Joe Johnston, sans être un très grand réalisateur, demeure un metteur en scène qui a su se distinguer, ne serait-ce que par son image et ses effets visuels, et surtout parce que l'on sent qu'il a envie de travailler sur ses films, ce n'est pas juste un yes man qui bosse pour un studio. De deux, parce que le film retrace réellement la parcours d'un super-héros, de sa «naissance» à son ascension, et c'est de plus en plus rare que ce soit bien traité de nos jours. Et pour finir, parce que le film à une réelle identité, notamment grâce à son aspect serial des années 40, son esthétique comics de l'époque, et son inspiration évidente des films de Spielberg des années 80, Les Aventuriers de l'Arche Perdue en tête (chef-d’œuvre sur lequel Joe Johnston a travaillé, cela explique bien des choses). A l'heure des films de super-héros nullissimes et totalement ennuyeux, majoritairement ceux de chez Marvel, ce vent de fraîcheur étrangement boudé par le public a forcément donné naissance à une suite, puisque de toute manière, tout est une histoire de trilogie. Reste à savoir si passer de la seconde guerre mondiale à l'Amérique post 11 septembre (et post Avengers...) était une bonne idée pour ce capitaine américain. Réponse dans cette critique.

La plus grosse appréhension de cette suite était de savoir si le changement d'époque allait tenir la route. Cela ne devait pas se faire de manière trop naturelle, et il fallait bien que Steve Rogers se sente un peu mal à l'aise. Certes, la question avait déjà était traitée en partie par The Avengers, mais là, forcément, il fallait plus se focaliser dessus. Eh bien, il y a de quoi être mitigé, mais cependant, on est plutôt satisfait. Il faut entendre par là que si cet aspect est plutôt bien travaillé, il aurait pu être approfondi. Malgré tout, il y a ce qu'il faut d'émotions, et jamais cela ne tombe dans l'excès, et ça, c'est plutôt appréciable.


Passons dorénavant au scénario. Après plusieurs films Marvel au scénario inexistant, totalement kikoulol, voire les deux (oui, je parle de toi The Avengers, qui a réussi l'exploit de ne pas avoir de scénario, tout en nous pondant une histoire remplie de scènes et de dialogues kioulol bien pourris), on était en droit de craindre le pire avec cette suite. Et là, c'est la bonne surprise ! Plutôt que d'essayer ne nous balancer une histoire tirée par les cheveux, incompréhensible, barbante, ou les trois à la fois, Captain America Le Soldat de l'Hiver nous livre un scénario digne des films d'espionnage et des thrillers des années 70, avec un soupçon de parano post 11 septembre. Ce n'est pas forcément très novateur, pas non plus exceptionnel, mais ça a le mérite de tenir la route, de tenir le spectateur en haleine, et de proposer une réflexion sur les systèmes d'écoute et d'espionnage, sujet toujours d'actualité, ce n'est pas la NSA qui nous contredira. Bref, c'est plutôt sympathique, bien foutu, et ça change par rapport à ce que Marvel a l'habitude de nous proposer.

Ça change tellement, que l'on pourrait presque être surpris par la violence du film. Non, le film n'est pas hyper violent, rassurez-vous, mais les scènes de combat surprennent par leur côté parfois assez cru dans la violence, quasiment sans sang évidemment, mais tout de même très brutale. Parce que si le scénario n'est pas sujet à une succession de scènes d'action à outrance, il y en a pourtant durant ces 2h17 de film. Et ce serait presque un problème. Sans tomber dans la facilité du filmage dégueulasse et du montage épileptique, ces scènes ne sont pas réellement géniales par leur réalisation. C'est correct, et encore, mais bon, voilà, sans plus. Ajoutons à cela des effets numériques parfois un peu baveux, et on est finalement content qu'il n'y ait pas tant que ça de scènes d'action. Surtout, et c'est bien le plus dommage, qu'il n'y a aucun passage vraiment épique qui va faire vibrer le spectateur, ou qui va tout simplement rester en mémoire. Pour le reste, la réalisation est honnête. C'est déjà bien de nos jours, particulièrement pour ce genre de blockbuster.

 La bande annonce

Passons dorénavant aux choses qui fâchent réellement. Inutile d'y aller par quatre chemins, disons-le clairement, le méchant est raté. Oui, ce fameux soldat de l'hiver, eh bien, il est tout pourri tout nul. On n'arrive jamais à s'y attacher, malgré les efforts des scénaristes. Il n'est jamais terrifiant, jamais émouvant, et quand on le voit à l'écran, on n'y croit pas vraiment. On dirait un mauvais méchant dans Fullmetal Alchemist avec son automail/mecha-greffe à la place du bras. Bref, une déception. A noter aussi que le personnage de Sam Wilson, le Faucon, est plutôt sympathique et bien amené, sauf... quand il est en Faucon justement. Un type avec des ailes métalliques, filmé comme tel, on a malheureusement plus envie de rire que de le prendre au sérieux. Parmi les autres protagonistes, on peut citer La Veuve Noire, qui, Scarlett Joahnsson oblige, a des plans sur son cul réguliers, afin de satisfaire les coquinous qui aimeraient se rincer l’œil. On note aussi la présence plutôt importante de Coby Smulders (<3 cœur avec les doigts) et une apparition furtive de Danny Pudi, qui ravira les fans de Community.

Qu'on se le dise, Captain America Le Soldat de l'Hiver, malgré ses défauts, reste un très bon divertissement, et de très loin l'un des meilleurs films Marvel tournant autour de The Avengers. Le meilleur après le premier Captain America en fait. Le scénario est solide sans être transcendant, la réalisation tient la route, à défaut de tenir la durée de tout le film, et Chris Evans interprète toujours aussi bien le Capitaine. En gros, on est loin des films Marvel récents, qui n'ont quasiment aucun intérêt, si ce n'est celui de relancer l'industrie du popcorn en masse et de filer plein de thunes à Mickey. A défaut d'être un grand film, Captain America Le Soldat de l'Hiver est un divertissement honnête, que l'on peut sincèrement apprécier. Si seulement Marvel faisait des films comme celui-ci plus souvent, on pourrait être plutôt satisfait.

mercredi 26 février 2014

Test Rambo

On a connu Rambo soldat traumatisé, puis Rambo guerrier, puis Rambo guerrier traumatisé. En quatre films, le héros est passé par de nombreuses étapes, et on préférera éviter les deuxièmes et troisièmes. Sauf si on aime les lumières bleues. Bref, en tant que véritable icône, il n'est pas surprenant de voir apparaître un nouveau jeu vidéo tiré de la saga. Il est vrai qu'à partir du deuxième film, il y a de la matière à faire un jeu de tir. Surtout avec le quatrième film, dont l'action s'y prête bien (mais attention, en aucun cas John Rambo est juste un film bourrin, c'est une véritable réflexion sur la violence et son utilisation, avec en prime une fin poignante et intelligente). C'est donc tout naturellement que le jeu n'adapte que les trois premiers films, en violant bien comme il faut le dernier volet et la mythologie du héros par la même occasion dès la scène d'intro.

Oui, Rambo commence par... La guerre du Vietnam. Cette guerre qui justement n'est pas montrée dans le premier film, ce qui lui donne son essence même. Bon, ok, on parle du Vietnam dans le 2, mais c'est une autre histoire ! Bref, le jeu Rambo commence au Vietnam, où Rambo tue des vietnamiens pas gentils par centaine. Oui, par centaine, rien que ça. En même temps, le jeu n'est pas un FPS, mais un rail shooter. En gros, on n'avance pas par nous-même, on reste planté là où le jeu le demande, et tant que l'on a pas tué tout le monde, on ne bouge pas. Alors ok, le genre rail shooter a connu de belles heures dans les années 90, grâce aux bornes d'arcades, puis avec les consoles et les pistolets que l'on pointait devant son téléviseur, mais on ne peut pas dire qu'il soit encore réellement apprécié depuis une bonne dizaine d'années. Ce choix est donc surprenant, et pourtant, il est sûrement moins catastrophique que si le jeu avait été un FPS type Call Of Pan Pan Boum Boum.

 Coucou, je suis bien animé !

En effet, la maniabilité est très réduite, et vu ses limites, on se dit que ce n'est pas plus mal d'être cloisonné dans le genre rail shooter, plutôt que dans un FPS couloir. Ici, on tire, on tire, et... parfois on lance des grenades. C'est pas plus bête que ça ! Voilà voilà... Bon, il y a quelques... Subtilités dira-t-on. Lorsque l'on remplit une jauge, on peut passer en mode rage. Cela déclenche un effet bullet time, et plus on tue de méchants, plus on regagne de la vie. Sinon... Ben, on peut se couvrir tout de même, en appuyant sur une direction, afin de ne pas mourir trop vite. Le reste du temps, on tue des ennemis, à commencer par des viets cons. Non non, pas des Vietcongs, mais bien des viets cons. Parce que l'intelligence artificielle n'est même plus hasardeuse à ce stade, elle est... Pourrie ? Oui, pourrie, c'est bien comme mot. Entre les ennemis idiots qui se laissent canarder sans tirer, et ceux qui tirent tout le temps sans laisser de répit (à se demander s'ils rechargent), c'est du grand n'importe quoi.

Heureusement, des phases autres apportent un peu de changement à un gameplay qui forcément a du mal à se renouveler, et s'avère très vite répétitif (dès la première mission en fait). En même temps, on ne peut pas adapter tout les films Rambo avec des phases de tir. C'est donc naturellement, et dans la joie et la bonne humeur, que nous pouvons accueillir... Les QTE ! Ah, les sacripants, ils nous font vite regretter les phases de tir. Oui, ces phases de QTE sont absolument nulles. Elles ne sont même pas le minimum syndicale du QTE. En gros, on doit appuyer au bon moment sur la bonne touche... Et parfois, il faut appuyer rapidement à répétition sur cette touche. Quelle joie ! On en revient de toute manière assez rapidement aux passages rail shooter, qui constituent le plus gros du jeu. A noter qu'on a un score à chaque fin de mission, mais surtout des points de compétences, afin d'améliorer son attaque, sa défense, etc... C'est mieux que rien.

Parlons un peu de la réalisation du jeu. On a parfois critiqué la gueule que Stallone a actuellement, plus ou moins refaite, avec une bouche... étrange. Alors ok, ça peut paraître bizarre, mais il a toujours l'air d'un être humain. Regardez sa gueule dans le jeu, et... Et zut, c'est juste très laid. On dirait un prototype pour une machine hybride entre une Nintendo 64 et une Playstation 2 ! Et c'est pareil pour tout le monde. Déjà, les ennemis sont tous pareils dans chaque niveau, quasiment. Pour les asiatiques, c'est normal, ils se ressemblent tous, mais... La rédaction s'excuse pour cette odieuse blague raciste. D'ailleurs ici, on aime bien la Chine, on mange des sushis tous les jours... On s'excuse encore... Désolé. Bref, les ennemis se ressemblent, et tous les personnages sont ultra moches ! Rien que la cinématique d'intro, on se croirait devant une adaptation en jeu vidéo de Freaks ! Et encore, c'est méchant pour les acteurs du film. On est en 2014, pas en 1999 les gars ! C'est même pire encore, parce que ce n'est pas juste moche, mais on a même l'impression que les visages sont volontairement dégueulasses et immondes ! Alors oui, c'est facile de cracher sur la réalisation, mais, bon sang, c'est quand même super laid ! Enfin bref... On ne va pas changer ce qui a été fait.

 C'était pas ma gueule, colonel !

Et pourtant, tout n'est pas à jeter dans Rambo. On peut avouer que le jeu, totalement bourrin et assez reposant pour le cerveau la plupart du temps, a de quoi amuser et faire rire, pour peu que l'on y joue comme on regarde un nanar, avec plein de second degré. Bon, ok, ça amuse dix minutes, après ça lasse, mais c'est déjà pas mal. Et puis, il y a une idée intéressante lorsque l'on recharge ses armes. Un cercle apparaît, et selon le moment où on appuie, on a soit 100% de ses balles, soit 200%, soit 50% (ah, ces armes qui s'enraillent pour un rien !). Bon, ok, ce n'est pas l'idée du siècle, mais c'est pas mal, non ? C'est pas une mauvaise idée. Même si c'est potentiellement casse-couillespieds lors de certaines phases de tir, puisque recharger est encore plus long que cela ne devrait l'être. Mais c'est quand même une idée. Voilà voilà...

Soyons honnête, Rambo n'est pas une catastrophe, mais évidemment, ce n'est pas du tout un bon jeu. La réalisation est datée et laide, le gameplay est sans cesse le même et devient vite très répétitif, et les phases de QTE sont nulles. Pourtant, on peut éventuellement prendre du «plaisir», si l'action décérébrée arrive à amuser. Dégommer et faire exploser des méchants à tout va, comme ça, sans réellement réfléchir, c'est parfois assez drôle. Pour le reste... Ouais... John Rambo l'a crié à la fin du film : «Adrian !» Euh... Non, c'est pas ça... «C'était pas ma guerre !» Oui, voilà. Alors ok, ce n'était pas sa guerre, et une chose est sure, on n'a pas forcément envie que ça devienne la nôtre.

7/20

vendredi 21 février 2014

Critique Lego La Grande Aventure

Depuis sa sortie, tout le monde s'évertue à le dire, Lego La Grande Aventure est une réussite. Et il faut dire ce qui est, c'est vrai. Le film est génial, drôle, et on prend un plaisir immense à le voir. Pourtant, qui aurait cru que des briques et des personnages jaunes pourraient être à l'origine d'un bon film ? Ok, depuis quelques années, le phénomène prend de l'ampleur, et les figurines jaunes connaissent un succès de plus en plus grand. D'une part, grâce aux différents jeux vidéo, qui détournent avec beaucoup d'humour les grandes franchises de la pop culture. Mais aussi grâce à l'avènement du net et l'accès simple à certaines technologies, qui ont poussé les gens à faire des films en stop motion avec leurs Lego. Et ça, les danois l'ont bien compris, puisqu'ils avaient eux-même lancé un pack prévu pour ça il y a quelques années déjà, avec mini caméra appareil phot qu'on reliait à un PC, logiciel de montage facile d'accès, et des plateaux de jeu devenus plateaux de «cinéma» pour l'occasion. Alors le projet de film est logique, l'engouement aussi, et le résultat ne pouvait pas être décevant. Il aurait pu l'être, mais heureusement, ce n'est pas le cas. Et on va essayer de comprendre pourquoi, avec tout plein de bonne humeur. Parce que tout est super génial !

A l'origine du projet de film Lego, on retrouve la Warner, qui édite les jeux Lego. C'est logique, sûrement pour une question de droit, mais c'est tout de même rassurant. Ensuite, à l'écriture et derrière la caméra il y a Phil Lord et Chris Miller, qui ont déjà fait leurs preuves dans le film d'animation avec Tempête de Boulettes Géantes, et dans la comédie pure et dure avec l'adaptation en film de 21 Jump Street. Et il faut dire que pour leur troisième long métrage, Lego La Grande Aventure, ils ont mis tout leur talent au service non pas forcément d'une intrigue très originale, mais au service d'une réalisation quasi sans faute, servie par des gags qui font constamment mouche tant ils tombent juste. Et justement, l'humour du film, c'est bien là l'un des points forts du film. Sur quoi se base-t-il réellement, et pourquoi rit-on ?


On le sait depuis un certain temps, la franchise Lego est passée maître dans le domaine du détournement et de la parodie. Avec des licences aussi fortes que Star Wars ou Indiana Jones pour commencer, puis avec à peu près tout ce qu'il était possible de faire, tant que cela avait de l'intérêt. À tel point que le jeu Lego City Undercover se permet de parodier tout ce qu'il peut de la pop culture. Alors un film Lego, forcément, puisque ce n'est pas basé sur une licence du cinéma, ça devrait faire pareil. Oui, en grande partie. Plus ou moins tout ce qui existe en figurine Lego depuis la création de la marque est passé à la moulinette dans le film. Et c'est donc presque un gros fantasme de gamin, de geek, et de cinéphile qui nous tombe dessus lorsque l'on voit le résultat. Batman, Superman, Gandalf, Chewbacca, les Tortues Ninja, ou encore Les S... Non, ce serait criminel de tout vous dire, autant le découvrir par vous-même. Bref, tout un mélange absolu de culture pop et geek nous est servi sur un plateau d'argent grandement saupoudré d'humour. Batman qui chante une chanson super dark, parce que bon, il est trop dark lui aussi, Green Lantern qui adorerait être pote avec Superman, Shaquille O'Neal qui est «prêt pour ça», et on en passe et des meilleurs... Tout est réuni pour détourner ce que l'on connaît. Pas assez pour certains, mais l'humour du film ne se base pas uniquement sur le principe du détournement à tout prix.

En effet, puisqu'il y a aussi des personnages créés pour l'occasion, comme la désormais mythique Unikitty, cette licorne chat rose qui n'existait pas auparavant, et qui est l'un des personnages les plus drôles du film. L'humour n'est bien heureusement (ou malheureusement pour certains) pas que référentiel, et se base aussi sur des gags qui jouent sur l'absurde ou le décalage. Et sans être le film d'animation le plus drôle au monde, on rit souvent aux éclat. Et ça, c'est aussi grâce au doublage du film, en version originale. Il faut l'avouer, le casting vocal américain est tout simplement impressionnant, et à de quoi faire saliver plus d'un cinéphile ou amateur de culture américaine. Et le film prend tout son sens quand on le voit en VO. Pour les blagues, bien évidemment, pour le jeu d'acteur (oui, on a dit acteur, et pas le premier nom tiré du chapeau du distributeur français, qui nous refourgue une chante... Tal. Bref, rien à voir avec une actrice) qui réussit un coup de génie, mais aussi pour le choix des acteurs pour les personnages. C'est là que le film prend une autre dimension, et révèle tout son sel (enfin, pas tout non plus), puisque chaque acteur choisit pour un personnage, c'est déjà en un certain sens une preuve d'humour. Sincèrement, Channing Tatum qui fait Superman, et surtout Jonah Hill qui double Green Lantern, c'est tout simplement génial. Charlie Day qui prête sa voix à un astronaute complètement fou de vaisseau, c'est parfait. Surtout dans l'une des scènes finales où son doublage prend tout son sens. Alison Brie qui double Unikitty, ce chat licorne rose, c'est une preuve que les réalisateurs ont tout compris à la vie ! Mais le meilleur choix de casting vocal revient à Batman, interprêter par... Will Arnett ! Sûrement le meilleur choix pour une voix depuis que le doublage existe. Et de très bons acteurs, il y en a plein dans le film, comme Morgan Freeman, Liam Neeson, ou encore Chris Pratt. Non, sérieusement, voir le film en VF, c'est passé à côté de la moitié de son essence.

Bref, inutile de militer pour la VO, il faut surtout militer pour le film, qui est tout simplement génial. Alors oui, c'est une gigantesque pub pour la marque, et à peine sorti de la séance, on a envie d'acheter plein de Lego, mais cela ne l'empêche pas d'être un vrai bon film d'animation, qui plaira à tous, et qui fait rire ! C'est dynamique, ça donne la pêche, et même si le scénario est plus un prétexte qu'autre chose, il est le prétexte pour un divertissement de grande qualité, qui s'assume, et qui donne immédiatement envie de retomber en enfance. Alors un conseil, allez voir Lego La Grande Aventure, vous ne le regretterez pas. Everything is awesome !!!

jeudi 20 février 2014

Test Lego La Grande Aventure Le Jeu

Attention âmes sensibles, apprêtez-vous à entrer dans un monde sombre et cruel, d'une rare violence, et déconseillé aux plus jeunes. Ce dont on va vous parler n'est pas à mettre entre toutes les mains. Il y est sans cesse question de démembrements horribles des ennemis dès lors qu'il y a des combats, et ce n'est pas très joli à voir. Alors bon, ok, ce sont des figurines, mais tout de même... Bref, vous êtes prévenus, on peut commencer.

Alors que le film Lego La Grande Aventure vient tout juste de sortir au cinéma, le jeu tiré du film est de sortie lui aussi. Oui, le jeu, tiré du film, tiré des jouets, avec des références à d'autres jeux de la licence dedans... Bref, le jeu du film. Alors que les Lego se sont attaqués a énormément de franchise, et cela depuis des années, on est en droit de se demander si un jeu tiré du film est une bonne idée. S'il ne détourne pas une licence, jouant sur les effets parodiques, un titre Lego a-t-il une légitimité à exister ? C'est bien la question que l'on est en droit de se poser.

 Emmet, ouvrier dans le bâtiment

Sans surprise, le jeu reprend la trame du film, et nous balance plein d'extraits en guise de cinématiques. Bien entendu, des scènes du long-métrage qui dure dix-huit secondes sont grandement rallongées dans le jeu, histoire d'avoir des phases de gameplay longues et cohérentes. C'est bien l'un des points forts du titre, être cohérent en tant que jeu, mais aussi en tant que supplément au film. Ceux qui joueront au jeu sans avoir vu le film se feront bien entendu spoiler l'intrigue (mais peu de gags, heureusement), mais ils ne seront pas perdus dans cet univers. En revanche, ceux qui auront vu le film avant retrouveront l'ambiance, les lieux, les personnages, mais aussi l'univers totalement élargis pour l'occasion, avec une cohérence absolument parfaite. On y trouve des gags parfois assez somptueux, mais pas forcément compréhensibles par tous (la référence au film Batman de 1966 par exemple, que les jeunes ne pourront pas comprendre), qui viennent enrichir ce qui a été créé avec le film. En cela, le titre est l'une des meilleures adaptations de film en jeu, puisqu'il ne se contente pas de reproduire ce qui existe, mais se permet de créer plus, et d'ajouter de la valeur à ce qui a déjà été mis en place. Cependant, tout comme le film, on vous recommandera de changer la langue de votre console, histoire de jouer en anglais. Pas pour les plus jeunes évidemment, mais pour tous les autres. Bénéficiant des mêmes acteurs que ceux du film en VO (Morgan Freeman, Will Arnett, Charlie Day, Alison Brie, …), les blagues et les jeux de mots sont vraiment drôles, même si l'humour change en partie de ce à quoi l'on pourrait s'attendre d'un jeu Lego. En VF, c'est forcément moins amusant. Les comédiens de doublages ne sont pas les mêmes que ceux du film (exit Tal, youpi!), et c'est peut-être le seul bon point.

Mais il n'y a pas que les blagues et les acteurs dans le titre. Eh oui, puisque l'on parle bien du jeu, pas du film, ne l'oublions pas. Le gameplay est assez classique pour un jeu Lego. On progresse dans des niveaux, et l'on alterne sans cesse avec les différents héros afin d'utiliser leurs différentes capacités pour avancer. C'est assez convenu, mais toujours aussi sympathique. A cela s'ajoute deux nouvelles manières de construire des objets, toutes les deux inspirées par le film. D'une part, quasiment tous les héros, les master builders, peuvent « scanner » le décor pour trouver trois éléments précis afin de construire un objet nécessaire à l'avancée. Cela implique de souvent déblayer les alentours afin de débloquer et trouver ces éléments. D'autre part, le héros, Emmet, est le seul à pouvoir construire selon des plans. Ces épreuves de construction différentes nécessitent de trouver les bonnes pièces indiquées sur la plan le plus rapidement possible. C'est sympa à défaut d'être enthousiasmant. Ce qu'il faut savoir, c'est que pour construire de cette manière, il faut au préalable avoir récupéré tous les morceaux d'instructions. Plate-forme, action, et exploration, tout est là, comme dans tout bon jeu Lego qui se respecte.

 Le Far West? Et pourquoi pas un monde arc en ciel!

En marge de l'aventure principale, il y a aussi beaucoup de choses à faire. Trouver toutes les briques dorées, toutes les boîtes de constructions, ou encore tous les pantalons. Il y a aussi énormément de personnages à débloquer et à acheter, une bonne centaine. Et puisque l'on parle des personnages, il faut dire que comme dans le film, les concepteurs se sont lachés. En mode jeu libre, lorsque l'on refait les chapitres, ou dans les HUB, on peut choisir ses personnages selon notre bon vouloir. Incarner Lincoln, Shakespeare, un ninja, un mec dans un costume de panda, ou encore d'autres figures assez mythiques que l'on ne dévoilera pas, c'est possible, et c'est surtout très drôle. La palme revient à Unikitty, ce chat licorne rose doublé par Alison Brie (meilleure idée du monde!). Se balader dans un monde de nuages avec une licorne chat rose qui sautille en se dandinant l'arrière-train et qui tire des arc en ciel, c'est tout simplement... Aussi absurde que grisant. Non, mais sérieusement, c'est le plus grand concept du monde! Surtout quand c'est aussi bien amené que dans le jeu. Bref, c'est cool, et il y a plein de choses à faire. Malheureusement, parce que oui, il y a un malheureusement, le jeu est un peu trop simple dans son ensemble. Pas mauvais, au contraire, ni même trop court, mais les énigmes, si on peut les appeler ainsi, sont bien trop faciles. Alors cela n'empêche pas de prendre du plaisir à parcourir le jeu, mais c'est un peu dommage. Ça permettra au plus jeunes d'y jouer. Avec leur parents, oncles, grand cousin, etc... Puisque le jeu est bien entendu jouable en coopération, et encore une fois, c'est plutôt cool.

Plus qu'une simple adaptation de film en jeu, Lego La Grande Aventure Le Jeu est un complément qui vient enrichir de manière assez surprenante et surtout de façon très cohérente l'univers créé pour le film. On préférera y jouer en VO, histoire de profiter de toutes les blagues et références. Pourtant, le titre semble s'adresser à un public plus jeune que les autres jeux Lego, puisqu'il n'est pas très difficile. Malgré tout, bien qu'il ne soit pas aussi original dans son gameplay, et bien que l'humour joue sur d'autres effets que celui du détournement d'une licence, Lego La Grande Aventure Le Jeu n'en reste pas moins un vrai bon jeu, que l'on parcours avec plaisir. Et puis sérieusement, contrôler un chat licorne qui dandine joyeusement du cul, c'est quand même assez jouissif, non ? Non ?

16/20

lundi 20 janvier 2014

Critique : Jack et la Mécanique du Cœur

« Andalucia ! Anda, Anda ! Andalucia ! Anda , Anda ! Andalucia , Anda ! » « Tais-toi mon cœur ! Je ne te reconnais pas. Tais-toi mon cœur ! Je ne te reconnais pas » « Don't you wanna sleep ? Don't you wanna sleep ? My motherfucking clock does tick-tock ding dong ! My motherfucking clock does tick-tock ding dong ! »

Si vous avez reconnu ces extraits, c'est que vous connaissez les paroles, et logiquement, que vous connaissez l'album La Mécanique du Cœur de Dionysos. Et peut-être même avez-vous lu le livre de Mathias Malzieu. Et peut-être même êtes-vous au courant qu'un film d'animation tiré du CD/Livre va (enfin) sortir sur nos écrans le 5 février prochain. Si c'est le cas, et que vous l'attendez, tant mieux, voici une critique du film. Et si vous ne l'attendez pas, voici bien ce qui pourrait vous donner envie de l'attendre !

Avant toutes choses, cette critique ne contiendra aucun spoiler, sauf vers la fin, dans un paragraphe spécifique, et uniquement pour ceux qui n'ont pas lu le livre, mais ce sera précisé. Bref, Jack et la Mécanique du Cœur, c'est quoi ? C'est un film d'animation réalisé par Mathias Malzieu et Stéphane Berla, qui reprend la trame scénaristique du livre (et du CD aussi, mais je vais éviter de le rappeler à chaque fois, cela semble évident). Ça raconte l'histoire de Jack, qui naît à Edimbourg le jour le plus froid du monde, et dont on doit remplacer le cœur gelé par une horloge pour sa survie. Le problème, quand on a une horloge à la place du cœur, c'est qu'il y a des règles à respecter. Ne jamais toucher ses aiguilles, contrôle sa colère, et surtout, ne jamais tomber amoureux. Des règles bien difficile à suivre pour Jack, surtout dès lors qu'il va rencontrer la jeune Miss Acacia. Il va alors entreprendre un voyage fantastique jusqu'en Espagne, accompagné de Georges Meliès, afin de retrouver celle qui lui a fait découvrir l'amour.

Ce projet de film trotte dans la tête de Mathias Malzieu depuis longtemps. Et très rapidement, il a été mis en chantier. Sauf que la production n'a pas été de tout repos. Epargnons les détails, mais il faut savoir que le film a été envisagé entièrement en stop motion avec des marionnettes par exemple. Au final, Jack et la Mécanique du Cœur est un film d'animation en 3D (attention, on ne parle pas de relief avec des lunettes immondes, heureusement). Alors oui, on pourrait regretter le stop motion et sa poésie, mais il faut reconnaître que le travail accompli est ici assez phénoménal. Pas forcément dans la technique, bien que cela soit maîtrisé, mais essentiellement dans la direction artistique. À l'exception d'un personnage, trop burtonien pour que l'on s'y attache, l'ensemble est de toute beauté, fourmille d'idées graphiques et visuelles, et offre un spectacle assez admirable, et souvent trop rare, pour les yeux. Bref, du très très bon de ce point de vue.


Cependant, une direction artistique magnifique, avec une âme, ce n'est rien sans une réalisation pour lui donner toute sa splendeur. Et qu'on se rassure immédiatement, il n'y a pas à s'inquiéter. Le film possède une réalisation pertinente, qui sert sans cesse les propos, et servie par un montage dynamique. C'est donc un réel plaisir que de voir ce film, rythmé par les musiques entraînantes de Dionysos. On n'est pas loin d'un véritable petit bijou d'animation. Pas loin ? Oui, pas loin. Parce que malgré toutes ces critiques élogieuses, méritées, le film a de quoi être une grosse déception, mais uniquement pour ceux qui ont lu le livre, rassurez-vous.

!!!SPOILER ALERT !!!
Expliquons ce qui ne va pas dans ce film, qui était pourtant bien parti pour faire un sans faute. Ce qui ont lu le livre en connaissent la fin. Pas de spoilers si c'est le cas, sinon, vous êtes prévenus. En gros, Jack fini seul, rejeté par Miss Acacia, et comme si ce n'était pas suffisant, il apprend que son horloge l'a certes sauvé, mais que rapidement elle n'était plus nécessaire à sa survie. La défunte Madeleine ne lui a jamais dit, afin de le garder près d'elle le plus longtemps possible. Fin assez rude, pas très joyeuse, mais finalement assez proche d'une réalité qui ne fait pas de cadeaux. Une fin logique, bien qu'assez troublante. Eh bien dans le film, la fin a entièrement été modifiée ! Volonté de Mathias Malzieu (espérons que non) ou choix imposé par Luc Besson, producteur du film, aucune idée, mais cela ne joue pas en la faveur du film. Quand on ne connaît pas le livre, il n'y a pas de problème. Mais quand on a apprécié cette fin assez crue et réaliste, on a de quoi être dérangé et déçu par la fin du film. Parce que la fin du bouquin est quand même bien meilleure. Bref, c'était le petit coup de gueule.
!!!FIN DU SPOILER !!!

Qu'on se le dise, Jack et la Mécanique du Cœur est un très bon film d'animation, doté d'une direction artistique fantastique, et d'une réalisation dynamique. Un conte sombre et poétique pour toute la famille. Malheureusement, ceux qui ont lu le livre pourront éventuellement être déçus. Quant aux autres, on ne peut que leur conseiller d'aller voir cette merveille du film d'animation, qui leur plaira, pour peu qu'ils ne soient pas allergiques à la musique de Dionysos. En revanche, on leur déconseille de lire le bouquin, avant ou après. Vous voici prévenus !

Jack et la Mécanique du Cœur
Mathias Malzieu et Stéphane Berla
Sortie le 05 février

dimanche 8 septembre 2013

Critique : No Pain No Gain

Faire la critique d'un film de Michael Bay sur ce blog, en voici une idée surprenante. D'une, parce que le film n'est pas apparenté à ce que l'on aime appeler la « culture geek », sur laquelle se concentre le site, et de deux, parce que les films de Michael Bay, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Entre des Transformers interdits aux épileptiques ou des films d'action/de guerre/catastrophe à gros budgets, le maître des explosions a su se faire apprécier d'un public pop corn, cartonnant au box office, mais son style a souvent était critiqué, a juste titre la plupart du temps, par les autres. Cette fois-ci, c'est un film à « petit » budget que réalise Bay. Seulement 26 millions de dollars pour ce drame au ton de comédie presque surréaliste, qui pourtant est tiré d'une histoire vraie. Faites péter les stéroïdes, et préparez-vous à faire des pompes, c'est dans un centre de fitness que tout commence !

Daniel Lugo, ex taulard, emprisonné pour cause d'arnaques, travaille dans un centre de fitness. Il y est coach personnel, et sa passion dans la vie, c'est d'avoir une bonne silhouette, des gros muscles, et quasiment pas de graisse. Son autre passion, c'est The American Dream. Ce rêve américain, il compte bien l'atteindre, l'obtenir. Pour lui, ce n'est pas juste une possibilité, c'est un devoir de citoyen. Or sa situation ne lui permet pas vraiment d'accéder à son objectif. Mais pour lui, d'est un dû, quelque chose d'acquis à la naissance sur le territoire américain. Alors quoi de mieux pour l'obtenir que de le voler à un autre. Un étranger qui a réussi sur le territoire, c'est encore mieux. C'est de ce point de départ aussi absurde qu'idiot dans son principe que Lugo va élaborer un plan. Avec deux autres culturistes, il prévoit d'enlever un riche client afin de lui faire cracher TOUT ses biens, de manière « légale », en l'obligeant à signer des papiers cédant ses propriétés et richesses. Rappelons que tout ceci est tiré d'une histoire vraie ayant eu lieu en 1995.

Tout ne se passe pas comme prévu pourtant, puisque le riche client reconnaît ses agresseurs. Le tuer après dépouillement est donc la seule solution. Sauf que l'homme survit. Et il compte bien les faire arrêter ! Là où le film aurait pu se contenter d'être un simple film policier, il puise sa force ailleurs, dans divers éléments qui rendent le tout plus qu'appréciable. D'une part, le film, bien que dramatique à son origine, est drôle. Constamment le public est amené à rire ou à sourire. Pour une raison toute simple. Les personnages sont des cons. Sans méchanceté, et tout simplement. Les trois anti-héros sont tous des abrutis finis, qui pensent tous être des génies, mais qui sont de véritables crétins. Et c'est d'ailleurs l'un des propos du film, qui dit clairement qu'ils ont tous été jugés pour leur crimes, sauf leur plus grand : « leur immense connerie ». Et c'est bien ça qui fait de ce film une réussite dans son ensemble. No Pain No Gain n'est pas un film d'action, comme l'affiche avec un Mark Wahlberg sous hormone, et un Dwayne « The Rock » Johnson toujours aussi costaud, pourrait le faire croire. On est bien face à une histoire vraie, qui traite avant tout de personnages. L'occasion d'apprécier des jeux d'acteur qui jouent les cons de manière assez savoureuse. Mention spéciale à Dwayne Johnson, dont l'interprétation de l'abruti est absolument géniale, et prouve que l'acteur n'en est clairement pas un. Assurément le personnage le plus attachant et le plus marquant du film.


Les autres ne sont pas en reste pour autant, et les différents points de vue, variant régulièrement, apportent de la fraîcheur au récit, et permettent de mieux comprendre chacun des personnages. Une bonne chose, puisque l'on cible directement leurs intentions, ce qui permet une meilleure fluidité. Les personnages, parlons-en encore, puisqu'ils sont quasiment tous assez détestables et dégagent peu de compassion. A l'exception de deux, à certains moments du film uniquement, personne n'est épargné parmi les protagonistes principaux. Il ne faut pas oublier que les anti-héros du film sont avant tout des criminels, et c'est bien de les montrer tels qu'ils sont, pas forcément méchants, mais assez cons pour être dangereux. Cela n'empêche en rien de prendre du plaisir à regarder le film, bien au contraire.

Mais tout ceci, c'est bien beau, mais la réalisation tient-elle le route ? Parce que Bay n'est pas forcément là pour nous rassurer. Pourtant, aucun problème, à l'exception de certains effets de style qui peuvent déranger, au début principalement, et encore, qui servent en partie des propos avec les images. On se trouve donc face à un film plus que plaisant, principalement dans sa première moitié, aussi surprenante qu'amusante. Bay s'amuse même à inclure une petite référence à Bad Boys, qu'on reconnaîtra ou non. Une bonne surprise en soit.

No Pain No Gain n'est évidemment pas le film de l'année, mais il est peut-être le meilleur film de Michael Bay, qui avec ce sujet plus « intimiste », et un budget plus réduit, a su tirer un film intéressant sur des personnages, qui laissent place à l'humour quand il le faut, mais qui n'oublie pas d'être l'adaptation d'un fait divers. Avec un trio d'acteur savoureux, Dwayne Johnson en tête, ce film de personnages est un film de cons, qui prouvent pourtant que celui derrière la caméra est loin d'en être un, alors que beaucoup aimeraient le croire. A voir si le cœur vous en dit, mais on vous le conseille vivement.

mercredi 14 août 2013

Critique : Kick-Ass 2

Attention, cette critique contient des spoilers sur le premier film. Donc si vous ne l'avez pas vu, évitez de lire ce qui suit (en même temps, si vous lisez une critique de Kick-Ass 2, ça laisse supposer que vous avez vu le premier...).

En avril 2010, Kick-Ass est venu botter le cul du genre film de super-héros. Pas de pouvoir, pas de responsabilité, mais une petite claque quand même, malgré quelques défauts. On se souvient de cet adolescent dans son costume qui essaie de faire disparaître le crime. On se souvient aussi de cette gamine et de son père, aussi dérangé que touchant, interprété par un Nicolas cage en forme. Ils étaient trois « super-héros » à l'époque, avant la fameuse scène tragique de ce premier film. Dans Kick-Ass 2, ils se sont multipliés. Dorénavant, ils ont été pris sous l'aile de Jim Carrey. Plus de super-héros pour plus de fun ?

Kick-Ass a réussi le mélange entre comédie, film pour adolescents, action, et violence. On oscillait entre scènes graves et scènes plus légères à l'humour appuyé, la thématique du héros et du super-héros était bien traitée, et les scènes d'action étaient assez présentes et bien réalisées pour satisfaire le public. Le film était réussi, et bien meilleur que beaucoup de films de super-héros actuels. On pouvait donc avoir peur de cette suite. D'une, parce qu'une suite aussi bonne voire meilleure qu'un premier volet, c'est dur, et de deux, parce que Matthew Vaughn a quitté l'écriture et la réalisation. On retrouve donc Jeff Wadlow au poste de scénariste et de réalisateur. Un nom peu connu, il faut le dire, mais qui prouve que le changement peut avoir du bon. Beaucoup de bon.


Dans Kick-Ass 2, le héros au costume vert et jaune va s'allier avec une sorte de ligue de super-héros du quotidien, menée par Le Colonel, interprété par Jim Carrey. De simples malfrats, ils vont bientôt devoir affronter le vrai méchant du film, l'ancien Red Mist, devenu depuis The Motherfucker (qu'on ne traduira pas, parce que franchement, un méchant qui s'appelle l'Enculé, tout de même, c'est un peu grossier). Et la tâche va être rude ! Parce que sous ses airs d'adolescent ridicule, il cache bien son jeu le petiot ! Voilà, la base du film est posée. Ce qu'il faut savoir avec Kick-Ass 2, c'est qu'il reprend le concept du premier, mais avec comme mot d'ordre « Toujours plus loin ». Dès le début, le constat est là, on va avoir affaire à du lourd, du très lourd. Plus drôle, plus violent, plus sale, plus spectaculaire, mais aussi plus dramatique, Kick-Ass 2 est plus tout, et donc au final plus incroyable encore. Plus drôle, en effet. On oscille pourtant entre différents niveau de gags. Ceux plutôt subtils et parfois hyper pointus dans les références (LE T-Shirt!), et les autres, pas subtils pour un sou, mais qui avouons-le, font rire quand même. Parce que parfois, plus c'est con, plus c'est drôle, surtout quand c'est assumé. Alors oui, on se marre, et pas qu'un peu. Mais derrière cette façade, il y a avant tout une réalité dure et sordide.

Kick-Ass 2, comme son prédécesseur, n'oublie pas d'être sérieux. Bien plus sombre que le premier opus, cette suite est grave, presque trop parfois. On peut sans problème multiplier par deux ou trois la puissance émotionnelle de la mort de Big Daddy dans certaines scènes de cette suite. Et c'est dans cette gravité que l'on remarque un thème abordé par de nombreux films, effleuré souvent, mais absolument bien traité ici : la question de la place du super-héros dans la société. Sans jamais nous bassinner, toujours légitime, et constamment en accord avec les propos du film, ce questionnement permanent arrive à balayer d'un revers de la main tout ce qu'on a essayé de nous inculquer comme valeur dans les films de ce genre depuis bien longtemps. Pour tout dire, depuis Spider-Man 2, on n'a jamais mieux traité le sujet. Et ça fait plaisir de voir ça ! Pour une fois qu'un film ne prend pas les spectateurs pour des abrutis avec des pseudos réflexions prétentieuses (oui, je parle de toi Nolan, entre autres), on aime ça. Alors bien sûr, puisque le film est sombre, il est aussi plus violent. L'interdiction au moins de douze ans, qui aurait dû s'imposer dès le premier film, est ici légitime. Ça castagne, ça tue, ça saigne, et ça explose. Oui, ça explose. Parce que Kick-Ass 2 est aussi plus spectaculaire que son prédécesseur. Pas d'effets pyrotechniques inutiles pour autant, juste du spectacle utile quand il le faut. C'est devenu bien trop rare de nos jours.


Malgré tout, Kick-Ass 2 a des défauts. Les scènes d'action par exemple. Il faut avouer qu'elles sont un poil moins lisibles que dans le premier film. Elle ne sont pas mal réalisées, mais moins lisibles. Pas de montage sous ecstasy à base du cuts à tout bout de champ, ni même de mouvements de caméra donnant la nausée, mais dans l'ensemble, ça reste moins lisible, voire légèrement moins compréhensible que dans Kick-Ass premier du nom. Pas de quoi gâcher son plaisir, mais c'est dommage. De même, on pourra regretter l'absence de certaines scènes mémorables instantanément, comme le premier combat de Kick-Ass ou l'arrivée de Hit-Girl dans le premier film. Ces scènes ont su rester dans les mémoires grâce à leur impact iconographique, mais aussi grâce à leurs musiques. On se souvient en effet des musiques de The Prodigy, ou de cette chanson de The Dickies, en parfait désaccord volontaire avec l'action. Attention toutefois, il ne faut pas croire que le film s'oublie vite, au contraire, il risque de vous marquer. D'ailleurs, ce final, totalement épique et touchant, a de quoi en impressionner plus d'un, et restera sûrement gravé dans les mémoires pendant longtemps !

Kick-Ass s'amusait à prendre les codes d'un genre pour les détourner et se les approprier. Le résultat était un vrai/faux film de super-héros réussi, et meilleur que beaucoup de grosses productions du genre. Avec Kick-Ass 2, on garde un registre similaire, mais on monte en grade. Cette fois-ci, on est réellement face à un film de super-héros, avec ses thématiques, ses scènes d'action, et une réelle réflexion sur le genre. Kick-Ass 2 est un mélange réussi de genres et d'influences, bourré de références, qui sait rester léger tout en étant sérieux, et qui surtout ne prend jamais le spectateur pour un abruti. Si les films de Marvel et de DC s'inspiraient de ce film, alors nous n'aurions plus de gros navets ridicules comme on nous en sert régulièrement. Kick-Ass 2 donne une bonne leçon au genre, et botte clairement le cul à la concurrence. Devant un tel film, il n'y a qu'une chose à faire, courir aller le voir, et savourer son plaisir. C'est assez rare qu'on nous serve une aussi belle production de nos jours. Ah, et oui, n'oubliez pas de rester après le générique de fin.

mercredi 7 août 2013

Critique : Oggy et les Cafards Le Film

Bon, ok, directement avant de commencer, je sais, ce film n'a en soi rien à voire avec la culture geek, alors que c'est un peu le thème de ce blog. Mais j'ai décidé de me faire plaisir, et comme ça fait longtemps que je n'ai pas écrit d'articles, j'en profite. Petit rappel pour les plus jeunes, qui ne connaîtraient éventuellement pas Oggy et les Cafards. Avant d'être un film, il s'agit d'un dessin animé français créé en 1999 (ça ne nous rajeunit pas ma bonne dame...), diffusé entre 1999 et 2003 sur France 3, avant que de nouveaux épisodes voient le jour en 2008, puis en 2013 (270 en tout!). Le principe est simple, un chat, Oggy, doit sans cesse déjouer les pièges de trois cafards qui veulent lui faire la misère, pour le dire grossièrement. Jouant sur l'humour absurde, et principalement sur le slapstick, de type Tom et Jerry, Looney Toons ou Tex Avery, le dessin animé est entièrement muet privilégiant les gags visuels. Les situations à base de piano qui écrase un personnage, ou de dynamite qui explose sont donc légions, renforcées par un humour parfois bizarre, limite dérangeant, mais toujours accessible à tous. Personnellement, je regardais quand j'étais gosse, alors que je n'aimais pas plus que ça. Je devais aimer l'absurde, mais je ne le savais pas encore ! Il reste cependant une question qu'il est légitime de se poser : un dessin animé de 7 minutes par épisode est-il adaptable au format cinéma ?

Il est honnête de répondre assez rapidement : oui. Pour la simple et bonne raison que le film n'est pas une succession de gags durant 1h25 (enfin, un peu quand même). Le choix a été de transposer Oggy, ses compères, et ses ennemis dans quatre époques et univers différents. De la préhistoire, au futur type science-fiction à la Star Wars, en passant par le Moyen-Age ou l'Angleterre de 1900, il y a de quoi varier les plaisirs. Cela empêche l'ensemble d'être redondant, comme aurait pu l'être un film d'1h30 dans la maison d'Oggy que l'on connaît tous. Les situations varient aussi, et on prend donc du plaisir à être entraîné dans le film parmi tous ces lieux et toutes ces quêtes. Parce qu'avant d'être une simple succession de gags absurdes, Oggy et les Cafards le Film est bien un film d'aventures. On vous explique.


A chaque époque, notre chat, accompagné de son cousin Jack (mais si, le gros matou costaud tout vert!), va vivre une aventure remplie de périples. À la préhistoire, il devra récupérer LE feu, au Moyen-Age, il va secourir une damoiselle en détresse, et en 1900, il sera confronté à une énigme à la Sherlock Holmes. Et c'est finalement là que le film gagne en intérêt. Certes, c'est drôle mais c'est avant tout dans son côté aventures que le film est réellement plaisant. Particulièrement au Moyen-Age, ou dans cette enquête qui reprend clairement les personnages de Sherlock Holmes, Watson, et Moriarty. On gagne en profondeur scénaristique et dramatique, et l'on entre plus facilement dans le film et son histoire. Cela facilite la digestion de gags omniprésents, mais qui ont parfois tendance à se répéter (l'inconvénient du genre slapstick...). Sans oublier les amourettes qui viennent ponctuer chacune des époques, entre Oggy et une jolie petite chatte. Un mélange muet entre aventures, romance, et comédie, le tout en animation, c'est possible, la preuve avec Oggy et les Cafards.


La réalisation tient parfaitement la route, et le rythme est soutenu, afin de rester sans cesse happé par ce que l'on voit à l'écran. Malheureusement, si tout le côté aventures/romance tient parfaitement la route, pour ce qui est de l'humour, on peut parfois regretter un manque d'ambition. Bien sûr que c'est drôle, mais l'humour se répète souvent, et on remarque une sorte de manque d'audace dans les gags, comme si la fraîcheur de la série avait été volontairement délaissée pour laisser place au reste, à l'aventure avant tout. Là ou le film Bob L'Eponge arrivait à concilier les deux, en poussant certains gags assez loin, ici, on a tendance à stagner un peu. On reste éventuellement sur sa faim pour ce qui est de l'humour, et encore, on s'amuse quand même pas mal, mais pour le reste, aucun problème.

Peut-être pas aussi rafraîchissant que la série télévisée, Oggy et les Cafards Le Film arrive clairement à satisfaire. Pas aussi drôle qu'on aurait pu l'espérer, le film se rattrape dans ses parties aventures et romance, bien ficelées et surtout bien rythmées et réalisées. On prend du plaisir à voir ce film, qui sous ses allures de quatre mini courts-métrages au premier abord, nous prouve qu'il est bel et bien un ensemble. Avec son final, assez surprenant, que n'aurait pas renié Futurama, on ne peut que s'avouer conquis. Certes, on était en droit de s'attendre à plus rigolo, mais face à ce genre de production, on ne peut pas se plaindre. Alors on y va, on regarde, et on savoure, tout simplement.

samedi 13 juillet 2013

Pacific Rim : le film de la décennie ?

Guillermo Del Toro, vous connaissez forcément ce nom. Et si vous ne connaissez pas, vous connaissez au moins ses films. Le cinéaste mexicain virtuose est en effet le réalisateur de chefs-d’œuvre tels que Blade II, Le Labyrinthe de Pan, ou encore Hellboy et sa suite monumentale. Après quasiment cinq ans d'absence derrière la caméra, depuis Hellboy II, Del Toro présente enfin son dernier film. Habitué à réaliser des fantasmes de cinéphiles et de geeks, avec Pacific Rim, son nouveau bébé, le réalisateur compte bien aller au-delà encore, là où la jouissance ne trouve plus d'équivalent ailleurs. Préparez les chaussettes et les sacs de glace, Pacific Rim est à la fois un immense orgasme, et une claque magistrale.

Rendre hommage aux films de monstres japonnais, voici l'une des plus grandes envies de Del Toro avec ce film. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, du fait de certaines affiches ou bandes-annonce, il ne s'agit en aucun cas d'un film à la Transfomers, avec des robots géants qui se foutent sur la poire. Ici, les antagonistes sont des Kaijus, des monstres géants venus d'une autre dimension, et les combattants sont des Jaegers, des mechas plus ou moins humanoïdes contrôlés par deux êtres humains. Et ce sont bien ces précisions qui donnent tout son sens au scénario et au film. Au lieu de bêtes affrontements entre robots extra-terrestres, on vit comme les humains du film, dans la peur des attaques, et de cet apocalypse naissant. On est pris de façon plus poignante dans le film, puisque c'est l'humanité, donc nous, qui est menacée. Et comme les héros sont des humains, dans des corps de métal certes, mais des humains tout de même, avec des risques réels de perte, on se sent concerné. Comme dans le manga Neon Genesis Evangelion finalement. Ajoutons à cela que l'hommage au film de genre monstres japonnais est totalement réussi, nous rappelant la bonne époque où les films de Godzilla se succédaient. Mais bien sûr, il ne faut pas résumer Pacific Rim en une simple modernisation d'un genre, oh que non !


Del Toro nous l'a sans cesse prouvé, il possède un univers visuel qui lui est propre, et Pacific Rim de déroge pas à la règle. D'un côté il y a les monstres. Les Kaijus, mais aussi ceux d'acier créés par l'homme. D'inspirations diverses, le parti pris artistique de ces personnages à part entière est formidable, rappelant des souvenirs, mais s'avérant aussi la réalisation de tout un imaginaire collectif. Le reste de l'aspect visuel est aussi magistral. On navigue sans cesse entre le mélange d'univers du réalisateur et les nouveautés. On pense notamment à ce plan désaturé de la gamine, seule dans une ville détruite, face à un Kaiju, qui fait forcément penser au Labyrinthe de Pan. De même, la zone de marché noire, sans avoir la fantaisie d'un HellBoy II, en rappelle assez logiquement une certaine scène. De la poésie sombre aux environnements néon flashy, tout est absolument maîtrisé, pour un résultat qui est simplement celui d'une des plus belles claques visuelles de ces derniers temps. Chaque plan est un défi artistique autant qu'un défi technique. A cela s'ajoute les musiques de Ramin Djawadi, totalement épiques, et à la fois profondément émouvantes, qui lorgnent parfois du côté de Danny Elfman pour Spiderman, mais qui possèdent une identité propre. Claque esthétique, et bande son de grande qualité, on n'en attendait pas moins, on en a eu plus.

Mais il ne faudrait pas réduire Pacific Rim à une simple réussite visuelle. Derrière, il y a des personnages, qui contrairement à beaucoup de films de ce genre, sont bien traités, bien que forcément légèrement archétypaux. La palme du meilleur acteur revient à Idris Elba, dans le rôle de Pentecost, originellement prévu pour Tom Cruise. Heureusement que le rôle ne lui a pas été attribué finalement, tant Elba s'en sort de manière monumentale, au point d'en devenir le vrai héros du film. On note aussi la présence de Ron Perlman, toujours excellent, malgré son rôle assez court, et qui vient ajouter une point d'humour bienvenue au film. L'humour que l'on aurait pu craindre avec le personnage de Newton, incarné par Charlie Day. L'acteur comique commence mal sa première scène, donnant une impression de sidekick rigolo plus ou moins utile. Heureusement, il n'en est rien, et comme son confrère allemand, le personnage s'en sort bien, sans jamais devenir ridicule ou agaçant.


Mais bon, qu'on se le dise, c'est aussi et avant tout la mise en scène et les combats qui font de Pacific Rim ce qu'il est. Tout simplement impressionnants et monumentaux, ces combats titanesques s'imposent comme les nouvelles références du genre. Le mot épique vient de trouver un nouveau synonyme : Pacific Rim. Oubliez tout ce que vous avez pu voir auparavant, rien n'est comparable. Sans effets de style agaçants, l'ensemble est d'une lisibilité absolue qui permet de comprendre les actions, et d'en profiter pleinement, qu'il s'agisse des combats entre humains ou contre les Kaijus. Totalement fou, le film nous balance dans la gueule des scènes aussi spectaculaires que magistralement mises en scène. Complètement jouissif, Pacific Rim relègue n'importe quel autre blockbuster de ces dix dernières années au moins au rang de petit film sans prétention. Guillermo Del Toro assume ses envies et les partage magnifiquement bien. On avait rêvé d'un tel film, Del Toro ne l'a pas fait, non, il a sublimé nos fantasmes les plus fous. Rien que ça.

La question posée dans le titre est de savoir si Pacific Rim est le film de la décennie. On aurait pu répondre en un seul mot : oui. Cela aurait évité tant de lecture, mais il se fallait d'expliquer un tant soit peu pourquoi. Bien sûr, le mieux reste de faire l'expérience par soi-même, et de se prendre en pleine face ce monument du septième art. Véritable fantasme de cinéphiles, de geeks, et d'être humains en général, Pacific Rim est comparable à un orgasme de 2h10. Bourré de références plus ou moins subtiles (ça va GlaDOS?), Pacific Rim ne redéfinit pas un genre, mais plusieurs à la fois. Nouvelle incarnation du blockbuster et du cinéma moderne, Pacific Rim vient de marquer à jamais l'histoire du septième art. On en ressort K-O, bouleversé, avec un sourire niais, des étoiles dans les yeux, et potentiellement des tâches dans les sous-vêtements, mais surtout avec une seule et unique envie, retourner le voir. Alors pourquoi encore hésiter ? Foncez, tout simplement !