mardi 4 septembre 2012

Futurama


Good news everyone ! La rentrée est de retour, les vacances s’achèvent, et il en est de même pour la diffusion des épisodes de Futurama. Ah, mais en fait ce n’est pas une bonne nouvelle. C’est même plutôt peu réjouissant. Oui on est triste, on a la larme à l’œil, il faudra dorénavant attendre juin prochain pour que tout recommence, mais que voulez-vous, c’est l’histoire de la vie comme on disait en 1994. Bref, je ne suis pas là pour vous rappeler votre condition de vie humaine, mais pour parler de Futurama. Alors oui, ce n’est pas un jeu vidéo, ce n’est pas un manga, il s’agit simplement d’une série d’animation. Mais pas uniquement. Une série d’animation hyper référencée et énormément basée sur la science-fiction. Donc je pense que ça à sa place ici. Et puis je n’ai pas à me justifier de toute façon. Et c’est aussi adapté sous forme de comics, donc voilà, c’est légitime d’en parler.

Bref, Futurama, qu’est-ce que c’est ? Une des meilleures séries animées existantes. Maintenant que vous le savez, il vous reste à la regarder. Et si vous n’êtes pas convaincus, je vais vous donner les arguments. Futurama a été créé en 1999 par Matt Groening. Exactement, le papa des Simpson. Déjà, c’est une bonne raison pour mater la série. Le postulat de départ est simple : Fry, livreur de pizza âgé de 25 ans, un peu minable, se fait cryogéniser juste avant le réveillon de l’an 2000, et se fait décongeler mille ans plus tard. Une nouvelle vie dans un monde qui lui est inconnu s’ouvre alors à lui. Désormais, il va devenir livreur interstellaire et va vivre des aventures avec un robot obscène et malhonnête, une jeune femme cyclope, un vieux professeur potentiellement fou, un crustacé géant, et bien d’autres. Cette idée de départ, de propulser un jeune homme de l’an 2000 en l’an 3000 est tout simplement géniale, puisqu’elle permet une multitude de possibilités. Alors que Les Simpson (je compare uniquement du fait de la paternité de Matt Groening) évolue dans un monde concret et crédible, Futurama peut tout oser. Inutile d’avoir peur, c’est finalement un des meilleurs moyens pour croquer avec sarcasme notre mode de vie. Et puis inventer un passé à cet an 3000 fictif, quel bonheur. Le français est devenu une langue morte (eh oui…), Jésus est revenu sur Terre uniquement pour éradiquer toutes les cassettes vidéo VHS, les anchois se sont tous éteints, etc… Futurama réussit parfaitement le mélange entre série humoristique, satire de notre société et mode de vie, et univers de science-fiction cohérent, le tout parsemé de références multiples.


Futurama, avant d’être des personnages loufoques et souvent hilarants, c’est avant tout un univers créé de toutes pièces qui tient la route. Imaginez New New York (pas New York, mais New New York, construit sur les ruines du vieux New York), son réseau de tubes de transport, ses cabines à suicides, ses robots et ses extra-terrestres qui y vivent, ses égouts dans lesquels habitent les mutants, son musée des têtes, … Oui, son musée des têtes. N’y voyez pas là un truc glauque ou malsain, c’est juste que dans le futur a été inventé un système qui permet de conserver les têtes vivantes des gens dans un bocal. Et les célébrités (qui sont quasiment les seules à connaître ce traitement), sont exposées dans un musée spécifique. Un bon moyen pour pouvoir placer des célébrités ou des personnalités historiques. Et puis Futurama, ce n’est pas uniquement New New York ou bien la Terre, c’est aussi l’espace et ses planètes toutes plus étranges les unes par rapport aux autres. Cannibalon, la planète cannibale, Neutralia, la planète aux habitants neutres qui ne prennent jamais parti (les nouveaux suisses), Chapeck 9 la planète peuplée de robots ou tout humain est tué, Trisol et ses trois soleils, Omicron Persei 8 avec son souverain Lrrr, et j’en passe. A savoir que les planètes que l’on connaît existent toujours. Mars a été conquis et une université et un casino, entre autres, y ont été construits, tandis qu'Uranus a été rebaptisé Urectum, afin d’éviter les blagues vaseuses sur anus. Le nouveau nom est meilleur en effet.

 Fry, Bender et Leela

Comme je le disais un peu plus haut, malgré l’écart de mille ans qui nous sépare de la série, le tout réussit admirablement à traiter de nos modes de vie actuels en les parodiant de manière efficace. Les publicités, omniprésentes déjà à notre époque, sont dorénavant directement incluses dans nos rêves. Les gens sont toujours accros à une boisson qui se vend par litres. Pas de Coca-Cola, mais du Slurm, boisson à base de… Vous verrez. Plus récemment, c’est la folie des smartphones et ses conséquences qui ont été pointées du doigt, avec une parodie exquise nommée « eyePhone » (et sa réplique devenue célèbre « Shut up and take my money ! »). De quoi régaler les amateurs de critiques parfois acerbes sur notre société sans pour autant tomber dans la satire virulente sans arrière-pensée et sans humour. On se reconnaît donc très facilement dans les situations et les comportements présentés. Tout comme on se reconnaît facilement au travers des différents personnages de la série, tous ayant des attitudes et personnalités différentes. Après tout, quoi de mieux que de s’inspirer du réel afin de le retranscrire de façon caricatural à l’écran. Et quand c’est bien fait en plus.

Un extrait de l'eyePhone, rien que pour vous

Futurama, c’est une série comique, c’est une série de science-fiction, mais c’est avant tout une série. J’entends par là qu’elle possède son univers propre et une continuité chronologique bien présente. Bien sûr, on peut toujours se mater un épisode comme ça, à l’arrache, entre un porno et un épisode de One Piece, mais c’est encore meilleur quand on suit les épisodes dans l’ordre. D’ailleurs, plus haut je disais que la série se déroulait avec mille ans d’écart par rapport à notre époque, alors que j’aurais pu dire en l’an 3000. Eh bien non. Parce qu’en effet, la série n’est pas figée dans le futur, elle évolue. Actuellement, la première partie de la saison 7, dont la diffusion a pris fin le 29 août, se passait en 3012, et c’est pas moi qui l’invente, c’est clairement précisé. Cela fait donc 12 ans que Fry vit dans le futur. Il n’a donc plus 25 ans, mais bien 37 ! Et pas une ride ou un cheveu blanc, chapeau. Et si la série évolue dans le temps, il en est évidemment de même pour les personnages et les relations qu’ils entretiennent. Cela n’handicape en rien la série, l’alourdissant d’histoires inutiles, au contraire, cela permet lui permet d’encore mieux se tenir dans la durée. Je m’adresse aux fans qui regardent déjà et je leur pose une question : qui n’a jamais voulu savoir ce qui allait se passer entre Fry et Leela? Entre autres intrigues qui ne sont pas au centre de chaque épisode, mais constituent un background, c’est sûrement celle qui intéresse le plus les fans. Et puis, regarder Futurama dans l’ordre, c’est aussi mieux comprendre les références internes à la série. Surtout que plus on avance, plus on en découvre sur le pourquoi du comment de Futurama et de son univers. En gros, une série à suivre, absolument.

 L'univers de Futurama

Ce qu’il faut aussi savoir sur Futurama, c’est que la série a connu énormément de déboires, le public ciblé étant large et pourtant assez restreint du fait de ses références et de son univers. Après quatre saisons et 72 épisodes, la série est déprogrammée de la Fox en 2003. En guise de gag dans les sous-titres du générique (une petite phrase a teneur humoristique à chaque début d’épisode) on pouvait lire « See you on some other channel » (A plus tard sur une autre chaîne). On pensait alors le sort de la série scellé à tout jamais, on a tous pleuré l’équivalent de dix-huit litres de larmes (au moins !), et puis on a dû se faire à cette triste nouvelle. Un peu comme la fin d’Arrested Development, on pensait que c’était fini (saloperie de Fox qui déprogramme les meilleures séries !). Et puis, un jour, la nouvelle est tombée. Good news everyone, et c’est le cas de le dire. Une série de quatre films Direct-To-DVD va sortir, avant d’être diffusés en quatre parties chacun sur Comedy Central, qui s’est accaparé la série. On est en 2007. Ces films équivalent à un test, qui s’il est concluant, pourra donner une seconde vie à la série. Mais c’est aussi peut-être la dernière chance pour Futurama. Il faut donc assurer. Le premier film tient de la perfection et réduit à néant quasiment toutes tentatives d’autres séries d’animations qui se sont essayées au long-métrage (Les Simpson en tête). Les autres sont aussi très bons, excepté le troisième qui est mauvais (chose rare chez Futurama). Et c’est alors en 2009 que le quatrième film sonne le glas de la série, proposant pour la deuxième fois une fin ouverte. Les fans attendent, et ce qu’ils ont tous espéré arrive alors. Une saison 6 composée de 26 épisodes est annoncée par Comedy Central. Diffusée en deux ans, treize épisodes à chaque fois, la qualité est au rendez-vous. Et le changement de chaîne permet plus de liberté et un humour encore plus poussé (comme c’était déjà le cas dans les films). Encore une fois, la saison 6 propose une fin à la série, mais par chance une saison 7 de 26 épisodes a été commandée. Les treize derniers épisodes seront diffusés en été 2013. Quant à l’avenir de la série, il paraîtrait qu’officieusement une huitième saison est prévue. Je l’espère vraiment. Car comme me l’a dit quelqu’un un jour : « Futurama, c’est la vie ».

 Le premier film, Bender's Big Score

Alors je parle de Futurama, mais il est temps de parler de sa légitimité sur ce blog (si on oublie le fait que je suis le seul à décider des sujets, alors je fais ce que je veux). En effet, je disais qu’il s’agissait d’une série hyper référencée, et c’est vrai. La culture pop évidemment est de la partie, mais c’est surtout tout ce qui touche à la science-fiction, au cinéma, et au jeu vidéo qui est mise en avant. La première scène du tout premier épisode donne le ton. Un jeu vidéo d’arcade en 2D avec un vaisseau spatial, une tirade sur l’espace façon Star Trek, et une conclusion orale et visuelle sur l’arrivée de Donkey Kong. Voilà, c’est presque résumer Futurama. Des références, en voici en voilà, des plus évidentes au plus subtiles. D’un point de vue science-fiction, la série fait la part belle à Star Trek avec des références constantes et parfois très pointues. Qu’il s’agisse de la présence de Leonard Nimoy, de l’emploi d’une musique ou d’un son, ou bien même d’un épisode entièrement consacré à la série, on ne peut y échapper, et même le non-initiés arriveront à en rire. Star Wars n’est évidemment pas oublié et a aussi le droit à ses références multiples. Après tout, on parle ici des deux maîtres en la matière. On plaisante même sur les gens qui confondent Star Trek et Star Wars, c’est pour dire. Dans le lot, on peut aussi rajouter Battlestar Galactica ou encore Doctor Who. De quoi véritablement ravir les fans de science-fiction. Pour ce qui est des jeux vidéo, la série n’est pas en reste non plus. Un épisode est même basé sur un postulat fantaisiste dans lequel le monde s’apparenterait à un jeu vidéo. Les habitants de la planète Nintenduu 64 viennent envahir la Terre. Les références pleuvent, Pac-Man, Donkey Kong, Space Invaders, Astéroids, Mario (qui représente l’Italie à la DOOP, l’ONU du futur), etc… Savoureux. Les Comics et l’heroic Fantasy sont aussi à l’honneur. Le troisième film par exemple se déroule dans l’univers de Donjons et Dragons, jouant sur les codes du genre et les mélangeant avec Le Seigneur des Anneaux. Et lors d’un épisode, Fry, Leela et Bender deviennent des super-héros, avec tout ce que cela implique. On trouve aussi évidemment des références à d’autres séries. South Park, Family Guy, et bien évidemment Les Simpson, ce qui est logique. Après tout on trouve bien des références à Futurama à Springfield, alors pourquoi pas l’inverse. D’ailleurs Matt Groening intervient dans Futurama, comme le créateur des Simpson. Le cinéma est aussi de la partie, avec des références multiples plus ou moins appuyées (Starship Trooper, 2001 : l’odyssée de l’espace, ou Terminator pour ne citer que quelques exemples de S-F). Pour finir, sans trop vous en dévoiler, je citerai cet épisode qui parodie à la fois Tron, Avatar et Minority Report, tout en faisant des allusions à Police Academy, au jeu Paperboy, et même au premier épisode de Futurama. Oui, les autoréférences sont très nombreuses, toujours bien pensées, souvent hilarantes, et parfois tellement bien cachées qu’il faut les trouver. Et lorsqu’on les découvre, on ne peut qu’admirer les gens qui bossent sur la série qui ne laissent rien au hasard et sont hyper méticuleux. Un véritable travail d’orfèvre.

Préciser la référence est inutile

Vous l’aurez compris, Futurama est une série à voir absolument, particulièrement pour ceux qui n’ont jamais eu la chance de poser les yeux dessus. On devient vite accro au vu de la qualité de la série, tant dans les graphismes que dans l’écriture ou la réalisation. Affranchis des contraintes d’une époque existante, Matt Groening et son équipe ont réussi à créer une des meilleures satires de notre société, nourrie aux meilleures références possibles et imaginables et disposant d’un background vivant et crédible. Pas une référence parmi tant d’autres, LA référence. Et pour conclure, je n’ai qu’une seule chose à vous dire. Bite my shiny metal ass !

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