Ce n'est pas parce qu'on joue aux jeux vidéo qu'on est forcément un geek. Mais l'un empêche pas l'autre, bien au contraire. Pour suivre l'actualité du monde vidéoludique, lire des tests, découvrir ma façon de penser le jeu vidéo, mais aussi lire des critiques de films ou des avis sur l'univers dit "geek", c'est ici.
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mercredi 19 juillet 2017
vendredi 29 août 2014
Les films en 3D ont-ils un intérêt en 2D ?
Si la 3D relief au cinéma
est revenue à la mode à la fin des années 2000, c'est véritablement
Avatar, sorti fin 2009, qui a lancé le phénomène tel qu'il est
aujourd'hui. On peut s'en plaindre, vu que l'on paye souvent 2 à 3
euros de plus par séance pour voir les blockbusters du moment. Mais
voilà, si la 3D est rarement utile, certains films ont été
entièrement pensés pour être tournés puis diffusés (et donc vus) via
ce procédé. Et une question légitime se pose alors : un film
pensé en 3D vaut-il la peine d'être vu plus tard en 2D ?
Cet article n'a pas pour
ambition de parler de la qualité des films, mais
bien de soulever la question des films pensés en 3D et de leur
visionnage en 2D. Aller voir un film en 3D au cinéma, c'est de plus
en plus simple, mais chez soi, à moins d'avoir le matériel
nécessaire, on doit se contenter d'un DVD ou d'un Blu-Ray sur son
écran plat. Plat, car sans 3D... Alors, doit-on quand même regarder
les films qu'on a aimé en 2D, ou tant pis, il faut les voir
seulement au cinéma et s'en contenter ?
Avant de commencer, il faut
préciser que l'on va parler des films pensés en 3D, et non
convertis pour amasser plus de thunes apporter une nouvelle vision tardive en post-production. En gros, on ne parlera pas des productions Marvel, des
deux volets du reboot de la Planète des Singes, des derniers Disney, des derniers Transformers, et donc
de la plupart des blockbusters en 3D actuels. Parce que finalement,
si ça peut être sympa en 3D, en 2D, le spectacle est souvent le
même et il y a peu de différence. On va donc prendre quatre
exemples de films dont la 3D sert la mise en
scène, répartis sur ces cinq dernières années. Avatar de James
Cameron, Hugo Cabret de Martin Scorsese, L'Odyssée de Pi d'Ang Lee,
et Détective Dee 2 : La Légende du Dragon des Mers de Tsui
Hark. Tous ont la particularité d'utiliser de manière très
ingénieuse la 3D relief, de façon différentes, mais toujours
intelligemment. Le problème, c'est qu'une fois qu'on les a vu au
cinéma, avec les grosses lunettes moches fournies (ou celles en
plastique qu'on doit penser à prendre à chaque fois, mais qu'on
oublie tout le temps), eh bien même en ayant adoré le film, on se
demande si on pourra le revoir en 2D.
Détective Dee 2, le film qu'il fallait voir cet été!
Et en 3D s'il vous plaît!
Avatar est le film qui a
démocratisé l'usage de la 3D au cinéma, alors que la mode venait
de revenir. Certains diront que cet outil visuel n'apporte rien au
film, sinon des sous en plus à chaque place achetée, mais ce n'est
pourtant pas vrai. Certes, Avatar n'est pas (ou n'est plus on serait
tenté de dire) le film qui utilise le mieux le procédé de la 3D
relief, mais on sent qu'il a été pensé ainsi avant même le
tournage (de même pour le format Imax). Le plan de la goutte d'eau
au tout début, rien que ce plan, est représentatif de cette volonté
d'apporter quelque chose de nouveau avec le média 3D, que l'on
ressent durant tout le film. Et finalement, cette 3D nuit presque au
film, puisqu'en 2D, il est évident que le film perd de son charme,
malgré sa qualité évidente. Il faut bien se rendre compte
qu'Avatar n'est pourtant pas le film qui souffre le plus de ce manque
de relief. Prenons deux exemples de films dont la mise en scène est
absolument pensée pour la 3D relief : Hugo Cabret et L'Odyssée
de Pi. Au cinéma, l'expérience est totalement géniale, voire
absolument fantastique. Certains plans de L'Odyssée de Pi font
partie des plus beaux jamais réalisées depuis très longtemps, et
surtout, ils sont ceux qui encore à ce jour usent le mieux de la 3D
relief. Ce plan avec les poissons volants est incroyable par exemple,
parce qu'il a été pensé en amont pour être en 3D, avec un format
d'écran qui varie légèrement de ce qu' l'on voit au cinéma. Sauf
que sur sa télé, avec le film en DVD, eh bien tout de suite, c'est
moins impressionnant.
Le film qui utilise le mieux la 3D ? Pour l'instant, oui.
La question est donc
légitime, de savoir si un film pensé en 3D vaut le coup d'être vu
en 2D. Détective Dee 2 par exemple, propose des scènes de combats
et des effets visuels qui sont extraordinaires, mais qui ont
tellement été prévus pour être diffusés en 3D relief, que l'on
est en droit de se demander si le film aurait eu un tel impact en 2D.
Il faudra attendre la sortie en DVD et Blu-Ray pour le savoir (mais
bon, qui va l'acheter, personne n'est aller voir ce chef-d’œuvre au
cinéma!). Mais a-t-on réellement envie de le savoir ? Pourquoi
voir un film alors qu'il est en partie amputé de l'un de ses
procédés de réalisation, et même de narration ? Parce que
oui, un film pensé en 3D visionné en 2D, c'est un film qui n'est
plus entier. Et finalement, on est en droit de préférer uniquement
voir le film dans son intégralité, au cinéma donc.
Alors finalement, que penser
de ces films prévus en amont pour la 3D relief une fois en 2D ?
Méritent-ils d'être vus ? Tout film mérite d'être vu. Mais
il faut bien reconnaître que pour ces quatre exemples (il y en a
d'autres, mais heureusement (ou pas) la 3D n'est encore à ce jour
qu'un gadget la plupart du temps, donc la vision en 2D n'entrave pas
le plaisir), le visionnage en 2D est difficile, voire même
impossible si on a vu le film en 3D auparavant, dans les bonnes
conditions. C'est un peu comme voir The Hobbit chez soi, plutôt
qu'en 3D HFR au cinéma. On perd réellement quelque chose dans la
mise en scène, et cela se ressent. Donc les films pensés en 3D ne
sont pas inutiles en 2D, et oui ils ont un intérêt (pour peu qu'ils
soient bons, mais quand un film est pensé en 3D en amont par un
réalisateur, il y a peu de chance qu'il soit mauvais), mais un
intérêt moindre que dans des conditions de visionnage optimales.
C'est triste à dire, mais il est compréhensible que l'on n'ait pas
envie de revoir L'Odyssée de Pi chez soi en 2D. Les films sont
pensés pour être vus au cinéma, et les meilleures réalisations en
3D sont là pour nous le rappeler.
vendredi 23 mai 2014
Critique : Dragons 2
Il y a quatre ans, Dragons
avait réussi à surprendre les spectateurs en offrant un film
d'animation spectaculaire, épique, et plutôt sombre. D'ailleurs, sa
fin était plutôt traumatisante, et restera sûrement l'une des plus
osées pour un film d'animation destiné à la jeunesse. Vu le succès
du film, c'est sans surprise qu'une suite a été annoncée. Sa
sortie est prévue pour le 2 juillet en France, et elle devra prendre
la relève du meilleur film (ou l'un des meilleurs) du studio
DreamWorks. Le point de départ du long-métrage, c'est Hiccup, le
héros du premier volet, qui doit protéger les dragons et les
vikings de Drago, un psychopathe qui veut conquérir le monde avec
son armée de dragons. Alors qu'il fait une rencontre inattendue, la
destinée des peuples est entre ses mains. Une intrigue qui compte
envoyer du lourd. Alors, pari réussi, ou promesse trop alléchante ?
Rappelons-nous rapidement l'essence du premier Dragons. Si dans les grandes lignes le film était plutôt
conventionnel, avec un message de tolérance évident, et un scénario
qui était plutôt prévisible (sauf pour la fin!), le film avait
tenté une imagerie qui tranchait avec ce à quoi on était habitué,
et proposait surtout des moments réellement sombres et parfois
surprenants. Fond classique, mais forme plutôt osée on dira. C'est
donc naturellement qu'on attendait autant, si ce n'est plus, de la
part de sa suite. Après tout, on lance une licence souvent sans
prendre trop de risque (surtout chez DreamWorks) et après on ose,
une fois qu'elle est sur les rails. Oui, sauf que là, il semblerait
que ce soit l'inverse...
La chanson du début est plutôt entraînante!
Avant d'imaginer que le film
est mauvais, parce que ce n'est pas le cas, on va quand même dire
pourquoi il n'est malheureusement pas à la hauteur du premier. Déjà,
et c'est le vrai ratage du film, le méchant est complètement foiré.
D'une part dans son design, mélange étrange entre Gru de Moi, Moche
et Méchant, Gérard Darmon et un vieux hippie dégueulasse. Voilà, moins crédible, c'est dur à trouver. Le problème ne vient pas que
de son look, ça aurait pu passer sinon, mais on le montre comme un
grand méchant fou furieux qui tue sans raison (d'ailleurs ce
flashback de présentation est très réussie), et finalement, quand
la scène qui devrait dévoiler son ignominie arrive, il agit sans
plus et se contente de trop parler. Surtout que son seul objectif
pourrait se résumer à «Un dragon pour les gouverner
tous !». Et un peu plus tard, alors qu'il pourrait
réellement gagner, ou au moins mettre grandement en danger les
gentils, ben non, il agit comme les méchants idiots du cinéma, qui
parlent, parlent, et sont pas contents, donc expriment leur colère en
parlant au lieu d'agir... Bref, c'est un peu la déception de ce
côté.
Et malheureusement, ce n'est pas le seul défaut du film. Le vrai gros problème vient du rythme, totalement bancal. On oscille sans cesse entre les différents registres d'émotions, et finalement, l'ensemble n'est jamais cohérent dans ce qu'il veut être réellement. D'ailleurs, si on apprécie qu'il y ait de l'émotion, on peut clairement reprocher au film son manque d'action. Et puisqu'on parle de rythme bancal, autant parler de l'un des scènes clés du film (sans spoiler évidemment). Il y a une bataille de grande envergure dans le film. Forcément, on s'attend à des affrontements épiques. Sauf qu'au final, tout est expédié trop rapidement. La conclusion arrive trop rapidement, et finalement le méchant cherche à prouver qu'il est méchant, et on enchaîne directement avec une séquence chargée en émotion. Séquence un poil trop longue, et qui est ensuite trop courte plus tard dans le film, alors qu'on aurait préféré qu'elle soit découpée en deux parties. Ça ne veut pas dire qu'elle est ratée, au contraire, on retiendra même difficilement ses larmes, mais mince, c'est mal rythmé. Alors forcément, on a du mal à rentrer dans le film. Sans parler de la fin du film, assez ratée, digne des Disney les plus mièvres, qui est bien trop conventionnelle pour qu'on l'apprécie réellement.
Et malheureusement, ce n'est pas le seul défaut du film. Le vrai gros problème vient du rythme, totalement bancal. On oscille sans cesse entre les différents registres d'émotions, et finalement, l'ensemble n'est jamais cohérent dans ce qu'il veut être réellement. D'ailleurs, si on apprécie qu'il y ait de l'émotion, on peut clairement reprocher au film son manque d'action. Et puisqu'on parle de rythme bancal, autant parler de l'un des scènes clés du film (sans spoiler évidemment). Il y a une bataille de grande envergure dans le film. Forcément, on s'attend à des affrontements épiques. Sauf qu'au final, tout est expédié trop rapidement. La conclusion arrive trop rapidement, et finalement le méchant cherche à prouver qu'il est méchant, et on enchaîne directement avec une séquence chargée en émotion. Séquence un poil trop longue, et qui est ensuite trop courte plus tard dans le film, alors qu'on aurait préféré qu'elle soit découpée en deux parties. Ça ne veut pas dire qu'elle est ratée, au contraire, on retiendra même difficilement ses larmes, mais mince, c'est mal rythmé. Alors forcément, on a du mal à rentrer dans le film. Sans parler de la fin du film, assez ratée, digne des Disney les plus mièvres, qui est bien trop conventionnelle pour qu'on l'apprécie réellement.
Malgré tout, Dragons 2
n'est pas raté et n'est pas un mauvais film. C'est même plutôt
plaisant. L'animation est très réussie, la réalisation est
dynamique, et on se laisse prendre rapidement dans le film. L'humour
est au rendez-vous, et grâce à un casting vocal toujours aussi fort
(Jay Baruchel, Kristen Wiig, Jonah Hill, ou encore Christopher
Mintz-Plasse en tête), les vannes font mouches, même si les gags
visuels, parfois en arrière plan, nous font plus rire. Dragons 2 est
un bon film d'animation, mais il est bien trop conventionnel pour
réellement satisfaire, surtout si on le compare au premier.
Pourtant, il ravira les enfants, mais aussi les moins jeunes. On
regrette juste son manque d'audace, la noirceur de son prédécesseur,
et un côté épique trop peu présent. Mais s'il y a bien un film à
aller voir cet été, c'est celui-ci !
samedi 17 mai 2014
Critique X-Men : Days of Future Past
Tandis que The Amazing Spider-Man 2 continue de pourrir nos écrans de cinéma, d'autres
films de super-héros sont prévus pour bientôt. Et toujours de la
part de Marvel. Le prochain en date, c'est X-Men : Days of
Future Past, à la fois suite et préquelle. Une suite à la
préquelle qui est aussi une suite à la trilogie, mais qui se passe
en partie avant. Bref, rien de bien compliqué, on va vous expliquer
un peu plus tard. Alors que X-Men : Le Commencement avait été
une bonne surprise, surtout après la déception de X-Men :
L'affrontement Final, on attendait impatiemment une suite. Et
finalement, c'est un des épisodes les plus connus de la saga X-Men
qui a été adapté au cinéma. Un épisode qui mêle futur et passé. Et c'est en ça que le film
est une suite à la trilogie et à la préquelle. On avait de quoi
attendre cet opus, tant avec crainte qu'avec enthousiasme. Reste à
voir qui de l'enthousiasme ou de la crainte avait raison.
Le film commence de manière
assez déroutante. Un univers que l'on ne connaît pas, très sombre,
avec des centaines de cadavres que des camions vident dans des
décharges. Le ton est donné. On apprend que l'action se situe dans
le futur et que les mutants et les humains qui les aident sont
traqués par les Sentinelles, des espèces de robots géants
surpuissants capables de s'adapter aux pouvoirs de leurs adversaires.
Et rapidement on enchaîne avec une séquence d'action assez
impressionnante dans laquelle de nombreux X-Men se battent contre des
Sentinelles, et... meurent. Oui, vous avez bien lu. On est face à
une guerre sans merci, et attendez-vous à voir certains de vos
mutants préférés se faire tuer de manière parfois assez violentes
(au moins trois démembrements dans le lot!). Eh oui, le ton était
donné dès la scène d'introduction avec les cadavres rappelez-vous.
Et comme cette situation craint un peu du boudin, la solution pour
s'en sortir c'est d'envoyer Wolverine dans le passé afin de
convaincre les jeunes Charles et Erik de l'aider à empêcher un
événement plutôt marquant d'avoir lieu. C'est le point de départ
du film. On laisse Logan enfiler son pantalon à pattes d'éléphants,
et hop, petit retour en 1973.
A partir de ce moment, il
faut se rendre à l'évidence sur deux points. Déjà, il y aura bien
moins d'action que dans le futur, forcément. Ensuite, les X-Men qui
se battent ensemble, eh bien c'est rapé, puisque le film va
principalement se concentrer sur quatre personnages : Charles
Xavier, Erik, Raven, et Logan. Eh oui, X-Men : Days of Future
Past lorgne plus du côté de X-Men : Le Commencement. Et si ça
ne plaira pas à tout le monde, cela a pourtant plusieurs aspects
plus que positifs. Le scénario est bien écrit, tient la route, et
offre une nouvelle fois un travail sur les personnages très réussi.
Ce qui amène aux acteurs, qui sont quasiment tous parfaits dans
leurs rôles, James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence en tête. Le premier
campe un Charles Xavier en pleine dépression, le deuxième un
Magneto toujours aussi ambigüe, et la dernière confirme qu'on
aurait pas pu prendre meilleure actrice pour le rôle de la très
bleue Mystique. Bon scénario et excellents acteurs, le film part
plutôt bien!
Sans une réalisation à la hauteur, tous ces efforts ont rapidement de quoi être vains. Et quand on sait que ce n'est plus Matthew Vaughn, réalisateur du très bon X-Men : Le Commencement, qui est derrière la caméra, il y a de quoi avoir quelques craintes. Alors oui, c'est Bryan Singer qui réalise le film, le même qui a réalisé les deux premiers X-Men, mais bon, on ne peut pas dire qu'il possède le talent d'un Matthew Vaughn malheureusement... Alors attention, la mise en scène tient la route, elle est honnête, et lors des phases d'action, c'est même plutôt sacrément bien foutu, donc il ne faut pas s'imaginer que c'est mauvais, bien au contraire, mais ça aurait pu être très probablement encore mieux avec Vaughn derrière la caméra. On ne reste pas sur sa faim malgré tout. En revanche, ce qui est potentiellement dommage, c'est que comme quasiment l'intégralité du film se déroule dans le passé, eh bien les mutants de la trilogie, du futur donc, ce sont limite des caméos. Donc quand on en voit certains sur des affiches promotionnelles, il y a presque de quoi rire. Et puis quitte à souligner les défauts du film, les fins sont outrageusement scandaleuses, à l'instar des autres film de super-héros qui ont déjà prévu quarante-trois suites. Donc la fin de X-Men : Days of Future Past et sa scène post-générique annoncent Wolverine 3 et X-Men 6... Dommage, le film aurait été une conclusion parfaite à la franchise sur grand écran.
Malgré certains défauts,
vous l'aurez compris, X-Men : Days of Future Past est un bon
film. Et de nos jours, c'est presque trop rare quand on voit ce que
l'on nous sert régulièrement. Certes, l'action est peut-être moins
présente que prévu, mais le film réserve son lot de séquences
mémorables, de l'introduction à la scène d'évasion du Pentagone
(scène qui semble clairement avoir été conçue pour être LA
scène du film, faite pour plaire aux spectateurs, mais bon, on ne
va pas la critiquer) pour ne citer que ces deux-là. Le résultat est
un bon divertissement, un bon film de super-héros, et à l'heure
actuelle, c'est trop rare pour qu'on passe à côté. Alors n'hésitez
pas, si vous en avez l'occasion, allez voir X-Men : Days of
Future Past.
jeudi 1 mai 2014
Critique The Amazing Spider-Man 2 : Le Destin d'un Héros
En 2012, alors que sortait
The Amazing Spider-Man, un article avait été écrit afin de dire que c'était une bonne surprise. Aujourd'hui, alors que sa suite
vient d'arriver sur nos écrans, on va vous expliquer pourquoi il
s'agit de l'un des pires films de super-héros existants. Oui, rien
que ça.
The Amazing Spider-Man 2
prend forcément part après le premier volet. On retrouve donc un
Peter Parker tout juste diplômé, en couple avec Gwen Stacy (Emma
Stone, radieuse), et qui porte toujours le costume de l'homme
araignée. Et comme l'affiche et les bande-annonces nous l'ont
montré, ou plutôt essayé de faire croire, il devra affronter trois
méchants, et pas des moindres. Electro, le Bouffon Vert, et le
Rhino. Bref, un beau programme en perspective, qui commence très
très mal. Dès le début le film nous rappelle le seul intérêt de
ce reboot, la vérité sur les parents de Peter Parker (mais on verra
rapidement que le seul intérêt de ce reboot c'est Emma Stone en
fait). On commence donc avec une scène qui nous apprend la cause de
leur mort. Et c'est via une scène d'action qui brûle les yeux qui se déroule dans un avion, incohérente et montée avec les pieds par un monteur
cul-de-jatte, que ça se passe. Déjà, on sent qu'il y a un problème,
et que si le reste du film est constamment de cet acabit, c'est mal
barré. Heureusement, on enchaîne directement avec la première scène
d'action du film, et on est rassuré. Non, c'est une blague, c'est
aussi mal réalisé et aussi mal monté. C'est limite
incompréhensible. Ajoutons à cela Paul Giamatti qui a dû oublier
comment jouer, pour incarner de manière aussi outrancière et
ridicule un méchant très méchant hahaha je vous déteste tous parce que
je suis russe, et on de demande ce que l'on fout dans la salle face à
une parodie de film d'action.
Et on se le demande aussi
durant tout le reste du film malheureusement... La faute à une
réalisation sans âme, mais surtout à un scénario (si on peut
appeler ça comme ça) qui semble avoir été pensé pour en mettre
le plus possible, tant pis pour la cohérence, et qui est moins bien
écrit qu'un scénario de dessin animé diffusé sur France 4. On
suit une trame scénaristique dont on a rien a foutre réellement,
parce que jamais on se sent concerné. Mais le pire. Le pire du pire
du pire. Ce sont les méchants. Si Paul Giamatti est nullissime (mon
Dieu, que t'ont-ils fait?) en Rhino aussi pathétique qu'inexistant,
la palme du méchant le plus ridicule de l'histoire des super-héros
de film revient à Electro. Ou comment Jamie Foxx a perdu
l'intégralité de son charisme en un seul film. Introduit comme un
scientifique sans ami, il ferait passer les pires caricatures de
nerds et de geeks des années 80 pour des personnes crédibles. Là,
Jamie Foxx/Max Dillon est un scientifique fanatique de Spider-Man qui
s'imagine être son ami, et qui doit probablement aussi se toucher la
nuit dans son lit en pensant à lui. Avec les bonnes lunettes
ringardes, les cheveux gras immondes et mal coiffés, et les gens qui
le considèrent comme du caca. Bref, le cliché absolu de la
caricature du cliché. Puis dans une scène
totalement ridicule il se transforme en na'vi, et ses intentions ne changent pas :
«Spider-Man, tu veux être mon meilleur ami du monde? Je
peux renifler ton costume après que tu l'aies porté?».
Mais bon, comme tout ne se passe pas comme prévu, hop, il va vouloir
s'en prendre à la Terre entière, c'est à dire New-York. Ah, ces méchants vachement crédibles. Ils sont trop sensibles.
Mais on n'a pas parlé du
Bouffon Vert! En effet, Harry Osborn, qui se transforme 25
minutes avant la fin, dans le seul but de (Spoiler, donc on ne dira
pas quoi) puis ensuite d'introduire de manière faussement masquée
les Sinistre Six. En gros, il n'est pas vraiment hyper utile, à part
pour créer une scène d'émotion intense plutôt ratée, et on le
voit huit minutes à tout casser dans le film, le temps d'un combat
aussi épique qu'une partie de Monopoly avec un aveugle. A noter que
durant cet affrontement, il y a une scène de lancement de toile très
éjaculatoire, et dans le contexte, on hésite entre risible ou
plutôt audacieux mais risible malgré tout. Bref, les méchants,
vous l'aurez compris, sont tous ratés. Mais le pire, c'est qu'on a
osé nous vendre le film comme une succession de scènes magistrales
relatant les affrontement terribles entre Spider-Man et ses ennemis.
Sauf qu'au final, il n'y a réellement qu'un méchant dans
l'histoire : Electro. Le Bouffon vert apparaît moins d'une
dizaine de minutes, comme dit plus haut, et le Rhino, n'en parlons
pas. Paul Giamatti doit apparaître environ six minutes à tout
casser, et tout juste trois dans le «costume» du Rhino.
En gros, on nous vend un film avec trois méchants, et on se retrouve
avec... ben pas grand-chose. Surtout que le seul réel combat du
film, c'est contre Electro. Un combat totalement incohérent avec le
personnage d'ailleurs. Mais bon, le pire dans tout ça, c'est que
jamais les trois méchants n'interviennent ensemble! A
l'exception d'une rare fois où Electro vient aider Harry qui n'est
pas encore un bouffon, pardon, le Bouffon. Mais sinon, rien. Aucun
affrontement épique avec tous les méchants. Juste un combat
nul avec un pauvre méchant sorti tout droit d'un livre de Oui-Oui.
Lorsqu'on se rappelle le final dantesque du Spider-Man 3 de Sam
Raimi, qui opposait l'Homme-Sable, Venom, le Bouffon Vert et
Spider-Man, on se dit que bordel, The Amazing Spider-Man 2 passe
entièrement à côté de ce qui aurait pu, aurait dû, faire sa
force.
Alors oui, il ne faut pas
comparer. Mais merde quoi, il y a un moment, il faut se rendre à
l'évidence, The Amazing Spider-Man 2 est juste tout pourri. La
seule chose qui a de l'intérêt dans le film, c'est la relation
entre Peter et Gwen. Et venant d'un réalisateur qui a commencé par
une comédie romantique on en attendait pas moins. Le pire, c'est
quand on connaît les raisons du pourquoi les scénaristes (berk,
comment on peut les appeler ainsi?!) ont privilégié cet aspect. Alors
oui, ça fonctionne plutôt bien en partie, mais on ne va pas voir
The Amazing Spider-Man 2 dans l'optique de voir The Spectacular Now
(meilleure et plus belle comédie romantique de ces dix dernières
années à voir absolument). Et la comparaison n'est pas faite au
hasard, puisque lors de la scène la plus intéressante d'un point de
vue sentimentale entre Peter et Gwen, la musique est celle du
générique de fin de The Spectacular Now. Donc on est bien dans une
comédie romantique, mais avec des vrais faux méchants, un vrai faux
super-héros, et deux heures inutiles pour vingt minutes de romance
plutôt bien fichues en partie. C'est plutôt longuet pour pas
grand-chose.
Vous l'aurez compris, The Amazing
Spider-Man 2 est absolument raté, jusque dans ses thèmes musicaux
absolument infâmes, composés par un Hans Zimmer qui n'en a
décidément plus rien à foutre depuis longtemps, et dont les
partitions immondes de Man of Steel deviendraient presque les
meilleures de sa carrière face à ce qu'il nous pond ici. Ce n'est
pas bien de comparer, oui, et forcément The Amazing Spider-Man 2
sera mauvais face à la trilogie de Sam Raimi. Et puisqu'on parle de
comparaison, Spider-Man 3 a été perçu comme décevant à sa sortie, parce qu'il
est moins bon que les deux premiers, mais au final, c'est un très
bon film de super-héros. Sauf que là, même sans comparer, c'est
très mauvais. Entre un scénario écrit avec le cul, une
réalisation fade, et un manque absolu de combat un tant soit peu
épique, le film est un ratage absolu. Pire, ça va même au-delà.
Il prend le spectateur pour des cons. Il n'y a qu'à voir son final
putassier qui va à l'encontre de l'attente des spectateurs en ne
montrant pas ce que l'on nous avait promis en désamorçant toute
intensité dramatique. Et soyons honnêtes, quand on voit ça, on se
dit que le film est clairement en train d'enc*ler le monde est ce
qu'on appelle un foutage de gueule assez monumental. Donc non, on ne
dira pas que c'était mieux avant, on vous laissera juger par
vous-même. Mais ne revenez pas pleurer plus tard, on vous aura
prévenus.
mardi 18 mars 2014
Critique : Captain America Le Soldat de l'Hiver
Ceux qui viennent
régulièrement ici le savent, je n'apprécie pas réellement les films de super-héros de ces dernières années. Pourtant, il y a
quelques exceptions, et parmi elles se trouve Captain America :
Fisrt Avenger. D'une, parce que Joe Johnston, sans être un très
grand réalisateur, demeure un metteur en scène qui a su se
distinguer, ne serait-ce que par son image et ses effets
visuels, et surtout parce que l'on sent qu'il a envie de travailler sur ses
films, ce n'est pas juste un yes man qui bosse pour un studio. De
deux, parce que le film retrace réellement la parcours d'un
super-héros, de sa «naissance» à son ascension, et
c'est de plus en plus rare que ce soit bien traité de nos jours. Et
pour finir, parce que le film à une réelle identité, notamment
grâce à son aspect serial des années 40, son esthétique comics de
l'époque, et son inspiration évidente des films de Spielberg des
années 80, Les Aventuriers de l'Arche Perdue en tête (chef-d’œuvre
sur lequel Joe Johnston a travaillé, cela explique bien des choses).
A l'heure des films de super-héros nullissimes et totalement
ennuyeux, majoritairement ceux de chez Marvel, ce vent de fraîcheur
étrangement boudé par le public a forcément donné naissance à
une suite, puisque de toute manière, tout est une histoire de
trilogie. Reste à savoir si passer de la seconde guerre mondiale à
l'Amérique post 11 septembre (et post Avengers...) était une bonne
idée pour ce capitaine américain. Réponse dans cette critique.
La plus grosse appréhension
de cette suite était de savoir si le changement d'époque allait
tenir la route. Cela ne devait pas se faire de manière trop
naturelle, et il fallait bien que Steve Rogers se sente un peu mal à
l'aise. Certes, la question avait déjà était traitée en partie
par The Avengers, mais là, forcément, il fallait plus se focaliser
dessus. Eh bien, il y a de quoi être mitigé, mais cependant, on est
plutôt satisfait. Il faut entendre par là que si cet aspect est
plutôt bien travaillé, il aurait pu être approfondi. Malgré tout,
il y a ce qu'il faut d'émotions, et jamais cela ne tombe dans
l'excès, et ça, c'est plutôt appréciable.
Passons dorénavant au scénario. Après plusieurs films Marvel au scénario inexistant, totalement kikoulol, voire les deux (oui, je parle de toi The Avengers, qui a réussi l'exploit de ne pas avoir de scénario, tout en nous pondant une histoire remplie de scènes et de dialogues kioulol bien pourris), on était en droit de craindre le pire avec cette suite. Et là, c'est la bonne surprise ! Plutôt que d'essayer ne nous balancer une histoire tirée par les cheveux, incompréhensible, barbante, ou les trois à la fois, Captain America Le Soldat de l'Hiver nous livre un scénario digne des films d'espionnage et des thrillers des années 70, avec un soupçon de parano post 11 septembre. Ce n'est pas forcément très novateur, pas non plus exceptionnel, mais ça a le mérite de tenir la route, de tenir le spectateur en haleine, et de proposer une réflexion sur les systèmes d'écoute et d'espionnage, sujet toujours d'actualité, ce n'est pas la NSA qui nous contredira. Bref, c'est plutôt sympathique, bien foutu, et ça change par rapport à ce que Marvel a l'habitude de nous proposer.
Passons dorénavant au scénario. Après plusieurs films Marvel au scénario inexistant, totalement kikoulol, voire les deux (oui, je parle de toi The Avengers, qui a réussi l'exploit de ne pas avoir de scénario, tout en nous pondant une histoire remplie de scènes et de dialogues kioulol bien pourris), on était en droit de craindre le pire avec cette suite. Et là, c'est la bonne surprise ! Plutôt que d'essayer ne nous balancer une histoire tirée par les cheveux, incompréhensible, barbante, ou les trois à la fois, Captain America Le Soldat de l'Hiver nous livre un scénario digne des films d'espionnage et des thrillers des années 70, avec un soupçon de parano post 11 septembre. Ce n'est pas forcément très novateur, pas non plus exceptionnel, mais ça a le mérite de tenir la route, de tenir le spectateur en haleine, et de proposer une réflexion sur les systèmes d'écoute et d'espionnage, sujet toujours d'actualité, ce n'est pas la NSA qui nous contredira. Bref, c'est plutôt sympathique, bien foutu, et ça change par rapport à ce que Marvel a l'habitude de nous proposer.
Ça change tellement, que
l'on pourrait presque être surpris par la violence du film. Non, le
film n'est pas hyper violent, rassurez-vous, mais les scènes de
combat surprennent par leur côté parfois assez cru dans la
violence, quasiment sans sang évidemment, mais tout de même très
brutale. Parce que si le scénario n'est pas sujet à une succession
de scènes d'action à outrance, il y en a pourtant durant ces 2h17
de film. Et ce serait presque un problème. Sans tomber dans la
facilité du filmage dégueulasse et du montage épileptique, ces
scènes ne sont pas réellement géniales par leur réalisation.
C'est correct, et encore, mais bon, voilà, sans plus. Ajoutons à
cela des effets numériques parfois un peu baveux, et on est
finalement content qu'il n'y ait pas tant que ça de scènes d'action.
Surtout, et c'est bien le plus dommage, qu'il n'y a aucun passage
vraiment épique qui va faire vibrer le spectateur, ou qui va tout
simplement rester en mémoire. Pour le reste, la réalisation est
honnête. C'est déjà bien de nos jours, particulièrement pour ce
genre de blockbuster.
La bande annonce
Passons dorénavant aux
choses qui fâchent réellement. Inutile d'y aller par quatre
chemins, disons-le clairement, le méchant est raté. Oui, ce fameux
soldat de l'hiver, eh bien, il est tout pourri tout nul. On n'arrive
jamais à s'y attacher, malgré les efforts des scénaristes. Il
n'est jamais terrifiant, jamais émouvant, et quand on le voit à
l'écran, on n'y croit pas vraiment. On dirait un mauvais méchant
dans Fullmetal Alchemist avec son automail/mecha-greffe à la place
du bras. Bref, une déception. A noter aussi que le personnage de
Sam Wilson, le Faucon, est plutôt sympathique et bien amené,
sauf... quand il est en Faucon justement. Un type avec des ailes
métalliques, filmé comme tel, on a malheureusement plus envie de
rire que de le prendre au sérieux. Parmi les autres protagonistes,
on peut citer La Veuve Noire, qui, Scarlett Joahnsson oblige, a des
plans sur son cul réguliers, afin de satisfaire les coquinous qui
aimeraient se rincer l’œil. On note aussi la présence plutôt importante de Coby
Smulders (<3 cœur avec les doigts) et une apparition furtive de
Danny Pudi, qui ravira les fans de Community.
Qu'on se le dise, Captain
America Le Soldat de l'Hiver, malgré ses défauts, reste un très
bon divertissement, et de très loin l'un des meilleurs films Marvel
tournant autour de The Avengers. Le meilleur après le premier
Captain America en fait. Le scénario est solide sans être
transcendant, la réalisation tient la route, à défaut de tenir la
durée de tout le film, et Chris Evans interprète toujours aussi
bien le Capitaine. En gros, on est loin des films Marvel récents,
qui n'ont quasiment aucun intérêt, si ce n'est celui de relancer l'industrie
du popcorn en masse et de filer plein de thunes à Mickey. A défaut
d'être un grand film, Captain America Le Soldat de l'Hiver est un
divertissement honnête, que l'on peut sincèrement apprécier. Si
seulement Marvel faisait des films comme celui-ci plus souvent, on
pourrait être plutôt satisfait.
mercredi 26 février 2014
Test Rambo
On a connu Rambo soldat
traumatisé, puis Rambo guerrier, puis Rambo guerrier traumatisé. En
quatre films, le héros est passé par de nombreuses étapes, et on
préférera éviter les deuxièmes et troisièmes. Sauf si on aime les
lumières bleues. Bref, en tant que véritable icône, il n'est pas
surprenant de voir apparaître un nouveau jeu vidéo tiré de la
saga. Il est vrai qu'à partir du deuxième film, il y a de la
matière à faire un jeu de tir. Surtout avec le quatrième film,
dont l'action s'y prête bien (mais attention, en aucun cas John
Rambo est juste un film bourrin, c'est une véritable réflexion sur
la violence et son utilisation, avec en prime une fin poignante et
intelligente). C'est donc tout naturellement que le jeu n'adapte que
les trois premiers films, en violant bien comme il faut le dernier
volet et la mythologie du héros par la même occasion dès la scène
d'intro.
Oui, Rambo commence par...
La guerre du Vietnam. Cette guerre qui justement n'est pas montrée
dans le premier film, ce qui lui donne son essence même. Bon, ok, on
parle du Vietnam dans le 2, mais c'est une autre histoire !
Bref, le jeu Rambo commence au Vietnam, où Rambo tue des vietnamiens
pas gentils par centaine. Oui, par centaine, rien que ça. En même
temps, le jeu n'est pas un FPS, mais un rail shooter. En gros, on
n'avance pas par nous-même, on reste planté là où le jeu le
demande, et tant que l'on a pas tué tout le monde, on ne bouge pas.
Alors ok, le genre rail shooter a connu de belles heures dans les
années 90, grâce aux bornes d'arcades, puis avec les consoles et les
pistolets que l'on pointait devant son téléviseur, mais on ne peut
pas dire qu'il soit encore réellement apprécié depuis une bonne
dizaine d'années. Ce choix est donc surprenant, et pourtant, il est
sûrement moins catastrophique que si le jeu avait été un FPS type
Call Of Pan Pan Boum Boum.
Coucou, je suis bien animé !
En effet, la maniabilité
est très réduite, et vu ses limites, on se dit que ce n'est pas
plus mal d'être cloisonné dans le genre rail shooter, plutôt que
dans un FPS couloir. Ici, on tire, on tire, et... parfois on lance
des grenades. C'est pas plus bête que ça ! Voilà voilà...
Bon, il y a quelques... Subtilités dira-t-on. Lorsque l'on remplit
une jauge, on peut passer en mode rage. Cela déclenche un effet
bullet time, et plus on tue de méchants, plus on regagne de la vie.
Sinon... Ben, on peut se couvrir tout de même, en appuyant sur une
direction, afin de ne pas mourir trop vite. Le reste du temps, on tue
des ennemis, à commencer par des viets cons. Non non, pas des Vietcongs, mais bien des viets cons. Parce que l'intelligence
artificielle n'est même plus hasardeuse à ce stade, elle est...
Pourrie ? Oui, pourrie, c'est bien comme mot. Entre les ennemis
idiots qui se laissent canarder sans tirer, et ceux qui tirent tout
le temps sans laisser de répit (à se demander s'ils rechargent),
c'est du grand n'importe quoi.
Heureusement, des phases
autres apportent un peu de changement à un gameplay qui forcément a
du mal à se renouveler, et s'avère très vite répétitif (dès la
première mission en fait). En même temps, on ne peut pas adapter
tout les films Rambo avec des phases de tir. C'est donc
naturellement, et dans la joie et la bonne humeur, que nous pouvons
accueillir... Les QTE ! Ah, les sacripants, ils nous font vite
regretter les phases de tir. Oui, ces phases de QTE sont absolument
nulles. Elles ne sont même pas le minimum syndicale du QTE. En gros,
on doit appuyer au bon moment sur la bonne touche... Et parfois, il
faut appuyer rapidement à répétition sur cette touche. Quelle
joie ! On en revient de toute manière assez rapidement aux
passages rail shooter, qui constituent le plus gros du jeu. A noter
qu'on a un score à chaque fin de mission, mais surtout des points de
compétences, afin d'améliorer son attaque, sa défense, etc...
C'est mieux que rien.
Parlons un peu de la
réalisation du jeu. On a parfois critiqué la gueule que Stallone a
actuellement, plus ou moins refaite, avec une bouche... étrange.
Alors ok, ça peut paraître bizarre, mais il a toujours l'air d'un
être humain. Regardez sa gueule dans le jeu, et... Et zut, c'est
juste très laid. On dirait un prototype pour une machine hybride entre une Nintendo 64 et une Playstation 2 ! Et c'est pareil
pour tout le monde. Déjà, les ennemis sont tous pareils dans chaque
niveau, quasiment. Pour les asiatiques, c'est normal, ils se
ressemblent tous, mais... La rédaction s'excuse pour cette odieuse
blague raciste. D'ailleurs ici, on aime bien la Chine, on mange des sushis tous les jours...
On s'excuse encore... Désolé. Bref, les
ennemis se ressemblent, et tous les personnages sont ultra moches !
Rien que la cinématique d'intro, on se croirait devant une
adaptation en jeu vidéo de Freaks ! Et encore, c'est méchant
pour les acteurs du film. On est en 2014, pas en 1999 les gars ! C'est
même pire encore, parce que ce n'est pas juste moche, mais on a même
l'impression que les visages sont volontairement dégueulasses et
immondes !
Alors oui, c'est facile de cracher sur la réalisation, mais, bon
sang, c'est quand même super laid ! Enfin bref... On ne va pas
changer ce qui a été fait.
C'était pas ma gueule, colonel !
Et pourtant, tout n'est pas
à jeter dans Rambo. On peut avouer que le jeu, totalement bourrin et
assez reposant pour le cerveau la plupart du temps, a de quoi amuser
et faire rire, pour peu que l'on y joue comme on regarde un nanar,
avec plein de second degré. Bon, ok, ça amuse dix minutes, après
ça lasse, mais c'est déjà pas mal. Et puis, il y a une idée
intéressante lorsque l'on recharge ses armes. Un cercle apparaît,
et selon le moment où on appuie, on a soit 100% de ses balles, soit
200%, soit 50% (ah, ces armes qui s'enraillent pour un rien !). Bon,
ok, ce n'est pas l'idée du siècle, mais c'est pas mal, non ?
C'est pas une mauvaise idée. Même si c'est potentiellement
casse-couillespieds lors de certaines phases de tir, puisque
recharger est encore plus long que cela ne devrait l'être. Mais
c'est quand même une idée. Voilà voilà...
Soyons honnête, Rambo n'est
pas une catastrophe, mais évidemment, ce n'est pas du tout un bon
jeu. La réalisation est datée et laide, le gameplay est sans cesse
le même et devient vite très répétitif, et les phases de QTE sont
nulles. Pourtant, on peut éventuellement prendre du «plaisir»,
si l'action décérébrée arrive à amuser. Dégommer et faire
exploser des méchants à tout va, comme ça, sans réellement
réfléchir, c'est parfois assez drôle. Pour le reste... Ouais...
John Rambo l'a crié à la fin du film : «Adrian !»
Euh... Non, c'est pas ça... «C'était pas ma guerre !»
Oui, voilà. Alors ok, ce n'était pas sa guerre, et une chose est
sure, on n'a pas forcément envie que ça devienne la nôtre.
7/20
vendredi 21 février 2014
Critique Lego La Grande Aventure
Depuis sa sortie, tout le
monde s'évertue à le dire, Lego La Grande Aventure est une
réussite. Et il faut dire ce qui est, c'est vrai. Le film est
génial, drôle, et on prend un plaisir immense à le voir. Pourtant,
qui aurait cru que des briques et des personnages jaunes pourraient
être à l'origine d'un bon film ? Ok, depuis quelques années,
le phénomène prend de l'ampleur, et les figurines jaunes
connaissent un succès de plus en plus grand. D'une part, grâce aux différents jeux vidéo, qui détournent avec beaucoup d'humour les
grandes franchises de la pop culture. Mais aussi grâce à
l'avènement du net et l'accès simple à certaines technologies,
qui ont poussé les gens à faire des films en stop motion avec leurs
Lego. Et ça, les danois l'ont bien compris, puisqu'ils avaient
eux-même lancé un pack prévu pour ça il y a quelques années
déjà, avec mini caméra appareil phot qu'on reliait à un PC, logiciel de
montage facile d'accès, et des plateaux de jeu devenus plateaux de
«cinéma» pour l'occasion. Alors le projet de film est
logique, l'engouement aussi, et le résultat ne pouvait pas être
décevant. Il aurait pu l'être, mais heureusement, ce n'est pas le
cas. Et on va essayer de comprendre pourquoi, avec tout plein de
bonne humeur. Parce que tout est super génial !
A l'origine du projet de
film Lego, on retrouve la Warner, qui édite les jeux Lego. C'est
logique, sûrement pour une question de droit, mais c'est tout de
même rassurant. Ensuite, à l'écriture et derrière la caméra il y
a Phil Lord et Chris Miller, qui ont déjà fait leurs preuves dans
le film d'animation avec Tempête de Boulettes Géantes, et dans la
comédie pure et dure avec l'adaptation en film de 21 Jump Street. Et
il faut dire que pour leur troisième long métrage, Lego La Grande
Aventure, ils ont mis tout leur talent au service non pas forcément
d'une intrigue très originale, mais au service d'une réalisation
quasi sans faute, servie par des gags qui font constamment mouche tant
ils tombent juste. Et justement, l'humour du film, c'est bien là
l'un des points forts du film. Sur quoi se base-t-il réellement, et
pourquoi rit-on ?
On le sait depuis un certain
temps, la franchise Lego est passée maître dans le domaine du
détournement et de la parodie. Avec des licences aussi fortes que
Star Wars ou Indiana Jones pour commencer, puis avec à peu près
tout ce qu'il était possible de faire, tant que cela avait de
l'intérêt. À tel point que le jeu Lego City Undercover se permet
de parodier tout ce qu'il peut de la pop culture. Alors un film
Lego, forcément, puisque ce n'est pas basé sur une licence du
cinéma, ça devrait faire pareil. Oui, en grande partie. Plus ou
moins tout ce qui existe en figurine Lego depuis la création de la
marque est passé à la moulinette dans le film. Et c'est donc
presque un gros fantasme de gamin, de geek, et de cinéphile qui nous
tombe dessus lorsque l'on voit le résultat. Batman, Superman,
Gandalf, Chewbacca, les Tortues Ninja, ou encore Les S... Non, ce
serait criminel de tout vous dire, autant le découvrir par
vous-même. Bref, tout un mélange absolu de culture pop et geek nous
est servi sur un plateau d'argent grandement saupoudré d'humour.
Batman qui chante une chanson super dark, parce que bon, il est trop
dark lui aussi, Green Lantern qui adorerait être pote avec Superman,
Shaquille O'Neal qui est «prêt pour ça», et on en passe
et des meilleurs... Tout est réuni pour détourner ce que l'on
connaît. Pas assez pour certains, mais l'humour du film ne se base
pas uniquement sur le principe du détournement à tout prix.
En effet, puisqu'il y a
aussi des personnages créés pour l'occasion, comme la désormais
mythique Unikitty, cette licorne chat rose qui n'existait pas
auparavant, et qui est l'un des personnages les plus drôles du film.
L'humour n'est bien heureusement (ou malheureusement pour certains)
pas que référentiel, et se base aussi sur des gags qui jouent sur
l'absurde ou le décalage. Et sans être le film d'animation le plus
drôle au monde, on rit souvent aux éclat. Et ça,
c'est aussi grâce au doublage du film, en version originale. Il faut
l'avouer, le casting vocal américain est tout simplement
impressionnant, et à de quoi faire saliver plus d'un cinéphile ou
amateur de culture américaine. Et le film prend tout son sens quand
on le voit en VO. Pour les blagues, bien évidemment, pour le jeu
d'acteur (oui, on a dit acteur, et pas le premier nom tiré du
chapeau du distributeur français, qui nous refourgue une chante...
Tal. Bref, rien à voir avec une actrice) qui réussit un coup de
génie, mais aussi pour le choix des acteurs pour les personnages.
C'est là que le film prend une autre dimension, et révèle tout son
sel (enfin, pas tout non plus), puisque chaque acteur choisit pour un
personnage, c'est déjà en un certain sens une preuve d'humour.
Sincèrement, Channing Tatum qui fait Superman, et surtout Jonah Hill
qui double Green Lantern, c'est tout simplement génial. Charlie Day
qui prête sa voix à un astronaute complètement fou de vaisseau,
c'est parfait. Surtout dans l'une des scènes finales où son
doublage prend tout son sens. Alison Brie qui double Unikitty, ce
chat licorne rose, c'est une preuve que les réalisateurs ont tout
compris à la vie ! Mais le meilleur choix de casting vocal
revient à Batman, interprêter par... Will Arnett ! Sûrement
le meilleur choix pour une voix depuis que le doublage existe. Et de
très bons acteurs, il y en a plein dans le film, comme Morgan
Freeman, Liam Neeson, ou encore Chris Pratt. Non, sérieusement, voir le film en
VF, c'est passé à côté de la moitié de son essence.
Bref, inutile de militer
pour la VO, il faut surtout militer pour le film, qui est tout
simplement génial. Alors oui, c'est une gigantesque pub pour la
marque, et à peine sorti de la séance, on a envie d'acheter plein
de Lego, mais cela ne l'empêche pas d'être un vrai bon film
d'animation, qui plaira à tous, et qui fait rire ! C'est
dynamique, ça donne la pêche, et même si le scénario est plus un
prétexte qu'autre chose, il est le prétexte pour un divertissement
de grande qualité, qui s'assume, et qui donne immédiatement envie
de retomber en enfance. Alors un conseil, allez voir Lego La Grande
Aventure, vous ne le regretterez pas. Everything is awesome !!!
jeudi 20 février 2014
Test Lego La Grande Aventure Le Jeu
Attention âmes sensibles,
apprêtez-vous à entrer dans un monde sombre et cruel, d'une rare
violence, et déconseillé aux plus jeunes. Ce dont on va vous parler
n'est pas à mettre entre toutes les mains. Il y est sans cesse
question de démembrements horribles des ennemis dès lors qu'il y a
des combats, et ce n'est pas très joli à voir. Alors bon, ok, ce
sont des figurines, mais tout de même... Bref, vous êtes prévenus,
on peut commencer.
Alors que le film Lego La Grande Aventure vient tout juste de sortir au cinéma, le jeu tiré
du film est de sortie lui aussi. Oui, le jeu, tiré du film, tiré des
jouets, avec des références à d'autres jeux de la licence
dedans... Bref, le jeu du film. Alors que les Lego se sont attaqués
a énormément de franchise, et cela depuis des années, on est en
droit de se demander si un jeu tiré du film est une bonne idée.
S'il ne détourne pas une licence, jouant sur les effets parodiques,
un titre Lego a-t-il une légitimité à exister ? C'est bien la
question que l'on est en droit de se poser.
Emmet, ouvrier dans le bâtiment
Sans surprise, le jeu
reprend la trame du film, et nous balance plein d'extraits en guise
de cinématiques. Bien entendu, des scènes du long-métrage qui dure
dix-huit secondes sont grandement rallongées dans le jeu, histoire
d'avoir des phases de gameplay longues et cohérentes. C'est bien
l'un des points forts du titre, être cohérent en tant que jeu, mais
aussi en tant que supplément au film. Ceux qui joueront au jeu sans
avoir vu le film se feront bien entendu spoiler l'intrigue (mais peu
de gags, heureusement), mais ils ne seront pas perdus dans cet
univers. En revanche, ceux qui auront vu le film avant retrouveront
l'ambiance, les lieux, les personnages, mais aussi l'univers
totalement élargis pour l'occasion, avec une cohérence absolument
parfaite. On y trouve des gags parfois assez somptueux, mais pas
forcément compréhensibles par tous (la référence au film Batman
de 1966 par exemple, que les jeunes ne pourront pas comprendre), qui
viennent enrichir ce qui a été créé avec le film. En cela, le
titre est l'une des meilleures adaptations de film en jeu, puisqu'il
ne se contente pas de reproduire ce qui existe, mais se permet de
créer plus, et d'ajouter de la valeur à ce qui a déjà été mis
en place. Cependant, tout comme le film, on vous recommandera de
changer la langue de votre console, histoire de jouer en anglais. Pas
pour les plus jeunes évidemment, mais pour tous les autres.
Bénéficiant des mêmes acteurs que ceux du film en VO (Morgan
Freeman, Will Arnett, Charlie Day, Alison Brie, …), les blagues et
les jeux de mots sont vraiment drôles, même si l'humour change en
partie de ce à quoi l'on pourrait s'attendre d'un jeu Lego. En VF,
c'est forcément moins amusant. Les comédiens de doublages ne sont
pas les mêmes que ceux du film (exit Tal, youpi!), et c'est
peut-être le seul bon point.
Mais il n'y a pas que les
blagues et les acteurs dans le titre. Eh oui, puisque l'on parle bien
du jeu, pas du film, ne l'oublions pas. Le gameplay est assez
classique pour un jeu Lego. On progresse dans des niveaux, et l'on
alterne sans cesse avec les différents héros afin d'utiliser leurs
différentes capacités pour avancer. C'est assez convenu, mais
toujours aussi sympathique. A cela s'ajoute deux nouvelles manières
de construire des objets, toutes les deux inspirées par le film.
D'une part, quasiment tous les héros, les master builders, peuvent
« scanner » le décor pour trouver trois éléments
précis afin de construire un objet nécessaire à l'avancée. Cela
implique de souvent déblayer les alentours afin de débloquer et
trouver ces éléments. D'autre part, le héros, Emmet, est le seul à
pouvoir construire selon des plans. Ces épreuves de construction
différentes nécessitent de trouver les bonnes pièces indiquées
sur la plan le plus rapidement possible. C'est sympa à défaut
d'être enthousiasmant. Ce qu'il faut savoir, c'est que pour
construire de cette manière, il faut au préalable avoir récupéré
tous les morceaux d'instructions. Plate-forme, action, et
exploration, tout est là, comme dans tout bon jeu Lego qui se
respecte.
Le Far West? Et pourquoi pas un monde arc en ciel!
En marge de l'aventure
principale, il y a aussi beaucoup de choses à faire. Trouver toutes
les briques dorées, toutes les boîtes de constructions, ou encore
tous les pantalons. Il y a aussi énormément de personnages à
débloquer et à acheter, une bonne centaine. Et puisque l'on parle
des personnages, il faut dire que comme dans le film, les concepteurs
se sont lachés. En mode jeu libre, lorsque l'on refait les
chapitres, ou dans les HUB, on peut choisir ses personnages selon
notre bon vouloir. Incarner Lincoln, Shakespeare, un ninja, un mec
dans un costume de panda, ou encore d'autres figures assez mythiques
que l'on ne dévoilera pas, c'est possible, et c'est surtout très
drôle. La palme revient à Unikitty, ce chat licorne rose doublé
par Alison Brie (meilleure idée du monde!). Se balader dans un monde
de nuages avec une licorne chat rose qui sautille en se dandinant
l'arrière-train et qui tire des arc en ciel, c'est tout
simplement... Aussi absurde que grisant. Non, mais sérieusement,
c'est le plus grand concept du monde! Surtout quand c'est aussi
bien amené que dans le jeu. Bref, c'est cool, et il y a plein de
choses à faire. Malheureusement, parce que oui, il y a un
malheureusement, le jeu est un peu trop simple dans son ensemble. Pas
mauvais, au contraire, ni même trop court, mais les énigmes, si on
peut les appeler ainsi, sont bien trop faciles. Alors cela n'empêche
pas de prendre du plaisir à parcourir le jeu, mais c'est un peu
dommage. Ça permettra au plus jeunes d'y jouer. Avec leur parents, oncles, grand cousin, etc... Puisque le jeu est bien entendu jouable en coopération, et encore une fois, c'est plutôt cool.
Plus qu'une simple
adaptation de film en jeu, Lego La Grande Aventure Le Jeu est un
complément qui vient enrichir de manière assez surprenante et
surtout de façon très cohérente l'univers créé pour le film. On
préférera y jouer en VO, histoire de profiter de toutes les blagues
et références. Pourtant, le titre semble s'adresser à un public
plus jeune que les autres jeux Lego, puisqu'il n'est pas très
difficile. Malgré tout, bien qu'il ne soit pas aussi original dans
son gameplay, et bien que l'humour joue sur d'autres effets que celui
du détournement d'une licence, Lego La Grande Aventure Le Jeu n'en
reste pas moins un vrai bon jeu, que l'on parcours avec plaisir. Et
puis sérieusement, contrôler un chat licorne qui dandine
joyeusement du cul, c'est quand même assez jouissif, non ?
Non ?
16/20
lundi 20 janvier 2014
Critique : Jack et la Mécanique du Cœur
« Andalucia !
Anda, Anda ! Andalucia ! Anda , Anda !
Andalucia , Anda ! » « Tais-toi mon cœur !
Je ne te reconnais pas. Tais-toi mon cœur ! Je ne te reconnais
pas » « Don't you wanna sleep ? Don't you wanna
sleep ? My motherfucking clock does tick-tock ding dong !
My motherfucking clock does tick-tock ding dong ! »
Si vous avez reconnu ces
extraits, c'est que vous connaissez les paroles, et logiquement, que
vous connaissez l'album La Mécanique du Cœur de Dionysos. Et
peut-être même avez-vous lu le livre de Mathias Malzieu. Et
peut-être même êtes-vous au courant qu'un film d'animation tiré du
CD/Livre va (enfin) sortir sur nos écrans le 5 février prochain. Si
c'est le cas, et que vous l'attendez, tant mieux, voici une critique
du film. Et si vous ne l'attendez pas, voici bien ce qui pourrait
vous donner envie de l'attendre !
Avant toutes choses, cette
critique ne contiendra aucun spoiler, sauf vers la fin, dans un
paragraphe spécifique, et uniquement pour ceux qui n'ont pas lu le
livre, mais ce sera précisé. Bref, Jack et la Mécanique du Cœur,
c'est quoi ? C'est un film d'animation réalisé par Mathias
Malzieu et Stéphane Berla, qui reprend la trame scénaristique du
livre (et du CD aussi, mais je vais éviter de le rappeler à chaque
fois, cela semble évident). Ça raconte l'histoire de Jack, qui naît
à Edimbourg le jour le plus froid du monde, et dont on doit
remplacer le cœur gelé par une horloge pour sa survie. Le problème,
quand on a une horloge à la place du cœur, c'est qu'il y a des
règles à respecter. Ne jamais toucher ses aiguilles, contrôle sa
colère, et surtout, ne jamais tomber amoureux. Des règles bien
difficile à suivre pour Jack, surtout dès lors qu'il va rencontrer
la jeune Miss Acacia. Il va alors entreprendre un voyage fantastique
jusqu'en Espagne, accompagné de Georges Meliès, afin de retrouver
celle qui lui a fait découvrir l'amour.
Ce projet de film trotte
dans la tête de Mathias Malzieu depuis longtemps. Et très
rapidement, il a été mis en chantier. Sauf que la production n'a
pas été de tout repos. Epargnons les détails, mais il faut savoir
que le film a été envisagé entièrement en stop motion avec des
marionnettes par exemple. Au final, Jack et la Mécanique du Cœur est
un film d'animation en 3D (attention, on ne parle pas de relief avec
des lunettes immondes, heureusement). Alors oui, on pourrait
regretter le stop motion et sa poésie, mais il faut reconnaître que
le travail accompli est ici assez phénoménal. Pas forcément dans
la technique, bien que cela soit maîtrisé, mais essentiellement
dans la direction artistique. À l'exception d'un personnage, trop
burtonien pour que l'on s'y attache, l'ensemble est de toute beauté,
fourmille d'idées graphiques et visuelles, et offre un spectacle
assez admirable, et souvent trop rare, pour les yeux. Bref, du très
très bon de ce point de vue.
Cependant, une direction
artistique magnifique, avec une âme, ce n'est rien sans une
réalisation pour lui donner toute sa splendeur. Et qu'on se rassure
immédiatement, il n'y a pas à s'inquiéter. Le film possède une
réalisation pertinente, qui sert sans cesse les propos, et servie par
un montage dynamique. C'est donc un réel plaisir que de voir ce
film, rythmé par les musiques entraînantes de Dionysos. On n'est
pas loin d'un véritable petit bijou d'animation. Pas loin ?
Oui, pas loin. Parce que malgré toutes ces critiques élogieuses,
méritées, le film a de quoi être une grosse déception, mais
uniquement pour ceux qui ont lu le livre, rassurez-vous.
!!!SPOILER ALERT !!!
Expliquons ce qui ne va pas
dans ce film, qui était pourtant bien parti pour faire un sans faute.
Ce qui ont lu le livre en connaissent la fin. Pas de spoilers si
c'est le cas, sinon, vous êtes prévenus. En gros, Jack fini seul,
rejeté par Miss Acacia, et comme si ce n'était pas suffisant, il
apprend que son horloge l'a certes sauvé, mais que rapidement elle
n'était plus nécessaire à sa survie. La défunte Madeleine ne lui
a jamais dit, afin de le garder près d'elle le plus longtemps
possible. Fin assez rude, pas très joyeuse, mais finalement assez
proche d'une réalité qui ne fait pas de cadeaux. Une fin logique,
bien qu'assez troublante. Eh bien dans le film, la fin a entièrement
été modifiée ! Volonté de Mathias Malzieu (espérons que non)
ou choix imposé par Luc Besson, producteur du film, aucune idée,
mais cela ne joue pas en la faveur du film. Quand on ne connaît pas
le livre, il n'y a pas de problème. Mais quand on a apprécié cette
fin assez crue et réaliste, on a de quoi être dérangé et déçu
par la fin du film. Parce que la fin du bouquin est quand même bien
meilleure. Bref, c'était le petit coup de gueule.
!!!FIN DU SPOILER !!!
Qu'on se le dise, Jack et la
Mécanique du Cœur est un très bon film d'animation, doté d'une
direction artistique fantastique, et d'une réalisation dynamique. Un
conte sombre et poétique pour toute la famille. Malheureusement,
ceux qui ont lu le livre pourront éventuellement être déçus.
Quant aux autres, on ne peut que leur conseiller d'aller voir cette
merveille du film d'animation, qui leur plaira, pour peu qu'ils ne
soient pas allergiques à la musique de Dionysos. En revanche, on
leur déconseille de lire le bouquin, avant ou après. Vous voici
prévenus !
Jack et la Mécanique du Cœur
Mathias Malzieu et Stéphane Berla
Sortie le 05 février
dimanche 8 septembre 2013
Critique : No Pain No Gain
Faire la critique d'un film de Michael
Bay sur ce blog, en voici une idée surprenante. D'une, parce que le
film n'est pas apparenté à ce que l'on aime appeler la « culture
geek », sur laquelle se concentre le site, et de deux, parce
que les films de Michael Bay, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé.
Entre des Transformers interdits aux épileptiques ou des films
d'action/de guerre/catastrophe à gros budgets, le maître des
explosions a su se faire apprécier d'un public pop corn, cartonnant
au box office, mais son style a souvent était critiqué, a juste
titre la plupart du temps, par les autres. Cette fois-ci, c'est un
film à « petit » budget que réalise Bay. Seulement 26
millions de dollars pour ce drame au ton de comédie presque
surréaliste, qui pourtant est tiré d'une histoire vraie. Faites
péter les stéroïdes, et préparez-vous à faire des pompes, c'est
dans un centre de fitness que tout commence !
Daniel Lugo, ex taulard,
emprisonné pour cause d'arnaques, travaille dans un centre de
fitness. Il y est coach personnel, et sa passion dans la vie, c'est
d'avoir une bonne silhouette, des gros muscles, et quasiment pas de
graisse. Son autre passion, c'est The American Dream. Ce rêve
américain, il compte bien l'atteindre, l'obtenir. Pour lui, ce n'est
pas juste une possibilité, c'est un devoir de citoyen. Or sa
situation ne lui permet pas vraiment d'accéder à son objectif. Mais
pour lui, d'est un dû, quelque chose d'acquis à la naissance sur le
territoire américain. Alors quoi de mieux pour l'obtenir que de le
voler à un autre. Un étranger qui a réussi sur le territoire,
c'est encore mieux. C'est de ce point de départ aussi absurde
qu'idiot dans son principe que Lugo va élaborer un plan. Avec deux
autres culturistes, il prévoit d'enlever un riche client afin de lui
faire cracher TOUT ses biens, de manière « légale », en
l'obligeant à signer des papiers cédant ses propriétés et
richesses. Rappelons que tout ceci est tiré d'une histoire vraie
ayant eu lieu en 1995.
Tout ne se passe pas comme
prévu pourtant, puisque le riche client reconnaît ses agresseurs.
Le tuer après dépouillement est donc la seule solution. Sauf que l'homme survit. Et il compte bien les faire arrêter ! Là où le
film aurait pu se contenter d'être un simple film policier, il puise sa
force ailleurs, dans divers éléments qui rendent le tout plus
qu'appréciable. D'une part, le film, bien que dramatique à son
origine, est drôle. Constamment le public est amené à rire ou à
sourire. Pour une raison toute simple. Les personnages sont des cons.
Sans méchanceté, et tout simplement. Les trois anti-héros sont
tous des abrutis finis, qui pensent tous être des génies, mais qui
sont de véritables crétins. Et c'est d'ailleurs l'un des propos du
film, qui dit clairement qu'ils ont tous été jugés pour leur
crimes, sauf leur plus grand : « leur immense connerie ».
Et c'est bien ça qui fait de ce film une réussite dans son
ensemble. No Pain No Gain n'est pas un film d'action, comme l'affiche
avec un Mark Wahlberg sous hormone, et un Dwayne « The Rock »
Johnson toujours aussi costaud, pourrait le faire croire. On est bien
face à une histoire vraie, qui traite avant tout de personnages.
L'occasion d'apprécier des jeux d'acteur qui jouent les cons de manière assez savoureuse. Mention spéciale à Dwayne Johnson, dont
l'interprétation de l'abruti est absolument géniale, et prouve
que l'acteur n'en est clairement pas un. Assurément le personnage le
plus attachant et le plus marquant du film.
Les autres ne sont pas en
reste pour autant, et les différents points de vue, variant
régulièrement, apportent de la fraîcheur au récit,
et permettent de mieux comprendre chacun des personnages. Une bonne
chose, puisque l'on cible directement leurs intentions, ce qui permet
une meilleure fluidité. Les personnages, parlons-en encore,
puisqu'ils sont quasiment tous assez détestables et dégagent peu de
compassion. A l'exception de deux, à certains moments du film
uniquement, personne n'est épargné parmi les protagonistes
principaux. Il ne faut pas oublier que les anti-héros du film sont
avant tout des criminels, et c'est bien de les montrer tels qu'ils
sont, pas forcément méchants, mais assez cons pour être dangereux.
Cela n'empêche en rien de prendre du plaisir à regarder le film,
bien au contraire.
Mais tout ceci, c'est bien
beau, mais la réalisation tient-elle le route ? Parce que Bay
n'est pas forcément là pour nous rassurer. Pourtant, aucun
problème, à l'exception de certains effets de style qui peuvent
déranger, au début principalement, et encore, qui servent en partie
des propos avec les images. On se trouve donc face à un film plus
que plaisant, principalement dans sa première moitié, aussi
surprenante qu'amusante. Bay s'amuse même à inclure une petite
référence à Bad Boys, qu'on reconnaîtra ou non. Une bonne
surprise en soit.
No Pain No Gain n'est
évidemment pas le film de l'année, mais il est peut-être le
meilleur film de Michael Bay, qui avec ce sujet plus « intimiste »,
et un budget plus réduit, a su tirer un film intéressant sur des
personnages, qui laissent place à l'humour quand il le faut, mais
qui n'oublie pas d'être l'adaptation d'un fait divers. Avec un trio
d'acteur savoureux, Dwayne Johnson en tête, ce film de personnages
est un film de cons, qui prouvent pourtant que celui derrière la
caméra est loin d'en être un, alors que beaucoup aimeraient le
croire. A voir si le cœur vous en dit, mais on vous le conseille
vivement.
mercredi 14 août 2013
Critique : Kick-Ass 2
Attention, cette critique
contient des spoilers sur le premier film. Donc si vous ne l'avez pas
vu, évitez de lire ce qui suit (en même temps, si vous lisez une
critique de Kick-Ass 2, ça laisse supposer que vous avez vu le
premier...).
En avril 2010, Kick-Ass est
venu botter le cul du genre film de super-héros. Pas de pouvoir, pas
de responsabilité, mais une petite claque quand même, malgré
quelques défauts. On se souvient de cet adolescent dans son costume
qui essaie de faire disparaître le crime. On se souvient aussi de
cette gamine et de son père, aussi dérangé que touchant,
interprété par un Nicolas cage en forme. Ils étaient trois
« super-héros » à l'époque, avant la fameuse scène
tragique de ce premier film. Dans Kick-Ass 2, ils se sont multipliés.
Dorénavant, ils ont été pris sous l'aile de Jim Carrey. Plus de
super-héros pour plus de fun ?
Kick-Ass a réussi le
mélange entre comédie, film pour adolescents, action, et violence.
On oscillait entre scènes graves et scènes plus légères à
l'humour appuyé, la thématique du héros et du super-héros était
bien traitée, et les scènes d'action étaient assez présentes et
bien réalisées pour satisfaire le public. Le film était réussi,
et bien meilleur que beaucoup de films de super-héros actuels. On
pouvait donc avoir peur de cette suite. D'une, parce qu'une suite
aussi bonne voire meilleure qu'un premier volet, c'est dur, et de
deux, parce que Matthew Vaughn a quitté l'écriture et la
réalisation. On retrouve donc Jeff Wadlow au poste de scénariste et
de réalisateur. Un nom peu connu, il faut le dire, mais qui prouve
que le changement peut avoir du bon. Beaucoup de bon.
Dans Kick-Ass 2, le héros
au costume vert et jaune va s'allier avec une sorte de ligue de
super-héros du quotidien, menée par Le Colonel, interprété par
Jim Carrey. De simples malfrats, ils vont bientôt devoir affronter
le vrai méchant du film, l'ancien Red Mist, devenu depuis The
Motherfucker (qu'on ne traduira pas, parce que franchement, un
méchant qui s'appelle l'Enculé, tout de même, c'est un peu
grossier). Et la tâche va être rude ! Parce que sous ses airs
d'adolescent ridicule, il cache bien son jeu le petiot ! Voilà,
la base du film est posée. Ce qu'il faut savoir avec Kick-Ass 2,
c'est qu'il reprend le concept du premier, mais avec comme mot
d'ordre « Toujours plus loin ». Dès le début, le
constat est là, on va avoir affaire à du lourd, du très lourd.
Plus drôle, plus violent, plus sale, plus spectaculaire, mais aussi
plus dramatique, Kick-Ass 2 est plus tout, et donc au final plus
incroyable encore. Plus drôle, en effet. On oscille pourtant entre
différents niveau de gags. Ceux plutôt subtils et parfois hyper
pointus dans les références (LE T-Shirt!), et les autres, pas
subtils pour un sou, mais qui avouons-le, font rire quand même.
Parce que parfois, plus c'est con, plus c'est drôle, surtout quand
c'est assumé. Alors oui, on se marre, et pas qu'un peu. Mais
derrière cette façade, il y a avant tout une réalité dure et
sordide.
Kick-Ass 2, comme son
prédécesseur, n'oublie pas d'être sérieux. Bien plus sombre que
le premier opus, cette suite est grave, presque trop parfois. On peut
sans problème multiplier par deux ou trois la puissance émotionnelle
de la mort de Big Daddy dans certaines scènes de cette suite. Et
c'est dans cette gravité que l'on remarque un thème abordé par de
nombreux films, effleuré souvent, mais absolument bien traité
ici : la question de la place du super-héros dans la société.
Sans jamais nous bassinner, toujours légitime, et constamment en
accord avec les propos du film, ce questionnement permanent arrive à
balayer d'un revers de la main tout ce qu'on a essayé de nous
inculquer comme valeur dans les films de ce genre depuis bien
longtemps. Pour tout dire, depuis Spider-Man 2, on n'a jamais mieux
traité le sujet. Et ça fait plaisir de voir ça ! Pour une
fois qu'un film ne prend pas les spectateurs pour des abrutis avec
des pseudos réflexions prétentieuses (oui, je parle de toi Nolan, entre autres), on aime ça. Alors bien sûr, puisque le film est
sombre, il est aussi plus violent. L'interdiction au moins de douze
ans, qui aurait dû s'imposer dès le premier film, est ici légitime.
Ça castagne, ça tue, ça saigne, et ça explose. Oui, ça explose.
Parce que Kick-Ass 2 est aussi plus spectaculaire que son
prédécesseur. Pas d'effets pyrotechniques inutiles pour autant,
juste du spectacle utile quand il le faut. C'est devenu bien trop
rare de nos jours.
Malgré tout, Kick-Ass 2 a
des défauts. Les scènes d'action par exemple. Il faut avouer
qu'elles sont un poil moins lisibles que dans le premier film. Elle
ne sont pas mal réalisées, mais moins lisibles. Pas de montage sous
ecstasy à base du cuts à tout bout de champ, ni même de mouvements
de caméra donnant la nausée, mais dans l'ensemble, ça reste moins
lisible, voire légèrement moins compréhensible que dans Kick-Ass
premier du nom. Pas de quoi gâcher son plaisir, mais c'est dommage.
De même, on pourra regretter l'absence de certaines scènes
mémorables instantanément, comme le premier combat de Kick-Ass ou
l'arrivée de Hit-Girl dans le premier film. Ces scènes ont su
rester dans les mémoires grâce à leur impact iconographique, mais
aussi grâce à leurs musiques. On se souvient en effet des musiques
de The Prodigy, ou de cette chanson de The Dickies, en parfait
désaccord volontaire avec l'action. Attention toutefois, il ne faut
pas croire que le film s'oublie vite, au contraire, il risque de vous
marquer. D'ailleurs, ce final, totalement épique et touchant, a de
quoi en impressionner plus d'un, et restera sûrement gravé dans les
mémoires pendant longtemps !
Kick-Ass s'amusait à
prendre les codes d'un genre pour les détourner et se les
approprier. Le résultat était un vrai/faux film de super-héros
réussi, et meilleur que beaucoup de grosses productions du genre. Avec
Kick-Ass 2, on garde un registre similaire, mais on monte en grade.
Cette fois-ci, on est réellement face à un film de super-héros,
avec ses thématiques, ses scènes d'action, et une réelle réflexion
sur le genre. Kick-Ass 2 est un mélange réussi de genres et
d'influences, bourré de références, qui sait rester léger tout en
étant sérieux, et qui surtout ne prend jamais le spectateur pour un
abruti. Si les films de Marvel et de DC s'inspiraient de ce film,
alors nous n'aurions plus de gros navets ridicules comme on nous en sert
régulièrement. Kick-Ass 2 donne une bonne leçon au genre, et botte
clairement le cul à la concurrence. Devant un tel film, il n'y a
qu'une chose à faire, courir aller le voir, et savourer son plaisir.
C'est assez rare qu'on nous serve une aussi belle production de nos
jours. Ah, et oui, n'oubliez pas de rester après le générique de
fin.
mercredi 7 août 2013
Critique : Oggy et les Cafards Le Film
Bon, ok, directement avant
de commencer, je sais, ce film n'a en soi rien à voire avec la
culture geek, alors que c'est un peu le thème de ce blog. Mais j'ai
décidé de me faire plaisir, et comme ça fait longtemps que je n'ai
pas écrit d'articles, j'en profite. Petit rappel pour les plus
jeunes, qui ne connaîtraient éventuellement pas Oggy et les
Cafards. Avant d'être un film, il s'agit d'un dessin animé français
créé en 1999 (ça ne nous rajeunit pas ma bonne dame...), diffusé
entre 1999 et 2003 sur France 3, avant que de nouveaux épisodes
voient le jour en 2008, puis en 2013 (270 en tout!). Le principe est
simple, un chat, Oggy, doit sans cesse déjouer les pièges de trois
cafards qui veulent lui faire la misère, pour le dire grossièrement.
Jouant sur l'humour absurde, et principalement sur le slapstick, de
type Tom et Jerry, Looney Toons ou Tex Avery, le dessin animé est
entièrement muet privilégiant les gags visuels. Les situations à
base de piano qui écrase un personnage, ou de dynamite qui explose
sont donc légions, renforcées par un humour parfois bizarre, limite
dérangeant, mais toujours accessible à tous. Personnellement, je
regardais quand j'étais gosse, alors que je n'aimais pas plus que
ça. Je devais aimer l'absurde, mais je ne le savais pas encore !
Il reste cependant une question qu'il est légitime de se poser :
un dessin animé de 7 minutes par épisode est-il adaptable au format
cinéma ?
Il est honnête de répondre
assez rapidement : oui. Pour la simple et bonne raison que le
film n'est pas une succession de gags durant 1h25 (enfin, un peu
quand même). Le choix a été de transposer Oggy, ses compères, et
ses ennemis dans quatre époques et univers différents. De la
préhistoire, au futur type science-fiction à la Star Wars, en
passant par le Moyen-Age ou l'Angleterre de 1900, il y a de quoi
varier les plaisirs. Cela empêche l'ensemble d'être redondant,
comme aurait pu l'être un film d'1h30 dans la maison d'Oggy que l'on
connaît tous. Les situations varient aussi, et on prend donc du
plaisir à être entraîné dans le film parmi tous ces lieux et
toutes ces quêtes. Parce qu'avant d'être une simple succession de
gags absurdes, Oggy et les Cafards le Film est bien un film
d'aventures. On vous explique.
A chaque époque, notre
chat, accompagné de son cousin Jack (mais si, le gros matou costaud
tout vert!), va vivre une aventure remplie de périples. À la
préhistoire, il devra récupérer LE feu, au Moyen-Age, il va
secourir une damoiselle en détresse, et en 1900, il sera confronté
à une énigme à la Sherlock Holmes. Et c'est finalement là que le
film gagne en intérêt. Certes, c'est drôle mais c'est avant tout
dans son côté aventures que le film est réellement plaisant.
Particulièrement au Moyen-Age, ou dans cette enquête qui reprend
clairement les personnages de Sherlock Holmes, Watson, et Moriarty. On
gagne en profondeur scénaristique et dramatique, et l'on entre plus
facilement dans le film et son histoire. Cela facilite la digestion
de gags omniprésents, mais qui ont parfois tendance à se répéter
(l'inconvénient du genre slapstick...). Sans oublier les amourettes
qui viennent ponctuer chacune des époques, entre Oggy et une jolie
petite chatte. Un mélange muet entre aventures, romance, et comédie,
le tout en animation, c'est possible, la preuve avec Oggy et les
Cafards.
La réalisation tient
parfaitement la route, et le rythme est soutenu, afin de rester sans
cesse happé par ce que l'on voit à l'écran. Malheureusement, si
tout le côté aventures/romance tient parfaitement la route, pour ce
qui est de l'humour, on peut parfois regretter un manque d'ambition.
Bien sûr que c'est drôle, mais l'humour se répète souvent, et on
remarque une sorte de manque d'audace dans les gags, comme si la
fraîcheur de la série avait été volontairement délaissée pour
laisser place au reste, à l'aventure avant tout. Là ou le film Bob
L'Eponge arrivait à concilier les deux, en poussant certains gags
assez loin, ici, on a tendance à stagner un peu. On reste
éventuellement sur sa faim pour ce qui est de l'humour, et encore,
on s'amuse quand même pas mal, mais pour le reste, aucun problème.
Peut-être pas aussi
rafraîchissant que la série télévisée, Oggy et les Cafards Le
Film arrive clairement à satisfaire. Pas aussi drôle qu'on aurait
pu l'espérer, le film se rattrape dans ses parties aventures et
romance, bien ficelées et surtout bien rythmées et réalisées. On
prend du plaisir à voir ce film, qui sous ses allures de quatre mini
courts-métrages au premier abord, nous prouve qu'il est bel et bien un
ensemble. Avec son final, assez surprenant, que n'aurait pas renié
Futurama, on ne peut que s'avouer conquis. Certes, on était en droit
de s'attendre à plus rigolo, mais face à ce genre de production, on
ne peut pas se plaindre. Alors on y va, on regarde, et on savoure,
tout simplement.
samedi 13 juillet 2013
Pacific Rim : le film de la décennie ?
Guillermo Del Toro, vous
connaissez forcément ce nom. Et si vous ne connaissez pas, vous
connaissez au moins ses films. Le cinéaste mexicain virtuose est en
effet le réalisateur de chefs-d’œuvre tels que Blade II, Le
Labyrinthe de Pan, ou encore Hellboy et sa suite monumentale. Après
quasiment cinq ans d'absence derrière la caméra, depuis Hellboy II,
Del Toro présente enfin son dernier film. Habitué à réaliser des
fantasmes de cinéphiles et de geeks, avec Pacific Rim, son nouveau
bébé, le réalisateur compte bien aller au-delà encore, là où la
jouissance ne trouve plus d'équivalent ailleurs. Préparez les
chaussettes et les sacs de glace, Pacific Rim est à la fois un
immense orgasme, et une claque magistrale.
Rendre hommage aux films de
monstres japonnais, voici l'une des plus grandes envies de Del Toro
avec ce film. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, du fait
de certaines affiches ou bandes-annonce, il ne s'agit en aucun cas
d'un film à la Transfomers, avec des robots géants qui se foutent
sur la poire. Ici, les antagonistes sont des Kaijus, des monstres
géants venus d'une autre dimension, et les combattants sont des
Jaegers, des mechas plus ou moins humanoïdes contrôlés par deux
êtres humains. Et ce sont bien ces précisions qui donnent tout son
sens au scénario et au film. Au lieu de bêtes affrontements entre
robots extra-terrestres, on vit comme les humains du film, dans la
peur des attaques, et de cet apocalypse naissant. On est pris de
façon plus poignante dans le film, puisque c'est l'humanité, donc
nous, qui est menacée. Et comme les héros sont des humains, dans
des corps de métal certes, mais des humains tout de même, avec des
risques réels de perte, on se sent concerné. Comme dans le manga
Neon Genesis Evangelion finalement. Ajoutons à cela que l'hommage au
film de genre monstres japonnais est totalement réussi, nous
rappelant la bonne époque où les films de Godzilla se succédaient.
Mais bien sûr, il ne faut pas résumer Pacific Rim en une simple
modernisation d'un genre, oh que non !
Del Toro nous l'a sans cesse prouvé, il possède un univers visuel qui lui est propre, et Pacific Rim de déroge pas à la règle. D'un côté il y a les monstres. Les Kaijus, mais aussi ceux d'acier créés par l'homme. D'inspirations diverses, le parti pris artistique de ces personnages à part entière est formidable, rappelant des souvenirs, mais s'avérant aussi la réalisation de tout un imaginaire collectif. Le reste de l'aspect visuel est aussi magistral. On navigue sans cesse entre le mélange d'univers du réalisateur et les nouveautés. On pense notamment à ce plan désaturé de la gamine, seule dans une ville détruite, face à un Kaiju, qui fait forcément penser au Labyrinthe de Pan. De même, la zone de marché noire, sans avoir la fantaisie d'un HellBoy II, en rappelle assez logiquement une certaine scène. De la poésie sombre aux environnements néon flashy, tout est absolument maîtrisé, pour un résultat qui est simplement celui d'une des plus belles claques visuelles de ces derniers temps. Chaque plan est un défi artistique autant qu'un défi technique. A cela s'ajoute les musiques de Ramin Djawadi, totalement épiques, et à la fois profondément émouvantes, qui lorgnent parfois du côté de Danny Elfman pour Spiderman, mais qui possèdent une identité propre. Claque esthétique, et bande son de grande qualité, on n'en attendait pas moins, on en a eu plus.
Mais il ne faudrait pas
réduire Pacific Rim à une simple réussite visuelle. Derrière, il
y a des personnages, qui contrairement à beaucoup de films de ce
genre, sont bien traités, bien que forcément légèrement
archétypaux. La palme du meilleur acteur revient à Idris Elba, dans
le rôle de Pentecost, originellement prévu pour Tom Cruise.
Heureusement que le rôle ne lui a pas été attribué finalement,
tant Elba s'en sort de manière monumentale, au point d'en devenir le
vrai héros du film. On note aussi la présence de Ron Perlman,
toujours excellent, malgré son rôle assez court, et qui vient
ajouter une point d'humour bienvenue au film. L'humour que l'on
aurait pu craindre avec le personnage de Newton, incarné par Charlie
Day. L'acteur comique commence mal sa première scène, donnant une
impression de sidekick rigolo plus ou moins utile. Heureusement, il
n'en est rien, et comme son confrère allemand, le personnage s'en
sort bien, sans jamais devenir ridicule ou agaçant.
Mais bon, qu'on se le dise,
c'est aussi et avant tout la mise en scène et les combats qui font
de Pacific Rim ce qu'il est. Tout simplement impressionnants et
monumentaux, ces combats titanesques s'imposent comme les nouvelles
références du genre. Le mot épique vient de trouver un nouveau
synonyme : Pacific Rim. Oubliez tout ce que vous avez pu voir
auparavant, rien n'est comparable. Sans effets de style agaçants,
l'ensemble est d'une lisibilité absolue qui permet de comprendre les
actions, et d'en profiter pleinement, qu'il s'agisse des combats entre
humains ou contre les Kaijus. Totalement fou, le film nous balance
dans la gueule des scènes aussi spectaculaires que magistralement
mises en scène. Complètement jouissif, Pacific Rim relègue
n'importe quel autre blockbuster de ces dix dernières années au
moins au rang de petit film sans prétention. Guillermo Del Toro
assume ses envies et les partage magnifiquement bien. On avait rêvé
d'un tel film, Del Toro ne l'a pas fait, non, il a sublimé nos
fantasmes les plus fous. Rien que ça.
La question posée dans le
titre est de savoir si Pacific Rim est le film de la décennie. On
aurait pu répondre en un seul mot : oui. Cela aurait évité
tant de lecture, mais il se fallait d'expliquer un tant soit peu
pourquoi. Bien sûr, le mieux reste de faire l'expérience par
soi-même, et de se prendre en pleine face ce monument du septième
art. Véritable fantasme de cinéphiles, de geeks, et d'être humains
en général, Pacific Rim est comparable à un orgasme de 2h10.
Bourré de références plus ou moins subtiles (ça va GlaDOS?),
Pacific Rim ne redéfinit pas un genre, mais plusieurs à la fois.
Nouvelle incarnation du blockbuster et du cinéma moderne, Pacific
Rim vient de marquer à jamais l'histoire du septième art. On en
ressort K-O, bouleversé, avec un sourire niais, des étoiles dans
les yeux, et potentiellement des tâches dans les sous-vêtements,
mais surtout avec une seule et unique envie, retourner le voir. Alors
pourquoi encore hésiter ? Foncez, tout simplement !
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