jeudi 20 mars 2014

Test : Yaiba Ninja Gaiden Z

Super Ultra Robot Ninja Fighter Vs Evil Zombies from Hell. Non, ce n'est pas le titre d'un film chroniqué par Nanarland, enfin c'est peu probable. En revanche, ça aurait pu être le titre du jeu Yaiba : Ninja Gaiden Z. Parce que dans ce spin-off de Ninja Gaiden, on n'incarne pas Ryu Hayabusa, mais Yaiba, un ninja robot en quête de vengeance. Vengeance qui concerne Ryu Hayabusa, qui est ici le méchant du jeu. Mais avant de l'affronter, il devra combattre des hordes et des hordes de zombies. Ninja robot contre zombies, c'est maintenant, dans ce test !

Vous l'aurez compris, le pitch du jeu est simple, totalement absurde, à la limite de la crétinerie, mais peu importe, puisque l'on incarne un ninja robot qui fracasse des zombies. Tel un gros nanar absolument assumé, ce Yaiba : Ninja Gaiden Z propose un univers décalé, qui sans oublier ses racines, va dans l'outrance de ses délires, au point que l'on prend un plaisir coupable à découvrir ce jeu, comme on materait un bon film d'action ridicule et décérébré. Oui, un bon gros nanar en soit. Mais la différence avec Ninja Gaiden 3, pour prendre en exemple un jeu de la saga, c'est que dans cette déclinaison sauce Yaiba, il y a de l'humour, et pas qu'un peu. Donc on rit parce que le jeu le permet, et on ne rit pas parce que le scénario est nanardesque tout en se prenant au sérieux, comme dans Ninja Gaiden 3 justement (Ah, ce fameux T-Rex zombie ! Amené tout à fait sérieusement...). Bref, c'est complètement con, assumé, et ça nous plaît. Le jeu n'est d'ailleurs pas réaliste (comment l'être vu son histoire?) et propose des graphismes en cell-shading qui rappellent un dessin animé, ou plutôt une bande dessinée. C'est plutôt bien foutu, assez propre, et donc assez plaisant. Et puis, ça sert bien les propos absurdes du jeu, comme les ennemis délirants, tels que les clowns maléfiques zombies (c'est ta faute Stephen King!), les mariées électriques zombies, ou encore les zombies qui vomissent de l'acide. Bref, du grand n'importe quoi saupoudré de what the fuck ! C'est idiot, mais c'est marrant, alors forcément, on aime.

 Ninja!

Reste à savoir si on aime ou pas la maniabilité. Comme dans un Ninja Gaiden, le jeu est un beat'em all. On avance, on tue tout le monde dans de grandes giclées de sang, et on continue d'avancer jusqu'aux prochains ennemis. Les combos sont de mise évidemment, et on les enchaîne plus ou moins facilement. Plus ou moins, parce que si elle n'est pas aussi présente que dans un Ninja Gaiden classique, la difficulté est bel et bien là. Bon, il suffit de bien maîtriser ses attaques et ses parades, mais face à des ennemis de plus en plus agressifs et de plus en plus nombreux, ceux qui ne sont pas habitués risquent de devoir recommencer plusieurs fois certains passages. Heureusement, à chaque montée de niveau, on obtient un point pour améliorer ses compétences ou débloquer de nouveaux coups. C'est classique, mais ça fonctionne toujours aussi bien. Parmi les possibilités du personnages, on peut tuer ses ennemis avec des finishes. L'occasion de récupérer de la vie, ou même des armes sur certains zombies plus coriaces. Des armes souvent meurtrières et très utiles en combat. Malheureusement, le titre est assez répétitif, comme beaucoup de beat'em all. Et les ennemis, pourtant diversifiés, qui reviennent sans cesse, n'aident pas à résoudre ce problème. Et parmi les défauts, il y a aussi la caméra, pas vraiment libre, qui nuit parfois à l'action et à sa compréhension. Le pire étant lorsqu'il y a une foultitude de personnages à l'écran, on a souvent du mal à distinguer où l'on se trouve. Il n'y a pas que de l'action, mais aussi des phases de plate-forme, à moitié fun, et des phases de «réflexion» dans lesquelles on doit balancer le bon zombie au bon endroit pour continuer. Rien de bien folichon de ce côté, même si on apprécie l'effort.

Un ninja robot qui tue des zombies, forcément, avec un pitch pareil, on ne s'attendait pas à un chef-d'oeuvre, mais on pouvait espérer passer un bon moment avec un bon gros nanar des familles. Et on peut le dire, on a le droit d'apprécier ce jeu, ne serait-ce que pour son postulat débile et son aspect plutôt jouissif. Ok, la ma jouabilité est à revoir, puisqu'elle souffre d'un peu trop de défauts pour être vraiment bonne, mais dans l'ensemble le titre tient plutôt la route. On y jouera à ses heures perdues, ou à côté d'un pote, histoire de se marrer, avant de l'oublier une fois fini. Bref, Yaiba : Ninja Gaiden Z est un petit jeu sympathique, qui a défaut de marquer les esprits, pourra faire passer un moment rigolo à celui qui aura la manette entre les mains.

13/20

mardi 18 mars 2014

Critique : Captain America Le Soldat de l'Hiver

Ceux qui viennent régulièrement ici le savent, je n'apprécie pas réellement les films de super-héros de ces dernières années. Pourtant, il y a quelques exceptions, et parmi elles se trouve Captain America : Fisrt Avenger. D'une, parce que Joe Johnston, sans être un très grand réalisateur, demeure un metteur en scène qui a su se distinguer, ne serait-ce que par son image et ses effets visuels, et surtout parce que l'on sent qu'il a envie de travailler sur ses films, ce n'est pas juste un yes man qui bosse pour un studio. De deux, parce que le film retrace réellement la parcours d'un super-héros, de sa «naissance» à son ascension, et c'est de plus en plus rare que ce soit bien traité de nos jours. Et pour finir, parce que le film à une réelle identité, notamment grâce à son aspect serial des années 40, son esthétique comics de l'époque, et son inspiration évidente des films de Spielberg des années 80, Les Aventuriers de l'Arche Perdue en tête (chef-d’œuvre sur lequel Joe Johnston a travaillé, cela explique bien des choses). A l'heure des films de super-héros nullissimes et totalement ennuyeux, majoritairement ceux de chez Marvel, ce vent de fraîcheur étrangement boudé par le public a forcément donné naissance à une suite, puisque de toute manière, tout est une histoire de trilogie. Reste à savoir si passer de la seconde guerre mondiale à l'Amérique post 11 septembre (et post Avengers...) était une bonne idée pour ce capitaine américain. Réponse dans cette critique.

La plus grosse appréhension de cette suite était de savoir si le changement d'époque allait tenir la route. Cela ne devait pas se faire de manière trop naturelle, et il fallait bien que Steve Rogers se sente un peu mal à l'aise. Certes, la question avait déjà était traitée en partie par The Avengers, mais là, forcément, il fallait plus se focaliser dessus. Eh bien, il y a de quoi être mitigé, mais cependant, on est plutôt satisfait. Il faut entendre par là que si cet aspect est plutôt bien travaillé, il aurait pu être approfondi. Malgré tout, il y a ce qu'il faut d'émotions, et jamais cela ne tombe dans l'excès, et ça, c'est plutôt appréciable.


Passons dorénavant au scénario. Après plusieurs films Marvel au scénario inexistant, totalement kikoulol, voire les deux (oui, je parle de toi The Avengers, qui a réussi l'exploit de ne pas avoir de scénario, tout en nous pondant une histoire remplie de scènes et de dialogues kioulol bien pourris), on était en droit de craindre le pire avec cette suite. Et là, c'est la bonne surprise ! Plutôt que d'essayer ne nous balancer une histoire tirée par les cheveux, incompréhensible, barbante, ou les trois à la fois, Captain America Le Soldat de l'Hiver nous livre un scénario digne des films d'espionnage et des thrillers des années 70, avec un soupçon de parano post 11 septembre. Ce n'est pas forcément très novateur, pas non plus exceptionnel, mais ça a le mérite de tenir la route, de tenir le spectateur en haleine, et de proposer une réflexion sur les systèmes d'écoute et d'espionnage, sujet toujours d'actualité, ce n'est pas la NSA qui nous contredira. Bref, c'est plutôt sympathique, bien foutu, et ça change par rapport à ce que Marvel a l'habitude de nous proposer.

Ça change tellement, que l'on pourrait presque être surpris par la violence du film. Non, le film n'est pas hyper violent, rassurez-vous, mais les scènes de combat surprennent par leur côté parfois assez cru dans la violence, quasiment sans sang évidemment, mais tout de même très brutale. Parce que si le scénario n'est pas sujet à une succession de scènes d'action à outrance, il y en a pourtant durant ces 2h17 de film. Et ce serait presque un problème. Sans tomber dans la facilité du filmage dégueulasse et du montage épileptique, ces scènes ne sont pas réellement géniales par leur réalisation. C'est correct, et encore, mais bon, voilà, sans plus. Ajoutons à cela des effets numériques parfois un peu baveux, et on est finalement content qu'il n'y ait pas tant que ça de scènes d'action. Surtout, et c'est bien le plus dommage, qu'il n'y a aucun passage vraiment épique qui va faire vibrer le spectateur, ou qui va tout simplement rester en mémoire. Pour le reste, la réalisation est honnête. C'est déjà bien de nos jours, particulièrement pour ce genre de blockbuster.

 La bande annonce

Passons dorénavant aux choses qui fâchent réellement. Inutile d'y aller par quatre chemins, disons-le clairement, le méchant est raté. Oui, ce fameux soldat de l'hiver, eh bien, il est tout pourri tout nul. On n'arrive jamais à s'y attacher, malgré les efforts des scénaristes. Il n'est jamais terrifiant, jamais émouvant, et quand on le voit à l'écran, on n'y croit pas vraiment. On dirait un mauvais méchant dans Fullmetal Alchemist avec son automail/mecha-greffe à la place du bras. Bref, une déception. A noter aussi que le personnage de Sam Wilson, le Faucon, est plutôt sympathique et bien amené, sauf... quand il est en Faucon justement. Un type avec des ailes métalliques, filmé comme tel, on a malheureusement plus envie de rire que de le prendre au sérieux. Parmi les autres protagonistes, on peut citer La Veuve Noire, qui, Scarlett Joahnsson oblige, a des plans sur son cul réguliers, afin de satisfaire les coquinous qui aimeraient se rincer l’œil. On note aussi la présence plutôt importante de Coby Smulders (<3 cœur avec les doigts) et une apparition furtive de Danny Pudi, qui ravira les fans de Community.

Qu'on se le dise, Captain America Le Soldat de l'Hiver, malgré ses défauts, reste un très bon divertissement, et de très loin l'un des meilleurs films Marvel tournant autour de The Avengers. Le meilleur après le premier Captain America en fait. Le scénario est solide sans être transcendant, la réalisation tient la route, à défaut de tenir la durée de tout le film, et Chris Evans interprète toujours aussi bien le Capitaine. En gros, on est loin des films Marvel récents, qui n'ont quasiment aucun intérêt, si ce n'est celui de relancer l'industrie du popcorn en masse et de filer plein de thunes à Mickey. A défaut d'être un grand film, Captain America Le Soldat de l'Hiver est un divertissement honnête, que l'on peut sincèrement apprécier. Si seulement Marvel faisait des films comme celui-ci plus souvent, on pourrait être plutôt satisfait.

lundi 3 mars 2014

Test South Park : Le Bâton de la Vérité

Test réalisé à partir d'une version PS3, donc censurée.

Je prends la route de South Park histoire de prendre un peu l'air. Que des visages amicaux, et un nouveau jeu vidéo. Je prends la route de South Park et j'oublie toutes mes galères. Le Bâton de la vérité, sur PS360 et sur PC. Je taille la route pour South Park histoire de me calmer les nerfs. MmMhh Mmh Mmmh Mffh MffmHhh Mmfhhmm Mmffmh. Alors jouez donc à South Park et vous verrez ça dépote !

Repoussé, racheté, repoussé encore, on en a eu des frayeurs à propos de ce fameux South Park : Le Bâton de la Vérité, qui s'annonçait déjà comme le messie des adaptations de licence en jeu vidéo. Il faut dire que les trailers en ont envoyé du lourd. Beaucoup de lourd ! Et qu'un épisode de la saison 17, parodiant Game of Thrones, reprenait le visuel du jeu. Alors oui, on a bavé sur les images du jeu. Mais le temps nous a appris à nous méfier de ce qui semblait génial sur un trailer, parce que ce n'était pas forcément représentatif d'un jeu. Alors, ce Bâton de la Vérité, réussite, ou déception ? Laissons Timmy nous en parler.

Timmy ! Timmy, Timmy, Timmy ! Timmy Timmy ! Timmy !

Ok... Commençons par ce qui saute aux yeux immédiatement. L'univers de la série est parfaitement retranscrit dans le jeu. Déjà, visuellement, c'est exactement comme le dessin animé. Alors ok, c'est pas forcément très dur, vu que ça reste simpliste, mais aucun élément ne fait tâche avec le reste, et les animations sont parfaites et totalement dans l'esprit South Park. Et puis, bien évidemment, le jeu est bourré de références à n'en plus finir, toutes saisons confondues, même les plus récentes. Que ce soit une image en arrière plan, une ligne de dialogue, une quête annexe, un objet qu'on récupère dans un tiroir, ou bien la trame principale, tout est rempli de références, qui raviront les fans. Les gnomes voleurs de slips, l'homoursporc, ou encore les Chinpokomons, on a le droit à tout, des détails les plus anodins, aux grosses références baveuses. Et ça, c'est un des plus gros points forts du jeu, comme on s'en doute. Alors oui, il n'y a pas de VF, mais la VO est très réussie. Tant mieux. Surtout que l'humour est bien entendu au rendez-vous. Un humour plutôt dévastateur, trash, délirant, et partiellement censuré.

 Une séquence qui restera dans les anales...

Le jeu commence à South Park, où vous, le nouveau, venez d'emménager. Votre première quête va être de sortir pour vous faire des amis. Et ça va être assez simple, puisque le gentil mais un peu simplet Butters va vous proposer de rejoindre le groupe du grand magicien Cartman. Peu importe le nom que vous choisirez, vous serez durant tout le jeu désigné par le terme de... connard. Douchebag en version originale. C'est absurde, et totalement représentatif de l'état d'esprit du titre. La scénario va vous emmener visiter South Park, ainsi que... On ne vous spoilera pas. Bref, visiter ces lieux dans la quête ultime de préserver un vieux bout de bois dégueulasse, que les enfants considèrent comme le bâton de la vérité. Un bâton qui rend son possesseur maître de l'univers. Oui, rien que ça. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu... C'est donc un gros bordel qui va être généré, à base d'aliens, de zombies nazis, et on en passe. Pourtant, rien ne vous éloignera de votre quête, préservez la paix en protégeant le bâton de la vérité.

 En'hulés de mongols!

Et pour cela, pour mener cette quête Ô combien épique, rien ne vaut une adaptation de la série en jeu de rôle aventure. Et il faut avouer que si cela peut paraître plutôt couillu de prime abord, c'est surtout une excellente idée ! Cela permet d'explorer librement la ville la plupart du temps, et cela implique aussi diverses quêtes annexes, toutes plus délirantes les unes que les autres le plus souvent. Et attention, il faut bien se rendre compte que le jeu est un RPG comme on l'entend, avec des aspects parfois plus orientés actions. En gros, les combats, non aléatoires, se déroulent au tour par tour (parce que c'est old school, dixit Cartman), mais les attaques nécessitent d'effectuer des commandes précises. De même, il est possible de bloquer les attaques adverses, et même de contre-attaquer si l'on se débrouille bien. Cela rend les affrontements dynamiques, partiellement techniques, mais surtout accessibles aux non initiés du genre, qui aimeraient juste jouer à un jeu South Park, sans pour autant être dénué d'intérêt aux amateurs de jeux de rôle. Parce qu'en effet, l'ensemble n'en reste pas pour autant assez complet, et même stratégique dans certaines situations. D'une part, il y a quand même un nombre conséquent d'équipement et d'armes disponibles, qu'il sera souvent nécessaire de trouver (dans des quêtes annexes, ou en lootant des ennemis. Oui, on ne récupère pas les objets directement à la fin d'un combat), et qui sont customisables pour apporter de nouveaux effets. Ensuite, certains ennemis ont évidemment des faiblesses, ou des protections, etc... Et c'est là qu'on se dit qu'il y a quand même pas mal à faire, entre ses armes, son équipement, ses améliorations, etc... A cela s'ajoute des points d'expérience, dont le nombre gagné varie selon le niveau, qui permettent d'améliorer ses aptitudes (des attaques spéciales qui nécessitent des points de puissance), et aussi des talents, qui offrent la possibilité de donner des caractéristiques de combat spécifiques à notre personnage. Et là, ça devient intéressant, et plutôt bien pensé. On obtient ces talents au fur et à mesure, selon le nombre d'amis Facebook que l'on s'est fait dans le jeu. Cela encourage à faire des quêtes annexes, et à parler au plus de personnes possibles. Et en plus, ces derniers laissent régulièrement des messages ridicules et souvent drôles !

On a donc un jeu où des gamins qui ne peuvent se déplacer que sur le trottoir (ben oui, traverser hors des passages piétons, c'est dangereux!) se prennent pour des personnages de fantasy, sauf la nuit, parce qu'il faut dormir, en combattant comme dans des RPG à l'ancienne. Oui. Et pour accentuer le tout, le titre se donne des proportions épiques, qui tranchent avec l'univers urbain, mais collent pourtant bien avec le jeu. Les musiques donnent dans le médiéval épique, et n'auraient pas été reniées par Le Seigneur des Anneaux ou The Elder Scrolls V : Skyrim par exemple. De même, certaines aptitudes offrent quelques imageries bien épiques aussi, comme cette attaques d'archers orchestrée par Kyle. On sent donc la volonté du titre d'être un vrai RPG épique, qui est sérieux dans son gameplay, mais pas dans son univers. Et son gameplay est bien rôdé. On a déjà parlé des combats, mais il est intéressant de préciser que les jauges de vie et de puissance se remplissent après chacun d'entre eux. Combats qui n'ont parfois pas lieu d'être, puisque l'on peut se servir d'éléments du décor pour assommer les ennemis sans combattre (et en gagnant quand même de l'expérience). Et cela va nous permettre de parler des compétence que le jeu propose. Au fur et à mesure du jeu, votre héros va apprendre de nouvelles capacités qui lui seront utiles hors combat. Tirer sur un objet à distance, du classique, mais aussi se téléporter via une sonde anale, ou réduire sa taille. Et dans cette même optique, toujours dans l'épique, ce qui sera très utile, c'est l'épée magique ! Euh non... Les pets magiques... Oui, c'est ça. Avec quatre types de prouts différents, on peut se battre, mais on peut surtout progresser, en faisant péter (euh...) des objets, ou en enflammant d'autres. Et oui, parfois le manque de subtilité a ses avantages.

 Les aliens sont nos amis! Ils nous pénètrent eux aussi!

C'est donc accompagné par l'un des ses six compagnons que l'on progresse et combat dans une ville en proie à un délire à l'envergure aussi grande que ridicule. Et si l'aventure est quand même plutôt géniale et très drôle, elle laisse aussi un goût un peu amère... Eh oui, tout semblait réuni pour faire de South Park : Bâton de la Vérité le jeu parfait, mais malheureusement, la vie est une grosse tepu ! Et ça, ça nous broie un peu les couilles. Le jeu n'a pas énormément de défauts, mais ils sont assez importants pour en parler. Déjà, la ville de South Park n'est pas extrêmement grande, et bien qu'il y ait de l'exploration, on est vite assez restreint dans les lieux à visiter. On pourrait aussi reprocher le trop peu d'invocations présentes dans le jeu. Ces dernières permettent d'invoquer Monsier Hankey, Jésus, ou d'autres, afin d'abattre les ennemis, à l'exception des boss. Bref, c'est plutôt utile, et souvent très drôle, mais il y en a pas assez malheureusement. Mais ce n'est rien face au véritable gros problème du jeu : sa durée de vie. Ok, on se doutait que ce ne serait pas forcément un jeu de rôle hyper long, mais terminer l'histoire principale et les quêtes annexes en à peine plus de quinze heures, c'est quand même peu. Le pire, ce n'est pas que ce soit trop court, c'est surtout que c'est lorsque le scénario prend son envol le plus épique, dans une démesure absurde comme South Park est capable de le faire, que soudainement, pouf, c'est la fin... Alors Ok, c'est South Park, on est habitué aux fins précipitées, aux résolutions de problèmes absurdes, mais là, dans un jeu, c'est assez frustrant. Ça ne gâche pas l'expérience, mais c'est un poil décevant...

Malgré ses défauts, il faut quand même l'avouer, South Park : Le Bâton de la Vérité est un bon jeu, que tous les fans doivent se procurer. En terme d'adaptation de série, on a là l'un des meilleurs exemples. Les références pleuvent, l'humour crade et irrévérencieux est au rendez-vous, et la réalisation est au top. Mélange absolu entre volonté épique, et décalage des situations, le titre réussit le pari d'être un RPG décalé. Un jeu de rôle dans lequel on doit éviter une paire de couilles géante en plein combat, ou dans lequel on peut voir un type sodomiser un cheval, ce n'est pas courant. Alors oui, on regrette une carte trop petite et une durée de vie bien trop courte, avec une histoire qui se termine là où elle aurait réellement dû commencer, mais on prend un plaisir véritable à jouer au jeu, particulièrement si on est fan. Alors faites donc honneur à la Princesse Kenny, et allez y jouer. Parce que franchement, ça troue le cul !

16/20

mercredi 26 février 2014

Test Rambo

On a connu Rambo soldat traumatisé, puis Rambo guerrier, puis Rambo guerrier traumatisé. En quatre films, le héros est passé par de nombreuses étapes, et on préférera éviter les deuxièmes et troisièmes. Sauf si on aime les lumières bleues. Bref, en tant que véritable icône, il n'est pas surprenant de voir apparaître un nouveau jeu vidéo tiré de la saga. Il est vrai qu'à partir du deuxième film, il y a de la matière à faire un jeu de tir. Surtout avec le quatrième film, dont l'action s'y prête bien (mais attention, en aucun cas John Rambo est juste un film bourrin, c'est une véritable réflexion sur la violence et son utilisation, avec en prime une fin poignante et intelligente). C'est donc tout naturellement que le jeu n'adapte que les trois premiers films, en violant bien comme il faut le dernier volet et la mythologie du héros par la même occasion dès la scène d'intro.

Oui, Rambo commence par... La guerre du Vietnam. Cette guerre qui justement n'est pas montrée dans le premier film, ce qui lui donne son essence même. Bon, ok, on parle du Vietnam dans le 2, mais c'est une autre histoire ! Bref, le jeu Rambo commence au Vietnam, où Rambo tue des vietnamiens pas gentils par centaine. Oui, par centaine, rien que ça. En même temps, le jeu n'est pas un FPS, mais un rail shooter. En gros, on n'avance pas par nous-même, on reste planté là où le jeu le demande, et tant que l'on a pas tué tout le monde, on ne bouge pas. Alors ok, le genre rail shooter a connu de belles heures dans les années 90, grâce aux bornes d'arcades, puis avec les consoles et les pistolets que l'on pointait devant son téléviseur, mais on ne peut pas dire qu'il soit encore réellement apprécié depuis une bonne dizaine d'années. Ce choix est donc surprenant, et pourtant, il est sûrement moins catastrophique que si le jeu avait été un FPS type Call Of Pan Pan Boum Boum.

 Coucou, je suis bien animé !

En effet, la maniabilité est très réduite, et vu ses limites, on se dit que ce n'est pas plus mal d'être cloisonné dans le genre rail shooter, plutôt que dans un FPS couloir. Ici, on tire, on tire, et... parfois on lance des grenades. C'est pas plus bête que ça ! Voilà voilà... Bon, il y a quelques... Subtilités dira-t-on. Lorsque l'on remplit une jauge, on peut passer en mode rage. Cela déclenche un effet bullet time, et plus on tue de méchants, plus on regagne de la vie. Sinon... Ben, on peut se couvrir tout de même, en appuyant sur une direction, afin de ne pas mourir trop vite. Le reste du temps, on tue des ennemis, à commencer par des viets cons. Non non, pas des Vietcongs, mais bien des viets cons. Parce que l'intelligence artificielle n'est même plus hasardeuse à ce stade, elle est... Pourrie ? Oui, pourrie, c'est bien comme mot. Entre les ennemis idiots qui se laissent canarder sans tirer, et ceux qui tirent tout le temps sans laisser de répit (à se demander s'ils rechargent), c'est du grand n'importe quoi.

Heureusement, des phases autres apportent un peu de changement à un gameplay qui forcément a du mal à se renouveler, et s'avère très vite répétitif (dès la première mission en fait). En même temps, on ne peut pas adapter tout les films Rambo avec des phases de tir. C'est donc naturellement, et dans la joie et la bonne humeur, que nous pouvons accueillir... Les QTE ! Ah, les sacripants, ils nous font vite regretter les phases de tir. Oui, ces phases de QTE sont absolument nulles. Elles ne sont même pas le minimum syndicale du QTE. En gros, on doit appuyer au bon moment sur la bonne touche... Et parfois, il faut appuyer rapidement à répétition sur cette touche. Quelle joie ! On en revient de toute manière assez rapidement aux passages rail shooter, qui constituent le plus gros du jeu. A noter qu'on a un score à chaque fin de mission, mais surtout des points de compétences, afin d'améliorer son attaque, sa défense, etc... C'est mieux que rien.

Parlons un peu de la réalisation du jeu. On a parfois critiqué la gueule que Stallone a actuellement, plus ou moins refaite, avec une bouche... étrange. Alors ok, ça peut paraître bizarre, mais il a toujours l'air d'un être humain. Regardez sa gueule dans le jeu, et... Et zut, c'est juste très laid. On dirait un prototype pour une machine hybride entre une Nintendo 64 et une Playstation 2 ! Et c'est pareil pour tout le monde. Déjà, les ennemis sont tous pareils dans chaque niveau, quasiment. Pour les asiatiques, c'est normal, ils se ressemblent tous, mais... La rédaction s'excuse pour cette odieuse blague raciste. D'ailleurs ici, on aime bien la Chine, on mange des sushis tous les jours... On s'excuse encore... Désolé. Bref, les ennemis se ressemblent, et tous les personnages sont ultra moches ! Rien que la cinématique d'intro, on se croirait devant une adaptation en jeu vidéo de Freaks ! Et encore, c'est méchant pour les acteurs du film. On est en 2014, pas en 1999 les gars ! C'est même pire encore, parce que ce n'est pas juste moche, mais on a même l'impression que les visages sont volontairement dégueulasses et immondes ! Alors oui, c'est facile de cracher sur la réalisation, mais, bon sang, c'est quand même super laid ! Enfin bref... On ne va pas changer ce qui a été fait.

 C'était pas ma gueule, colonel !

Et pourtant, tout n'est pas à jeter dans Rambo. On peut avouer que le jeu, totalement bourrin et assez reposant pour le cerveau la plupart du temps, a de quoi amuser et faire rire, pour peu que l'on y joue comme on regarde un nanar, avec plein de second degré. Bon, ok, ça amuse dix minutes, après ça lasse, mais c'est déjà pas mal. Et puis, il y a une idée intéressante lorsque l'on recharge ses armes. Un cercle apparaît, et selon le moment où on appuie, on a soit 100% de ses balles, soit 200%, soit 50% (ah, ces armes qui s'enraillent pour un rien !). Bon, ok, ce n'est pas l'idée du siècle, mais c'est pas mal, non ? C'est pas une mauvaise idée. Même si c'est potentiellement casse-couillespieds lors de certaines phases de tir, puisque recharger est encore plus long que cela ne devrait l'être. Mais c'est quand même une idée. Voilà voilà...

Soyons honnête, Rambo n'est pas une catastrophe, mais évidemment, ce n'est pas du tout un bon jeu. La réalisation est datée et laide, le gameplay est sans cesse le même et devient vite très répétitif, et les phases de QTE sont nulles. Pourtant, on peut éventuellement prendre du «plaisir», si l'action décérébrée arrive à amuser. Dégommer et faire exploser des méchants à tout va, comme ça, sans réellement réfléchir, c'est parfois assez drôle. Pour le reste... Ouais... John Rambo l'a crié à la fin du film : «Adrian !» Euh... Non, c'est pas ça... «C'était pas ma guerre !» Oui, voilà. Alors ok, ce n'était pas sa guerre, et une chose est sure, on n'a pas forcément envie que ça devienne la nôtre.

7/20

lundi 24 février 2014

Test Donkey Kong Country Tropical Freeze

«Hé là ! Regardez là-bas ! Le voilà, banana slama, le héros de Donko Bongo !» Bon... Ok, commencer ce test par les paroles de la série animée Donkey Kong Country n'était pas forcément une bonne idée... Mais au moins, cela met dans le bain, et on sait de quoi on va parler. De Donkey Kong ! Surpris ? Non, sérieusement, rassurez-moi, vous n'êtes pas surpris ? Parce que ça serait un peu inquiétant... Bref, on est là pour parler de Donkey Kong Country : Tropical Freeze. Après avoir signé son retour sur Wii en 2010, puis une nouvelle et même fois sur 3DS l'année dernière, le grand singe le plus connu du monde vidéoludique revient pour un nouveau jeu de plate-forme qui donne la banane. Mais qui plombe aussi le moral... Explications.

Oh mon Dieu ! Par le Saint Helix Fossil, c'est horrible, des immondes méchants pas gentils ont jeté le froid sur tout plein d'îles tropicales ! Et le jour de l'anniversaire de Donkey Kong, lui empêchant de souffler sa bougie. Ah, les fils de kongs ! Bref, inutile de s'emporter, cette tragédie est le point de départ de Donkey Kong Country : Tropical Freeze. Une histoire prétexte, mais peu importe, ce qui compte dans ce genre de jeu, c'est le gameplay. Mais avant, parlons un peu de la réalisation, histoire de vous faire patienter encore un peu, bande de jeunes impétueux ! Qu'on le dise tout de suite, d'un point de vue technique pure et dure, le titre n'est pas une claque graphique, et n'exploite pas à fond ce que la Wii U a dans le bide. Mais peu importe ! A côté de ça, la direction artistique du jeu éclipse quasiment toutes celles des productions récentes, tant elle fourmille d'idées visuelles et de trouvailles qui sont un délice pour les rétines. Entre cette jungle de fruits géants, ce niveau sous-marin en ombres, ou bien ce fabuleux niveaux de savane en marionnettes qui nous entraîne dans un univers proche du Roi Lion, on le dit une bonne fois pour toutes, la direction artistique est sans faille. Et que dire des thèmes musicaux, qui signent le grand retour de David Wise, compositeur attitré des jeux Donkey Kong, mais qui n'a pas travaillé pour Donkey Kong Country Returns. Ils sont tout simplement sublimes ! On est presque en droit de dire que ce sont les meilleures musiques de la série, et on ne serait pas en tort. Ah, ces thèmes musicaux, cette esthétique visuelle éblouissante... Bon sang, comme ça fait plaisir ! Et si on parlait de la maniabilité dorénavant ? Ça vous tente ?

 Bro Fist!

P*tain de b*rdel de m*rde d'enc*lé de ta r*ce de ta m*re la p*te ! Apprêtez-vous à souvent employer ce genre d'expressions, même si vous êtes polis de nature. Non pas que les contrôles soient mauvais, au contraire même, mais la difficulté du jeu en fera criser plus d'un. On vous explique. Donkey Kong saute, s'accroche aux lianes, tape des mains, bref, la routine. De ce point de vue-là, pas de problème. Lorsqu'il trouve un tonneau spécifique, il peut être accompagné soit par Diddy, Dixie, ou Cranky. Ces trois compères ont des capacités bien distinctes. Diddy permet de prolonger la distance d'un saut en volant sur une courte durée, et il peut transformer les ennemis en ballon-vie lorsqu'une jauge spéciale est remplie. Dixie permet de sauter plus haut, et transforme les ennemis en cœurs jaunes, qui permettent d'encaisser plus de coup. Quant à Cranky, le moins utile (comme la plupart des vieux... Enfin... Bref...), il permet de sauter plus haut en faisant des rebonds avec sa canne, tel Picsou dans Ducktales, et il transforme les ennemis en pièces (super utile on vous a dit). C'est plutôt cool, mais surtout, chacun de ses acolytes possède deux cœurs, ce qui permet de se faire toucher plus de fois avant de mourir. Mais attention, au bout de deux coups, votre compagnon meurt, et on ne peut plus utiliser ses capacités. Et vous en aurez besoin pourtant, des capacités, comme des cœurs. Parce que comme dit plus haut, le titre possède une difficulté corsée. Alors bien entendu, le jeu n'est pas du tout infaisable, ni même aussi dur qu'un Ghosts'n Goblins, heureusement, il reste adapté pour des êtres humains, mais une chose est sure, c'est qu'à l'heure des jeux qui ne cessent de se simplifier pour être finis par tous, Donkey Kong Country Tropical Freeze propose une expérience que les joueurs de plate-forme aguerris apprécieront.

Ah, les niveaux en wagon... Quel plaisir...

Et pourtant, vous allez parfois bien hurler devant votre écran. Oui, toi, le joueur, tu vas très probablement insulter les développeurs, le gorille, sa famille, et les boss, ainsi que leur mère qui selon toi batifolent très souvent place Pigalle avec pleins d'inconnus en se faisant payer des sommes exorbitantes. Il faut bien dire une chose, le level design du jeu frôle la perfection. Et une chose qu'il ne frôle pas, et qu'il atteint sans problème, c'est le sadisme. Oui, chez Retro Studios, ont est des petits vicieux qui n'aiment pas les joueurs de jeux vidéos. Ou plutôt qui les aiment trop. Au point de leur proposer un défi qui Freeze... Au point de leur proposer un défi qui frise parfois le ridicule, tant il peut s'avérer élevé. Ou plutôt tant il peut s'avérer bien gros porc. En gros, il y a certains passages que l'on ne peut faire du premier coup tant ils demandent à ce qu'on les connaissent par cœur pour les réussir. Entre une plate-forme qui s'effondre, un ennemi qui surgit, ou même un sol qui prend feu, c'est parfois du grand délire. À hurler, on vous dit. Et les boss... Bon sang de bois de bananier ! Les affrontements sont souvent longs, trop diront certains, et les boss sont coriaces, les saligauds ! Toujours ces trois étapes. Ces trois #&@*/]{- d'étapes ! Le mieux, c'est de s'équiper dans la boutique de Funky Kong avant un affrontement, histoire de survivre le plus longtemps possible avant la mort qui vous guette. Oui, elle vous guette ! Sans arrêt. SANS ARRÊT ! Heureusement que l'on récupère des vies très facilement. (Tu veux un ballon Donkey?) Parce que sinon, ça serait le Game Over dès le deuxième niveau. Et puis, préparer les bananes fourrées aux antidépresseurs si vous ne voulez pas exploser votre Gamepad (ou les tympans de vos voisins aussi). Bref, ce n'est pas impossible, c'est même plutôt bien d'avoir du défi, mais parfois, c'est juste un poil trop. Mais c'est cool quand même. De Donkey Kong Country Tropical Freeze à Donkey Kong Country Tropical Crise, il n'y a qu'un boss, que vous affronterez bien un jour ou l'autre.

Vous l'aurez compris, sûrement, Donkey Kong Country Tropical Freeze est un jeu de plate-forme extraordinaire, mais qui ne s'adresse pas à tout le monde. Les néophytes rageront bien comme il faut devant, quant aux vieux de la vieilles qui ont saigné tous les Megaman, ils apprécieront cette difficulté qui rappelle le bon vieux temps où l'on jouait jusqu'à devenir dépressif. Le level design est tout simplement génial, et le gameplay aussi, bien que peu original finalement. Quant à la réalisation, elle n'exploite pas à fond la console, mais elle déboite quand même bien la race à sa maman tant la direction artistique fourmille de trouvailles visuelles, et tant les musiques sont exceptionnelles. En sept mots comme en mille-deux-cent-quatorze : jouez à Donkey Kong Country Tropical Freeze ! Voilà, si vous n'êtes plus convaincus, on ne peut plus rien pour vous. Alors vous avez compris, ne faites pas les cons Kongs !

17/20

vendredi 21 février 2014

Critique Lego La Grande Aventure

Depuis sa sortie, tout le monde s'évertue à le dire, Lego La Grande Aventure est une réussite. Et il faut dire ce qui est, c'est vrai. Le film est génial, drôle, et on prend un plaisir immense à le voir. Pourtant, qui aurait cru que des briques et des personnages jaunes pourraient être à l'origine d'un bon film ? Ok, depuis quelques années, le phénomène prend de l'ampleur, et les figurines jaunes connaissent un succès de plus en plus grand. D'une part, grâce aux différents jeux vidéo, qui détournent avec beaucoup d'humour les grandes franchises de la pop culture. Mais aussi grâce à l'avènement du net et l'accès simple à certaines technologies, qui ont poussé les gens à faire des films en stop motion avec leurs Lego. Et ça, les danois l'ont bien compris, puisqu'ils avaient eux-même lancé un pack prévu pour ça il y a quelques années déjà, avec mini caméra appareil phot qu'on reliait à un PC, logiciel de montage facile d'accès, et des plateaux de jeu devenus plateaux de «cinéma» pour l'occasion. Alors le projet de film est logique, l'engouement aussi, et le résultat ne pouvait pas être décevant. Il aurait pu l'être, mais heureusement, ce n'est pas le cas. Et on va essayer de comprendre pourquoi, avec tout plein de bonne humeur. Parce que tout est super génial !

A l'origine du projet de film Lego, on retrouve la Warner, qui édite les jeux Lego. C'est logique, sûrement pour une question de droit, mais c'est tout de même rassurant. Ensuite, à l'écriture et derrière la caméra il y a Phil Lord et Chris Miller, qui ont déjà fait leurs preuves dans le film d'animation avec Tempête de Boulettes Géantes, et dans la comédie pure et dure avec l'adaptation en film de 21 Jump Street. Et il faut dire que pour leur troisième long métrage, Lego La Grande Aventure, ils ont mis tout leur talent au service non pas forcément d'une intrigue très originale, mais au service d'une réalisation quasi sans faute, servie par des gags qui font constamment mouche tant ils tombent juste. Et justement, l'humour du film, c'est bien là l'un des points forts du film. Sur quoi se base-t-il réellement, et pourquoi rit-on ?


On le sait depuis un certain temps, la franchise Lego est passée maître dans le domaine du détournement et de la parodie. Avec des licences aussi fortes que Star Wars ou Indiana Jones pour commencer, puis avec à peu près tout ce qu'il était possible de faire, tant que cela avait de l'intérêt. À tel point que le jeu Lego City Undercover se permet de parodier tout ce qu'il peut de la pop culture. Alors un film Lego, forcément, puisque ce n'est pas basé sur une licence du cinéma, ça devrait faire pareil. Oui, en grande partie. Plus ou moins tout ce qui existe en figurine Lego depuis la création de la marque est passé à la moulinette dans le film. Et c'est donc presque un gros fantasme de gamin, de geek, et de cinéphile qui nous tombe dessus lorsque l'on voit le résultat. Batman, Superman, Gandalf, Chewbacca, les Tortues Ninja, ou encore Les S... Non, ce serait criminel de tout vous dire, autant le découvrir par vous-même. Bref, tout un mélange absolu de culture pop et geek nous est servi sur un plateau d'argent grandement saupoudré d'humour. Batman qui chante une chanson super dark, parce que bon, il est trop dark lui aussi, Green Lantern qui adorerait être pote avec Superman, Shaquille O'Neal qui est «prêt pour ça», et on en passe et des meilleurs... Tout est réuni pour détourner ce que l'on connaît. Pas assez pour certains, mais l'humour du film ne se base pas uniquement sur le principe du détournement à tout prix.

En effet, puisqu'il y a aussi des personnages créés pour l'occasion, comme la désormais mythique Unikitty, cette licorne chat rose qui n'existait pas auparavant, et qui est l'un des personnages les plus drôles du film. L'humour n'est bien heureusement (ou malheureusement pour certains) pas que référentiel, et se base aussi sur des gags qui jouent sur l'absurde ou le décalage. Et sans être le film d'animation le plus drôle au monde, on rit souvent aux éclat. Et ça, c'est aussi grâce au doublage du film, en version originale. Il faut l'avouer, le casting vocal américain est tout simplement impressionnant, et à de quoi faire saliver plus d'un cinéphile ou amateur de culture américaine. Et le film prend tout son sens quand on le voit en VO. Pour les blagues, bien évidemment, pour le jeu d'acteur (oui, on a dit acteur, et pas le premier nom tiré du chapeau du distributeur français, qui nous refourgue une chante... Tal. Bref, rien à voir avec une actrice) qui réussit un coup de génie, mais aussi pour le choix des acteurs pour les personnages. C'est là que le film prend une autre dimension, et révèle tout son sel (enfin, pas tout non plus), puisque chaque acteur choisit pour un personnage, c'est déjà en un certain sens une preuve d'humour. Sincèrement, Channing Tatum qui fait Superman, et surtout Jonah Hill qui double Green Lantern, c'est tout simplement génial. Charlie Day qui prête sa voix à un astronaute complètement fou de vaisseau, c'est parfait. Surtout dans l'une des scènes finales où son doublage prend tout son sens. Alison Brie qui double Unikitty, ce chat licorne rose, c'est une preuve que les réalisateurs ont tout compris à la vie ! Mais le meilleur choix de casting vocal revient à Batman, interprêter par... Will Arnett ! Sûrement le meilleur choix pour une voix depuis que le doublage existe. Et de très bons acteurs, il y en a plein dans le film, comme Morgan Freeman, Liam Neeson, ou encore Chris Pratt. Non, sérieusement, voir le film en VF, c'est passé à côté de la moitié de son essence.

Bref, inutile de militer pour la VO, il faut surtout militer pour le film, qui est tout simplement génial. Alors oui, c'est une gigantesque pub pour la marque, et à peine sorti de la séance, on a envie d'acheter plein de Lego, mais cela ne l'empêche pas d'être un vrai bon film d'animation, qui plaira à tous, et qui fait rire ! C'est dynamique, ça donne la pêche, et même si le scénario est plus un prétexte qu'autre chose, il est le prétexte pour un divertissement de grande qualité, qui s'assume, et qui donne immédiatement envie de retomber en enfance. Alors un conseil, allez voir Lego La Grande Aventure, vous ne le regretterez pas. Everything is awesome !!!

jeudi 20 février 2014

Test Lego La Grande Aventure Le Jeu

Attention âmes sensibles, apprêtez-vous à entrer dans un monde sombre et cruel, d'une rare violence, et déconseillé aux plus jeunes. Ce dont on va vous parler n'est pas à mettre entre toutes les mains. Il y est sans cesse question de démembrements horribles des ennemis dès lors qu'il y a des combats, et ce n'est pas très joli à voir. Alors bon, ok, ce sont des figurines, mais tout de même... Bref, vous êtes prévenus, on peut commencer.

Alors que le film Lego La Grande Aventure vient tout juste de sortir au cinéma, le jeu tiré du film est de sortie lui aussi. Oui, le jeu, tiré du film, tiré des jouets, avec des références à d'autres jeux de la licence dedans... Bref, le jeu du film. Alors que les Lego se sont attaqués a énormément de franchise, et cela depuis des années, on est en droit de se demander si un jeu tiré du film est une bonne idée. S'il ne détourne pas une licence, jouant sur les effets parodiques, un titre Lego a-t-il une légitimité à exister ? C'est bien la question que l'on est en droit de se poser.

 Emmet, ouvrier dans le bâtiment

Sans surprise, le jeu reprend la trame du film, et nous balance plein d'extraits en guise de cinématiques. Bien entendu, des scènes du long-métrage qui dure dix-huit secondes sont grandement rallongées dans le jeu, histoire d'avoir des phases de gameplay longues et cohérentes. C'est bien l'un des points forts du titre, être cohérent en tant que jeu, mais aussi en tant que supplément au film. Ceux qui joueront au jeu sans avoir vu le film se feront bien entendu spoiler l'intrigue (mais peu de gags, heureusement), mais ils ne seront pas perdus dans cet univers. En revanche, ceux qui auront vu le film avant retrouveront l'ambiance, les lieux, les personnages, mais aussi l'univers totalement élargis pour l'occasion, avec une cohérence absolument parfaite. On y trouve des gags parfois assez somptueux, mais pas forcément compréhensibles par tous (la référence au film Batman de 1966 par exemple, que les jeunes ne pourront pas comprendre), qui viennent enrichir ce qui a été créé avec le film. En cela, le titre est l'une des meilleures adaptations de film en jeu, puisqu'il ne se contente pas de reproduire ce qui existe, mais se permet de créer plus, et d'ajouter de la valeur à ce qui a déjà été mis en place. Cependant, tout comme le film, on vous recommandera de changer la langue de votre console, histoire de jouer en anglais. Pas pour les plus jeunes évidemment, mais pour tous les autres. Bénéficiant des mêmes acteurs que ceux du film en VO (Morgan Freeman, Will Arnett, Charlie Day, Alison Brie, …), les blagues et les jeux de mots sont vraiment drôles, même si l'humour change en partie de ce à quoi l'on pourrait s'attendre d'un jeu Lego. En VF, c'est forcément moins amusant. Les comédiens de doublages ne sont pas les mêmes que ceux du film (exit Tal, youpi!), et c'est peut-être le seul bon point.

Mais il n'y a pas que les blagues et les acteurs dans le titre. Eh oui, puisque l'on parle bien du jeu, pas du film, ne l'oublions pas. Le gameplay est assez classique pour un jeu Lego. On progresse dans des niveaux, et l'on alterne sans cesse avec les différents héros afin d'utiliser leurs différentes capacités pour avancer. C'est assez convenu, mais toujours aussi sympathique. A cela s'ajoute deux nouvelles manières de construire des objets, toutes les deux inspirées par le film. D'une part, quasiment tous les héros, les master builders, peuvent « scanner » le décor pour trouver trois éléments précis afin de construire un objet nécessaire à l'avancée. Cela implique de souvent déblayer les alentours afin de débloquer et trouver ces éléments. D'autre part, le héros, Emmet, est le seul à pouvoir construire selon des plans. Ces épreuves de construction différentes nécessitent de trouver les bonnes pièces indiquées sur la plan le plus rapidement possible. C'est sympa à défaut d'être enthousiasmant. Ce qu'il faut savoir, c'est que pour construire de cette manière, il faut au préalable avoir récupéré tous les morceaux d'instructions. Plate-forme, action, et exploration, tout est là, comme dans tout bon jeu Lego qui se respecte.

 Le Far West? Et pourquoi pas un monde arc en ciel!

En marge de l'aventure principale, il y a aussi beaucoup de choses à faire. Trouver toutes les briques dorées, toutes les boîtes de constructions, ou encore tous les pantalons. Il y a aussi énormément de personnages à débloquer et à acheter, une bonne centaine. Et puisque l'on parle des personnages, il faut dire que comme dans le film, les concepteurs se sont lachés. En mode jeu libre, lorsque l'on refait les chapitres, ou dans les HUB, on peut choisir ses personnages selon notre bon vouloir. Incarner Lincoln, Shakespeare, un ninja, un mec dans un costume de panda, ou encore d'autres figures assez mythiques que l'on ne dévoilera pas, c'est possible, et c'est surtout très drôle. La palme revient à Unikitty, ce chat licorne rose doublé par Alison Brie (meilleure idée du monde!). Se balader dans un monde de nuages avec une licorne chat rose qui sautille en se dandinant l'arrière-train et qui tire des arc en ciel, c'est tout simplement... Aussi absurde que grisant. Non, mais sérieusement, c'est le plus grand concept du monde! Surtout quand c'est aussi bien amené que dans le jeu. Bref, c'est cool, et il y a plein de choses à faire. Malheureusement, parce que oui, il y a un malheureusement, le jeu est un peu trop simple dans son ensemble. Pas mauvais, au contraire, ni même trop court, mais les énigmes, si on peut les appeler ainsi, sont bien trop faciles. Alors cela n'empêche pas de prendre du plaisir à parcourir le jeu, mais c'est un peu dommage. Ça permettra au plus jeunes d'y jouer. Avec leur parents, oncles, grand cousin, etc... Puisque le jeu est bien entendu jouable en coopération, et encore une fois, c'est plutôt cool.

Plus qu'une simple adaptation de film en jeu, Lego La Grande Aventure Le Jeu est un complément qui vient enrichir de manière assez surprenante et surtout de façon très cohérente l'univers créé pour le film. On préférera y jouer en VO, histoire de profiter de toutes les blagues et références. Pourtant, le titre semble s'adresser à un public plus jeune que les autres jeux Lego, puisqu'il n'est pas très difficile. Malgré tout, bien qu'il ne soit pas aussi original dans son gameplay, et bien que l'humour joue sur d'autres effets que celui du détournement d'une licence, Lego La Grande Aventure Le Jeu n'en reste pas moins un vrai bon jeu, que l'on parcours avec plaisir. Et puis sérieusement, contrôler un chat licorne qui dandine joyeusement du cul, c'est quand même assez jouissif, non ? Non ?

16/20