samedi 17 mai 2014

Critique X-Men : Days of Future Past

Tandis que The Amazing Spider-Man 2 continue de pourrir nos écrans de cinéma, d'autres films de super-héros sont prévus pour bientôt. Et toujours de la part de Marvel. Le prochain en date, c'est X-Men : Days of Future Past, à la fois suite et préquelle. Une suite à la préquelle qui est aussi une suite à la trilogie, mais qui se passe en partie avant. Bref, rien de bien compliqué, on va vous expliquer un peu plus tard. Alors que X-Men : Le Commencement avait été une bonne surprise, surtout après la déception de X-Men : L'affrontement Final, on attendait impatiemment une suite. Et finalement, c'est un des épisodes les plus connus de la saga X-Men qui a été adapté au cinéma. Un épisode qui mêle futur et passé. Et c'est en ça que le film est une suite à la trilogie et à la préquelle. On avait de quoi attendre cet opus, tant avec crainte qu'avec enthousiasme. Reste à voir qui de l'enthousiasme ou de la crainte avait raison.

Le film commence de manière assez déroutante. Un univers que l'on ne connaît pas, très sombre, avec des centaines de cadavres que des camions vident dans des décharges. Le ton est donné. On apprend que l'action se situe dans le futur et que les mutants et les humains qui les aident sont traqués par les Sentinelles, des espèces de robots géants surpuissants capables de s'adapter aux pouvoirs de leurs adversaires. Et rapidement on enchaîne avec une séquence d'action assez impressionnante dans laquelle de nombreux X-Men se battent contre des Sentinelles, et... meurent. Oui, vous avez bien lu. On est face à une guerre sans merci, et attendez-vous à voir certains de vos mutants préférés se faire tuer de manière parfois assez violentes (au moins trois démembrements dans le lot!). Eh oui, le ton était donné dès la scène d'introduction avec les cadavres rappelez-vous. Et comme cette situation craint un peu du boudin, la solution pour s'en sortir c'est d'envoyer Wolverine dans le passé afin de convaincre les jeunes Charles et Erik de l'aider à empêcher un événement plutôt marquant d'avoir lieu. C'est le point de départ du film. On laisse Logan enfiler son pantalon à pattes d'éléphants, et hop, petit retour en 1973.


A partir de ce moment, il faut se rendre à l'évidence sur deux points. Déjà, il y aura bien moins d'action que dans le futur, forcément. Ensuite, les X-Men qui se battent ensemble, eh bien c'est rapé, puisque le film va principalement se concentrer sur quatre personnages : Charles Xavier, Erik, Raven, et Logan. Eh oui, X-Men : Days of Future Past lorgne plus du côté de X-Men : Le Commencement. Et si ça ne plaira pas à tout le monde, cela a pourtant plusieurs aspects plus que positifs. Le scénario est bien écrit, tient la route, et offre une nouvelle fois un travail sur les personnages très réussi. Ce qui amène aux acteurs, qui sont quasiment tous parfaits dans leurs rôles, James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence en tête. Le premier campe un Charles Xavier en pleine dépression, le deuxième un Magneto toujours aussi ambigüe, et la dernière confirme qu'on aurait pas pu prendre meilleure actrice pour le rôle de la très bleue Mystique. Bon scénario et excellents acteurs, le film part plutôt bien!


Sans une réalisation à la hauteur, tous ces efforts ont rapidement de quoi être vains. Et quand on sait que ce n'est plus Matthew Vaughn, réalisateur du très bon X-Men : Le Commencement, qui est derrière la caméra, il y a de quoi avoir quelques craintes. Alors oui, c'est Bryan Singer qui réalise le film, le même qui a réalisé les deux premiers X-Men, mais bon, on ne peut pas dire qu'il possède le talent d'un Matthew Vaughn malheureusement... Alors attention, la mise en scène tient la route, elle est honnête, et lors des phases d'action, c'est même plutôt sacrément bien foutu, donc il ne faut pas s'imaginer que c'est mauvais, bien au contraire, mais ça aurait pu être très probablement encore mieux avec Vaughn derrière la caméra. On ne reste pas sur sa faim malgré tout. En revanche, ce qui est potentiellement dommage, c'est que comme quasiment l'intégralité du film se déroule dans le passé, eh bien les mutants de la trilogie, du futur donc, ce sont limite des caméos. Donc quand on en voit certains sur des affiches promotionnelles, il y a presque de quoi rire. Et puis quitte à souligner les défauts du film, les fins sont outrageusement scandaleuses, à l'instar des autres film de super-héros qui ont déjà prévu quarante-trois suites. Donc la fin de X-Men : Days of Future Past et sa scène post-générique annoncent Wolverine 3 et X-Men 6... Dommage, le film aurait été une conclusion parfaite à la franchise sur grand écran.

Malgré certains défauts, vous l'aurez compris, X-Men : Days of Future Past est un bon film. Et de nos jours, c'est presque trop rare quand on voit ce que l'on nous sert régulièrement. Certes, l'action est peut-être moins présente que prévu, mais le film réserve son lot de séquences mémorables, de l'introduction à la scène d'évasion du Pentagone (scène qui semble clairement avoir été conçue pour être LA scène du film, faite pour plaire aux spectateurs, mais bon, on ne va pas la critiquer) pour ne citer que ces deux-là. Le résultat est un bon divertissement, un bon film de super-héros, et à l'heure actuelle, c'est trop rare pour qu'on passe à côté. Alors n'hésitez pas, si vous en avez l'occasion, allez voir X-Men : Days of Future Past.

jeudi 1 mai 2014

Critique The Amazing Spider-Man 2 : Le Destin d'un Héros

En 2012, alors que sortait The Amazing Spider-Man, un article avait été écrit afin de dire que c'était une bonne surprise. Aujourd'hui, alors que sa suite vient d'arriver sur nos écrans, on va vous expliquer pourquoi il s'agit de l'un des pires films de super-héros existants. Oui, rien que ça.

The Amazing Spider-Man 2 prend forcément part après le premier volet. On retrouve donc un Peter Parker tout juste diplômé, en couple avec Gwen Stacy (Emma Stone, radieuse), et qui porte toujours le costume de l'homme araignée. Et comme l'affiche et les bande-annonces nous l'ont montré, ou plutôt essayé de faire croire, il devra affronter trois méchants, et pas des moindres. Electro, le Bouffon Vert, et le Rhino. Bref, un beau programme en perspective, qui commence très très mal. Dès le début le film nous rappelle le seul intérêt de ce reboot, la vérité sur les parents de Peter Parker (mais on verra rapidement que le seul intérêt de ce reboot c'est Emma Stone en fait). On commence donc avec une scène qui nous apprend la cause de leur mort. Et c'est via une scène d'action qui brûle les yeux qui se déroule dans un avion, incohérente et montée avec les pieds par un monteur cul-de-jatte, que ça se passe. Déjà, on sent qu'il y a un problème, et que si le reste du film est constamment de cet acabit, c'est mal barré. Heureusement, on enchaîne directement avec la première scène d'action du film, et on est rassuré. Non, c'est une blague, c'est aussi mal réalisé et aussi mal monté. C'est limite incompréhensible. Ajoutons à cela Paul Giamatti qui a dû oublier comment jouer, pour incarner de manière aussi outrancière et ridicule un méchant très méchant hahaha je vous déteste tous parce que je suis russe, et on de demande ce que l'on fout dans la salle face à une parodie de film d'action.

Et on se le demande aussi durant tout le reste du film malheureusement... La faute à une réalisation sans âme, mais surtout à un scénario (si on peut appeler ça comme ça) qui semble avoir été pensé pour en mettre le plus possible, tant pis pour la cohérence, et qui est moins bien écrit qu'un scénario de dessin animé diffusé sur France 4. On suit une trame scénaristique dont on a rien a foutre réellement, parce que jamais on se sent concerné. Mais le pire. Le pire du pire du pire. Ce sont les méchants. Si Paul Giamatti est nullissime (mon Dieu, que t'ont-ils fait?) en Rhino aussi pathétique qu'inexistant, la palme du méchant le plus ridicule de l'histoire des super-héros de film revient à Electro. Ou comment Jamie Foxx a perdu l'intégralité de son charisme en un seul film. Introduit comme un scientifique sans ami, il ferait passer les pires caricatures de nerds et de geeks des années 80 pour des personnes crédibles. Là, Jamie Foxx/Max Dillon est un scientifique fanatique de Spider-Man qui s'imagine être son ami, et qui doit probablement aussi se toucher la nuit dans son lit en pensant à lui. Avec les bonnes lunettes ringardes, les cheveux gras immondes et mal coiffés, et les gens qui le considèrent comme du caca. Bref, le cliché absolu de la caricature du cliché. Puis dans une scène totalement ridicule il se transforme en na'vi, et ses intentions ne changent pas : «Spider-Man, tu veux être mon meilleur ami du monde? Je peux renifler ton costume après que tu l'aies porté?». Mais bon, comme tout ne se passe pas comme prévu, hop, il va vouloir s'en prendre à la Terre entière, c'est à dire New-York. Ah, ces méchants vachement crédibles. Ils sont trop sensibles.


Mais on n'a pas parlé du Bouffon Vert! En effet, Harry Osborn, qui se transforme 25 minutes avant la fin, dans le seul but de (Spoiler, donc on ne dira pas quoi) puis ensuite d'introduire de manière faussement masquée les Sinistre Six. En gros, il n'est pas vraiment hyper utile, à part pour créer une scène d'émotion intense plutôt ratée, et on le voit huit minutes à tout casser dans le film, le temps d'un combat aussi épique qu'une partie de Monopoly avec un aveugle. A noter que durant cet affrontement, il y a une scène de lancement de toile très éjaculatoire, et dans le contexte, on hésite entre risible ou plutôt audacieux mais risible malgré tout. Bref, les méchants, vous l'aurez compris, sont tous ratés. Mais le pire, c'est qu'on a osé nous vendre le film comme une succession de scènes magistrales relatant les affrontement terribles entre Spider-Man et ses ennemis. Sauf qu'au final, il n'y a réellement qu'un méchant dans l'histoire : Electro. Le Bouffon vert apparaît moins d'une dizaine de minutes, comme dit plus haut, et le Rhino, n'en parlons pas. Paul Giamatti doit apparaître environ six minutes à tout casser, et tout juste trois dans le «costume» du Rhino. En gros, on nous vend un film avec trois méchants, et on se retrouve avec... ben pas grand-chose. Surtout que le seul réel combat du film, c'est contre Electro. Un combat totalement incohérent avec le personnage d'ailleurs. Mais bon, le pire dans tout ça, c'est que jamais les trois méchants n'interviennent ensemble! A l'exception d'une rare fois où Electro vient aider Harry qui n'est pas encore un bouffon, pardon, le Bouffon. Mais sinon, rien. Aucun affrontement épique avec tous les méchants. Juste un combat nul avec un pauvre méchant sorti tout droit d'un livre de Oui-Oui. Lorsqu'on se rappelle le final dantesque du Spider-Man 3 de Sam Raimi, qui opposait l'Homme-Sable, Venom, le Bouffon Vert et Spider-Man, on se dit que bordel, The Amazing Spider-Man 2 passe entièrement à côté de ce qui aurait pu, aurait dû, faire sa force.

Alors oui, il ne faut pas comparer. Mais merde quoi, il y a un moment, il faut se rendre à l'évidence, The Amazing Spider-Man 2 est juste tout pourri. La seule chose qui a de l'intérêt dans le film, c'est la relation entre Peter et Gwen. Et venant d'un réalisateur qui a commencé par une comédie romantique on en attendait pas moins. Le pire, c'est quand on connaît les raisons du pourquoi les scénaristes (berk, comment on peut les appeler ainsi?!) ont privilégié cet aspect. Alors oui, ça fonctionne plutôt bien en partie, mais on ne va pas voir The Amazing Spider-Man 2 dans l'optique de voir The Spectacular Now (meilleure et plus belle comédie romantique de ces dix dernières années à voir absolument). Et la comparaison n'est pas faite au hasard, puisque lors de la scène la plus intéressante d'un point de vue sentimentale entre Peter et Gwen, la musique est celle du générique de fin de The Spectacular Now. Donc on est bien dans une comédie romantique, mais avec des vrais faux méchants, un vrai faux super-héros, et deux heures inutiles pour vingt minutes de romance plutôt bien fichues en partie. C'est plutôt longuet pour pas grand-chose.

Vous l'aurez compris, The Amazing Spider-Man 2 est absolument raté, jusque dans ses thèmes musicaux absolument infâmes, composés par un Hans Zimmer qui n'en a décidément plus rien à foutre depuis longtemps, et dont les partitions immondes de Man of Steel deviendraient presque les meilleures de sa carrière face à ce qu'il nous pond ici. Ce n'est pas bien de comparer, oui, et forcément The Amazing Spider-Man 2 sera mauvais face à la trilogie de Sam Raimi. Et puisqu'on parle de comparaison, Spider-Man 3 a été perçu comme décevant à sa sortie, parce qu'il est moins bon que les deux premiers, mais au final, c'est un très bon film de super-héros. Sauf que là, même sans comparer, c'est très mauvais. Entre un scénario écrit avec le cul, une réalisation fade, et un manque absolu de combat un tant soit peu épique, le film est un ratage absolu. Pire, ça va même au-delà. Il prend le spectateur pour des cons. Il n'y a qu'à voir son final putassier qui va à l'encontre de l'attente des spectateurs en ne montrant pas ce que l'on nous avait promis en désamorçant toute intensité dramatique. Et soyons honnêtes, quand on voit ça, on se dit que le film est clairement en train d'enc*ler le monde est ce qu'on appelle un foutage de gueule assez monumental. Donc non, on ne dira pas que c'était mieux avant, on vous laissera juger par vous-même. Mais ne revenez pas pleurer plus tard, on vous aura prévenus.

mercredi 30 avril 2014

Test Child of Light

Dire de Child of Light, ce jeu «indépendant» édité par Ubisoft (hum hum), qu'il était attendu serait presque un euphémisme. Vendu comme le nouveau futur chef-d’œuvre de l'éditeur depuis que les premières images ont été dévoilées, tout le monde fantasmait dessus, en ayant en tête l'idée d'un somptueux conte animée à la sauce jeu de rôle japonais. Au fil des mois, le jeu s'est fait attendre, et puis ça y est, il est arrivé. Alors finalement, la promesse a-t-elle été tenue, ou ce que nous considérions comme acquis n'étaient en fait que des fantasmes que l'on projetait sur le jeu?

Child of Light commence comme un conte en rime. Après une tragédie, la jeune Aurora se retrouve malgré elle dans le monde de Lémuria. Le seul moyen pour rentrer chez elle, c'est de parcourir cet univers, et de combattre la Reine de la Nuit qui désire sa mort. Première chose qui frappe, dès le début du jeu, c'est bien entendu sa direction artistique fabuleuse et magnifique. Tel un livre pour enfant, tout semble dessiné à la main avec des pastels. Ça ne plaira pas à tout le monde, forcément, mais il faut reconnaître que cela donne un cachet indéniable au titre, qui rien que pour ça, innove presque plus que la concurrence. Alors oui, on pourrait reprocher certaines animations de dialogue un peu pauvre et certains chara-design un poil facile, mais ce serait chipoter. S'il y a bien un point sur lequel on ne peut quasiment rien reprocher à Child of Light, c'est bien sa direction artistique. Cette dernière est accompagnée par des musiques composées par Cœur de Pirate. Inutile de s'inquiéter, même si l'on n'aime pas ce qu'elle fait, ici, on est dans de la musique de jeu vidéo. Ces compositions musicales sont plutôt agréables et assez douces et se prêtent bien à l'univers. Mais bon sang, qu'est-ce que c'est calme! Même lors des combats. On sent très bien que la demoiselle a voulu faire un truc dynamique voire épique, avec des chœurs et tout, et ça marche quand même lors d'un thème face à certains boss, c'est vrai. Mais finalement, même si l'on apprécie les mélodies, au final, on était en droit d'attendre un peu mieux. Le vrai problème, c'est qu'elles auraient pu être plus diversifiées. On se retrouve souvent à entendre le même thème, ou à le croire. Bref, c'est plutôt joli, mais pas mémorable non plus.

 C'est quand même vachement beau!

Heureusement, comme dit plus haut, l'univers est absolument magnifique et vraiment très poétique. Il faut dire que le moteur UbiArt Framework, uniquement utilisé sur Rayman Origins et Rayman Legends auparavant, fait des merveilles. On se plaît à explorer le monde qui nous entoure, et la possibilité de voler donne une belle sensation de liberté. Niveau déplacement, on vole dans un univers en 2D à la manière d'un jeu de plate-forme. C'est simple et très maniable. Il y a plein de coffres et autres secrets à découvrir. Malheureusement, on se rend rapidement compte que le level design est bon, mais sans réel génie. Pour peu que l'on ait joué aux deux précédents Rayman, on n'est pas surpris, vu que le jeu en reprend certains aspects du level design. On pense notamment à ces passages secrets qui se dévoilent lorsque l'on s'approche d'eux. Et même dans la maniabilité, ces lums, pardon, ces vœux que l'on doit ramasser dans un certains ordre pour accumuler des bonus, ça fait très Rayman dernière génération. Alors bon, on ne va pas cracher sur le jeu qui ne le mérite pas, mais un peu plus d'audace dans le level design, ça aurait été mieux. 

Question maniabilité, on a vu que l'on se déplaçait assez librement en volant. Pour avancer, on doit aussi souvent résoudre des énigmes en se servant du décor. Rien de bien difficile, et n'importe qui arrivera facilement à trouver la solution rapidement. Bien souvent, c'est grâce à Igniculus, une luciole qui nous accompagne, que l'on réussira à passer cette énigme. Dirigeable via le stick droit et une gâchette, cette créature va être très utile. Tout simplement parce qu'elle émet de la lumière. Cela permettra d'activer certains mécanisme, mais cela pourra aussi aveugler et bloquer les ennemis, pour ceux qui ne veulent pas les combattre, ou même nous soigner en brillant directement sur Aurora. Et en plus, comme elle peut aller partout (oui, même à travers certains murs), elle peut ramasser des trésors impossibles à récupérer autrement. Plutôt pratique. Et ce qui est bien aussi, c'est que lors des combats, elle peut ralentir les ennemis, ou même redonner de la vie!

Les combats justement, parlons-en. Après tout, Child of Light ne se vante-t-il pas d'être un jeu de rôle japonais fait par des occidentaux? Encore faut-il en avoir les épaules. Les affrontements se font au tour par tour, mais pas chacun son tour. Il n'y a pas non plus de jauge ATB. Non, il y a une barre d'avancement dirons-nous, sur laquelle apparaît chaque combattant. Chacun d'entre eux avancent sur cette barre, plus ou moins rapidement selon leur vitesse. Divisée en deux, cette barre possède une partie «Attendre», dans laquelle il faut... attendre, et une autre appelée  Exécution» durant laquelle on agit. Très inspiré de Grandia, ce système est plutôt efficace et demande de la stratégie. Chaque coup prend un certain temps, entre court et très long, et qui va jouer sur la barre «Exécution», et si l'on est touché alors que l'on prépare un coup, on est interrompu et on revient en arrière sur la barre. Il faut donc choisir comment attaquer ses ennemis, et quand. Heureusement, Igniculus peut aider en la dirigeant vers les ennemis et en les ralentissant si on les éblouit. On peut d'ailleurs récupérer des vœux afin de remplir sa jauge de lumière pendant le combat, mais juste suffisamment pour tenir, donc cette technique est à utiliser, mais avec parcimonie. Pour le reste, on est deux combattants par affrontement, chacun ayant ses capacités propres, mais on peut changer à volonté, et sans pénalité de temps, de personnage, afin de combattre au mieux. Seul regret lors des combats, les ennemis qui se répètent sans cesse avec de légères différences pour ne pas se répéter.

 Les combats sont plutôt sympathiqes

On vient de le voir, Child of Light est un jeu de rôle, en partie, ce qui inclut divers équipements ou améliorations de personnages. D'une part, nous avons un arbre de compétences plutôt immense, mais étrangement compréhensible. On choisit ce que l'on veut comme nouvelles améliorations (de force, de défense, de magie, etc...) afin d'atteindre enfin un nouveau coup ou pouvoir. C'est simple, mais assez bizarrement mis en place. Enfin bon, vu qu'on prend des niveaux toutes les deux minutes puisque le jeu est bien trop facile en mode normal, on a vite fait d'atteindre ce que l'on veut dans cet arbre de compétences. Pour ce qui est des équipements, inutile de s'attendre a des armes ou boucliers que l'on pourra équiper à sa guise. On a juste le droit à des oculi, des pierres précieuses, que l'on peut attacher à l'attaque, la défense, ou la jauge de temps des héros. Ces oculi donne des caractéristiques différentes selon leur couleurs, mais aussi leur taille. Et là, c'est intéressant, puisque l'on peut en fabriquer de nouveaux en en mélangeant, ce qui renforce les capacités apportés par ces pierres. Bon, c'est pas mal comme concept, mais on en fait vite le tour, et sans être inutile, bien au contraire, on trouve ça rapidement pas aussi folichon qu'espéré.

Que dire de Child of Light? Que c'est un conte. Comme un recueil que l'on feuillèterait, on parcourt Child of Light avec plaisir, mais sans enthousiasme débordant. Que dire de plus? Que Child of Light est un rêve, que l'on apprécie de faire, dont on apprécie l'univers, mais dans lequel on voyage à demi-éveillé. C'est un peu tout ça Child of Light. Un beau rêve dont a a été tiré trop tôt, ce qui nous laisse finalement une expérience étrange, pas déplaisante, mais pas entièrement convaincante. Sinon, en tant que jeu, pour faire simple, voici comment on pourrait résumer simplement Child of Light. C'est Rayman Legends, en plus simple, sans le level design de génie, avec une direction artistique très réussie, des musiques plutôt jolies, mais assez plan-plans et vite répétitives, et un système de combat qui rappelle à la fois South Park : Le Bâton de la Vérité et Grandia. Bref, c'est plutôt sympathique, très appréciable, mais jamais réellement transcendant ou bouleversant. Inutile de bouder son plaisir pour autant, mais on aurait aimé encore mieux. Ce qu'il manque réellement à Child of Light, c'est ce petit truc, cette once de génie, qui en auraient fait un grand jeu. Au final, on se retrouve simplement face à un bon jeu plutôt bien foutu, mais jamais exceptionnel. Dommage.

15,5/20
(Oui, 15,5. Je n'ai pas réussi à me décider entre 15 et 16)

lundi 28 avril 2014

Game of Thrones, une série surestimée ?

Voilà, je vous vois déjà venir, à me cracher dessus, uniquement après avoir lu le titre de cet article. Et je vous comprends. Il faut cependant bien concevoir comment ce texte a été pensé. Cracher sur Game of Thrones pour faire des vues, cela n'a aucun intérêt. Dire que c'est mauvais juste pour troller, c'est totalement inutile. Je tiens d'ailleurs à préciser qu'il va s'agir ici d'une analyse basée sur des faits que je trouve cohérents, certes, mais cela reste avant tout un avis subjectif. J'adore Game of Thrones, comme tout le monde, et justement, c'est bien là le point de départ de ce questionnement : pourquoi tout le monde apprécie cette série? Cela n'en fait pas une mauvaise série, ni même une œuvre de moindre qualité, mais finalement, et c'est la base de cette analyse, est-ce que Game of Thrones n'est pas un pur produit de son époque?

Oui, vous avez bien lu. Un pur produit de son époque. Aurait-on pu faire Game of Thrones il y a quinze ans? Sûrement, si l'on excepte bien entendu le matériau de base, pas encore assez développé à l'époque. Mais Game of Thrones aurait-il pu connaître autant de succès à la fin des années 90 ou au début des années 2000? Non, probablement pas. Il y a quinze ans, Game of Thrones aurait été une série plus confidentielle, que seuls les «geeks» et certains curieux auraient regardée. De nos jours, c'est quasiment «hype» de regarder la série, et ne pas connaître ce qui s'est passé dans le dernière épisode plus de 24 heures après sa diffusion américaine, c'est vraiment être un ignare sans culture. Une vérité à la fois surprenante et plutôt logique. En quinze ans, le monde et les mentalités ont évolué. Et cela s'explique grâce à diverses raisons. D'une la montée en puissance des séries. Explications. Des séries, il y en a toujours eu. Ça ne remonte même pas à la télévision, mais déjà à la radio, ou bien entendu dans la littérature, mais là, c'est bien la télé qui nous intéresse. Bref, il y en a depuis des décennies. Cependant, la multiplication des chaînes, et l'arrivée des chaînes câblées aux Etats-Unis ont précipité l'augmentation du nombre de productions. On pense bien entendu à HBO et à Showtime qui ont démocratisé les séries adultes et sans aucune censure, permettant de diffuser des séries traitant d'énormément de sujet variés. Voici déjà une explication sur le succès de Game of Thrones, mais ce n'est qu'un début. Il est évident que l'arrivée du net et du piratage a énormément servi à la renommée des séries. A partir du moment où l'on peut télécharger un épisode tout juste une heure après sa diffusion américaine au lieu d'attendre une diffusion tardive en France avec une VF dégueulasse ou un coffret DVD/Blu-Ray hors de prix, forcément, ça aide à voir plus de séries. Sans compter les nouvelles offres légales, types Orange OCS, pour voir des épisodes de séries le lendemain de leur diffusion, en VOST. Oui, Internet nous a bien aidé. La preuve, Game of Thrones est plus piraté que regardé à la télévision!

 Si Game of Thrones avait été diffusé dans les années 90!

Mais le net et la démocratisation des séries de qualité ne sont pas les seules raisons du succès de Game of Thrones. Prenons un autre exemple, et tant pis si je me fais lyncher. True Blood est un succès pour HBO, et cela même après six saisons et une septième, qui conclura la série, qui arrive prochainement. Pourtant, il ne s'agit pas du tout de la meilleure série de la chaîne. Mais ce qui a fait son succès – non, c'est n'est pas l'excès de sexe et de sang dans les premières saisons! – c'est que les vampires étaient à la mode lorsque la série a commencé. La logique d'une série serait donc commerciale? Même pour des chaînes comme HBO? Eh oui cher lecteur, tu as bien lu! Pour qu'une série soit un succès, il faut qu'elle attire le chaland. Et c'est là que j'en reviens à Game of Thrones. Comment une série politique teintée de fantasy dans laquelle tout le monde meurt peut-elle connaître un tel succès? Il y a quinze ans, qui aurait parié dessus? Pas grand-monde. Sauf que depuis, la fantasy est revenu à la mode, particulièrement grâce à Monsieur Peter Jackson qui l'a démocratisée via son adaptation du Seigneur des Anneaux au cinéma. Alors oui, il s'est passé pas loin de huit ans entre Le Retour du Roi et la diffusion de Game of Thrones, et on pourrait dire que mon argument ne tient pas. Mais entre temps, la fantasy s'est de plus en plus imposée comme un point clé de la culture de masse. Il n'y a qu'à voir les Eragon et autres Narnia pour s'en rendre compte. Et c'est finalement juste après cette période qu'est arrivé Game of Thrones, une série politique que l'on nous a vendue comme de la fantasy. Et bon sang de bois, ils ont réussi à nous faire gober ça les bougres!

 Chouette, Sean Bean sera le héros de toutes les saisons!

Donc oui, d'une certaine manière, Game of Thrones est arrivé pile poil au bon moment, et HBO en était bien entendu tout à fait conscient. De là à dire que la série n'est qu'une succession de logique marketing. Eh bien... Ben on serait tenté de dire que oui, un peu. Déjà, on nous a vendu la série comme étant de fantasy, et pour peu que l'on ne connaisse pas les bouquins, il y a de quoi tomber dans le panneau. Et ce n'est pas l'intro de l'épisode pilote qui va démentir mes faits. Ensuite, on nous a balancé plein de pubs avec comme héros Ned Stark/Sean Bean. Et tout le monde sait plus ou moins ce qui lui arrive. Donc oui, logique marketing. Quant à ceux qui pourraient sortir que la série repose aussi sur le principe sexe et violence, oui, mais non. Bien sûr, ces deux facteurs attirent le public, mais cette logique est présente dans beaucoup de séries HBO. Récemment, comme dans True Blood, cité plus haut, qui va presque dans l'excès assez souvent par exemple. Ou plus anciennement avec Oz, série absolument magistrale et très crue, où tout le monde peut mourir n'importe quand (ah ben tiens, ça me rappelle quelque chose), et dans laquelle on voit plus de zigounettes en un seul épisode que dans une saison de Game of Thrones. Donc oui, en partie, la violence et le sexe est un atout qui va pousser certaines personnes à jeter un œil à une série, mais ce n'est pas la principale raison d'un succès. Si Oz avait eu autant de succès que Game of Thrones à son époque, ça se saurait.

Que dire pour conclure? Que Game of Thrones est évidement une excellente série, qui possède absolument la patte HBO, et qui a donc pour elle une qualité d'écriture et de réalisation assez exceptionnelle. Mais soyons honnêtes, la série a profité de l'évolution des mentalités et d'une diversification de la culture populaire pour s'imposer comme une nouvelle référence. On n'aurait pas parié un kopeck dessus il y a quinze ans. Et finalement, en 2007, alors que la fantasy a su s'imposer, le projet a été validé. Cela ne veut pas forcément dire que la série a été créée par simple opportunisme, mais il faut admettre qu'elle a été conçue comme un produit de son époque. Alors, Game of Thrones est-elle une série surestimée? En tant qu’œuvre, non, probablement pas. En tant que produit culturel, sûrement. Il faut constater que beaucoup de séries sont bien meilleures que Game of Thrones (je vous ai parlé de Oz?), mais elles n'ont pas eu le même impact sur la société. Donc Game of Thrones n'est pas une série surestimée dans l'absolu, mais en comparaison à bien des séries qui n'ont pas forcément eu autant de succès, oh que oui, elle est surestimée.

jeudi 20 mars 2014

Test : Yaiba Ninja Gaiden Z

Super Ultra Robot Ninja Fighter Vs Evil Zombies from Hell. Non, ce n'est pas le titre d'un film chroniqué par Nanarland, enfin c'est peu probable. En revanche, ça aurait pu être le titre du jeu Yaiba : Ninja Gaiden Z. Parce que dans ce spin-off de Ninja Gaiden, on n'incarne pas Ryu Hayabusa, mais Yaiba, un ninja robot en quête de vengeance. Vengeance qui concerne Ryu Hayabusa, qui est ici le méchant du jeu. Mais avant de l'affronter, il devra combattre des hordes et des hordes de zombies. Ninja robot contre zombies, c'est maintenant, dans ce test !

Vous l'aurez compris, le pitch du jeu est simple, totalement absurde, à la limite de la crétinerie, mais peu importe, puisque l'on incarne un ninja robot qui fracasse des zombies. Tel un gros nanar absolument assumé, ce Yaiba : Ninja Gaiden Z propose un univers décalé, qui sans oublier ses racines, va dans l'outrance de ses délires, au point que l'on prend un plaisir coupable à découvrir ce jeu, comme on materait un bon film d'action ridicule et décérébré. Oui, un bon gros nanar en soit. Mais la différence avec Ninja Gaiden 3, pour prendre en exemple un jeu de la saga, c'est que dans cette déclinaison sauce Yaiba, il y a de l'humour, et pas qu'un peu. Donc on rit parce que le jeu le permet, et on ne rit pas parce que le scénario est nanardesque tout en se prenant au sérieux, comme dans Ninja Gaiden 3 justement (Ah, ce fameux T-Rex zombie ! Amené tout à fait sérieusement...). Bref, c'est complètement con, assumé, et ça nous plaît. Le jeu n'est d'ailleurs pas réaliste (comment l'être vu son histoire?) et propose des graphismes en cell-shading qui rappellent un dessin animé, ou plutôt une bande dessinée. C'est plutôt bien foutu, assez propre, et donc assez plaisant. Et puis, ça sert bien les propos absurdes du jeu, comme les ennemis délirants, tels que les clowns maléfiques zombies (c'est ta faute Stephen King!), les mariées électriques zombies, ou encore les zombies qui vomissent de l'acide. Bref, du grand n'importe quoi saupoudré de what the fuck ! C'est idiot, mais c'est marrant, alors forcément, on aime.

 Ninja!

Reste à savoir si on aime ou pas la maniabilité. Comme dans un Ninja Gaiden, le jeu est un beat'em all. On avance, on tue tout le monde dans de grandes giclées de sang, et on continue d'avancer jusqu'aux prochains ennemis. Les combos sont de mise évidemment, et on les enchaîne plus ou moins facilement. Plus ou moins, parce que si elle n'est pas aussi présente que dans un Ninja Gaiden classique, la difficulté est bel et bien là. Bon, il suffit de bien maîtriser ses attaques et ses parades, mais face à des ennemis de plus en plus agressifs et de plus en plus nombreux, ceux qui ne sont pas habitués risquent de devoir recommencer plusieurs fois certains passages. Heureusement, à chaque montée de niveau, on obtient un point pour améliorer ses compétences ou débloquer de nouveaux coups. C'est classique, mais ça fonctionne toujours aussi bien. Parmi les possibilités du personnages, on peut tuer ses ennemis avec des finishes. L'occasion de récupérer de la vie, ou même des armes sur certains zombies plus coriaces. Des armes souvent meurtrières et très utiles en combat. Malheureusement, le titre est assez répétitif, comme beaucoup de beat'em all. Et les ennemis, pourtant diversifiés, qui reviennent sans cesse, n'aident pas à résoudre ce problème. Et parmi les défauts, il y a aussi la caméra, pas vraiment libre, qui nuit parfois à l'action et à sa compréhension. Le pire étant lorsqu'il y a une foultitude de personnages à l'écran, on a souvent du mal à distinguer où l'on se trouve. Il n'y a pas que de l'action, mais aussi des phases de plate-forme, à moitié fun, et des phases de «réflexion» dans lesquelles on doit balancer le bon zombie au bon endroit pour continuer. Rien de bien folichon de ce côté, même si on apprécie l'effort.

Un ninja robot qui tue des zombies, forcément, avec un pitch pareil, on ne s'attendait pas à un chef-d'oeuvre, mais on pouvait espérer passer un bon moment avec un bon gros nanar des familles. Et on peut le dire, on a le droit d'apprécier ce jeu, ne serait-ce que pour son postulat débile et son aspect plutôt jouissif. Ok, la ma jouabilité est à revoir, puisqu'elle souffre d'un peu trop de défauts pour être vraiment bonne, mais dans l'ensemble le titre tient plutôt la route. On y jouera à ses heures perdues, ou à côté d'un pote, histoire de se marrer, avant de l'oublier une fois fini. Bref, Yaiba : Ninja Gaiden Z est un petit jeu sympathique, qui a défaut de marquer les esprits, pourra faire passer un moment rigolo à celui qui aura la manette entre les mains.

13/20

mardi 18 mars 2014

Critique : Captain America Le Soldat de l'Hiver

Ceux qui viennent régulièrement ici le savent, je n'apprécie pas réellement les films de super-héros de ces dernières années. Pourtant, il y a quelques exceptions, et parmi elles se trouve Captain America : Fisrt Avenger. D'une, parce que Joe Johnston, sans être un très grand réalisateur, demeure un metteur en scène qui a su se distinguer, ne serait-ce que par son image et ses effets visuels, et surtout parce que l'on sent qu'il a envie de travailler sur ses films, ce n'est pas juste un yes man qui bosse pour un studio. De deux, parce que le film retrace réellement la parcours d'un super-héros, de sa «naissance» à son ascension, et c'est de plus en plus rare que ce soit bien traité de nos jours. Et pour finir, parce que le film à une réelle identité, notamment grâce à son aspect serial des années 40, son esthétique comics de l'époque, et son inspiration évidente des films de Spielberg des années 80, Les Aventuriers de l'Arche Perdue en tête (chef-d’œuvre sur lequel Joe Johnston a travaillé, cela explique bien des choses). A l'heure des films de super-héros nullissimes et totalement ennuyeux, majoritairement ceux de chez Marvel, ce vent de fraîcheur étrangement boudé par le public a forcément donné naissance à une suite, puisque de toute manière, tout est une histoire de trilogie. Reste à savoir si passer de la seconde guerre mondiale à l'Amérique post 11 septembre (et post Avengers...) était une bonne idée pour ce capitaine américain. Réponse dans cette critique.

La plus grosse appréhension de cette suite était de savoir si le changement d'époque allait tenir la route. Cela ne devait pas se faire de manière trop naturelle, et il fallait bien que Steve Rogers se sente un peu mal à l'aise. Certes, la question avait déjà était traitée en partie par The Avengers, mais là, forcément, il fallait plus se focaliser dessus. Eh bien, il y a de quoi être mitigé, mais cependant, on est plutôt satisfait. Il faut entendre par là que si cet aspect est plutôt bien travaillé, il aurait pu être approfondi. Malgré tout, il y a ce qu'il faut d'émotions, et jamais cela ne tombe dans l'excès, et ça, c'est plutôt appréciable.


Passons dorénavant au scénario. Après plusieurs films Marvel au scénario inexistant, totalement kikoulol, voire les deux (oui, je parle de toi The Avengers, qui a réussi l'exploit de ne pas avoir de scénario, tout en nous pondant une histoire remplie de scènes et de dialogues kioulol bien pourris), on était en droit de craindre le pire avec cette suite. Et là, c'est la bonne surprise ! Plutôt que d'essayer ne nous balancer une histoire tirée par les cheveux, incompréhensible, barbante, ou les trois à la fois, Captain America Le Soldat de l'Hiver nous livre un scénario digne des films d'espionnage et des thrillers des années 70, avec un soupçon de parano post 11 septembre. Ce n'est pas forcément très novateur, pas non plus exceptionnel, mais ça a le mérite de tenir la route, de tenir le spectateur en haleine, et de proposer une réflexion sur les systèmes d'écoute et d'espionnage, sujet toujours d'actualité, ce n'est pas la NSA qui nous contredira. Bref, c'est plutôt sympathique, bien foutu, et ça change par rapport à ce que Marvel a l'habitude de nous proposer.

Ça change tellement, que l'on pourrait presque être surpris par la violence du film. Non, le film n'est pas hyper violent, rassurez-vous, mais les scènes de combat surprennent par leur côté parfois assez cru dans la violence, quasiment sans sang évidemment, mais tout de même très brutale. Parce que si le scénario n'est pas sujet à une succession de scènes d'action à outrance, il y en a pourtant durant ces 2h17 de film. Et ce serait presque un problème. Sans tomber dans la facilité du filmage dégueulasse et du montage épileptique, ces scènes ne sont pas réellement géniales par leur réalisation. C'est correct, et encore, mais bon, voilà, sans plus. Ajoutons à cela des effets numériques parfois un peu baveux, et on est finalement content qu'il n'y ait pas tant que ça de scènes d'action. Surtout, et c'est bien le plus dommage, qu'il n'y a aucun passage vraiment épique qui va faire vibrer le spectateur, ou qui va tout simplement rester en mémoire. Pour le reste, la réalisation est honnête. C'est déjà bien de nos jours, particulièrement pour ce genre de blockbuster.

 La bande annonce

Passons dorénavant aux choses qui fâchent réellement. Inutile d'y aller par quatre chemins, disons-le clairement, le méchant est raté. Oui, ce fameux soldat de l'hiver, eh bien, il est tout pourri tout nul. On n'arrive jamais à s'y attacher, malgré les efforts des scénaristes. Il n'est jamais terrifiant, jamais émouvant, et quand on le voit à l'écran, on n'y croit pas vraiment. On dirait un mauvais méchant dans Fullmetal Alchemist avec son automail/mecha-greffe à la place du bras. Bref, une déception. A noter aussi que le personnage de Sam Wilson, le Faucon, est plutôt sympathique et bien amené, sauf... quand il est en Faucon justement. Un type avec des ailes métalliques, filmé comme tel, on a malheureusement plus envie de rire que de le prendre au sérieux. Parmi les autres protagonistes, on peut citer La Veuve Noire, qui, Scarlett Joahnsson oblige, a des plans sur son cul réguliers, afin de satisfaire les coquinous qui aimeraient se rincer l’œil. On note aussi la présence plutôt importante de Coby Smulders (<3 cœur avec les doigts) et une apparition furtive de Danny Pudi, qui ravira les fans de Community.

Qu'on se le dise, Captain America Le Soldat de l'Hiver, malgré ses défauts, reste un très bon divertissement, et de très loin l'un des meilleurs films Marvel tournant autour de The Avengers. Le meilleur après le premier Captain America en fait. Le scénario est solide sans être transcendant, la réalisation tient la route, à défaut de tenir la durée de tout le film, et Chris Evans interprète toujours aussi bien le Capitaine. En gros, on est loin des films Marvel récents, qui n'ont quasiment aucun intérêt, si ce n'est celui de relancer l'industrie du popcorn en masse et de filer plein de thunes à Mickey. A défaut d'être un grand film, Captain America Le Soldat de l'Hiver est un divertissement honnête, que l'on peut sincèrement apprécier. Si seulement Marvel faisait des films comme celui-ci plus souvent, on pourrait être plutôt satisfait.

lundi 3 mars 2014

Test South Park : Le Bâton de la Vérité

Test réalisé à partir d'une version PS3, donc censurée.

Je prends la route de South Park histoire de prendre un peu l'air. Que des visages amicaux, et un nouveau jeu vidéo. Je prends la route de South Park et j'oublie toutes mes galères. Le Bâton de la vérité, sur PS360 et sur PC. Je taille la route pour South Park histoire de me calmer les nerfs. MmMhh Mmh Mmmh Mffh MffmHhh Mmfhhmm Mmffmh. Alors jouez donc à South Park et vous verrez ça dépote !

Repoussé, racheté, repoussé encore, on en a eu des frayeurs à propos de ce fameux South Park : Le Bâton de la Vérité, qui s'annonçait déjà comme le messie des adaptations de licence en jeu vidéo. Il faut dire que les trailers en ont envoyé du lourd. Beaucoup de lourd ! Et qu'un épisode de la saison 17, parodiant Game of Thrones, reprenait le visuel du jeu. Alors oui, on a bavé sur les images du jeu. Mais le temps nous a appris à nous méfier de ce qui semblait génial sur un trailer, parce que ce n'était pas forcément représentatif d'un jeu. Alors, ce Bâton de la Vérité, réussite, ou déception ? Laissons Timmy nous en parler.

Timmy ! Timmy, Timmy, Timmy ! Timmy Timmy ! Timmy !

Ok... Commençons par ce qui saute aux yeux immédiatement. L'univers de la série est parfaitement retranscrit dans le jeu. Déjà, visuellement, c'est exactement comme le dessin animé. Alors ok, c'est pas forcément très dur, vu que ça reste simpliste, mais aucun élément ne fait tâche avec le reste, et les animations sont parfaites et totalement dans l'esprit South Park. Et puis, bien évidemment, le jeu est bourré de références à n'en plus finir, toutes saisons confondues, même les plus récentes. Que ce soit une image en arrière plan, une ligne de dialogue, une quête annexe, un objet qu'on récupère dans un tiroir, ou bien la trame principale, tout est rempli de références, qui raviront les fans. Les gnomes voleurs de slips, l'homoursporc, ou encore les Chinpokomons, on a le droit à tout, des détails les plus anodins, aux grosses références baveuses. Et ça, c'est un des plus gros points forts du jeu, comme on s'en doute. Alors oui, il n'y a pas de VF, mais la VO est très réussie. Tant mieux. Surtout que l'humour est bien entendu au rendez-vous. Un humour plutôt dévastateur, trash, délirant, et partiellement censuré.

 Une séquence qui restera dans les anales...

Le jeu commence à South Park, où vous, le nouveau, venez d'emménager. Votre première quête va être de sortir pour vous faire des amis. Et ça va être assez simple, puisque le gentil mais un peu simplet Butters va vous proposer de rejoindre le groupe du grand magicien Cartman. Peu importe le nom que vous choisirez, vous serez durant tout le jeu désigné par le terme de... connard. Douchebag en version originale. C'est absurde, et totalement représentatif de l'état d'esprit du titre. La scénario va vous emmener visiter South Park, ainsi que... On ne vous spoilera pas. Bref, visiter ces lieux dans la quête ultime de préserver un vieux bout de bois dégueulasse, que les enfants considèrent comme le bâton de la vérité. Un bâton qui rend son possesseur maître de l'univers. Oui, rien que ça. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu... C'est donc un gros bordel qui va être généré, à base d'aliens, de zombies nazis, et on en passe. Pourtant, rien ne vous éloignera de votre quête, préservez la paix en protégeant le bâton de la vérité.

 En'hulés de mongols!

Et pour cela, pour mener cette quête Ô combien épique, rien ne vaut une adaptation de la série en jeu de rôle aventure. Et il faut avouer que si cela peut paraître plutôt couillu de prime abord, c'est surtout une excellente idée ! Cela permet d'explorer librement la ville la plupart du temps, et cela implique aussi diverses quêtes annexes, toutes plus délirantes les unes que les autres le plus souvent. Et attention, il faut bien se rendre compte que le jeu est un RPG comme on l'entend, avec des aspects parfois plus orientés actions. En gros, les combats, non aléatoires, se déroulent au tour par tour (parce que c'est old school, dixit Cartman), mais les attaques nécessitent d'effectuer des commandes précises. De même, il est possible de bloquer les attaques adverses, et même de contre-attaquer si l'on se débrouille bien. Cela rend les affrontements dynamiques, partiellement techniques, mais surtout accessibles aux non initiés du genre, qui aimeraient juste jouer à un jeu South Park, sans pour autant être dénué d'intérêt aux amateurs de jeux de rôle. Parce qu'en effet, l'ensemble n'en reste pas pour autant assez complet, et même stratégique dans certaines situations. D'une part, il y a quand même un nombre conséquent d'équipement et d'armes disponibles, qu'il sera souvent nécessaire de trouver (dans des quêtes annexes, ou en lootant des ennemis. Oui, on ne récupère pas les objets directement à la fin d'un combat), et qui sont customisables pour apporter de nouveaux effets. Ensuite, certains ennemis ont évidemment des faiblesses, ou des protections, etc... Et c'est là qu'on se dit qu'il y a quand même pas mal à faire, entre ses armes, son équipement, ses améliorations, etc... A cela s'ajoute des points d'expérience, dont le nombre gagné varie selon le niveau, qui permettent d'améliorer ses aptitudes (des attaques spéciales qui nécessitent des points de puissance), et aussi des talents, qui offrent la possibilité de donner des caractéristiques de combat spécifiques à notre personnage. Et là, ça devient intéressant, et plutôt bien pensé. On obtient ces talents au fur et à mesure, selon le nombre d'amis Facebook que l'on s'est fait dans le jeu. Cela encourage à faire des quêtes annexes, et à parler au plus de personnes possibles. Et en plus, ces derniers laissent régulièrement des messages ridicules et souvent drôles !

On a donc un jeu où des gamins qui ne peuvent se déplacer que sur le trottoir (ben oui, traverser hors des passages piétons, c'est dangereux!) se prennent pour des personnages de fantasy, sauf la nuit, parce qu'il faut dormir, en combattant comme dans des RPG à l'ancienne. Oui. Et pour accentuer le tout, le titre se donne des proportions épiques, qui tranchent avec l'univers urbain, mais collent pourtant bien avec le jeu. Les musiques donnent dans le médiéval épique, et n'auraient pas été reniées par Le Seigneur des Anneaux ou The Elder Scrolls V : Skyrim par exemple. De même, certaines aptitudes offrent quelques imageries bien épiques aussi, comme cette attaques d'archers orchestrée par Kyle. On sent donc la volonté du titre d'être un vrai RPG épique, qui est sérieux dans son gameplay, mais pas dans son univers. Et son gameplay est bien rôdé. On a déjà parlé des combats, mais il est intéressant de préciser que les jauges de vie et de puissance se remplissent après chacun d'entre eux. Combats qui n'ont parfois pas lieu d'être, puisque l'on peut se servir d'éléments du décor pour assommer les ennemis sans combattre (et en gagnant quand même de l'expérience). Et cela va nous permettre de parler des compétence que le jeu propose. Au fur et à mesure du jeu, votre héros va apprendre de nouvelles capacités qui lui seront utiles hors combat. Tirer sur un objet à distance, du classique, mais aussi se téléporter via une sonde anale, ou réduire sa taille. Et dans cette même optique, toujours dans l'épique, ce qui sera très utile, c'est l'épée magique ! Euh non... Les pets magiques... Oui, c'est ça. Avec quatre types de prouts différents, on peut se battre, mais on peut surtout progresser, en faisant péter (euh...) des objets, ou en enflammant d'autres. Et oui, parfois le manque de subtilité a ses avantages.

 Les aliens sont nos amis! Ils nous pénètrent eux aussi!

C'est donc accompagné par l'un des ses six compagnons que l'on progresse et combat dans une ville en proie à un délire à l'envergure aussi grande que ridicule. Et si l'aventure est quand même plutôt géniale et très drôle, elle laisse aussi un goût un peu amère... Eh oui, tout semblait réuni pour faire de South Park : Bâton de la Vérité le jeu parfait, mais malheureusement, la vie est une grosse tepu ! Et ça, ça nous broie un peu les couilles. Le jeu n'a pas énormément de défauts, mais ils sont assez importants pour en parler. Déjà, la ville de South Park n'est pas extrêmement grande, et bien qu'il y ait de l'exploration, on est vite assez restreint dans les lieux à visiter. On pourrait aussi reprocher le trop peu d'invocations présentes dans le jeu. Ces dernières permettent d'invoquer Monsier Hankey, Jésus, ou d'autres, afin d'abattre les ennemis, à l'exception des boss. Bref, c'est plutôt utile, et souvent très drôle, mais il y en a pas assez malheureusement. Mais ce n'est rien face au véritable gros problème du jeu : sa durée de vie. Ok, on se doutait que ce ne serait pas forcément un jeu de rôle hyper long, mais terminer l'histoire principale et les quêtes annexes en à peine plus de quinze heures, c'est quand même peu. Le pire, ce n'est pas que ce soit trop court, c'est surtout que c'est lorsque le scénario prend son envol le plus épique, dans une démesure absurde comme South Park est capable de le faire, que soudainement, pouf, c'est la fin... Alors Ok, c'est South Park, on est habitué aux fins précipitées, aux résolutions de problèmes absurdes, mais là, dans un jeu, c'est assez frustrant. Ça ne gâche pas l'expérience, mais c'est un poil décevant...

Malgré ses défauts, il faut quand même l'avouer, South Park : Le Bâton de la Vérité est un bon jeu, que tous les fans doivent se procurer. En terme d'adaptation de série, on a là l'un des meilleurs exemples. Les références pleuvent, l'humour crade et irrévérencieux est au rendez-vous, et la réalisation est au top. Mélange absolu entre volonté épique, et décalage des situations, le titre réussit le pari d'être un RPG décalé. Un jeu de rôle dans lequel on doit éviter une paire de couilles géante en plein combat, ou dans lequel on peut voir un type sodomiser un cheval, ce n'est pas courant. Alors oui, on regrette une carte trop petite et une durée de vie bien trop courte, avec une histoire qui se termine là où elle aurait réellement dû commencer, mais on prend un plaisir véritable à jouer au jeu, particulièrement si on est fan. Alors faites donc honneur à la Princesse Kenny, et allez y jouer. Parce que franchement, ça troue le cul !

16/20