vendredi 29 novembre 2013

Test Ryse : Son of Rome

Nouvelle console dit forcément nouvelles licences. Même si Forza 5 et Dead Rising 3 ne le montrent pas forcément. Ryse : Son of Rome est en tous cas un jeu qui n'est ni une suite, ni une préquelle, et dans le paysage actuel, c'est déjà bien. Reste à savoir ce que le jeu vaut vraiment. Après une présentation à l'E3 qui en mettait certes plein la vue, c'est surtout les QTE à répétitions qui étaient restés en tête. Un choix vite retiré par les développeurs. Reste donc à voir ce que ce Ryse à dans le ventre, et s'il vaut vraiment le coup d'être joué sur une console nouvelle génération.

Oui, ok, disons-le tout de suite, le jeu est beau. P*tain de beau même. Venant de Crytek, à qui l'on doit Crysis, cela n'étonne guère, mais pour un jeu de lancement, il montre clairement ce que le console a dans le bide. Et cela laisse présager du meilleur pour la suite, dans quelques années, quand les jeux seront encore plus beaux. On peut toutefois noter un léger manque de finition sur certains points ou détails, mais en soit, dans l'animation des visages, des textures, ou dans la distance d'affichage, on ne peut que constater un travail assez monumental pour un rendu plus qu'appréciable. Et a cela s'ajoute une direction artistique très réussie. L'antiquité romaine est rarement exploitée, et avec Ryse, elle prend tout son sens et toute sa démesure. Totalement cinématographique et dynamique dans sa mise en scène, le jeu s'inspire de Gladiator ou encore de 300 pour nous offrir une antiquité violente et fantasmée. On pourrait même y associer des idées de L'Iliade et L'Odyssée lors de certaines séquences, bien que moins ancrées dans les légendes. On pense notamment à cette scène du débarquement, déjà mythique, qui ferait presque penser à l'intro d'Il Faut Sauver le Soldat Ryan version romaine. Et puis, dans une partie plus surprenante, le titre prend un aspect soudain plus proche de la fantasy. Oui oui ! On n'en dira pas plus, pour ne pas gâcher la surprise (et parce que c'est demandé dans les notes éditeurs pour les tests), mais de la Rome antique, on passe presque dans un univers barbare que n'aurait pas renié Conan. Et ce n'est pas plus mal, et c'est surtout très cohérent avec cet univers violent et bourrin qui est proposé.

Certifié 3+

Déferlement de violence, voici ce qui est proposé, et si le gameplay ne suit pas, quel en est l'utilité ? Et malheureusement, dans Ryse, on avance de manière linéaire, avec une combinaison de coup réduite à son strict minimum. Un bouton pour donner un coup, un pour déstabiliser ses adversaires, un pour parer, et un quatrième et dernier pour esquiver. Cela suffit pour permettre d'installer un élément de stratégie dans les combats, puisqu'il faut parer ou esquiver a bon moment afin de contrattaquer, mais bon, cela reste tout de même assez faiblard. Il n'y a pas de combos, et l'ensemble devient vitre très répétitif. Il ne faut tout de même pas oublier les finish moves. Ces exécutions sont possibles lorsqu'une tête de mort apparaît au dessus de la tête des ennemis. En appuyant sur une gâchette on déclenche alors un ralenti. Selon la couleur que prend l'adversaire, il faut appuyer sur le bouton correspondant, et hop, on obtient une mise à mort un peu gore. La subtilité de cette action tient du résultat que l'on peu obtenir. On choisit avec la croix directionnelle une récompense, comme un regain de santé, plus d'expérience, ou encore plus de dégâts, et après avoir tué son adversaire de cette manière, on l'obtient. Ce qui est quand même plutôt cool et bienvenu. De même, on remplit au fur et à mesure une jauge de rage, que l'on déclenche alors pour accentuer sa rapidité et sa force. Sympathique, à défaut d'être original. Sinon, on peut aussi embrocher ses ennemis avec des lances, histoire que ce soit un peu drôle. Pour varier, des phases viennent de temps à autres diversifier le tout. Comme des phases de « tir à la première personne » avec des flèches, on bien, plus rigolo sans être folichon, des phases en formation tortue, avec ses troupes. Pour le reste, on est face à un jeu d'action bourrin et redondant, qui se paye le luxe de nous offrir des environnements très beau, mais bourrés de murs invisibles grossiers afin de ne pas perturber la progression linéaire de l'histoire.

Que penser de Ryse : Son of Rome finalement ? Jeu d'action décomplexé, bourrin, mais pas sans âme, sa linéarité et ses actions basiques pourront plaire aux amateurs de beat'em all d'antan, dans lesquelles seule l'action plus ou moins décervelée servait un propos à peu près inexistant. Et c'est pareil pour son mode en ligne qui se réduit à des affrontements contre des hordes d'ennemis en arènes, seul ou à deux. Oui, c'est con, sans prise de tête, mais c'est dans un certain sens assez jouissif dans sa barbarie primaire. Ryse est finalement un magnifique vitrine technologique, mais qui est tout de même assez vide quand on la regarde de près. C'est très beau, mais le gameplay ne suit pas. Dommage. Le jeu pourra tout de même satisfaire les gros bourrins, et c'est déjà bien. Parce qu'au fond de nous, même bien caché, il y a un cœur de bourrin qui bat, et qui n'attend que ce genre de jeu pour se lâcher un coup.

12/20

mercredi 23 octobre 2013

Test Batman : Arkham Origins

Batman : Arkham Asylum en 2009. Batman : Arkham City en 2011. Il était temps de conclure la trilogie. Trilogie qui commence avec ce dernier épisode, qui renoue avec les origines. Et justement, Batman : Arkham Origins, c'est le nom de ce nouvel opus. Un retour aux sources aussi bien dans le scénario, que dans le concept même du héros et des comics d'origine justement. Alors, convaincant ou non ?

Arkham City était en soit assez magnifique, pour peu que les décors fixes et les textures parfois un poil crades ne dérangent pas. Arkham Origins n'arrive pas à le dépasser, et se paye même le luxe de rares ralentissements et de textures parfois vraiment pas terribles si on s'y approche trop. Pourtant, le jeu est beau, et encore une fois, profite d'une direction artistique admirable, quoique parfois moins inspirée que celle de ses prédécesseurs. Pas de quoi faire la fine bouche pour autant, tant on prend du plaisir à parcourir les recoins de Gotham City, sous la neige, la nuit de Noël. Cette obscurité omniprésente qui nous rappelle bien que l'on est chez Batman, et qui accouplée à la blancheur de la neige donne un aspect étrange, inquiétant, mais bizarrement confortable. Dans la lignée des deux jeux précédents, on oscille entre le rendu assez réel de la trilogie de Nolan, et le visuel plus gothique de Burton, pour un cachet finalement unique. Tant mieux, on en attendait pas moins. Pourtant, avec le changement de développeur, Rocksteady ayant transmis la tâche à Warner Montréal, on avait toutes les craintes du monde. Il n'en est rien, esthétiquement le jeu est une réussite. Tant mieux.

I'm Batman!

Ce Batman : Arkham Origins, en tant que préquelle, est une bonne raison pour découvrir l'homme chauve-souris sous un nouveau jour. Plus jeune, le héros n'est pas encore connu, et son nom sonne comme une légende urbaine. Il faut dire que si l'on ne nous refait pas vivre une énième fois le trauma de la perte de ses parents, on nous laisse comprendre que Bruce Wayne a commencé à enfiler son costume il y a peu. La police le traque d'ailleurs comme un criminel, et ce n'est pas le récemment promu commissaire Gordon qui contredira cette information. Pour l'une de ses premières enquêtes, Batman va se mettre à la recherche de Black Mask, et cela ne sera pas sans encombres. Sur son chemin, il croisera entre autres, Killer Croc, Deathstroke, ou encore Bane. Une petite promenade de santé en quelques sortes. L'aspect scénaristique est d'ailleurs à nouveau assez bien travaillé, au point de réserver quelques surprises, et de s'avérer assez prenant dès qu'il s'agit d'enquête pur et dur.

 Deathstroke!

Du côté de sa maniabilité, il y a finalement peu à dire, puisque tout est finalement très similaire à Arkham City. On avance dans la ville, on effectue des missions, on progresse grâce à différents gadgets, et on tabasse du méchant dans des combats toujours aussi fluides et maîtrisés dans leur gameplay. Certes, tout est toujours aussi bien, mais au final, peu original quand on a fait le précédent. Pourtant, il y a bien une nouveauté dans la jouabilité qui a de quoi réjouir les fans purs et durs du comics de base. En effet, Batman peut dorénavant enquêter. Sur des scènes de crime, il faut désormais prendre part à de réelles investigations. En activant la vue détective, on doit tout d'abord repérer des indices, qui vont nous mener à d'autres, par le biais de la reconstitution d'évènements. En gros, certains indices vont nous permettre de récréer la scène de crime. Il est alors possible de revoir la scène, et de retracer son parcours temporel, afin d'examiner chaque instant, et de trouver le détail qui va nous donner un indice. Batman redevient de ce fait détective, ce qu'il a toujours été. Rappelons que DC signifie Detective Comics. Ces phases de jeu, aussi plaisantes que prenantes, rafraîchissent un gameplay certes toujours aussi maîtrisé, mais qui n'auraient rien proposer de nouveau sans elles. On est donc doublement satisfait de leur présence, et ce n'est pas plus mal.

Dans Arkham Asylum, Batman était un super-héros. Dans Arkham City il était un justicier. Dans Arkham Origins, il est redevenu détective, ce qu'il a toujours été, depuis sa création. Ce premier épisode chronologique qui conclut pourtant la trilogie aurait pu décevoir s'il s'était contenté d'être à nouveau un simple jeu d'infiltration/action. Certes, l'ensemble est une nouvelle fois parfaitement bien pensé, mais la redondance du principe aurait pu gêner. C'est finalement dans son scénario, mais surtout dans ces phases d'enquêtes, trop rares, que le titre se démarque de ses prédécesseurs, pour un résultat plus que convaincant. Oui, il y a des défauts, et la direction artistique, bien que toujours aussi réussie, commence à s'épuiser, mais dans l'ensemble, il y a de quoi être satisfait par ce nouvelle opus. Il n'est pas le meilleur, mais il n'en est pas moins indispensable à tous les fans du Chevalier Noir, et très conseillé à tous les fans du genre. Encore une fois, Batman frappe fort, et le contraire nous aurait étonné.

17/20

vendredi 18 octobre 2013

PS4, Impressions manette en mains

L'appartement 4, situé en plein Paris, est l'occasion de s'essayer à une nouvelle console next-gen (qui perd de plus en plus de jeux de lancement...) proposée par Sony. Il s'agit bien entendu de la Playstation 4, qui arrivera dans notre contrée le 29 novembre. Enfin, pour ceux qui l'ont déjà pré-commandé. Sinon, il faudra attendre courant février 2014 au mieux. La console s'est donc dévoilée, et s'est laissée essayer. Avec une petite poignée de jeux jouables, il est temps de faire tomber un verdict sur la machine, non catégorique bien sûr, mais qui sera sûrement valable lors de sa sortie.

La première rencontre avec la bête se fait via des écrans. Mais le premier contact a réellement lieu lorsque la manette DualShock 4 arrive entre nos mains. Un peu dubitatif malgré des avis très positifs, il n'aura fallu que quatre secondes d'adaptation pour adopter cette nouvelle manette. Si on est habitué à la DualShock 3, les différences peuvent déranger au début, mais la prise en main est tellement agréable et bien pensée, que l'on s'y fait très rapidement. Les amateurs de Microsoft auront peut-être un peu plus de mal, et encore, son ergonomie est tellement bien foutue, qu'adepte de Sony ou non, on trouvera son bonheur dans la DualShock 4. Sa mini surface tactile cliquable prend de la place, mais n'est pas dérangeante. Les gâchettes R2 et L2 ont été modifiées, et sont désormais incurvées vers le haut, afin que les doigts ne glissent plus. Pratique ! On pourrait regretter l'absence des boutons Start et Select, qui chambouleront malgré tout les habitudes des plus gros joueurs, mais bon, on fera avec. Le prix à payer pour une manette si bien optimisée il faut croire.

Voilà, ça, c'était le point positif. Maintenant, il est temps de passer aux jeux, et à ce qu'ils nous proposent. Commeneçons par DriveClub, cette simulation de course automobile qui se voudrait un mélange de Forza et Gran Turismo. Les amateurs de Need for Speed peuvent déjà passer leur chemin, ici, c'est de la conduite « sérieuse », presque trop. Pour le jeu en soit, c'est un jeu de course, sans hors piste, bien cadré, et peut-être un peu trop. Le problème, c'est qu'on ne voit pas tant que ça de différence entre la génération actuelle, et celle qu'on nous présente ici. Oui, ok, c'est peut-être un poil plus beau, et surtout ça semble plus fluide, mais en soit, il n'y a pas de révolution, ni même de réelle évolution visible. Il y a même encore trop d'alliasing ! Et c'est bien ça qui est gênant. On attend une nouvelle génération, et même si on savait à l'avance que la différence serait moins flagrante qu'entre la PS2 et la PS3, eh bien, il y a de quoi être en partie déçu par DriveClub...

 La bête!

Et malheureusement, ce n'est pas Knack (M-, m-, m-, my Sharona !) qui va relever le niveau. Attention, le jeu semble tout à fait sympathique, là n'est pas le problème. Mais bon sang de bois, on est sur PS4 ?! Non pas que le jeu soit moche, mais on a l'impression d'être face à un jeu de plate-forme digne d'il y a plusieurs générations. Explications. Le jeu est tout simplement très, TRÈS, linéaire et dirigiste (dans la démo en tout cas), et n'offre quasiment aucun sentiment de liberté. Ratchet et Clank semble presque le jeu le plus vaste et libre en comparaison. Sans parler des décors, incassables, sauf ceux qui sont prévus pour... Un sentiment de contradictions et d'incohérences qu'on espérait ne plus voir sur les nouvelles générations de consoles, ou du moins, pas aussi violemment. Pour le reste, le jeu est sympatoche, mais il ne paraît pas très marquant. A voir à sa sortie.

Avant de passer aux portages, parlons un peu de The Playroom. Cette application a pour but de nous montrer les capacités de la console, principalement en ce qui concerne la réalité augmentée. Il faut l'avouer, si ce n'est pas transcendant, cela peut laisser présager du bon dans l'avenir, pour peu que des développeurs exploitent bien le concept. La caméra, sans valoir Kinect, reconnaît bien les personnes présentes et les capteurs des manettes, et les diverses utilisations de la DualShock 4 sont sympathiques. On remarque surtout que l'interactivité est bien mise en place, surtout pour ce qui est de la réalité augmentée, avec une réelle prise en compte des reliefs et des différents plans. Honnêtement, ce type de contrôle, même bien foutu, risque de rester un gadget non exploité dans de vrais jeux... Dommage. On espère tout de même être surpris dans les années à venir.

On conclut avec Assassin's Creed IV : Black Flag. Prévu sur les consoles actuelles, et sur les nouvelles générations, le jeu doit pouvoir séduire dans ses versions améliorées. Ayant joué aux deux versions, la comparaison est faisable. Là où le jeu trouve ses limites sur PS3, logiquement, comme c'était le cas pour le troisième épisode, il n'y a quasiment plus de problème sur PS4. La distance d'affichage est assez impressionnante, certains effets, comme l'eau, sont très réussis, mais malgré tout, il ne faut pas s'attendre à une claque graphique incroyable, le jeu étant juste un poil plus beau que sa version PS3. C'est surtout dans les finitions qu'on remarque les améliorations.

Pas de vraie déception, mais rien de très emballant pour le moment. Evidemment, une console à sa sortie, c'est rarement la grande joie, mais tant que la bête ne sera pas domptée, il faut croire que les jeux seront juste « bien », au mieux. Bien sûr, avec le temps, l'ensemble s'améliorera, mais pour le moment, rien de très convaincant, si ce n'est la manette DualShock 4. On en reparlera plus tard, lorsque les gros titres sortiront.

mardi 8 octobre 2013

Test Beyond : Two Souls

Le studio Quantic Dream est un peu à part dans le paysage vidéoludique. Peu de productions, et toutes réalisées par son fondateur, David Cage. Voulant offrir des expériences de jeu toujours uniques, et mettant un point d'honneur à privilégier l'émotion avant tout, c'est par le procédé de la motion capture, et les phases en QTE que Quantic Dream s'est principalement fait connaître. Heavy Rain, sorti en 2010, a plus ou moins permis une réelle reconnaissance de la part du public. On a reproché au jeu d'être uniquement un film interactif, avec un scénario de téléfilm M6, mais malgré ses défauts, Heavy Rain arrive réellement à émouvoir le joueur et à le faire se sentir impliqué. Quant au scénario, certes il n'est pas le plus fou jamais écrit, il est assez classique, mais de là à le comparer à un téléfilm M6 ! Il ferait un bon Direct To Video, ce qui est déjà bien. Bref, Heavy Rain a marqué les joueurs, en bien ou en mal, et n'a pas laissé indifférent. Et si l'on peut être déçu du titre en tant que jeu vidéo, on ne peut pas lui reprocher d'être une expérience assez passionnante. Ce mois-ci, Quantic Dream sort un nouveau jeu. Beyond : Two Souls, c'est son nom. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, le studio ne s'est pas reposer sur ses acquis pour nous proposer un système de jeu identique à celui de Heavy Rain.

Beyond : Two Souls, c'est avant tout l'histoire d'une jeune fille, Jodie Holmes, que l'on va suivre pendant une quinzaine d'années, de l'âge de huit ans à vingt-trois ans. Un parcours retracé à partir de différents moments clés de sa vie. Pas une histoire continue donc, mais divers passages forts de sa vie, exposés de manière non linéaire, mais tous plus ou moins reliés, et traçables via une sorte de frise temporelle. On varie donc les phases, et l'on passe régulièrement de Jodie enfant à Jodie adulte ou adolescente. Le but de cette déconstruction temporelle n'est pas de perdre le joueur, mais de lui permettre de mieux comprendre le personnage de Jodie, et de se familiariser avec. Et ce n'est pas plus mal, parce que l'on comprend certaines choses au fur et à mesure, et l'on en découvre d'autres parfois plus tard, qui expliquent ce que l'on a joué plus tôt, qui se déroule plus tard dans l'histoire. En gros, ça pourrait paraître agaçant, mais c'est bien mieux qu'une bête histoire linéaire. Le but est bien sûr avant tout l'émotion, le point essentiel que vise Quantic Dream avec ses jeux. Ici, le travail d'écriture est bien entendu primordial, et il est totalement réussi. Bien sûr, le scénario n'est pas transcendant, mais comme à chaque fois avec David cage, il est personnel, aborde des thèmes communs, mais traités de manière poussée, malgré un discours simpliste. En gros, le message n'est pas forcément fou, mais le résultat est souvent bouleversant, et c'est tant mieux !

L'autre élément qui est censé créer des émotions, selon David Cage, et donc selon Quantic Dream, c'est la performance des acteurs, et plus particulièrement la reproduction des visages et des expressions faciales. Qu'on se le dise tout de suite, sur ce point, Beyond : Two Souls offre un résultat extraordinaire. La performance capture fonctionne à merveille, et la retranscription virtuelle des acteurs offre à la PS3, et aux générations actuelles, une claque graphique à couper le souffle. Clairement, lorsque l'on regarde le visage numérique d'Ellen Page, on est bluffé devant une telle prouesse. On pourrait presque croire que l'on est déjà sur PS4. Seul certains éléments de décors, et de l'aliasing parfois un poil trop prononcé, viennent nous rappeler que le travail impressionnant sur la physique des personnages a dû légèrement mettre en retrait le reste. En retrait, c'est un bien grand mot. En effet, le jeu dans son ensemble est quand même très beau, et surtout, il brille par sa direction artistique, ambitieuse, audacieuse, et très variée. Le titre joue habilement avec les émotions du joueur, et pour cela, rien de mieux que de le balader à différents endroits, dans des situations très variées. Entre scènes d'action hyper rythmées ou scènes plus intimistes, le joueur oscille entre spectaculaire hollywoodien et vie quotidienne. Un moyen plutôt efficace de bien se sentir impliqué, puisque l'on va se sentir proche de Jodie en toutes situations.

 Ellen Page/Jodie Holmes est magnifique!

Attention toutefois, les gens qui n'ont pas touché au jeu seraient tentés de crier au film interactif, au « jeu » aux graphismes sublimes, mais sans gamepaly derrière. Disons-le tout de suite, ces gens se trompent ! Beyond : Two Souls reprend bien sûr des idées de Heavy Rain, mais un réel gameplay a été travaillé pour faire naître une réelle expérience de joueur. Déjà, et c'est un gros soulagement, le déplacement des personnages est fluide, et n'est plus plombé par une lourdeur absolument atroce, comme dans Heavy Rain. On contrôle Jodie sans problème, et avec une aisance assez plaisante. Et comme les animations sont juste incroyables, c'est encore mieux ! Pour le reste, il y a bien sûr des actions contextuelles, mais attention, elles ont été remaniés, de manière à ne pas frustrer le joueur. Déjà, pour les actions de base, lorsque l'on veut simplement interagir avec un élément, il n'est plus nécessaire d'appuyer sur plein de boutons, ou de tourner un stick dans quatorze sens différent à la fois. Un point blanc (ou plusieurs) apparaît sur l'écran, et il suffit juste de pousser le stick droit dans sa direction pour effectuer l'action. Rien de plus simple, et surtout de plus intuitif. On note aussi une intéraction très bien pensée lors des combats. Et il y en a dans le jeu. A chaque fois que le personnage de Jodie doit agir dans ces scènes, le temps se ralentit un court instant, et, sans que rien n'apparaisse à l'écran, il faut bouger le stick droit dans la direction qui nous semble le plus logique, pour attaquer, parer, ou esquiver. Il faut se rendre compte, et ce n'est pas forcément évident sur le papier, sans que l'on ait pu essayer, que ces passages sont une totale réussite. Ils procurent une sensation de stress, puisqu'en un court laps de temps il faut décider de son action sans que rien ne nous indique quoi faire, en se fiant à son instinct. Et parfois, on se goure. Mais manette en main, ces passages sont réellement forts, et nous impliquent dans le jeu. Pour une fois, on ne pourra pas dire qu''il n'y a pas de gameplay dans le jeu. Alors bien sûr, les QTE sont conservés, mais sont beaucoup moins présents. Tant mieux. Finalement, ils servent principalement lors des choix à faire, toujours aussi importants. Les décisions ne sont pas à prendre à la légère, et ont leurs influences au fil du jeu et de l'histoire. On façonne Jodie selon notre bon vouloir, au travers de nos choix, et c'est bien là le principal pour réellement se sentir impliqué.

 Ce passage est fort en émotions

La grande nouveauté vient cependant d'Aiden, l'entité qui est constamment aux côtés de Jodie. Avec une simple pression sur le bouton triangle, on peut prendre possession de lui. Et là, on vit une expérience totalement différente de ce à quoi on a l'habitude ! Le déplacement est totalement libre, en vue subjective, et l'on peut se balader où l'on souhaite, traverser les murs ou objets, avec une limite de distance (justifiée dès le deuxième chapitre), et bien sûr, interagir avec les objets ou personnages. Et c'est là qu'on prend conscience de toutes les possibilités du jeu, qui ne se réduit donc vraiment pas à une succession de QTE. Lorsque l'on contrôle Aiden, on peut, très simplement, interagir avec des objets, selon ce qui nous est proposé, pour avancer dans le jeu. Faire péter une vitre, voler des papiers, ouvrir une porte, rien de plus simple. On regrette juste que l'interaction ne se fasse qu'avec ce que le jeu a prévu, mais malgré tout, les choix varient, et rien n'est imposé. Pour ce qui est des personnages, on peut les tuer, ou bien prendre possession d'eux. Ce qui renforce le gameplay, et permet d'élargir l'expérience. Il faut bien réaliser que le contrôle d'Aiden et ses capacités sont pensés pour alimenter un gameplay, et donc une progression de jeu, qui proposera parfois certaines « énigmes », que seul l'interaction avec certains éléments permettra de résoudre. Au final, ces phases très convaincantes permettent au gameplay de s'enrichir, et nous permettent aussi de mieux comprendre Jodie et sa relation avec Aiden. Que du bon en soit.

Pourtant, il y a bien un paradoxe avec Beyond : Two Souls. Certes, enfin on est face à un jeu vidéo. Mais on est aussi encore plus face à un film. Alors non, Beyond : Two Souls n'est pas un film interactif, puisqu'il comporte énormément d'éléments de gameplay qui en font un réel jeu vidéo. Mais il faut quand même se rendre à l'évidence, le nombre impressionnant de cinématiques et les nombreuses phases où les seuls éléments de jeu sont des choix peuvent gêner les plus réticents. Et c'est bien dommage, parce que le jeu vaut bien plus que ça, et ne se limite pas qu'à ses passages justement. C'est un jeu vidéo, mais aussi une expérience intense et marquante. Les choix influent sur le déroulement des phases de jeu futures, et avec ses vingt-trois fins, il y a de quoi faire. Et pour le coup, il y a de quoi être bouleversé par ce que l'on va vivre. Rares sont les jeux qui arrivent à procurer tant de sensations.

Magnifique dans sa réalisation et dans son interprétation, Beyond : Two Souls ne séduira pas tout le monde, et principalement ceux qui n'y verront, à tort, qu'un film interactif. Les autres, qui trouveront leur compte dans ce jeu, puisque c'en est bien un, prendront part à une aventure intense et incroyable, qui se savoure une première fois, mais aussi et surtout en se recommençant. Il faut bien noter le jeu, et comme il n'est pas parfait, il faut être objectif, mais ceux qui accrocheront au principe pourront facilement considérer Beyond : Two Souls comme un chef-d’œuvre absolu, et peut-être même comme le meilleur jeu de la PS3. Qu'on l'aime ou non, cette dernière production du studio Quantic Dream mérite d'être essayée. On ne pourra que vous conseiller Beyond : Two Souls. Une expérience unique, une aventure bouleversante, un jeu incroyable.

17/20

jeudi 3 octobre 2013

J-One, la nouvelle chaîne à suivre

Vous aimez les mangas ? Vous aimez la J-Pop ? Vous aimez la culture japonaise en général ? Nice Peace ne vous fait pas peur ? Alors J-One est fait pour vous ! Mais qu'est-ce donc, J-One ? C'est une nouvelle chaîne qui traite principalement de la culture japonaise. Encore une diront certains. Et ils auront tort. Parce que cette fois-ci, on parle vraiment de culture japonaise, et on le fait bien.

J-One débarque demain, dès 18h30, dans les offres des bouquets Canalsat et Numericable. On ne vous parle pas d'une chaîne basique, qui propose de temps à autre des éléments de la culture japonaise, comme peut le faire NoLife (je ne critique en rien cette chaîne que j'aime bien, je précise juste que leur contenu est large, et pas uniquement centré sur la culture nippone), mais bien d'une chaîne entièrement consacrée à ce monde. Et pour cela, la chaîne a décidé de mettre le paquet, afin de ne pas décevoir ceux qui l'attendent.

Au programme, plusieurs types de contenus. D'une part, les programmes japonais, que la chaîne diffusera. On cite par exemple Shibuahara Girls, une émission de télé-réalité sur un groupe de mannequins dans les quartiers branchés de Tokyo, des clips ou concerts des meilleurs groupes de J-Pop, ou bien les Game Shows Japonais, une sélection des meilleures émission de jeux télé venus tout droit du pays de Soleil-Levant. Cela est intéressant pour ceux qui aiment cette culture, et ça l'est aussi pour ceux qui aimerait la découvrir plus en profondeur. Après tout, même sur le net, c'est rare d'avoir accès aussi facilement à ce type d'émissions.


Il y a aussi les contenus inédits produits par la chaîne. De toutes nouvelles émissions consacrées au Japon, à ses tendances, à sa culture. Tous les jours, vous pourrez découvrir le Nyusû Show, un programme de 13 minutes présenté par la jeune Marie Palot, qui s'attardera sur les mangas, la musique, le cosplay, la pop culture asiatique, et les évènements à ne pas rater. Une bonne occasion pour ne rien louper sur les nouvelles tendances. Le Tôku Show est un talk qui analyse et décrypte la culture « otaku ». Présenté par Guillaume Dorison et ses invités, ce programme, avec cinq émissions hebdomadaires, a de quoi séduire les amateurs comme les néophytes. Parmi tous les contenus proposés, on peut aussi citer Asia Alarm, qui proposera une sélection des pubs les plus insolites, étranges, ou drôles que l'on peut trouver au Japon (et il y en a!), ou encore Asie Insolite, qui vous fera découvrir les nouvelles tendances les plus insolites de l'univers « otaku ». Un beau programme en perspective, et encore, attendez de voir la suite.

Il faut l'avouer, tout ça donne déjà bien envie. Mais là ou J-One frappe fort, très fort même, c'est dans la diffusion des animés. Il ne faut pas croire que l'on aura le droit à une énième rediffusion de One Piece ou consorts. Non. J-One propose la diffusion d'animé un jour après la première diffusion au Japon. En gros, si un épisode est diffusé un jeudi au Japon, il le sera le vendredi sur J-One. Et en vostfr, ce qui ravira les vrais fans. Plus besoin de pirater illégalement les mangas, vous pourrez les voir à la télé, tranquillou, sur J-One. Ça, c'est quand même un beau tour de force, qui mérite le respect. Parmi les séries qui auront le droit à cette opportunité, on peut donner comme exemple Hunter X Hunter, Strike The Blood, Naruto Shippuden, ou encore Arpeggio of Blue Steel, mais la liste est évidemment bien plus longue. De grandes promesses, qui seront tenues, pour le plus grand plaisir des fans.

J-One sera lancé officiellement demain, le vendredi 4 octobre 2013, à 18h30, et va nous offrir de beaux programmes que l'on prendra plaisir à suivre. En plus de ce qui a été cité, on retrouvera aussi des films ou des séries inédites. On pourrait regretter que seuls les bouquets Canalsat et Numéricable soient concernés, mais c'est le prix à payer pour la qualité. Un conseil, si vous le pouvez, regardez donc la chaîne, vous ne serez pas déçus. Sinon, changez de fournisseur, afin d'avoir la bonne box. Vous ne le regretterez pas !

lundi 16 septembre 2013

Pokémon, le choix d'une génération

On a tous des choix difficiles à faire dans la vie. Mais soyons honnêtes, le choix le plus dur de toute votre vie a été celui-ci : « Bulbizarre, Salamèche, ou Carapuce ? ». Ne le niez pas, ça a été pareil pour moi. Et pour toute une génération née entre 1987 et 1992 environ, ça a été le cas. Avec notre grosse Game Boy à la main, la toute grise, ou la Game Boy Color, pour les plus riches ou les plus jeunes. Mais si le choix n'a pas forcément été le plus aisé, il a pourtant été le plus jouissif de notre vie. Décider de son premier pokémon, le vrai premier pour notre découverte de Rouge et Bleu, c'est quand même une expérience assez grisante, qui a marqué plusieurs millions de gosses. Parce que Pokémon, ce n'est pas juste une licence à fric qui s'est faite connaître grâce à ses dérivés en série animée, en figurine, ou en céréales (les plus vieux s'en souviendront...). Pokémon, ce sont des jeux, mais avant tout, ce sont des expériences, intenses et multiples, qui ne cessent de se réitérer. Ce n'est pas la sortie de X et Y prochainement qui va venir nous contredire. Pokémon, c'est aussi et surtout un univers, qui évolue constamment, comme les bestioles que l'on capture. C'est aussi bien entendu une mécanique bien huilée. Et finalement, c'est bien à cela que la licence doit tout son succès.

Prévu pour être un simple oldies sur Pokémon Rouge et Bleu, cet article sera plus long, parlant avec sincérité (et amour?) de Pokémon, l'une des licences les plus rentables du jeu vidéo, mais surtout l'une des plus intéressantes, et bien moins gamine que la plupart des gens le pensent. Soyons francs, avouer que l'on joue à Pokémon quand on a passé la vingtaine (voire la quinzaine), ce n'est pas forcément très tentant. Se faire traiter de gamin qui joue à un jeu de gosse, personne n'apprécie. Et pourtant, il doit y avoir plus de gens de plus de vingt-cinq ans qui jouent à Pokémon qu'à Call of Duty (en proportion). Malheureusement, les aspects un peu trop mignon/kawaii de certaines bestioles ruinent les propos du jeu, la subtilité de son gameplay, et la grandeur de son univers, réduits à n'être éternellement que pour les enfants. Sauf que les enfants de 1999 ont grandi, et n'ont pour la plupart pas cesser de jouer à Pokémon, se procurant régulièrement les nouvelles versions. Oui, toi, qui lit cet article, avoue, tu as plus de vingt ans ! Ce n'est pas une critique, au contraire, c'est bien de continuer à jouer à Pokémon malgré son âge, soi disant trop vieux pour ces gamineries. Et justement, pourquoi continuons-nous à jouer aux nouvelles versions, pourquoi attendons-nous les jeux de la sixième génération, pourquoi avons-nous acheté les remakes de la première génération sur GBA et ceux de la deuxième sur DS ? On vous explique plus ou moins pourquoi.

 Cette cartouche, la vraie, l'unique

Pokémon et son public, c'est en soi une grande histoire d'amour. En même temps, on a bien été chouchouté, il faut l'avouer. Pour expliquer la raison d'un tel succès, il faut revenir à une époque sombre et obscure, la fin d'une période de Boys Band et de musiques atroces, et le début d'une nouvelle ère : le collège (pour mon cas, après, vous, je ne sais pas). C'est le 8 octobre 1999 que les versions Rouge et Bleue débarquent sur Game Boy en France. Vous vous souvenez peut-être des pubs à la télévision, avec la mise en avant des échanges via la cable Link, ou avec ce chauffeur de bus psychopathe. Le jeu, sortie trois ans plus tôt au Japon, à connu un immense succès. On en entend donc parler de plus en plus, surtout avec une sortie sur notre continent. C'est à un véritable phénomène que l'on va faire face. La logique marketing internationale est lancée, Pikachu est officiellement en voie de devenir une vedette mondiale, et de façon surprenante, le dessin animé ne sera diffusé qu'à partir du 1er janvier 2000, sur une chaîne hertzienne en tout cas, en France. Et pourtant, on parle de Pokémon un peu partout, même aux infos, puisqu'il s'agit d'un véritable phénomène. Avant même d'être sorti, le jeu divise, forcément. Ça a du succès, ça vient du Japon... Mon Dieu, les monstres ! Oui, les monstres de poches, qui ne vont pas ravager le cerveau des gosses, mais éventuellement le porte-feuille de leurs parents. Oui, il n'y a qu'une sauvegarde par cartouche. Et pour avoir toutes les créatures, il faut posséder les deux versions, ou bien faire des échanges (câble Link recquis). Pour le reste, Pokémon n'est pas un Tamagotchi géant, ni un simulateur de zoo, mais bel et bien un jeu de rôle et de stratégie. Simple au premier abord, et efficace, tous peuvent y trouver leur compte, pour peu que l'on adhère au principe. La force du jeu vient aussi de son système de combat, plus complexe et stratégique qu'il n'y paraît dès que l'on s'y attarde, de son côté totalement addictif, et de sa durée de vie phénoménal (surtout pour un jeu Game Boy) ! On dépasse rapidement les cent heures de jeu, alors qu'il y a finalement bien moins à faire que dans les versions actuelles. Bulbizarre, Salamèche et Carapuce sont devenus des idoles, et encore aujourd'hui, ils restent parmi les pokémons préférés des joueurs, avec d'autres, de la génération suivante.

Si les versions Or et Argent sont sorties en 1999 au Japon, elles sont arrivées chez nous en 2001, après le passage de la version Jaune, consacrée principalement à Pikachu, et qui reprend la trame du jeu originale en y posant des idées reprises de la série animée. Cette deuxième génération apporte pas moins de cent nouveaux pokémons, une nouvelle région, et de nombreux apports de gameplay. On retient surtout les trois starters, qui sont peut-être les derniers véritablement mignons et iconiques. Germignon, Héricendre, et Kaiminus, ce sont leur nom. On remarque aussi que les deux oiseaux légendaires sont capturables, alors qu'à partir de la troisième génération, seul le légendaire de la pochette du jeu sera exclusif à la version. Un choix marketing aussi redoutable que dommage. Pokémon Or et Argent ne sont cependant pas de simples suites, mais une véritable évolution du jeu. Deux nouveaux types font leur apparition, le calendrier (jour de la semaine et heure) joue un rôle important, déclenchant certains évènements qu'à certains moments, ou encore de nouvelles balls sont disponibles. A cela, s'ajoute la région de Kanto, la première, disponible après avoir vaincu une première fois la ligue, à redécouvrir sous un nouvel angle, quelques années s'étant écoulées depuis les évènements de Rouge et Bleu. Ce sont donc deux régions et pas moins de seize badges, ainsi qu'une nouvelle ligue, en partie, qui sont proposés au joueur. Assurément, Or et Argent demeurent parmi les meilleures générations, et peut-être même comme les meilleures versions.

 Souvenir d'une sacrée époque!

Certains ne le savent sûrement pas, mais Nintendo ne pensait pas que la licence connaîtrait un tel succès. Pour être franc, ils pensaient uniquement sortir quatre versions du jeu, réparties en deux salves de deux cartouches. Rouge et Vert (devenu Bleu en Occident), puis Or et Argent. Et c'est tout ! Sauf qu'avec plus de trente millions de cartouches vendues uniquement pour la première génération, des revenus impressionnants, et des nouvelles demandes de la part des joueurs, il a bien fallu imaginer de nouvelles bestioles, de nouvelles régions, et de nouveaux système de gameplay pour de futurs jeux.

C'est en 2003 en France que sort les versions Rubis et Saphir sur Game Boy Advance. Cette troisième génération fait partie des plus mal aimées. Pourtant, s'il n'y a pas forcément de très grandes nouveautés, excepté graphiquement ou ça claque enfin, le jeu s'en sort plutôt bien. Ok, on n'a pas vingt-quatre arènes comme on était en droit d'attendre, mais malgré tout, le jeu est prenant, long, et apporte des nouveautés qui ont leur charme. Les Team Magma ou Team Aqua n'ont pas le charisme de la très célèbre Team Rocket, mais peu importe, on est pris dans l'aventure, même si on aurait pu espérer plus. Et pour les déçus de ces versions qui veulent jouer à un jeu Pokémon sur GBA, des remakes des titres de la première génération sortent. Les jeux sont identiques en grande partie, mais apportent de nouvelles îles à explorer, et bien entendu plus que les 151 pokémons d'antan. C'est aussi l'occasion d'échanger et combattre via le bidule infra-rouge (fourni dans la boîte), qui se clipse sur la console, et qui permet de ne pas avoir à acheter un câble Link. Sa seule utilité a été avec ces deux jeux si je ne m'abuse.

La DS est arrivée, elle a fait un carton, mais il a fallu attendre deux ans, en 2007, pour voir arriver la quatrième génération. Cette génération qui est personnellement celle que j'aime le moins. Pourtant, la DS apporte son lot de nouveautés, et la plus grande vient du jeu en ligne. Echanger ses pokémons via Internet, c'est peut-être la plus grande révolution apportée à la série ! Malgré tout, le jeu n'est pas le plus enthousiasmant de la série, et ce n'est pas la faute à la durée de vie immense, ni aux nombres de créatures encore plus impressionnant. Attention, ce n'est pas du tout un mauvais jeu, bien au contraire, mais peut-être l'épisode qui aurait dû se remettre encore plus en question, malgré l'arrivée de nouveautés assez nombreuses, nouvelle console et donc possibilités obligent. La DS a aussi été la console des réédition de Or et Argent, dans deux remakes assez fous, et qui rendaient un hommage mérité aux versions d'origines, avec des ajouts bienvenus. On retiendra la possibilité de se balader avec le premier pokémon de son équipe hors de sa pokéball, aussi inutile que géniale.

 Premier changement de console pour une nouvelle génération depuis 2006!

C'est cependant avec la cinquième génération, et les versions Noire et Blanche que Pokémon va retrouver un statut de jeu à posséder absolument, et qui s'adresse à tous les amateurs de jeux de rôle tactiques. D'une part, la réalisation, plus audacieuse qu'auparavant, surprend, sans chambouler nos habitudes. Mais surtout, le fait que l'on nous plonge dans une aventure avec 156 nouveaux pokémons, sans possibilité de voir des anciens avant la fin du jeu et l'obtention du pokédex nationale, c'est tout simplement une idée fabuleuse ! C'est tout bête, mais rien n'est meilleur pour l'immersion dans un nouvel univers. On retrouve la sensation connue avec la première génération, lorsque l'on découvrait au fur et à mesure de l'aventure. Ajoutons à cela une difficulté enfin revue à la hausse, qui oblige a adopter la meilleure stratégie, en plus d'avoir un haut niveau, et forcément, les joueurs sont conquis. En plus de cela, le scénario/prétexte du jeu est plus poussé que dans les précédentes versions, et la Team que l'on affronte est réellement intéressante, avec ses idéologies presque dérangeantes, tant elles nous feraient réfléchir sur le concept même du jeu. Nintendo et Game Freak ont clairement réussi leur pari avec cette cinquième génération, qui en terme de gameplay est peut-être la meilleure. Sa suite, Noir 2 et Blanc 2 (pas de troisième épisode proposant juste quelques améliorations), possède aussi de grandes qualités, sans atteindre son prédécesseur. En effet, dans sa scénarisation et sa mise en scène, ces deux suites sont les versions qui s'approchent le plus d'un jeu de rôle traditionnel, ce qui est presque surprenant. En revanche, on pourrait regretter une durée de vie presque trop faible juste pour vaincre la ligue (une trentaine d'heure), mais puisqu'il y a beaucoup à voir encore après, on ne s'en plaindra pas.

Bientôt, le 12 octobre, les versions X et Y arriveront sur 3DS (et 2DS). Il y a de quoi être impatient, malgré des nouveautés étranges et déstabilisantes (les méga évolutions, sincèrement... Enfin, on verra bien in game), puisque ce prochain jeu s'annonce réellement énorme. Un nouveau type fait son apparition, une première depuis quatorze ans ! De nouvelles créatures seront présentes bien entendus, et la nouvelle région, Kalos, s'inspire de... La France... Pourquoi pas après tout. Je ne peux pas me prononcer sur le jeu, et je ne peux pas me le procurer en import, puisque le titre sortira à la même date dans le monde, une première pour la licence. J'ai réellement hâte, et le 12 octobre, la cartouche sera mienne. Oh oui, elle sera mienne.

 Pokémon Stadium, qui l'avait?

On ne peut cependant pas réduire Pokémon à ces simples titres. Il y en a eu plein d'autres à côté, comme les fameux Stadium sur Nintendo 64, et Pokémon Snap, les deux opus d'aventure semi ratés sur Gamecube, les Pokémons Donjon, et bien d'autres. Pokémon, c'est avant tout un univers, qui s'est décliné sur beaucoup de supports. Des produits dérivés de marketing, une série télé très connue, des films pour chaque saison, un futur OAV qui reprend la première génération, mais aussi un jeu de carte, assez intéressant pour peu que l'on s'y intéresse véritablement. Il faut bien se rendre compte, et les gens ont du mal à le comprendre, que Pokémon n'est pas qu'un simple produit prévu pour plaire aux gosses afin que leurs parents achètent des jouets qui en sont dérivés. Il y a derrière un vrai fond dans le gameplay, et pas simplement de la stratégie classique sur fond de Feu écrase Plante. Il n'y a qu'à voir les Ivs, les Evs, ou encore les statistiques dépendant de la nature du pokémon et bien d'autres critères. Eh oui, c'est assez technique finalement. Donc non, Pokémon, ce ne sont pas des jeux pour gamins, mais bien de véritables jeux de rôles, bien conçus, et adaptés pour tous. Après tout, la moyenne d'âge d'un joueur de Pokémon est de vingt-six ans si je ne dis pas de bêtise. Oui, ce n'est pas forcément ce à quoi on s'attend. Pourtant, je suis sûr que la plupart des gens qui vont sur Pokébip ont passé la vingtaine. Eh oui, on a grandi avec Pokémon, il faut s'y faire. On a évolué avec nos bestioles, mais on ne les a jamais abandonnées.

On pourrait en dire encore et encore sur Pokémon, tant l'univers et son exploitation sont immenses. On a tous une génération que l'on préfère, et malgré les avis ou critiques de certains, tous ont le droit de préférer la leur, que ce soit d'un point de vue personnel, émotionnel, ou simplement de gameplay et de contenu pur. Il y a vraiment beaucoup à dire, et écrire un article par jour pendant un an ne suffirait pas, alors on va s'arêter là pour le moment. Vous pouvez si vous souhaitez en découvrir plus, aller jeter un coup d’œil à la chaîne PokéDonwar, de Donwar un vrai fan, qui traite aussi bien de cartes pokémon, que de Let's Play, de déballage, ou de rumeurs sur l'univers du jeu. Si vous ne les avez pas vu, courez donc voir les Points Cultures sur Pokémon, tant ils sont drôles et réellement intéressants. Sinon, continuez à jouer, quoique l'on puisse vous dire. En attendant la sixième et prochaine génération sur 3DS, on a tous fait un choix, des choix, qu'il s'agisse de notre starter, de la version choisie, ou bien tout simplement celui de commencer à jouer à Pokémon. Reste à savoir quels seront les prochains choix, le choix de la nouvelle génération. Pour le moment, je reste sur mon Salamèche, mon vrai premier pokémon, le seul, et l'unique.

mercredi 11 septembre 2013

Test Saints Row IV

Au fil des années et des épisodes, la saga Saints Row aurait pu se contenter d'être un bon petit clone de GTA. La série a toutefois su imposer ses marques, principalement avec le troisième épisode, pour devenir l'une des icônes phares des jeux what the fuck. Toujours plus vulgaire, et toujours plus débile, ce plaisir coupable est totalement assumé. Saints Row IV compte bien continuer dans la même lancée. La démesure n'aura jamais été aussi folle !

Le chef des Saints, celui de The Third, est devenu président des Etats-Unis. Après une première mission d'un mauvais goût totalement assumé, on crée son personnage, et on commence le jeu. Et tout commence mal, puisque la terre se fait attaquer par une bande d'aliens belliqueux. Le président, c'est à dire nous, se fait enfermer dans une reconstitution virtuelle du monde, dans la matrice. L'occasion d'apporter des nouveautés, et pas des moindres : des supers pouvoirs ! Après tout, dans un monde virtuel, tout est possible, non ?

 Flash! Oh oh!

Au fil du temps, le personnage apprend de nouveaux pouvoirs, et peut les améliorer. On commence par courir vite et sauter haut, avant de contrôler des éléments, acquérir des pouvoirs de télékinésie, et d'autres encore. Le principe est génial, et permet de ne pas répéter exactement le même système que dans The Third. Malheureusement, on se rend vite compte que l'ensemble n'est pas forcément très aisé à prendre en main, et nécessite un temps d'adaptation. Déstabilisante, cette nouvelle maniabilité a besoin que l'on apprenne à la gérer. Dommage, on aurait aimé que le tout soit plus intuitif. Pour le reste, les missions classiques du genre alternent avec des missions plus variés, mais pas nécessairement plus plaisantes. On aime les quêtes et ce qu'elles proposent, mais dès que l'on s'éloigne un peu trop du gameplay de base, on se retrouve souvent face à un problème de jouabilité. L'ensemble n'est pas forcément bien pensé, et peine à convaincre manette en mains. Dommage, puisque c'est drôle, et que conduire un vaisseau spatial sur « What is Love » de Haddaway aurait pu être réellement grisant si cela avait été jouable correctement.

Die alien motherfucker!

Une chose est sure, ce qui n'est pas critiquable, c'est bien l'univers et l'ambiance du jeu. Déjanté, loufoque, barré, de mauvais goût, le titre assume son héritage pour proposer des situations toujours plus absurdes et inattendues. Bourré de références à la pop culture, Metal Gear Solid, Starfox, ou bien Matrix pour n'en citer que quelques-unes, Saints Row IV envoie du lourd dans l'humour. Parfois assez crade même (un robot qui fait une fellation...), on ne peut rester indifférent, et on aimera ou non. Mais devant un tel titre, autant assumer ses besoins d'humour débile qui font plaisir, c'est un peu le principe. Malheureusement, on peut reprocher au titre d'utiliser la même carte que dans The Third, suite direct oblige, et postulat de DLC à l'origine (le fameux Enter the Dominatrix). C'est encore plus dommage, puisque l'aspect graphique, désuet, n'a que très peu évolué. Rien de vraiment choquant, mais un effort aurait été appréciable de ce côté-là.

Saints Row IV nous offre tout ce que l'on attend, et en même temps, on peut être un peut frustré. On aurait aimé plus, ou mieux peut-être. A défaut d'être un jeu exceptionnel, Saints Row IV est un bon titre complètement what the fuck, à l'humour toujours aussi ravageur pour peu que l'on y adhère. Et finalement, dans un monde où la rigueur et le sérieux devient peu à peu une norme, ce genre de vilain petit canard, ça fait du bien. Pas autant que l'on aurait pu le souhaiter, mais assez pour plaire, et c'est déjà bien !

13/20