Après un premier épisode
qui aurait pu donner la frousse à Chuck Norris, et un second qui
proposait lui aussi son lot de peur surprise qui aurait facilement
terrasser une personne atteinte de tachycardie, la série Dead Space
revient avec un troisième opus qui, tout en conservant ses racines, cherche à s'en extirper. Après avoir voyagé et découvert une
partie de la nouvelle planète de glace qui nous sert d'espace de
jeu, voici un petit aperçu.
Le premier Dead Space
proposait une ambiance lugubre, sombre, glauque, terrifiante, et
surtout il nous enfermait, nous rendait totalement claustrophobe,
nous étouffait presque, pour que l'on vive une expérience dont on ne ressortait pas
indemne. On jouait avec la peur, la vraie. Et finalement, l'ambiance
se rapprochait pas mal du premier film Alien, en plus glauque et gore
bien entendu, et avec plus d'action. Le deuxième volet jouait sur
des peurs qui se basaient plus sur le surprise, mettant le joueur
dans une position de guet constant, le surprenant avec un rien, un
simple bruit, pour mieux l'effrayer lorsque le moment tant redouté
arrivait. S'il était moins terrifiant, il avait tout de même le
mérite de remplir correctement son rôle. Lorsque le troisième opus
a été présenté à l'E3 l'année dernière, le constat fut
immédiat. De la coopération, et de l'action. La série Dead Space
aurait-elle tout sacrifié sur l'autel du grand public, afin de
plaire au plus grand nombre ? C'est ce que les minutes de
gameplay présentées laissaient penser. Mais manette en main, qu'en
est-il réellement ?
T'as pas une gueule de porte-bonheur!
Dead Space 3 peut se jouer
de deux manières totalement différentes. En solo, ou en coop. Si
l'aventure reste la même, l'expérience est forcément tout autre.
Commençon par parler du solo, qui est la base du gameplay de la
série. Une planète de glace, un jeu d'horreur, une ambiance
oppressante, on peut penser à The Thing de John Carpenter, bien que
le film se déroule avant tout dans une base. Il est vrai que la
neige, les tempêtes, l'absence de visibilité sont en soit un bon
point de départ pour instaurer une ambiance glaçante et assez
stressante. Certes, on perd le côté claustrophobe qui faisait le
charme du jeu, mais on gagne une nouvelle dimension visuelle. La
neige, c'est l'endroit idéal pour que les créatures s'y cachent et
surgissent donc du sol sans que l'on puisse s'en douter. Ou même
sortir brutalement d'une tempête de neige. Cela fait toujours son
petit effet. Malheureusement, dans l'ensemble, on devient presque
habitué à toutes ces surprises. On est donc parfois réellement
surpris, mais la plupart du temps on commence à prévoir certains
événements à l'avance. Évidemment, quand on voit des corps sans
vie gisant à terre, on s'empresse de les écrabouiller, tout en se
méfiant, et bien entendu, il n'est pas rare qu'ils prennent vie
avant que l'on agisse. Ces effets éculés n'ont plus réellement
d'impact sur les sensations du joueur ou son ressenti, mais en ont
sur le gameplay. Encore plus qu'avant on est préparé à ce genre
d'événements. Les développeurs semblent d'ailleurs s'en être
rendus compte, et l'action a été plus mise en avant qu'auparavant.
Au détriment de la peur il est vrai, mais au lieu de nous servir du
pur réchauffé sans saveur, ils ont su remettre légèrement en
question le contenu de leu jeu. Alors bien sûr, cela peut déranger
les fans de terreur, qui aime angoisser devant leur écran, mais en
soit, si la nature première de la licence a été un poil perdue en
chemin, elle existe toujours et a évolué. Malheureusement, tous les
choix pour accentuer cette nouvelle décision ne sont pas bons. On
nous bourre un peu trop de scènes cinématiques à grand renforts de
QTE, afin de nous faire vivre plus intensément l'expérience. Ce
n'est pas forcément une bonne initiative, pas du tout même, mais
tant pis, il faudra faire avec. Pour le reste, tout est là, sauf
l'effet de surprise. A croire qu'il est difficile de faire peur de
nos jours. A moins que ce soit les joueurs qui ne veulent plus de titres de cet acabit.
Deux c'est mieux. Ou pas.
Et justement, pour ceux qui
n'aiment pas avoir peur, Dead Space 3 apporte la possibilité de
désormais jouer en coopération les missions du jeu. Inutile d'y
aller par quatre chemins, prenons l'accès direct et soyons francs,
c'est complètement raté. Attention, il faut tout de même préciser
que c'est raté pour un jeu comme Dead Space. Déjà, un jeu qui se
veut d'horreur ne fonctionne pas si l'on est accompagné, c'est un
fait. Alors un jeu d'horreur qui n'en est plus réellement un, c'est
encore pire. Au lieu d'être dynamique, le jeu en coop devient au
contraire lent, puisqu'il faut sans cesse attendre son partenaire, ou
bien parfois risquer de louper des objets ou lieux pour ne pas le
ralentir. On ne se sent pas libre, et le plaisir du jeu s'en va assez
vite. C'est peut-être uniquement dû au mode en ligne, vu que l'on
ne communique pas avec son partenaire. Cela n'empêche que c'est
assez frustrant. Le pire vient de certains passages qui nécessitent
que l'on effectue une action précise. Si l'acolyte ne pige pas ce
qu'il faut faire, il peut tenter d'agir dans son coin, et totalement
entraver le bon déroulement de l'action, que l'autre joueur aura
compris, et tentera comme il peut d'effectuer. Eh oui, ce genre
d'inconvénient peu être de la partie, et c'est bien dommage. A
cela, on peut rajouter une plus grande scénarisation de la campagne,
du fait des deux joueurs au lieu d'un seul, qui elle aussi fait
défaut. Trop de dialogues inutiles entre les personnages, et ce qui
est évident à l'écran est sans cesse rappeler à l'oral, comme si
deux joueurs étaient plus cons qu'un seul. Au moins les scènes
cinématiques, remplies de QTE ou non, ont au moins le mérite d'être
un poil plus intéressantes à deux. Pour le reste, c'est finalement
assez décevant, et surtout trop éloigné de l'esprit original de
Dead Space.
Si la campagne solo a
tendance à légèrement s'essouffler dans ce qu'elle avait de plus
horrifique, elle n'en demeure pas moins toujours aussi intéressante
d'un point de vue action. Les nouveaux lieux et espaces peuvent
laisser espérer du meilleur pour le jeu entier, même s'ils
n'égaleront sûrement pas ceux étouffants du premier.
Malheureusement, dès que l'on joue en coop, l'ensemble perd de son
intérêt réel pour devenir un simple jeu d'action assez vite
ralenti par un rythme qui ne convient pas au titre. Peut-être que
dans son intégralité, le jeu assumera sa campagne de coopération,
mais pour le moment, il semble bien que le solo reste la meilleure
option. Reste à voir ce que le jeu offrira à sa sortie. Pour le moment, on ne peut qu'être positif bien que légèrement déçu,
même si on préférera se concentrer sur le mode solo.










