mardi 18 septembre 2012

Test Borderlands 2

Fin 2009, Borderlands avait réussi à impressionner les critiques et les joueurs. Ce FPS teinté de RPG avec son univers futuriste décalé et ses graphismes cel-shadés avait conquis bon nombre de personnes alors sous le charme. C’est donc tout naturellement que l’on attend de pied ferme sa suite, logiquement appelée Borderlands 2, qui a pour mission de reprendre le flambeau sans en atténuer la flamme.

Dans le premier Borderlands, l’Arche était l’objet de toutes les convoitises. Le joueur était à sa recherche durant toute l'aventure. Finalement, une fois trouvée et une fois ouverte, on se rendait compte que c’était plus le malheur et la dévastation qui nous attendait. En même temps, on a tous vu Les Aventuriers de l’Arche perdue, et on sait bien que c’est dangereux d’ouvrir une arche. C’est donc ainsi que débute Borderlands 2. Quelques années après l’ouverture de l’Arche, le mystère plane toujours autant autour de cet objet énigmatique. Jack LeBeau, directeur de Hypérion (une fabrique d’armes puissantes) a aussi pris le pouvoir, devenant ainsi le dictateur de Pandora (la planète sur laquelle le jeu se déroule, pas celle d’Avatar). Votre mission, découvrir la vérité, faire tomber ce fameux Jack LeBeau, et survivre. Et pour bien commencer, vous vous réveillez parmi une multitude de cadavres en plein milieu d’un décor entièrement enneigé. Avec comme seul compagnie un Claptrap aussi bavard qu’insolent et peureux, vous voilà prêt à débuter une nouvelle aventure.

Le premier Borderlands avait réussi à sortir son épingle du jeu grâce à différents aspects travaillés et originaux. Particulièrement son ambiance, qui tranche radicalement avec les titres du genre qui tendent à tous se ressembler. En effet, pas de réalisme absolu dans un monde crédible, mais un style cartoon en cel-shading totalement maîtrisé qui sert un univers futuriste du meilleur goût. Cette formule magique et magnifique est naturellement reprise pour le deuxième opus. On évolue donc à nouveau dans ce monde à l’ambiance science-fiction si atypique qui possède une véritable âme, chose de plus en plus rare de nos jours, et c’est un véritable plaisir. Encore une fois, le cel-shading est efficace et le parti pris artistique du plus bel effet. On regrette que cet emballage savoureux dissimule une réalisation parfois un poil datée, particulièrement au niveau des textures. En effet, dès le début du jeu, on se rend compte de ces petits défauts visuels. Comme ce corps qui baignent dans une mare de sang, ou plutôt une sorte de bouilli de pixels rouges carrés. Ou encore, ce digicode flou à la texture non détaillée à peine digne d’une Playstation, qui prend enfin un aspect convenable lorsque l’on s’approche et que l’on attend pas loin d’une seconde le chargement des textures. Dans l’ensemble, ces petits égarements techniques ne ternissent en rien l’expérience de jeu et ne nuisent pas à l’approche visuelle du titre, ils titillent cependant le joueur et peuvent occasionnellement le faire sortir quelques instants de l’univers vidéoludique dans lequel il évolue, notamment pour l’alliasing parfois légèrement trop présent sur certaines surfaces. Restons francs tout de même, on prend du plaisir à parcourir les différents lieux de Bordrelands 2 tant l’ambiance est travaillée, et les quelques défauts techniques ne lasseront jamais de ces graphismes cartoon totalement maîtrisés qui feront l’unanimité. Une fois encore, on se prend une claque. Moins forte cette fois-ci, mais toujours là pourtant.

 De l'action, il y en a dans Borderlands 2

Borderlands 2, ce n’est pas que de la science-fiction à la sauce comics cel-shadding, c’est surtout une ambiance décalée voire complètement déjantée. L’humour est fortement présent, souvent absurde, cruel, noir et caustique, et sied parfaitement à ce type de jeu, qui ne délaisse en rien l’aspect sérieux du scénario. On n’est pas dans un FPS à la Serious Sam non plus. De même, le bestiaire ennemi fait toujours le choix de l’originalité et reprend habilement ce qui avait été créé dans le premier opus. Pas de simples soldats ou des bestioles immondes sans intérêt, mais la plupart du temps des grands maniaques imbus d’eux-mêmes, ou bien des sadiques. Oui, des sadiques, c’est leur nom. Vous savez, ces types immondes et louches avec leurs masques dérangeants. Exact, comme sur la pochette du premier jeu. Eh bien on les retrouve évidemment. C’est un peu la marque de fabrique du jeu en même temps. Quant aux boss, je l’ai précisé juste avant, ce sont pour la plupart de grands malades complètement cinglés. Comme ces deux frères adeptes des explosifs par exemple, Boum et Boum. On est donc bien loin des stéréotypes de ce genre de jeu, n’affrontant pas de soldats ennemis terroristes ou bien de simples monstres mutants pas beaux. Et ça fait du bien de sortir du lot.

Côté gameplay, Borderlands 2 aussi sait se montrer original. A la fois FPS et RPG, il pousse un peu plus loin le concept du premier épisode. D’ailleurs, bien qu’il s’agisse d’une suite directe, les quatre héros de Borderlands ne remettent pas le couvert. C’est donc avec quatre nouveaux personnages jouables, et par la même occasion quatre nouvelles classes, que vous allez vous lancez dans l’aventure. Et qui dit classes différentes, dit plusieurs manières de jouer. On peut choisir le gros bourrin, le plus agile en défense, celle qui peut contrôler ses adversaires, ou bien l’assassin plus discret et plus agile au corps à corps. Des styles de jeu hétéroclites qui vont convenir à tous types de joueurs, de quoi largement les satisfaire. Le gameplay reste pour la plupart similaire à celui du premier Borderlands. On avance et on tire. C’est certes bien résumé, mais ce serait très réducteur de limiter la maniabilité à ces simples aspects. Bien sûr, le titre reprend des idées aux jeux de tir plus old-school, ce qui pourrait déplaire à certains joueurs habitués à Call of et consorts, mais il ne s’agit en rien d’un défaut, bien au contraire. Effectivement, on ne peut pas se planquer derrière un mur ou autres via une commande par exemple, il faut savoir être tactique et bien assurer ses arrières. Mais même si l’intelligence artificielle est assez belliqueuse et ne vous laissera que peu de répit, il y a toujours une solution pour s’en sortir. Quelque soit votre classe, on peut se sortir des diverses situations de différentes manières. On peut donc buter sur certains passages, mais au final, on y arrivera à chaque fois avec un peu de persévérance, et en repensant sa stratégie. D’ailleurs, si le côté FPS du jeu fait honneur aux anciennes productions moins axées guerre à tous prix et plus fun à tout va, il reprend aussi en partie le concept des hack and slash. On tire, on tue, et on ramasse des objets. Sur les corps de vos ennemis, ou dans les multiples coffres que vous trouverez, parfois évidents, parfois plus cachés. Votre inventaire sera vite rempli, et les choix de vos armes à garder ou jeter seront parfois difficiles. Il ne faut pas oublier que Borderlands 2 n’est pas qu’un simple FPS, c’est aussi un RPG.

 Il faut choisir ses compétences selon votre style de jeu

Justement, ce côté RPG est très prononcé et surtout très bien intégré. On n’est pas ici dans un simple jeu de tir. Un headshot ne tuera pas votre ennemi, il sera uniquement un coup critique qui vous donnera plus d’expérience. En effet, chaque ennemi à une jauge de vie qu’il faut entièrement vider afin de les tuer et alors gagner de l’expérience. Et comme précisé juste avant, les coups critiques vous donnent plus d’XP. On est clairement dans une logique de jeu de rôle. On tue évidemment pour avancer et pour survivre, mais aussi pour gagner de l’expérience. Expérience qui s’acquiert aussi en accomplissant des quêtes ou en explorant de nouveaux lieux. Bien évidemment, ces points durement acquis serviront à manier certaines armes, à débloquer de nouvelles quêtes ou encore à ouvrir un menu de compétences qu’il faudra sélectionner afin de les choisir selon vos envies et votre manière de jouer. Au final, on a de quoi construire son personnage à sa guise, surtout que des personnalisations physiques sont désormais de la partie, ce qui n’était pas le cas dans le premier épisode.

Grâce à son univers science-fiction futuriste décalé et déjanté, un aspect graphique en cel-shading de toute beauté, et un gameplay terriblement efficace et addictif, Borderlands 2 réussit parfaitement à succéder à son prédécesseur. Plus abouti que le premier épisode, cette suite offre aux joueurs un jeu de tir old-school nerveux et tactique à la fois doté d’un côté RPG prononcé qui n’enlève rien à la fluidité de l’action. Au final, l’ensemble s’apparente plus à Doom qu’à Fallout, mais conviendra à plusieurs types de joueurs, des plus bourrins aux plus techniques. Les fans du premier épisode seront ravis de cette suite, les néophytes trouveront un jeu à l’univers original tout à fait appréciable et au gameplay particulièrement séduisant. A la frontière de deux genres, Borderlands 2 est incontestablement une réussite, un de ces jeux qu’il serait dommage de louper.

 17/20

jeudi 13 septembre 2012

La Wii U, enfin du concret

Aujourd’hui, le 13 septembre, c’était enfin le jour des annonces concrètes pour Nintendo à propos de sa prochaine console de salon, la Wii U. En effet, prévue pour la fin de l’année, on n’en savait toujours pas grand-chose, la firme nippone privilégiant la présentation de jeux. Il était donc enfin temps de s’y mettre et de donner les informations qui nous intéressent. Et comme je sais que ce qui vous intéresse avant tout c’est le prix et la date de sortie, je ne vais pas vous faire languir plus.

La Wii U sera disponible le 8 décembre au Japon, et le 30 novembre en Europe. Dans tout juste deux mois et demi. Deux packs seront disponibles. Le pack basic, contenant une Wii U blanche avec 8 Go de mémoire interne, un Gamepad, un câble HDMI et deux blocs d’alimentation pour la console et le Gamepad. Le pack premium, incluant une Wii U noire avec 32 Go de mémoire interne, un Gamepad, un câble HDMI, deux blocs d’alimentation, un support pour le Gamepad, un capteur de mouvement Wii, le titre NintendoLand, ainsi qu’une réduction de 10% sur les achats en ligne jusqu'à fin 2014 grâce au Nintendo Network Premium. Voilà ce à quoi on aura le droit. En revanche, pour les prix, rien d’annoncé, les prix variant selon les annonceurs et les pays en Europe. Il ne reste plus qu’à arpenter régulièrement le site de la Fnac, de Micromania ou d’Amazon pour le savoir. Si on se base encore sur les prix américains en les convertissant 1 dollar pour 1 euro, ça devrait donner 299 euros pour le pack basic et 349 euros pour le pack premium. Rien d’officiel pour l’instant, mais ça paraît assez crédible. A savoir qu’un pack Zombi U sera aussi de la partie, incluant le jeu Zombi U, un Wii U Pro Controller et tout le contenu du pack premium (excepté NintendoLand). Bref, il y en aura pour tous les goûts à cette sortie.

Il a aussi été question des capacités techniques de la Wii U. La console aura 2 Go de mémoire vive, 1 Go pour le système d’exploitation de la console, et 1 Go consacré aux jeux. Les disques auront des capacités de 25 Go avec un taux de transfert de 22,5Mo/s. Evidemment, quasiment tous les jeux et accessoires Wii seront compatibles, ainsi que les achats via le WiiWare.
 
 
Les jeux ont ensuite été à l’honneur. NintendoLand évidemment, dont tous les univers ont été dévoilés. Rien sur Kirby, c’est scandaleux… New Super Mario Bros. U aussi, venu faire le beau. Pour info, Pikmin 3 ne sera pas disponible au lancement mais uniquement début 2013. Vint alors le tour d’Ubisoft. Michel Ancel lui-même est venu présenter Rayman Legends un peu plus en profondeur, et cela confirme l’évidence, le jeu va être une tuerie, LE jeu à posséder sur Wii U. Zombi U a ensuite fait parler de lui, et principalement de toutes ses fonctionnalités en ligne. On pourra rencontrer les zombies d’autres joueurs dans le jeu par exemple (pratique pour piquer leurs affaires dans leur sac), ou encore laisser des messages aux autres joueurs, pour les prévenir ou bien leur tendre un piège. Ubisoft domine l’ensemble des jeux Wii U pour le moment de toute façon. Parmi les jeux exclusifs, PlatiniumGames sort The Wonderful 101, mais la véritable surprise est sans conteste l’annonce de Bayonetta 2. Personne ne se doutait que la suite du beat’em all serait en exclusivité sur Wii U. De quoi refroidir ceux qui crachaient déjà sur la console, prétendant qu’elle ne serait destinée qu’aux casual gamers. On apprend aussi que Monster Hunter 3 Ultimate sortira en mars 2013, simultanément avec la version 3DS. Les deux versions seront d’ailleurs compatibles, permettant par exemple de continuer sa partie Wii U sur 3DS. Le reste de la présentation était moins intéressant, les jeux étant tous connus, lorsqu'il ne s'agissait pas simplement de portage. Call of Duty : Black Ops II a cependant été confirmé sur Wii U. On note aussi qu’une figurine Lego sera offerte avec les premiers jeux Lego City Undercover. C’est trop, il ne fallait pas.


Voilà ce qu’il fallait retenir des informations tombées aujourd’hui. Finalement, on connaît enfin les informations que l’on voulait savoir. Ah, et d’ailleurs, le temps que je rédige cet article, les prix de Micromania ont été annoncés. Pas de surprise, pack basic à 299,99 euros et pack premium à 349,99 euros. Ces prix devraient être équivalents dans les autres enseignes. Il paraîtrait aussi, mais la source est un poil moins sure, que le pack Zombi U serait vendu au prix de 389,99 euros. Quoiqu’il en soit, on en sait désormais assez. Reste à savoir si vous allez être convaincus de vouloir la console sous votre sapin, ou bien le jour même de sa sortie. Vous avez tout de même du choix.

lundi 10 septembre 2012

La crise des MMO


Comme vous le savez sûrement si vous venez ici régulièrement, je déteste les MMO et MMORPG. Pour diverses raisons, et particulièrement parce que je préfère jouer en solo et qu’une connexion Internet permanente pour jouer, c’est casse-pieds. Et comme vous le savez peut-être, c’est la crise ! Oui ma bonne dame, vous avez bien lu, la crise ! Alors on paye des jeux vidéo assez chers comme ça, et en plus de ça il faudrait payer un abonnement d’environ 12 euros tous les mois pour continuer d’y jouer. C’est ce que proposent la plupart du temps les jeux de rôle massivement multijoueur en ligne. Au final, on débourse un max. Il n’y a pas à dire, mais payer autant pour de tels jeux, ça fait mal au cul. D’où le nom MMOroïde… (Suite à ce bon mot affligeant et de mauvais goûts je vais aller me flageller sur une place publique pendant au moins cinq heures afin de me faire pardonner) C’est en fait la principale raison pour laquelle je ne joue pas aux MMO. Je trouve ça scandaleux de devoir payer mensuellement pour jouer à un jeu que l’on a acheté. C’est comme si après avoir acheté sa télé on devait continuer de payer une sorte de redevance pour s’en servir… Bref, moi je n’adhère pas à ce système économique, et ça devient le cas de plus en plus de joueur. Et cela se remarque assez violemment. Quel est donc la solution ?

World of Warcraft domine le milieu du MMO depuis sa sortie en 2004, et malgré une perte de son nombre de joueurs, on reste aux alentours des 9 millions. C’est énorme, c’est exemplaire, et pourtant le jeu de Blizzard suscite toujours un abonnement payant mensuel. Et les joueurs continuent d’y jouer. Le milieu du MMO ne serait donc pas tant que ça touché par la crise. Et pourtant, dans certains cas la situation est dramatique. Le dernier en date est le MMO à abonnement The Secret World, qui malgré des critiques dithyrambiques s’écoule très mal n’engendrant donc que très peu d’abonnement (seulement 200 000 en deux mois). Le projet était ambitieux et le studio de développement Funcom a dû licencier en masse pour combler ses pertes et continuer d’alimenter le jeu, pas très réjouissant tout ça. On se souvient aussi de la plus grosse attente niveau MMO de l’année dernière, le jeu qui devait détrôner aisément WoW, le tant attendu Star Wars : The Old Republic. Finalement, comme un pétard prêt à exploser dont on aurait humidifié la mèche, le titre de Bioware n’a pas eu le succès escompté. A tel point qu’en automne de cette année, moins d’un an après sa triomphale (haha !) sortie, il ne sera plus nécessaire de payer un abonnement, le jeu devenant Free to play. Le Free to play, qu’est-ce donc ? C’est tout simplement ce qui semble être le futur des MMO. Il s’agit d’un modèle économique qui permet de jouer gratuitement, moyennant finance (facultative) lors de transactions in game, pour acquérir certains objets ou compétence par exemple. En gros, cela permet de jouer gratuitement, entièrement si on le souhaite, à un jeu. Cela a cependant certaines conséquences. La plupart du temps les joueurs payeurs sont favorisés. De même, avancer dans les quêtes peut se révéler plus difficiles et parfois très long pour les radins joueurs qui ont tout compris non-payeurs. Il faut donc savoir doser correctement. Et quand on remarque que dorénavant quasiment tous les MMO choisissent ce modèle économique, délaissant les abonnements abusifs, en effet, il va falloir bien gérer ces problèmes.

 L'indétrônable World of Warcraft

The Secret World connaît bien des déboires, mais, malgré les difficultés financières du studio, va continuer d’être alimenté en contenu afin de satisfaire les joueurs si peu nombreux. On peut se risquer à penser que le titre passera en Free to play dans les mois à venir. D’ailleurs, je parle de la crise des MMO, de ceux qui vont mal, mais certains se portent bien, même très bien. Principalement  grâce au système de Free to play. Quand on voit les ventes de Guild Wars 2 récemment, en effet on se dit que tout va bien. Après un premier opus fort apprécié qui est resté sept ans en place, sa suite vient prendre la relève. La force de Guild Wars et de sa séquelle, en plus de proposer un contenu de qualité, et d’avoir dès le départ proposer de jouer sans abonnement. Une fois le jeu acheté on peut y jouer autant que l’on veut sans nécessairement débourser un centime supplémentaire. Révolutionnaire comme principe… Je crois. Non ? Non, c’est le principe fondamental d’un jeu vidéo. C’est probablement pour ça que Guild Wars a cartonné et que sa suite n’est plus disponible en vente (les serveurs étant trop complets, les ventes ont été gelées le temps d’en créer de nouveaux, afin de ne pas surcharger ceux existants). Une réussite admirable qui ne doit pas éclipser les performances d’autres MMO Free to play. Le plus souvent entièrement gratuits, ne nécessitant aucun achat, téléchargeables sans un sou sur le site du développeur ou de l’éditeur, ces jeux ont toutefois un succès relatifs pour la plupart. Je pense notamment à des titres comme Fly For Fun ou encore Eden Eternal qui fonctionnent bien sans casser des briques. Plus récemment on a pu aussi découvrir Wakfu, ou encore World of Tanks qui accumule déjà plus de 30 millions de joueurs dans le monde. Le Free to play semble alors la solution aux MMO et tend à se démocratiser. Déjà qu’on peut jouer gratuitement à WoW jusqu’au niveau 20, c’est quoi la suite?

 Guild Wars 2, une grande réussite

La situation est bien paradoxale. Le monde du MMO est en crise, et pourtant le genre n’a jamais été aussi florissant. C’est tout simplement que ces différents jeux se gratifient d’un système économique moins pénalisant et tout aussi lucratif. Ces systèmes de micro-transactions en argent réel semblent convaincants et plaisent aux joueurs qui se sentent plus libres. En effet, lorsque l’on ne paye pas un abonnement mensuel, on peut délaisser le jeu pendant un moment sans perdre de l’argent. Et puis ces achats in game reviennent très probablement moins chers qu’un abonnement. Sans oublier que cette idée de ne pas payer attire plus de gens, alors plus susceptibles de réaliser ces micro-transactions. En gros, c’est tout bénef’ pour les développeurs. C’est malheureusement triste pour les autres, à abonnement, qui se plantent et qui n’ont pas forcément de gros moyens financiers derrière. Et quand c’est un jeu original qui se retrouve en galère, c’est encore plus malheureux. Je ne plaindrai jamais assez The Secret World dont l’issue et l’avenir est pour le moment peu rassurant. Je lui souhaite le meilleur. En attendant, d’autres titres réussissent aisément à se conserver avec leur abonnement hors de prix. WoW va bientôt sortir sa quatrième extension, c’est pour dire.

 En revanche, pour The Secret World, c'est un peu la misère...

Que dire finalement, à part que le modèle Free to play va probablement devenir la base dans les années à venir pour les MMO. Les joueurs ne semblent plus convaincus par le système trop coûteux d’abonnement, et la concurrence gratuite se fait de plus en plus rude. Les MMO ne sont donc pas tous en crise, Free to play ou non, cependant on ne peut que constater un changement radical depuis quelques années. En même temps, quand on veut faire des jeux en ligne sur la durée, il faut savoir s’adapter aux demandes. Alors, pour quand WoW en Free to play ?

jeudi 6 septembre 2012

Video Game High School


Video Game High School. Non, ce n’est pas la nouvelle comédie musicale lycéenne avec des ados qui chantent sur des thèmes de jeux vidéo. Quoique ça pourrait être pas mal comme concept. Bien exploité, avec de l’humour et plein de références, une réalisation dynamique, et des… Non, mais on va oublier. (Note pour moi-même, conserver cette idée dans un coin de ma tête) Ce n’est pas non plus un teen movie parodique, et c’est encore moins une chanson des Ramones (c’est Rock ‘N’ Roll High School la chanson, qui est aussi un film, mais là n’est pas le sujet). Qu’est-ce donc alors ? Pourquoi tant de suspens ? Juste parce que j’ai envie de vous faire patienter. Video Game High School c’est une web série, tout simplement. Tout de suite, j’en entends frémir dans leur T-Shirt Pokémon. Eh oui, web série et qualité, ce n’est pas la première association de mots qui vient le plus naturellement. Mais là, je ne vais pas vous faire languir plus, jeunes impétueux que vous êtes, c’est du bon, du très très bon même. Probablement ce qui est arrivé de mieux au monde de la série depuis bien longtemps. Ok, je m’extasie sur chaque série que je présente ici. C'était le cas pour Community (et c’était justifié), et encore récemment je vantais les mérites de Futurama. Mais là c’est une web série, c’est différent on va dire. Bref, Video Game High School, c’est LA web série à voir.

Avant de vous expliquer pourquoi c’est si bien, je vais vous exposer le pitch. Rien que ça devrait vous convaincre. Imaginez un monde dans lequel les jeux vidéo sont la référence absolue. A tel point que les joueurs sont les nouvelles stars. Les matchs sont retransmis dans le monde entier et visionnés par des millions (voire des milliards) de spectateurs, les champions sont adulés, ils sont les nouveaux héros en quelques sortes. Aux Etats-Unis, il existe une école très sélective, la Video Game High School, qui recrute les meilleurs joueurs afin de les former et de les entraîner. Une école consacrée au jeu vidéo. Le rêve un peu. Sauf que comme pour tout, la vie n’est pas aussi simple qu’on aimerait le croire. Voilà, c’est l’univers de la série, très crédible et tout à fait vraisemblable lorsque l’on regarde les épisodes. Maintenant, je vais parler rapidement de l’histoire de la série. Brian D, jeune joueur de FPS, va lors d’une partie tuer le meilleur joueur au monde, le plus craint de tous. Cette opportunité lui offre alors la chance d’entrer à la Video Game High School afin de réaliser son rêve.


Ce projet, VGHS, vient de Rocket Jump. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais derrière se cachent Freddie Wong et Brandon Laatsch. Oui, les deux créateurs de la fameuse chaîne Youtube freddiew qui postent régulièrement des vidéos très bien réalisées et souvent sur l’univers du jeu vidéo. Mario Kart en vrai, c’est eux, Super Mario Bros à la première personne aussi, l’évolution du motion gaming, idem, la très célèbre vidéo sur Call Of, etc… Oui, ce sont eux. Rien que ça, c’est un gage de qualité. Alors imaginez lorsqu’ils ont eu cette idée de projet qui avait pour but de révolutionner le monde des web séries. Projet plutôt ambitieux. En effet, il y a vraiment une volonté de faire les choses bien dans VGHS. Pas d’acteurs minables ou peu charismatiques, mais des professionnels, et pas de décors tout foireux en carton-pâte et papier mâché, mais des vrais décors et accessoires (avec des ajouts numériques fort réussis aussi). Et quand on veut faire ça, il faut les moyens. C’est alors via le site Kickstarter, site de financement collaboratif (on demande des sous aux gens pour aider le projet) que les créateurs décident de réunir la somme de 75 000 dollars en un mois, s’appuyant sur la générosité des fans. La somme a été réunie… en moins de 24 heures ! Et au final, c’est d’un budget de 273 725 dollars dont les 9 épisodes de la saison 1 ont pu bénéficier. C’est 2,5 fois plus que le budget de la première saison des Mystères de l’amour. Bon, ok, c’est pas une référence, je ferme ma gueule et je reviens au sujet de base. Et cet argent n’a pas été dépensé en soirées de fin de tournage extravagantes à base de putes et de coke, mais bien pour la production de la série, ça se voit et ça se ressent. Lorsque l’on cherche à créer quelque chose d’énorme, l’argent ça aide, surtout quand on sait s’en servir.

L’argent cependant ne fait pas tout. S’il n’y a pas le talent derrière, quelle utilité ? Filez du fric à Robert Rodriguez, il ne fera pas un bon film pour autant. Par chance, l’équipe en charge de VGHS possède un véritable talent. Dans la réalisation, comme dans l’écriture. Parce qu’il faut l’avouer, tout est remarquable ici. VGHS n’est pourtant pas un projet évident à mener. C’est une série qui porte sur l’univers du jeu vidéo mais qui doit contenir tous les codes des séries pour ados. Où quand Beverly Hills rencontre Battlefield 3. C’est un peu ça finalement VGHS. Mais en mieux. Qui dit série pour ados, dit passages rituels obligatoires. Après tout, cette première saison, c’est un peu un parcours initiatique. On retrouve donc le héros un peu looser, son compagnon de chambre qui deviendra son nouveau meilleur ami pour la vie, l’histoire d’amour impossible, le grand méchant beau gosse qui est le roi du lycée, la soirée typique teen ricaine, etc… Et tout ça parfaitement maîtrisé. A croire qu’ils en ont bouffé et bouffé en ne conservant que le meilleur. Bien sûr, certains trouveront à reprocher un manque de réelle originalité sur ce plan là, mais comme l’univers créé autour est tout aussi réussi, on ne trouvera rien à redire. Pour être franc, il s’agit quasiment d’une des meilleures séries pour ados existantes. Certes très typée (c’est volontaire, c’est la référence obligée), mais en aucun cas niaise ou ridicule. Sauf qu’à ce côté comédie dramatique teenager s’ajoute ce qui fait la réelle différence, le jeu vidéo. Et en plus de l’écriture, on se rend alors compte que la réalisation est sublime. Parmi les genres de jeux étudiés à la Video Game High School, on trouve principalement ceux qui font la part belle au scoring et aux classements. Jeux de rythme, de combat, de course, et FPS principalement. Brian D est dans la catégorie FPS. Bien sûr filmer des gens en train de jouer sur leurs écrans serait ennuyeux comme la mort. L’idée trouvée est donc toute simple, mais diablement efficace. On réalise ces scènes comme des scènes d’actions de films de guerre. En gros, on voit les acteurs, en tenue de combat, armes aux poings, dans les décors du jeu, en train de se battre. Comme un film d’action. Et pour les jeux de course, c’est avec de vraies bagnoles. Et comme la réalisation est là, incroyablement bien foutue, on est scotché. On obtient le mélange comédie, action, teenagers, jeu vidéo parfait. Evidemment, la série s’adressant à tout public, il n’y a pas d’effusion de sang dégueulasse, les « tués » présentent une sorte de pixellisation de couleur. Un peu comme Gideon Graves/Jason Schwartzman à la fin de Scott Pilgrim Vs. The World. D’ailleurs, c’est une bonne comparaison, dans un certain sens, puisque le film d’Edgar Wright est à ce jour ce à quoi ressemble le plus VGHS, dans des registres différents tout de même.

D’ailleurs, sur un autre point la comparaison peut se faire : les multiples références au jeu vidéo et à la culture populaire. Finalement, dès que je parle d’une série, on a l’impression que c’est ce qui revient à chaque fois. Mais comment ne pas en parler alors que c’est aussi un des grands atouts de la série? Les références au jeu vidéo sont évidemment les plus évidentes, bien qu’elles ne soient jamais explicites. En effet, l’univers créé est imaginaire, tout comme les jeux qui y sont présents. Et puis la série n’est pas une publicité géante non plus. Le seul jeu réel, cité uniquement, est Guitar Hero, et c’est dans le cadre d’une référence gag (que beaucoup risquent de ne pas forcément saisir, mais peu importe, ça fonctionne quand même). On reconnaît toutefois les allusions assez aisément, qu’il s’agisse de Call Of Duty, Mortal Kombat, Dance Dance Revolution, et j’en passe. Les autres références, non vidéoludiques, sont aussi de la partie, et sont toutes aussi réjouissantes. Pour le cinéma d’ado, on tient presque la référence ultime parodiée façon jeu vidéo, avec ce personnage à veste rouge nommé Games Dean. Et je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même le nom de ses deux potes. On a aussi la scène de duel parfaite dans le genre. Face à face, ils doivent remonter correctement leur flingue afin de tirer et tuer en premier. Ah non, ça c’est la version originale. Ici, face à face, devant leur écran, ils doivent remonter le plus rapidement possible leur clavier et souris, pour entrer dans le jeu et tirer en premier. Plein de codes de différents genres sont détournés et ça fonctionne, parce que je le répète, c’est bien écrit. Les films d’ados évidemment, les films d’actions et de guerre, et même certains classiques qui pourtant de base n’ont rien à voir avec ce que l’on attend d’une telle série. Un épisode se base sur le film Casablanca ! C’est presque aberrant quand on y pense, mais ça marche vraiment bien. D’ailleurs, le détournement d’une des phrases cultes du film est juste parfait.

Et cet ensemble de références, d’allusions, de détournement dessert pertinemment l’univers créé pour la série. Parce que ça va bien au-delà de ce qui pourrait sembler être. Ce n’est pas juste notre monde avec le jeu vidéo comme centre d’intérêt principal. C’est véritablement tout un nouveau monde imaginé. Il n’y a qu’à voir les types d’écrans utilisés, ce que l’on peut acheter dans les distributeurs, les nouvelles technologies, ou encore le sport pratiqué avec une balle… flottante. Tout a été conçu pour retranscrire quelque chose d’unique et dans lequel on se retrouve à la fois. Finalement, on s’attache rapidement à cet univers. Et c’est aussi grâce à ses personnages. Brian D, le nouvel élève qui aimerait réussir et se faire accepter dans l’équipe principale de FPS, son nouveau pote Ted, intimidé par un père champion de jeux de rythme et qui essaye de suivre ses traces, alors qu’au fond de lui il sait que c’est un autre genre de jeu qui l’attend, Ki, la nouvelle élève qui crée des jeux, Jenny Matrix, capitaine de l’équipe FPS et très séduisante aussi, et The Law, le maître en la matière de FPS, craint par tous. Le choix d’acteurs pour la plupart professionnels renforce le côté crédible puisqu’il n’y a ainsi pas de véritable problème de jeu d’acteur médiocre (c’est pas le cas de toutes les web séries…). On se retrouve donc face à une série tout à fait vraisemblable en dépit d’un point de départ assez insolite, et qui réussit parfaitement à nous emballer de façon jubilatoire grâce à une cohérence parfaite entre tous les éléments. Et puis, malgré l’emballage, les thèmes abordés demeurent universels.

Vous l’aurez compris, Video Game High School est LA série à voir absolument, particulièrement si vous êtes fans de jeu vidéo (mais bon, si vous êtes là, je n’en doute pas). L’univers conçu est tout simplement génial et desservi par une écriture et une réalisation parfaitement maîtrisées et efficaces. Certaines scènes sont même à couper le souffle, comme le double duel de l’épisode 4, pour n’en citer qu’une. Il s’agit de ma nouveauté coup de cœur de cette année (Community, que j’ai aussi découvert cette année, existe depuis 2009, donc ce n’est plus une nouveauté, bien que ce soit un de mes coups de cœur). En même temps, mélanger deux choses que j’aime absolument, l’ambiance teen movie et les jeux vidéo, ça ne pouvait que me plaire. On tient probablement la série de « geek » ultime (il y a eu Code Lisa/Weird Science dans les années 90, inspiré du film de John Hughes, mais VGHS va bien plus loin). Il ne vous reste plus qu’à regarder. Je vous laisse le premier épisode, le moins bon puisqu’il faut préparer le terrain, et je vous conseille vivement de continuer. Comme sur Youtube les épisodes sont sous-titrés uniquement jusqu’à l’épisode 5, je vous laisse aussi un lien qui répertorie tous les épisodes en vostfr. En attendant la saison 2, bon visionnage.




Petit bonus musical
Toi aussi, chez toi, devant ton ordinateur, chante avec moi
(Air de Ghostbuster) 

« Si t'as besoin d’argent
Pour financer ton film
Qui t’appelles ?
Kickstarter !

Si c’est pour une série
Ou bien même pour un jeu
Appelle donc
Kickstarter ! »